La Bible en ses Traditions

Luc 10,29

Byz V S TR Nes

29 Mais lui, voulant se justifier, dit à Jésus : 

— Et qui est mon prochain ? 

Texte

Procédés littéraires

4,16–24,52 an de grâce NARRATION Chronologie symbolique du ministère public du Christ comme année jubilaire Luc ne rapportant qu'une seule Pâque durant l'âge adulte de Jésus, il sous-entend que son ministère public correspond exactement à l'année jubilaire, depuis le discours dans la synagogue de Nazareth jusqu'à l'Ascension.

  • En déclarant « aujourd'hui » l'ouverture de l'année jubilaire, Jésus agit comme le grand-prêtre inaugurant l'an de grâce par le grand →Jour des Expiations. 
  • À l'autre extrémité de l'Évangile, l'Ascension de Jésus rappelle la célébration du même Jour des Expiations par le grand-prêtre Simon telle qu'elle est rapportée par l'Ecclésiastique :  Jésus lève les mains et bénit tandis que les assistants se prosternent devant lui (cf. Lc 24,50-52 // Si 50,17-20).

Contexte

Milieux de vie

29–37 HISTOIRE DES MENTALITÉS 

Doxa antique : une question brûlante

 La question du légiste n'a rien d'académique : elle touche un point disputé de l'interprétation de la Loi. C'est la préfiguration d'une « dispute halakhique » car la question relève ici autant de l'exégèse que de la pratique. Tradition juive Lc 10,29–37  

Société palestinienne du 1er s. : un diptyque d’ennemis

Jésus place ce récit d'agression entre deux groupes de personnages que tout sépare selon l'opinion courante dans son milieu :

  • d'un côté, un lévite et un prêtre, de ceux qui, en Israël, sont le plus tenus à observer la loi de charité,
  • de l'autre, un Samaritain, l'étranger et l'hérétique (Jn 8,48 ; Milieux de vie Lc 9,53), dont on n'attendrait normalement que de la haine. Le Samaritain n'est pourtant pas, au sens strict, un étranger. Les Samaritains se disaient descendants des tribus du Nord (Éphraïm et Manassé), possédaient leur propre Pentateuque et rendaient leur culte sur le mont Garizim. Les Judéens, eux, les tenaient pour une population mêlée, issue des colons installés par les Assyriens après la chute de Samarie (2R 17,24-41), et pour des schismatiques. Le temple du Garizim avait été détruit par le Hasmonéen Jean Hyrcan vers la fin du IIᵉ siècle avant notre ère. Jean le note sèchement : « les Juifs n'ont pas de relations avec les Samaritains » (Jn 4,9), et Luc fait dire à Jésus, à propos du lépreux samaritain guéri, « cet étranger » (ἀλλογενής, Lc 17,18). Luc s'intéresse d'ailleurs aux Samaritains plus qu'aucun autre évangéliste (Lc 9,51-56 ; 17,11-19 ; ).

La parabole est donc provocante. Procédés littéraires