Un projet du Programme de Recherches La Bible en ses traditions AISBL
Dirigé par l’École Biblique et Archéologique Française de Jérusalem
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1 C'est pourquoi, mes frères aimés
Vtrès chers et désirés
Schers
ma joie et ma couronne
tenez fermes Vainsi dans le
Snotre Seigneur, très chers
Smes bien-aimés !
2 J’exhorte
VJe demande à Évodie et j’exhorte
Vje prie Syntyche
à
Vd'avoir le même sentiment dans le
Sune [unique] pensée dans notre Seigneur.
3 Oui, je
TREt, je
VEn outre, je te prie toi aussi mon vrai compagnon :
aide-les, elles
V Saide celles qui ont lutté
Vtravaillé avec moi pour
Vdans l'Évangile
avec Byz TR Nesaussi Clément et le reste de mes collaborateurs,
dont les noms [sont]
Vsont
Ssont écrits dans le livre de vie !
4 Réjouissez-vous toujours dans le
Snotre Seigneur
encore une fois je le dis : — Réjouissez-vous.
5 Que votre modestie
Shumilité soit connue de tous les hommes.
Le
SNotre Seigneur est proche.
6 Ne vous inquiétez de rien
mais en toute chose, par la prière et la supplication
avec action de grâces,
faites connaître à
Sdevant Dieu vos demandes.
7 Et la paix de Dieu, qui dépasse tout entendement,
gardera
Vqu'elle garde vos cœurs
et vos pensées dans le Christ Jésus
Sen Jésus le Christ.
8 Pour le reste frères
tout ce qui est vrai
tout ce qui est noble
tout ce qui est juste
tout ce qui est pur
tout ce qui est aimable
tout ce qui est honorable
si il y a quelque vertu
Byz TR Neset si il y a quelque louange
continuez à considérer ceci.
8 Désormais mes frères
ce qui est vrai
ce qui [est] noble
ce qui [est] juste
ce qui [est] pur
ce qui [est] aimable
ce qui [est] honorable
si [il y a] quelque acte de gloire
et [digne] de louange
[continuez à] considérer ceci.
9 Ce que vous avez appris
et reçu, et entendu, et vu en moi,
pratiquez-le,
et le Dieu de la paix sera avec vous.
10 J'ai éprouvé une grande joie dans le Seigneur
de ce qu'enfin vous avez fait refleurir vos sentiments d’autrefois à mon égard,
comme vous les aviez bien
mais l’occasion vous manquait.
Vvous étiez occupés.
10 Je me suis réjoui grandement dans notre Seigneur
car vous vous êtes attachés à veiller sur moi
comme vous veilliez [avant]
mais vous n'[en] aviez pas l'occasion
11 Je ne parle pas poussé par l’indigence.
Moi, en effet, j’ai appris, en toutes situations où je suis, à être autosuffisant.
11 Je ne parle pas en effet à cause de l’indigence
moi, en effet, j’ai appris en ce que je possède à être autosuffisant.
12 Je sais soit TRensuite être dans la pauvreté
Vhumilié,
soit être dans l’abondance ;
je suis instruit en tous lieux et en toutes choses
tant à être rassasié qu’à avoir faim,
tant à être dans l’abondance qu’à être dans le besoin.
13 Je peux tout dans le Christ
V Nesen celui qui me donne la force.
14 Toutefois vous avez bien fait de prendre part à ma tribulation.
15 Et vous savez vous aussi Philippiens
qu’au début de l’annonce de l’Évangile, quand je suis parti de la Macédoine,
aucune Église n’a partagé avec moi un compte de droit et avoir
V Sd'avoir et de droit si ce n’est vous seuls,
16 puisque à Thessalonique aussi vous avez envoyé une fois, et même deux, ce qui m'était nécessaire.
17 Non que je recherche le don
mais je recherche le profit qui s’accroît
sur votre compte.
17 Non que je recherche le don
mais je recherche les profits qui s’accroissent
pour vous
18 Maintenant j’ai de tout et j’abonde,
j’ai été comblé, ayant reçu d’Épaphrodite vos dons :
parfum de suave odeur,
sacrifice
Vhostie acceptable, agréable à Dieu.
19 Et mon Dieu comblera
Vcomble
chacun de vos besoins
Vdésirs
selon sa richesse glorieuse
Vses richesses glorieuses par le Christ Jésus
SJésus le Christ.
20 À notre Dieu et Père la gloire Set l'honneur dans les siècles des siècles. Amen.
21 Saluez chaque saint dans le Christ Jésus.
Sen Jésus le Christ.
Les frères qui sont avec moi vous saluent.
22 Tous les saints vous saluent
et principalement ceux
Vceux qui sont de la maison de César.
