Un projet du Programme de Recherches La Bible en ses traditions AISBL
Dirigé par l’École Biblique et Archéologique Française de Jérusalem
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1 Et comme le jour de la Pentecôte était arrivé
ils étaient tous ensemble dans le même [lieu].
Vdans le même lieu.
1 ...
2 Et soudain vint du ciel un bruit
comme provenant d’un coup de vent impétueux
et il remplit toute la maison où ils étaient assis.
2 ...
3 Et leur apparurent des langues séparées, comme de feu
et il s’en posa une sur chacun d’eux.
3 ...
4 Et tous furent remplis de l'Esprit Saint
et ils se mirent à parler en d’autres langues
selon ce que l’Esprit Saint leur donnait à prononcer.
Vdire.
4 ...
5 Or il y avait séjournant à Jérusalem des Juifs, hommes pieux, de toutes les nations qui sont sous le ciel.
5 ...
1–11 le jour de la Pentecôte FÊTE La Pentecôte La fête de la Pentecôte célèbre la descente du Saint-Esprit sur les Apôtres cinquante jours après Pâques : →Esprit Saint. Cette fête clôture le temps pascal et marque le temps liturgique jusqu’à la fin de l’année.
Comme son nom l’indique, la Pentecôte, du grec πεντηκοστὴ ἡμέρα « le cinquantième jour », est toujours célébrée cinquante jours après la fête de Pâques. Septième dimanche après la Résurrection, sa fête se place toujours entre le 10 mai et le 13 juin.
Attestée dès le 2e s. dans certaines communautés chrétiennes, la célébration de cette fête remonte au 4e s. pour Rome et Milan. Elle fait écho à la fête juive de Shavouoth (Liturgie Ex 23,16), la fête de la Récolte. Cette fête du début des moissons acquit le sens de la commémoration du don de la Tora au Sinaï.
, La Pentecôte, miniature des Évangiles de Rabula, fol 14v, (586)
Plut. I.56, Bibliothèque laurentienne, Florence (Italie) © Domaine public→
Comme d’autres grandes fêtes comme Noël et Pâques, la Pentecôte a aussi sa Vigile. La Pentecôte était autrefois un jour où l’on baptisait les catéchumènes qui n’avaient pu l’être à Pâques, aussi la messe de la Vigile avait-elle beaucoup de rapports avec celle du Samedi Saint.
La Vigile est aujourd’hui appelée « Messe de la veille au soir ». On y retrouve, vestige de l'antique Vigile, un choix de trois lectures pour la Messe parmi sept propositions : Gn 11,1-9 - Ex 19,3-8.16-20 - Ez 37,1-14 - Jl 3,1-5 - Ps 104,1s.24-30 - Rm 8,22-27 - Jn 7,37-39.
La Pentecôte est aussi attendue pour sa célèbre séquence, parfois appelée « la séquence dorée », le Veni Sancte Spiritus. Sa composition fut attribuée au Pape Innocent III (fin du 12e s.).
Sancti spiritus assit nobis gratia (ca. 840-912)
Ordo Virtutum, Stefan Morent
Très concrètement, en ce jour, quiconque croit que Jésus est le Messie se voit offrir l'Esprit saint avec tous ses dons, en tant qu''accomplissement parfait de la Torah, don fondamental (cf. Liturgie Ex 23,16b) : sa conscience éclairée est le cœur de chair dans lequel le Seigneur avait promis d'inscrire sa Loi, en lieu et place des tables de pierre (Jr 31,33 ; He 8,10 ; 10,16).
Chaque dimanche de Pentecôte, la brigade des pompiers de Rome monte sur le toit du Panthéon et déverse des milliers de pétales de roses rouges à travers l'oculus, cette ouverture circulaire qui perce la coupole. Les pétales tombent lentement sur les fidèles réunis pour le chant de sortie, le Veni Creator. Le geste figure la descente du Saint-Esprit ; la couleur rouge rappelle les langues de feu des Actes des Apôtres.
L'usage est médiéval. Tombé en désuétude au 20e siècle, il a été rétabli en 1995 à la basilique Sainte-Marie-des-Martyrs (nom liturgique du Panthéon). Depuis, la cérémonie attire chaque année une foule bien au-delà des seuls fidèles.
Victor (01/10/2016), Oculus du Panthéon photographié en objectif fisheye, Photographie numérique
Panthéon, Rome (IT) © CCASA 4.0→
En Sicile et dans d'autres régions italiennes, la fête porte d'ailleurs le nom de Pascha rosatum, les roses de Pâques. Le Pascha rossa, lui, désigne la couleur des ornements liturgiques du jour : rouge du feu, rouge du sang des martyrs, deux symboliques que la Pentecôte réunit sans les confondre.
Navaneeth (07/09/2016), Pétales de roses, Photographie numérique
Chaque Pentecôte, dans plusieurs villages de Moravie du Sud-Est, un jeune garçon monte à cheval, vêtu d'un costume féminin, une rose tenue entre les dents pour qu'il ne puisse pas parler. C'est le roi. Une escorte de cavaliers en costume traditionnel l'accompagne à travers le village, tandis que deux hérauts récitent à voix haute des vers rimés à la gloire des habitants croisés en chemin, ou à leur légère moquerie...
Le rite est attesté depuis le 18e siècle, mais ses origines restent discutées. Certains y voient un souvenir de la fuite du roi Matthias Corvin après la bataille de Vilémov en 1469 selon la légende ; d'autres, un vestige de fêtes de printemps bien antérieures au christianisme. Le silence imposé au roi par la rose, lui, n'a pas encore trouvé d'explication définitive.
L'UNESCO a inscrit la Jízda králů au patrimoine culturel immatériel de l'humanité en 2011. Elle se tient chaque année à Vlčnov, et tous les deux ou trois ans dans les villages voisins de Hluk et Kunovice.
Jialiang (27/05/2007), La Chevauchée des Rois en Moravie, Photographie numérique
Vlcnov (République tchèque) © CC BY-SA 4.0→
En ce jour de fête, dans les villages hongrois, les jeunes hommes du village s'affrontaient à cheval et à la lutte pour gagner le titre de roi. Le vainqueur régnait un an : invité à tous les mariages et fêtes du village, il pouvait boire à crédit au cabaret aux frais de la communauté, et n'était pas soumis aux punitions corporelles pour les fautes légères.
Cette tradition remonte au Moyen-Âge. Elle a laissé une trace dans la langue : l'expression pünkösdi királyság (le règne du roi de la Pentecôte) désigne encore aujourd'hui en hongrois toute gloire aussi soudaine qu'éphémère.
Dance traditionnelle hongroise, Photographie numérique (23/05/2011)
Le rite avait aussi son pendant féminin. Dans les régions de Transdanubie, un groupe de jeunes filles parcourait le village de porte en porte en chantant ; la plus jeune d'entre elles, couronnée de fleurs et vêtue de blanc, était la reine de la Pentecôte. Le groupe dansait autour d'elle et la soulevait en l'air au terme du chant.
La Marche de la Reine, Photographie numérique (23/05/2011)
Au temps de la moisson, il était coutume dans les campagnes françaises de tresser une croix de moisson avec du blé récolté. Cette croix était conservée jusqu’à la moisson suivante, en gage de bénédictions.
« Croix » de moisson en forme d'ostensoir, paille tressée, Normandie (France), Photographie numérique, 2012 © Domaine public→