Un projet du Programme de Recherches La Bible en ses traditions AISBL
Dirigé par l’École Biblique et Archéologique Française de Jérusalem
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1 V—IUXTA HEBR.
113,1–118,29 Béni soit le Nom du Seigneur. Le grand Hallel. Ce psaume est le premier du Hallel, suite de psaumes de louange (113-118) chantée les matins des fêtes et des néoménies (Ros ḥōdeš, Liturgie Nb 28,11–15). Le Hallel complet se dit aux Cabanes, les huits jours de Hanoukka (Liturgie 1M 4,36–60), les deux premiers jours de Pâque, les deux jours de Pentecôte. Il est abrégé les six derniers jours de Pâque et les néoménies.
Les flammes qui montent de la hanoukkia (photographie, 2019)
1s LITURGIE JUIVE (rite séphardi) Ce psaume est le cinquième du Hallel, suite de psaumes de louange chantée les matins des fêtes et des néoménies (Ros ḥōdeš) (voir Ps 113).
1s Louez le Seigneur Trait
, Trait — Laudate Dominum
Chœur des moines de l’abbaye Sainte-Madeleine du Barroux
106,1 ; 107,1 ; 117,1 Célebrez le Seigneur - Alleluia de Pâques
, Alleluia - Confitemini Domino
Chœur des moines de l’abbaye Sainte-Madeleine du Barroux, (enregistrement en direct)
Alleluia de la nuit de Pâques.
1s Louange des nations au Dieu d'Israël
1s Glorifiez le Seigneur
(1832-1883), La fille de Jephté vient rencontrer son père (gravure sur bois, 1866)
Illustration de la → Bible de Tours
Domaine public © Wikimedia Commons→
113,1–118,29 Hallelujah
Leonard Cohen (1934-2016), Hallelujah, 1984
Hallelujah, qui signifie en hébreu Hallelou « Rendez louange » Yah, Yahweh « à Dieu », est une chanson écrite par Leonard . Elle a été enregistrée pour la première fois sur son album de 1984 intitulé . Avec une dramatique ironie, ce psaume des jours modernes pose en contraste d'une part l'adoration des Psaumes de David pour le Seigneur qui s'est plu à écouter son harpe mystique, et d'autre part l'adoration du narrateur pour son amante qui ne s'est jamais plu à écouter sa musique. Il est comme David captivé par la beauté de Bethsabée quand il la voit dans son bain (2S 11,2), mais alors il perd sa puissance comme Samson à cause de Dalila (Jg 16,1-31). L'amour l'a laissé seul sur un chemin de douleurs et de souffrances malgré des moments d'intimité, et dans un verset final faisant allusion à la mort d'Urie (2S 11,6-17), il nous dit qu'il n'a rien appris de l'amour si ce n'est comment se protéger de potentiels rivaux.
1s Louez le Seigneur toutes les nations Louer — du murmure à la cathédrale
La brièveté du psaume semble avoir guidé celle de la pièce : quelques accords choraux, suspendus dans l'acoustique dorée du lieu sacré, suffisent à créer un espace de recueillement que rien ne vient troubler. Les voix ne cherchent pas à amplifier l'universalité du message — elles la condensent, l'intériorisent, comme si la louange adressée à toutes les nations passait d'abord par le silence d'une seule voix intérieure. Deux versets, quelques mesures : et pourtant tout y est.
Valentin (1937-...), Praise God, All Ye Nations (Psaume 117), 2007
Mykola Hobdych (dir.), Kiev Chamber Choir, Album: Sacred Songs (2008)
Valentin Silvestrov, né à Kiev en 1937, est considéré comme le plus grand compositeur ukrainien vivant et l'une des figures majeures de la musique contemporaine mondiale. Son œuvre ne se cantonne pas à l'espace du concert : elle est profondément ancrée dans l'histoire et les convulsions de son temps.
Persécuté en URSS pour « formalisme », exclu de l'Union des compositeurs, il a traversé des décennies d'underground avant d'être reconnu sur les plus grandes scènes européennes. Lors de la révolution du Maïdan, en 2013-2014, il descend dans la rue et compose cinq versions successives de l'hymne ukrainien, épousant au plus près le rythme des événements — de la veille silencieuse à la colère, puis à la victoire.
Sa musique fonctionne, selon la formule qu'il reprend à la poétesse Olga Sedakova, comme un « cardiogramme de l'époque » : elle enregistre ce que la société ressent avant même de pouvoir le dire. En 2022, à 84 ans, il quitte l'Ukraine sous les bombes. Toute son existence illustre cette conviction que la beauté et la liberté sont indissociables.