22 ...
23 La grâce du
S TRde notre Seigneur Jésus Christ
VJésus-Christ soit avec
vous tous. Amen.
TRvous tous. Amen. [L'épître] aux Philippiens a été écrite depuis Rome par Epaphroditus.
Nesvotre esprit.
Vvotre esprit. Amen.
VICI FINIT L'ÉPÎTRE AUX PHILIPPIENS
3,1–4,1
1c tenez fermes ne constitue pas une nouvelle injonction, mais un ultime appel à vivre avec fermeté, en union avec le Seigneur, les orientations données dans ce passage.
2–23
1a aimés
D* et quelques témoins occidentaux ne reportent pas le second aimés.
S B 33 ajoutent mes.
7a Dieu Variante A t vgmss syhmg : Christ.
7c pensées
F G a d MVict Pel : corps.
P16vid : pensées et les corps.
7c Christ Variante P46 : Seigneur.
8 louange Addition D* F G a vgcl Ambrosiaster : de la connaissance.
13 Christ Omission dans Nes V א* A B D* I 33 629 1739 pc lat co Cl.
15a Et Omission dans P46 D* 1505 pc vgms syh.
18b comblé Addition P46 (2495) vgms ajoutent : puis.
19a comblera Variante D* F G Ψ 075 6 33 81 104 326 365 1175 1241s 1505 1739 1881 al latt : comble.
23 vous tous Variante P46 א* A B D F G P 075 6 33 81 104 365 629 630 1175 1241s 1739 1881 pc latt co : l'esprit.
23 Amen Omission dans Nes B F G 075 6 1739* 1881 pc b sa Ambrosiaster.
2a Évodie + Syntyche — Sens étymologique de ces noms de femmes : « bon chemin » et « rencontre ».
3a compagnon Suzugos = « sous le même joug ». C’est peut-être un nom propre, mais il est plus probable que ce soit un nom commun désignant un collaborateur de Paul impliqué dans la vie de l’Église à Philippes (Tradition chrétienne Ph 4,3a).
5b proche en un sens temporel et spatial (Tradition chrétienne Ph 4,5b).
6d devant Dieu (S) Sémitisme très courant (p. ex. Lc 1,8).
7a dépasse tout entendement Cette expression signifie que la paix qui vient de Dieu est plus efficace que tout ce qui pourrait s’imaginer (Tradition chrétienne Ph 4,7a qui dépasse tout entendement).
7b gardera Connotation militaire Le verbe phroureô appartient au langage militaire (déjà utilisé au v.3 avec « ont lutté ») et traduit la défense assurée par une garnison (2Co 11,32 ; → B.J. 1,141 passim). Il est utilisé, comme ici, dans d’autres passages du NT, comme métaphore (Ga 3,23 ; 1P 3,5).
8 vertu Terme philosophique rare dans le NT Aretê ne se trouve que cinq fois dans le NT (ici donc, et en 1P 2,9 ; 2P 1,3.5[x2]). Textes anciens Ph 4,8
9b reçu Connotation théologique Terme technique pour désigner le processus de la tradition. Il est fait ici référence aux instructions et dispositions pratiques transmises par Paul (cf. 1Th 4,1; 2Th 3,6). Tradition juive Ph 4,9
10b refleurir Hapax NT Ce verbe suggère l’image du retour de la vie lors de la floraison à la sortie de l’hiver (cf. Si 50,10).
11b autosuffisant Concept philosophique et biblique
14 ma tribulation Souffrance conséquente à sa captivité (Vocabulaire Ph 1,17a).
15a Philippiens Le terme grec Philippêsioi n’est pas celui utilisé normalement pour les habitants de Philippes. Il vient du latin Philippenses, soulignant ainsi leur statut de citoyens romains.
15c un compte de droit et avoir Litt. « de donner et de recevoir ». L'expression propre au langage commercial est utilisée aussi pour décrire la réciprocité dans les relations humaines (Textes anciens Ph 4,15c). Ici, elle renvoie tant à l’aide des Philippiens qu’à ce qu’ils ont reçu à travers leur évangélisateur.
19b sa richesse Connotation paulinienne Le concept est lié à l’agir salvifique de Dieu en faveur des hommes (Rm 2,4 ; 9,23 ; 11,33 ; Ep 1,18 ; 2,7 ; 3,16 ; Col 1,27).
20.23 Amen Terme hébreu et araméen qui suggère l’idée de réalité et de fermeté. Il exprime l’accord et semble utilisé, dans notre contexte, comme confirmation d’une doxologie par l’assemblée (Liturgie Ph 4,23).
