La Bible en ses Traditions

Psaumes 118,1–29

M V
G S

 VALLELUIA

 Célébrez YHWH

VConfessez le Seigneur car il est bon

puisque  éternelle

Vpour les siècles est sa miséricorde

...

M
G S
V

Qu’Israël dise :

— Éternelle est sa miséricorde ! 

...

que maintenant le dise Israël : — Il est bon :

pour les siècles est sa miséricorde !

2ss Exhortation à trois classes de personnes Ps 115,9ss ; 135,19s

Que le dise la maison d’Aaron :

— Éternelle est sa miséricorde ! 

...

que maintenant le dise la maison d'Aaron puisque pour les siècles est sa miséricorde

Que le disent ceux qui craignent YHWH :

— Éternelle est sa miséricorde ! 

...

que maintenant le disent ceux qui craignent le Seigneur puisque pour les siècles est sa miséricorde :

4 ceux qui craignent YHWH Ps 22,24 ; 103,11 ; Ap 19,5

Du sein de ma détresse j’invoquai YHWH

YHWH m’exauça et me mit au large.

...

— Depuis la tribulation j'invoquai le Seigneur

et il m'exauça dans les grandes largeurs, le Seigneur !

5 = Ps 4,2

YHWH est pour moi, je suis sans crainte:

que peut me faire un homme ?

...

(Le Seigneur m'est un défenseur :

je ne craindrai rien que puisse me faire un homme

6 Pas de crainte des hommes avec YHWH Ps 27,1 ; 56,12 ; He 13,6

YHWH est mon aide

et moi je jouis de la vue de ceux qui me haïssent.

...

le Seigneur m'est un défenseur :

et moi je regarderai de haut mes ennemis

7 Secours de YHWH et spectacle des ennemis Ps 54,6.9

Mieux vaut s'abriter en YHWH

que de se fier à un homme.

...

c'est bon de se confier dans le Seigneur,

mieux que de se confier en un homme

Mieux vauts'abriter en YHWH

que de se fier aux princes.

...

c'est bon d'espérer dans le Seigneur,

mieux que d'espérer dans des princes !)

10 Toutes les nations m’entouraient 

au nom de YHWH, je les ai pourfendues.

10 ...

10 Toutes les nations m’encerclèrent 

et au nom du Seigneur ※de fait: je me vengeai d'elles !

11 Elles m’entouraient et m'enserraient,

au nom de YHWH, je les ai pourfendues :

11 ...

11 Pour m'encercler, elles m'encerclèrent bien !

mais au nom du Seigneur ※de fait: je me vengeai d'elles :

M V
G
S

12 elles m’ont entouré

Vm’encerclèrent  comme des abeilles

et se sont éteintes comme un feu d’épines

Vet s'enflammèrent comme un feu dans des épines :

    au nom de YHWH car je les ai pourfendues

Vet au nom du Seigneur ※de fait: je me vengeai d'elles !   

12 Elles m’ont entouré comme des abeilles un rayon de miel

et elles ont flambé comme un feu au milieu d'épines

et au nom du Seigneur je les ai écartées.

12 ...

12 Comme des abeilles Dt 1,44
M
G S
V

13 Tu m'as poussé, poussé pour me faire tomber

mais YHWH m’a secouru.

13 ...

13 Poussé, renversé, j'étais sur le point de tomber

mais le Seigneur me soutint

14 Ma force et mon chant, c'est YHWH

il a été pour moi le salut.

14 ...

14 ma force, et ma louange, le Seigneur

s'est même fait mon salut !

14 = Ex 15,2 ; Is 12,2

15 Cris de joie et de salut

dans les tentes des justes. La droite de YHWH a fait des prouesses

15 ...

15 Son de l'exultation et du salut

dans les tentes des justes :

16 la droite de YHWH s'est exaltée

la droite de YHWH a fait des prouesses.

16 ...

16 la droite du Seigneur a déployé sa puissance

la droite du Seigneur m'a exalté

la droite du Seigneur a déployé sa puissance !

M V
G S

17 Je ne mourrai pas mais vivrai

et je raconterai les œuvres de YHWH

Vdu Seigneur :

17 ...

17 Publier les œuvres de YHWH Ps 11,17-18 ; Is 38,19
M
G S
V

18 YHWH m’a durement châtié

mais il ne m’a pas livré à la mort.

18 ...

18 pour me châtier, il me châtia, le Seigneur

mais il ne me livra pas à la mort !

M V
G S

19 Ouvrez-moi les portes de la justice

par elles j'entrerai, je louerai YHWH,

V entré par elles, je confesserai le Seigneur.