Pour Constantin Sigov, sa musique est avant tout un acte de résistance spirituelle : « Les sons incomparablement libres des mélodies de Silvestrov nous entraînent au-delà de ces deux tendances [d'aliénation de la musique classique : l'ignorance en gros et dans le détail et l'adoration décorative de ses façades philarmoniques], présentant de manière inattendue de nouvellesformes de connexion entre la musique et les paroles, de la poésie contemporaine en passant par le classique et jusqu’aux stichères liturgiques et aux psaumes. La nouvelle musique « dégivre » les textes figés et gelés, connus mais oubliés justement en raison de leur familiarité » (Constantin , Revue La Règle du Jeu n°57→, mai 2015).
Wolfgang Amadeus Mozart compose ses Vêpres solennelles du Confesseur en 1780, à Salzbourg. Le Laudate Dominum, cinquième mouvement de l'œuvre, en est le joyau — un air pour soprano solo et chœur d'une simplicité mélodique si parfaite qu'elle semble avoir toujours existé. La voix soliste s'élève seule d'abord, portée par une ligne orchestrale d'une douceur presque irréelle, avant que le chœur ne la rejoigne dans un Amen conclusif d'une lumière apaisée. Là où Silvestrov condense la louange universelle du Psaume 117 dans le recueillement intérieur de quelques accords choraux, Mozart l'épanouit vers l'extérieur — la voix de soprano rayonne, s'élargit, comme si la fidélité sans bornes du Seigneur appelait naturellement la plus belle mélodie que l'on puisse offrir.
Wolfgang Amadeus (1756-1791), Laudate Dominum (Vesperae Solennes de Confessore K.339), 1780
Gächinger Kantorei Stuttgart
Wolfgang Amadeus laisse une œuvre impressionnante (626 œuvres sont répertoriées dans le catalogue Köchel), qui embrasse tous les genres musicaux de son époque. Selon le témoignage de ses contemporains, il était, au piano comme au violon, un virtuose. On reconnaît généralement qu'il a porté à un point de perfection le concerto, la symphonie, et la sonate, qui devinrent après lui les principales formes de la musique classique, et qu'il fut l'un des plus grands maîtres de l'opéra. Son succès ne s'est jamais démenti. Son nom est passé dans le langage courant comme synonyme de génie, de virtuosité et de maîtrise parfaite.
Johann Sebastian Bach compose ce motet pour chœur a cappella à quatre voix — une pièce courte, dense, taillée dans le granit. Dès les premières mesures, le chœur s'empare du Psaume 117 avec une énergie presque physique : les voix s'imbriquent en contrepoint serré, se relancent, se répondent, construisant une architecture sonore où chaque ligne mélodique porte sa propre logique tout en servant l'ensemble. Ce n'est pas la douceur de Mozart ni le recueillement de Silvestrov — c'est la louange comme édifice, comme démonstration, comme certitude absolue que la fidélité du Seigneur mérite d'être proclamée avec toute la rigueur et toute la puissance dont l'art est capable.
Là où Mozart épanouit le psaume en une mélodie rayonnante et Silvestrov le condense dans le silence intérieur, Bach le construit — pierre par pierre, voix par voix — comme on bâtit une cathédrale.
Johann Sebastian (1685-1750), Lobet den Herrn, alle Heiden BWV 230, av. 1751
Winnender Kantorei & Collegium Musicum an der Schlosskirche Winnenden
Jean-Sébastien est un musicien, notamment organiste, et compositeur allemand. À la croisée des principales traditions musicales européennes (pays germaniques, France et Italie), il en a opéré une synthèse très novatrice pour son temps. Bien qu'il n’ait pas créé de forme musicales nouvelles, il pratiqua tous les genres existant à son époque à l’exception de l’opéra : dans tous ces domaines, ses compositions, dont seules une dizaine ont été imprimées de son vivant, montrent une qualité exceptionnelle en invention mélodique, en développement contrapuntique, en science harmonique, en lyrisme inspiré d’une profonde foi chrétienne. La musique de Bach réalise l'équilibre parfait entre le contrepoint et l'harmonie avant que cette dernière prenne le pas à partir du milieu du XVIIIe siècle. Il est en particulier le grand maître de la fugue, du prélude de choral, de la cantate religieuse et de la suite qu’il a portés au plus haut degré d’achèvement.