20 siècles Sens Aiôn et les termes bibliques M ‘ôlām et V saeculum, diversement traduits comme « siècle », « éternité », ou « monde », ne désignent jamais simplement une longue durée limitée. Ils peuvent désigner un « espace-temps » qui passe la mesure humaine (→Temporalité divine dans les Écritures) et s'iriser de connotations eschatologiques (→Éons dans l’eschatologie juive).
21–22c saluez Saluent — (S) Connotation š’l bšlm, litt. « demander au sujet de la paix de ».
3b aide-les Le verbe sullambanô à la forme moyenne suivi du dat. signifie « aider, assister » (cf. Lc 5,7).
7a Et a une valeur consécutive : « si bien que... ».
7a de Dieu = gén. possessif ou d’origine.
8 ceci Analepse qui se réfère aux six éléments qui précèdent immédiatement (« tout ce qui »…).
9a Ce que ne doit pas être interprété en un sens adversatif. Il est lié à « ceci » du v.8, mais il est aussi en relation avec « ceci » au v.9.
16 puisque La conjonction hoti, avec valeur déclarative au v.15b (trad. « que »), a ici une valeur causale.
2a.3a Évodie + Syntyche + compagnon — Figure étymologique Paul joue sur l’étymologie des noms des deux personnes mentionnées (Vocabulaire Ph 4,2a) et de suzugos (Vocabulaire Ph 4,3b), afin que, assumant leur nom, elles accueillent l’appel à l’unité.
3b Évangile Synecdoque et/ou métonymie Le syntagme exprime soit le tout pour la partie, soit l’objet pour l’action qui consiste à le donner.
3ab compagnon + aide + ont lutté — Répétition à trois reprises d'une parole avec le préfixe sun- (suzuge, sullambanou, sunêthlêsan), renforcant l'exhortation à l'unité.
6b la prière et la supplication Hendiadys = « la prière de supplication ».
8s Accumulation Les v. sont marqués par deux listes de syntagmes juxtaposés l’un à l’autre. Au v.8, avec l’asyndète, les syntagmes évoquent un système de valeurs communément acceptées par la société, valeurs que les chrétiens de Philippes sont appelés à considérer. Au v.9, avec le polysyndète, les syntagmes signifient que les Philippiens ont toutes les facilités pour savoir comment se comporter en écoutant et regardant la vie de Paul. En outre, ces syntagmes sont rimés, ce qui peut faciliter la scansion voire la mémorisation de cette brève leçon morale. Le texte de la Peshitta (v.8-10), par exemple, présente huit rimes en -n puis huit rimes en -wn, ces deux groupes entourant la locution centrale « acte de gloire/et [digne] de louange ».
11s Correctio v.11a partie positive, v.11b-12 partie négative. Paul donne cette précision pour éviter que les destinataires pensent que sa joie dépend du don matériel qu’ils ont fait (cf. v.10).
12abde Polysyndète de kai « et », qui lie par paire six infinitifs, soulignant les variations d’une vie marquée par des situations extrêmes.
15–19 compte Métaphore financière filée
→Vocabulaire financier chez Paul, en particulier en Philippiens
15a Philippiens Apostrophe Rarement Paul s’adresse directement aux destinataires par leur nom (2Co 6,11 ; Ga 3,1). Il le fait ici comme signe d’attention et d’affection pour les Philippiens.
15b Évangile Métonymie Le syntagme exprime l’objet pour signifier l’intention de le donner.
15c seuls Anastrophe qui souligne le fait que les Philippiens ont été les seuls, au début de l’évangélisation en Europe, à aider Paul.
17 Correctio Paul veut éviter un malentendu (v.17a partie positive ; v.17b partie négative) : exaltant la générosité des Philippiens (cf. v.14-16), il ne veut pas obtenir d’autres dons pour le futur.
18a j’ai de tout Connotations commerciales et philosophiques Dans le langage commercial, l’expression équivaut à une quittance, mais elle est aussi utilisée par le philosophe stoïcien pour affirmer sa propre autosuffisance (Textes anciens Ph 4,18b).
18bcd Métaphore cultuelle filée
1,11 ; 4,19a comblés + comblera — Ironie et inversion des rôles
Paul se présente ici d’abord en débiteur qui règle ses dettes (Ph 1,11 litt. « afin que vous soyez pleinement remboursés [peplêrômenoi] »). Les Philippiens ont en effet subvenu aux besoins de l’Apôtre en vertu des bons offices d’Épaphrodite (Ph 2,25 litt. « [que vous avez] délégué pour venir en aide [leitourgon] à mes besoins » ; cf. Ph 4,16).
Mais dans la suite de l’épître, à travers l’image du compte courant ici amorcée, dettes et créances vont mystérieusement changer de bénéficiaire (Ph 4,15 « aucune autre Église que vous n’a pris part au partenariat spirituel de ce compte de débit et de crédit [logon doseôs kai lêmpseôs] »). Paul recherche au fond la richesse spirituelle des habitants de Philippes, eux qui sont en fait ses débiteurs (Ph 4,17). Si l’Apôtre se déclare finalement comblé par leurs contributions pécuniaires (Ph 4,18 peplêrômai), ceux-ci seront à leur tour remboursés par Dieu (Ph 4,19 « Mon Dieu règlera la facture [plêrôsei] de tout ce qui vous manque, selon sa richesse, dans la gloire, dans le Christ Jésus »).
19b richesse glorieuse par le Christ Jésus Hendiadys Litt. « en gloire dans le Christ Jésus » (en doxêᵢ détermine le substantif ploutos, assumant la valeur d’adj.). Dieu agit et manifeste sa gloire par le moyen du Christ (à la fois dans le présent et au temps eschatologique).
20 dans les siècles des siècles Clausule temporelle figée Cette formule d'éternité n’apparaît sous cette forme (eis tous aiônas tôn aiônôn) que deux fois dans G (→4 Macc. 18,24 ; Ps 84,5 [Ps-G 83,5]) ; elle semble caractéristique du NT (p. ex. He 13,21 ; 1P 4,11 ; Ap 1,6) et du genre de la doxologie (Genres littéraires Ph 4,20). Elle fut imitée par de nombreux Pères (→Doxologie chez les Pères) et systématisée dans la liturgie (→Doxologie en liturgie).
3,1–4,1 Exemplum Tout ce passage oppose le mauvais exemple des adversaires au bon exemple de Paul et des croyants.
5b Le Seigneur est proche Formule liturgique ? Il s’agit peut-être d’une formule liturgique primitive, où la communauté exprimait son espoir d’une parousie prochaine du Seigneur (cf. la locution araméenne Marana tha, 1Co 16,22). Cf. Rm 13,12 ; Jc 5,8 ; 1P 4,7 ; Ap 22,20 (Liturgie Ph 4,5b).
8s Consolatio Dans ce genre littéraire, l’auteur invite le lecteur à mettre à distance les pensées tristes (comme celles évoquées en v.6-7) pour adhérer aux choses belles (cf. → Tusc. 3,35-37).
20 Doxologie comportant trois éléments :
Imité dès les premières générations chrétiennes (→Doxologie chez les Pères), ce genre allait connaître un succès immense dans les liturgies (Liturgie Ph 4,20 ; →Doxologie en liturgie).
21ss Postscriptum qui comprend les deux éléments de base typiques de Paul : les salutations (v.21-22) et la bénédiction (v.23).
15b Macédoine La première mission de Paul en Macédoine eut lieu durant le second voyage missionnaire, en l’an 50 environ (Ac 16-17) : →Paul : éléments pour une biographie.
1b couronne Récompense et signe honorifique des athlètes Ainsi les Philippiens sont déjà pour Paul une récompense et un motif de fierté au présent.
2a Évodie + Syntyche — Apparemment deux femmes de Philippes aux noms prédestinés (Vocabulaire Ph 4,2a), collaboratrices de Paul.
3c Clément Probablement un chrétien de Philippe bien connu de la communauté. Paul n’a donc pas besoin de le présenter (Tradition chrétienne Ph 4,3c).
3d livre de vie Registre de citoyenneté ? Les Philippiens qui étaient citoyens romains avaient été inscrits dans le livre (registre) des citoyens romains de la colonie (cf. → Cal. 8,2).
22b ceux de la maison de César = Les esclaves ou les hommes libres affectés aux différents services, dans le palais impérial ou dans l’administration publique, résidents à Rome ou dans les provinces. Même s’il est difficile de savoir à quel niveau de l’échelle administrative se trouvent ces croyants et quelle est leur influence sur l’empereur et ses proches collaborateurs, Paul indique ici que l’Évangile a pénétré dans l’administration impériale.
8 vertu Parallèle stoïcien Dans le contexte gréco-romain, la vertu indiquait l’excellence morale d’une personne et les stoïciens la tenaient comme particulièrement importante.
9b entendu et vu en moi Parallèle stoïcien La cohérence entre le dire et le faire est importante dans la tradition stoïcienne :
11b autosuffisant Parallèle stoïcien
12s Idéal stoïcien de l’indifférence Les stoïciens insistaient sur le fait qu’il n’y avait qu’une seule chose bonne : la vertu. Tout le reste, biens extérieurs compris, était indifférent (adiaphora) :
15c un compte de droit et avoir Expression spécifique
18b comblé et heureux
3d livre de vie Motif Être inscrit dans ce livre signifie, d’après les parallèles bibliques et péritestamentaires, être destiné à la vie éternelle (Milieux de vie Ph 4,3d ; Littérature péritestamentaire Ph 4,3d). Cette dérivation biblique de l’image est la plus probable, Paul étant un lecteur attentif de l’Écriture.
4s La venue de Dieu Durant les semaines qui précèdent Noël dans la liturgie latine, de nombreux répons, antiennes et autres textes amplifient le texte de Paul (Liturgie Ph 4,5b) et orchestrent le thème de la proximité, de la venue du Seigneur, ou du Royaume, ou du salut, en un magnifique centon scripturaire (→Avent).
20 dans les siècles des siècles Locution désignant le « temps » divin Le redoublement et le pluriel de termes exprimant le temps permettent aux écrivains bibliques de désigner la transcendance divine à partir de la condition temporelle présente de l'humanité. →Temporalité divine dans les Écritures
20 Doxologie Dans les Écritures, les doxologies se terminent souvent par une affirmation de l’éternité de Dieu et un « Amen ». Cet usage sera imité par la liturgie chrétienne (Liturgie Ph 4,20 ; →Doxologie en liturgie).
3d livre de la vie Expression répandue dans la littérature apocalyptique
8b ce qui est vrai
9b reçu et entendu
22a Tous les saints vous saluent
4 Réjouissez-vous Durant le temps de l’Avent
Il est transformé en prière de pétition :
Il est commenté par Léon le Grand la veille de Noël :
Il est surtout chanté comme introït ou chant d’entrée de la liturgie romaine latine du dimanche « Gaudete » (Grad. 21-22). Liturgie Ph 1,4c
Année C, laudes, antienne à Benedictus (→AM 1,27)
Ce dimanche, Ph est citée parmi d'autres textes bibliques célébrant la joie, qui donne sa coloration au temps de l'→Avent :
Les lectures accompagnent ce thème de la joie :
Simplement joyeuse, d'elle-même la mélodie pousse à se réjouir en crescendi successifs, sans trop d’éclat. La mélodie pénètre les phrases d’une douce tension jusqu’à nihil solliciti sitis (« Ne soyez inquiets de rien »). Depuis ce sommet, elle s’élargit en enthousiasme invitant à abandonner tout souci pour accueillir l’allégresse qui s’annonce.
La première phrase fait monter progressivement la tension vers la joie. Posée sur une clivis épisématique et un quilisma, entraînée par un salicus, trois rythmes ternaires consécutifs, elle monte vers l’accent tonique de semper. La mélodie de la thesis exprime encore une volonté qui cherche à s’imposer : iterum dico (« encore une fois je le dis » - bivirga épisématique).
La deuxième phrase poursuit la progression. Sa mélodie passe de l’ambiance du ré à celle du fa. Une arsis marquée (salicus et quilisma) l’oriente vers hominibus d’où elle monte avec enthousiasme vers prope est et un accent plein d’ardeur sur nihil (bivirga). La thesis vient rimer avec celle de la phrase précédente, apaise la tension et restaure en fin de pièce la discrétion feutrée du début. On est encore dans l’attente, et la joie ne détruit pas les préoccupations. Le conseil de la prière (pressus de omni, motif ascendant de oratione, distropha d’innotescant) invite à les porter dans l’espérance.
L'onction joyeuse du 1er mode pénètre les v. psalmiques.
Les trois conseils donnés par Paul (joie, modestie, tranquillité) sont centrés sur une phrase lapidaire : « le Seigneur est proche (Dominus prope est) » prend un sens nouveau dans le cadre liturgique de l’Avent (Liturgie Ph 4,5b).
4 Réjouissez-vous dans le Seigneur - Introït
, Introït - Gaudete
Chœur des moines de l’abbaye Sainte-Madeleine du Barroux
Introït chanté le troisième Dimanche de l'Avent.
5b Le Seigneur est proche Durant l’Avent
La série de conseils moraux que Paul donnait à ses disciples devient un encouragement de l’Église aux baptisés, les invitant à anticiper la joie, la mansuétude, la confiance que la proche venue du Sauveur va apporter.
Le Seigneur est proche : tel est le motif de la joie mystérieuse et continuelle de l’Église, mais plus accentuée durant l’Avent. Il ne s’agit pas seulement de la présence divine habituelle réjouissante pour celui qui s’y confie, mais de la présence du Seigneur en train d’arriver, bientôt là dans la chair (mémorial de la naissance de Jésus à Bethléem), la grâce (célébration de la visitation de l'âme du croyant par le Verbe) ou la gloire (attente du retour glorieux du Christ pour le jugement final). Mystique Ph 4,4
Outre ces citations dans le contexte plus large de Ph 4,4-5 (Liturgie Ph 4,4), Ph 4,5b est chanté à plusieurs reprises durant l’Avent :
En outre, tout au long de l'→Avent, de nombreux répons, antiennes et autres textes orchestrent le thème de la proximité, de la venue du Seigneur, ou du Royaume, ou du salut, en un magnifique centon scripturaire.
6bc la prière et la supplication avec action de grâces Le genre littéraire de l’oraison
12ss.19s Texte
= Pour Paul, seul le Christ compte : il peut tout supporter avec celui qui lui donne la force.
20 Reprise de cette doxologie en liturgie : l’embolisme du Notre Père
Parmi les innombrables reprises de la →doxologie en liturgie, celle de l'embolisme du Notre Père de la liturgie romaine (→MR 599 n°125) contient ces mots mêmes :
Elle pourrait remonter au 2e ou même au 1er s. Dans certains mss de Mt, elle suit immédiatement le « Notre Père ».
La plupart des Églises d’Orient et de la Réforme utilisent cette doxologie après le « Notre Père » dans leur liturgie. Chez les orientaux, cette doxologie est une exphonèse : formule réservée au prêtre (au point qu’à l’Office, ils l’omettent en son absence). C’est l’usage contraire qu’adopte la liturgie romaine dans l’Ordo missae de Paul VI en en faisant une acclamation du peuple.
23 Dans le rite eucharistique
Cette courte bénédiction est reprise dans l’une des formules de salutation, mais plus complète (cf. 2Co 13,13), du célébrant au début de la messe. Les termes dont use le prêtre et ceux par lesquels le peuple lui répond proviennent des lettres de Paul qui aimait à saluer ainsi les communautés ou les personnes auxquelles il s’adressait :
Le prêtre salue d’emblée l’assemblée en invoquant la présence du Seigneur en son sein. Cette formule insiste sur la grâce. C’est le Christ fait Seigneur (Ph 2,9-11) qui apporte la grâce de la pleine communion avec Dieu et avec les frères, par la révélation qu’il a faite de son Père et par le don de son Esprit. Ainsi se manifestent la présence du Seigneur signifiée par le ministère ordonné et le caractère de grâce du rassemblement : il ne vient pas d’une initiative humaine, mais d’une convocation de Dieu qui en fait une assemblée ecclésiale.
23 Amen Réflexe liturgique ? Certains manuscrits ont ajouté un « Amen » (Vocabulaire Ph 4,20.23) à la bénédiction qui conclut la lettre (Critique textuelle Ph 4,23), sans doute une addition due à l’usage liturgique de l’épître. Toute louange de Dieu et tout souhait de bénédiction déclenchait presque automatiquement un Amen de la part de l’assemblée :
9b reçu Importance de la transmission dans l’auto-représentation du judaïsme
2a J’exhorte Douceur du bon pasteur
3a compagnon
3c Clément = Clément 1er, pape (→ Hist. eccl. 3,5).
3d livre de vie Symbole de prédestination
4 Réjouissez-vous Joie spirituelle
5b Le Seigneur est proche Les raisons de la confiance
6a Ne vous inquiétez de rien Pourquoi ?
6bc la prière et la supplication avec action de grâces Prier...
7a la paix de Dieu Vers les hommes
7a qui dépasse tout entendement Une paix supra-humaine et supra-angélique
8 vertu Nécessité et contenu d’une morale chrétienne
8 aimable Ou : « modéré »
11b j’ai appris Paul sage parfait et modèle du chrétien
11b être autosuffisant Un idéal divin ?
13 le Christ qui me donne la force De faire le bien
15–19 Métaphore financière →Vocabulaire financier chez Paul, en particulier en Philippiens
18c parfum de suave odeur Dieu agrée l’aumône qui vient du coeur
19b par le Christ Le bien-être des chrétiens glorifie le Christ
20 dans les siècles des siècles Importance de la doxologie La doxologie avec sa formule finale affirmant l’éternité de Dieu est omniprésente dans la vie de l’Église ancienne. Le chrétien ne saurait dire « dans les siècles des siècles » à aucun autre qu’au Christ Dieu :
Elle termine non seulement presque toutes les prières, mais aussi les homélies, même les actes des martyrs et les écrits hagiographiques ainsi que les traités doctrinaux. Imitant le plus souvent des formulations bibliques, fréquemment pauliniennes, les →doxologies chez les Pères témoignent de leur enracinement dans l’Écriture.
21a saluez Polémique anti-monastique
4 Réjouissez-vous
5s Résonance biblique
7a la paix de Dieu, qui dépasse tout entendement
13 Je peux tout dans le Christ Si le Christ est en nous
8b tout ce qui est vrai MORALE Sens de l’énumération selon Thomas d’Aquin
→ Lect. Phil. « Quand il dit ensuite : Que tout est vrai, etc., il ordonne leur action, et d’abord il les amène à bien agir, quand il donne l’objet de leur action, à savoir le bien qui est à faire, puis il donne le motif de l’acte, troisièmement, l’acte, quatrièmement le fruit de l’acte. Ces quatre choses sont développées ici.
est ou l’objet de la connaissance, ou celui de l’affection. Pour l’intelligence, c’est le vrai, pour l’affectivité c’est le bien. Et c’est pourquoi il dit : Que tout, c’est-à-dire, du fait que vous êtes ainsi affermis, réfléchissez à tout ce qui est vrai par la foi, comme il est dit dans Za 8,19 'Aimez seulement la vérité et la paix.' Mais quant à l’affectivité, il faut savoir que certaines choses relèvent de la nécessité de la vertu, d’autres sont surajoutées. Trois éléments sont nécessaires à la vertu : premièrement que l’homme soit intègre en lui-même. Et sur ce point, il dit : Tout ce qui est honorable, c’est-à-dire chaste, comme il est dit dans Jc 3,17 'Mais la sagesse qui vient d’en haut est premièrement chaste, etc.' Deuxièmement, il faut qu’il soit bien réglé vis-à-vis du prochain ; c’est pourquoi il dit : Tout ce qui est juste, etc., selon Mt 5,6 'Bienheureux ceux qui sont affamés et altérés de justice, etc.' Troisièmement, il faut qu’il soit ordonné à Dieu ; d’où le fait qu’il dise : Tout ce qui est pur. Ainsi dans Lc 1,75 'Nous le servirons sans crainte, dans la sainteté et la justice, nous tenant en sa présence tous les jours de notre vie, etc.'
Deux objets s’ajoutent à ce qui est nécessaire : d’abord que l’homme soit porteur d’amitié ; deuxièmement qu’il garde une bonne renommée. Concernant le premier point, il dit : Tout ce qui est aimable, c’est-à-dire, tout ce qui mène à une amitié mutuelle. Si 7,39, le recommande 'Ne soyez point paresseux à visiter les malades ; car c’est ainsi que vous vous affermirez dans la charité' ; et Pr 18,24 'L’homme dont la société est agréable sera plus aimé que le frère'. Pour le second point, il dit : Tout ce qui est de bonne renommée. En effet, beaucoup de choses peuvent être faites avec une bonne conscience, qui, cependant, doivent être évitées à cause de la renommée, selon Si 41,15 'Ayez soin de vous procurer une bonne réputation, car ce vous sera un bien plus stable que mille trésors grands et précieux.'
est double. Il y a d’abord l’inclination intérieure de l’habitus ; puis la discipline extérieure ou l’instruction. Pour le premier, il dit : S’il est quelque vertu, c’est-à-dire que l’habitus de vertu qui est en vous vous conduise à agir, comme il est dit dans Si 44,6 : 'Ils ont été riches en vertu, ils ont aimé avec ardeur la véritable beauté, et ils ont gouverné leurs maisons en paix.' Pour le second, il dit : S’il est quelque louange, c’est-à-dire s’il y a en vous une discipline louable, faites-le bien, d’après Ps 119,66 : 'Enseignez-moi la bonté, la discipline, et la science, etc.'
Et il explique quelle est cette discipline, en disant : Que ce soit là l’objet de vos pensées, à savoir : Ce que vous avez appris de moi quand je vous enseignais. Il est dit dans Mt 11,29 'Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur, etc.' ; et 1Th 2,13 'Ayant entendu la parole de Dieu que nous vous prêchions, vous l’avez reçue, non comme la parole des hommes, mais comme étant, ainsi qu’elle l’est véritablement, la parole de Dieu, etc.' Et ce que vous avez vu faire à moi-même, par les exemples. Ainsi, en effet, apparaissent le motif et l’objet de l’acte, parce que la discipline s’acquiert par la doctrine. Et il faut qu’elle soit d’abord reçue ; c’est pourquoi il dit : Que ce soit là l’objet de vos pensées. Puis qu’on y adhère, d’où le fait qu’il dise : Ce que vous avez appris et reçu de moi. Enfin, il faut la posséder par l’ouïe et par la vue ; d’où : Ce que vous m’avez entendu dire et vu faire à moi-même.
est double, c’est-à-dire qu’il y en a un intérieur, qui est évoqué ici : Que ce soit là l’objet de vos pensées, comme dans 1Tm 4,15 : 'Méditez ces choses' ; l’autre est extérieur : Pratiquez-le, selon Is 1,16 'Cessez de faire le mal, apprenez à faire le bien, etc.'
est Dieu : Et le Dieu de paix, etc. ; comme pour dire : Si vous faites cela, Dieu sera avec vous, selon qu’il est dit dans 2Co 13,11 'Vivez dans la paix ; et le Dieu d’amour et de paix sera avec vous.' »
20 dans les siècles des siècles Explorations littéraires de la formule Transmise notamment par la liturgie (→Doxologie en liturgie), la formule récurrente chez Paul est reprise par de nombreux écrivains qui en exploitent le caractère hyperbolique.
3 Bible hiéroglyphique
Thomas (1753-1828) et Rowland (1744-1833), →New Hieroglyphical Bible (impression au plomb et gravure sur bois, 1794), 14 x 9 cm
Thomas Fisher Rare Book Library, Toronto (Canada) © Domaine public - Photo : Dr. Ralph F. Wilson
Le « vrai compagnon » est ici un compagnon de joug : celui du Christ, facile à porter. Le symbole utilisé pour la vie (le « Livre de Vie ») est en effet très enviable pour un enfant, et original en la circonstance : un tout petit enfant qui fait des bulles ...
3b celles qui ont lutté avec moi Paul et la femme Même s’il ne s’agit pas précisément des femmes de Philippes, une figure féminine est très présente dans l’iconographie primitive de Paul :
4–7 Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur. Rejoice in the Lord always
Giaches (1535-1596), Gaudete in Domino, 1581
Ross W. Duffin (dir.), Quire Cleveland
Réjouissez-vous dans le Seigneur toujours, je le dis encore, réjouissez-vous.
Compositeur franco-flamand, Giaches passa la majeure partie de sa carrière en Italie. Il mourut à Mantoue et est reconnu comme l'un des plus grands madrigalistes de la période tardive.
, Rejoice in the Lord always
Rejoice in the Lord always: and again I say, Rejoice. Let your softness be known unto all men. The Lord is at hand. Be careful for nothing; but in every thing by prayer and supplication with thanksgiving let your requests be made known unto God. And the peace of God, which passeth all understanding, shall keep your hearts and minds through Christ Jesus.
Réjouissez-vous dans le Seigneur toujours, je le dis encore, réjouissez-vous. Que votre douceur soit connue de tous les hommes. Le Seigneur est proche. Ne vous inquiétez de rien ; mais en chaque chose par la prière et la supplique avec action de grâces, que vos demandes soient portées à la connaissance de Dieu. Et la paix de Dieu, qui surpasse tout entendement, gardera vos cœurs et vos esprits dans notre Seigneur Jésus Christ.
Henry (1659-1695), Rejoice in the Lord always Z 49, 1685
David Skinner (dir.), Sidney Sussex College choir
Rejoice in the Lord alway, and again I say rejoice. Let your moderation be known unto all men. The Lord is at hand. Be careful for nothing; but in every thing by prayer and supplication with thanksgiving, let your requests be made known unto God. And the peace of God, which passeth all understanding, shall keep your hearts and minds through Jesus Christ our Lord.
Réjouissez-vous dans le Seigneur toujours, je le dis encore, réjouissez-vous. Que votre modération soit connue de tous les hommes. Le Seigneur est proche. Ne vous inquiétez de rien ; mais en chaque chose par la prière et la supplique avec action de grâces, que vos demandes soient portées à la connaissance de Dieu. Et la paix de Dieu, qui surpasse tout entendement, gardera vos cœurs et vos esprits dans notre Seigneur Jésus Christ.
Immense musicien et compositeur anglais, Henry est né et mort à Londres dans le quartier de Westminster. Il a incorporé à sa musique des éléments des styles baroques français et italien, mais a développé un style anglais particulier.
8 Il a sauvé le pauvre
Georg Friedrich (1685-1759), The ways of Zion do mourn HWV 264-07 She deliver'd the poor, 1737
John Eliot Gardiner (dir.), Monteverdi Choir and Orchestra
9 Soyez mes imitateurs et ceux du Seigneur
Carlotta (1975), Imitatio (Poème symphonique pour orgue inspiré de l'Imitation du Christ), 2016
Carson Cooman
© Licence YouTube Standard→, 1Co 11,1 ; Ph 3,17 ; Ph 4,9 ; 1Th 1,6 ; 2Th 3,7ss
«Imitatio» est un poème symphonique inspiré de «L'imitation du Christ», du théologien hollandais du Moyen Âge tardif Thomas à Kempis (vers 1380–1471). Chacun des quatre mouvements est inspiré d'un principe du livre.
1. Conscience de soi 2. Humble soumission 3. Gratitude 4. Consolation intérieure