19 ...

19s Liturgie d’entrée au sanctuaire Ps 24,7-10

20 Voici la porte de YHWH :

Vdu Seigneur :

les justes entrent

Ventreront par elle !  

20 ...

20 Ville où entrent les justes Is 1,26 ; 26,2
M
G S
V

21 Je te célébrerai, parce que tu m’as exaucé

et que tu as été pour moi le salut :

21 ...

21 Je te confesserai puisque tu m'exauças

et te fis pour moi le salut :

M V
G S

22 La pierre que rejetèrent

Vréprouvèrent les bâtisseurs

est devenue

Vla voici faite tête d'angle !

22 ...

22 Le Christ, pierre d’angle Mt 21,42p ; Ac 4,11 ; 1Co 3,11 ; Ep 2,20 Pierre d’angle Jb 38,6 ; Is 8,14 ; 28,16 ; Za 3,9 ; 4,7

23 C’est l’œuvre de YHWH

Vpar le Seigneur que ça se fit

et c’est une merveille à nos yeux !

23 ...

M
G S
V

24 Voici le jour qu'a fait YHWH

en lui jubilons, soyons joyeux !

24 ...

24 Voici le jour que fit le Seigneur

exultons, réjouissons-nous en lui !

25 Ah! YHWH, je te prie, accorde le salut!

Ah! YHWH, je te prie, accorde la prospérité!

25 ...

25 Ô Seigneur fais le salut, 

ô Seigneur fais prospérer :

25 Invocation pour le succés Ne 1,11

26 Béni celui qui vient au nom de YHWH!

Nous vous bénissons de la maison de YHWH 

26 ...

26 béni celui qui doit venir au nom du Seigneur !

Nous vous avons bénis depuis la maison du Seigneur

26 = Mt 21,9p ; 23,39p

27 YHWH est Dieu, il nous illumine

engagez la cérémonie avec des rameaux 

jusqu’aux cornes de l’autel.

27 ...

27 Dieu est Seigneur et il nous a illuminés :

établissez un jour de fête solennelle, dans les halliers

jusqu'aux cornes de l'autel !

27 Usage de rameaux lors de la fête des tentes Lv 23,40 ; Ne 8,15 ; 2M 10,7

28 C'est toi mon Dieu, et je te célébrerai

C'est toi mon Dieu, et je t’exalterai.

28 ...

28 Mon Dieu c'est toi et je te confesserai

mon Dieu ÷c'est toi: et je t'exalterai

je te confesserai puisque tu m'exauças

et te fis pour moi le salut

M V
G S

29    Célébrez YHWH

VConfessez le Seigneur, puisqu'il est bon

puisque éternelle

Vpour les siècles est sa miséricorde !

29 ...

Réception

Comparaison des versions

1 V—IUXTA HEBR. 

  • ALLELUIA | Confessez le Seigneur car il est bon | puisque pour l'éternité est sa miséricorde !

5 V—IUXTA HEBR.

  • Lorsque j'étais dans la détresse, j'invoquai le Seigneur | et le Seigneur m'exauça [en me mettant] au large

6 V—IUXTA HEBR.

  • Tu es mon Seigneur :| je ne craindrai pas ce que peut me faire un homme.

7 V—IUXTA HEBR.

  • Le Seigneur est mon aide et moi je regarderai de haut ceux qui me haïssent.

8 V—IUXTA HEBR.

  • Mieux vaut espérer dans le Seigneur  que d'espérer en l'homme.

9 V—IUXTA HEBR. 

  • Mieux vaut espérer dans le Seigneur | que d'espérer dans les princes. 

10 V—IUXTA HEBR. 

  • Toutes les nations m’ont entouré | mais au nom du Seigneur je me suis vengé d'elles.

11 V—IUXTA HEBR. 

  • Elles m’ont entouré et assiégé | mais au nom du Seigneur, je me suis vengé d'elles

12 V—IUXTA HEBR. 

  • Elles m’ont entouré comme des abeilles | elles se sont éteintes comme un feu d’épines | au nom du Seigneur car je me suis vengé d'elles.

13 V—IUXTA HEBR. 

  • Heurté, j'étais poussé violemment pour me faire tomber | mais le Seigneur m’a soutenu.

14 V—IUXTA HEBR. 

  • Ma force et ma louange, c'est le Seigneur | il est devenu pour moi le salut

15 V—IUXTA HEBR. 

  • Cri de louange et de salut dans les tentes des justes 

16 V—IUXTA HEBR. 

  • La droite du Seigneur a déployé sa force | la droite du Seigneur est élevée | la droite du Seigneur a déployé sa force.

18 V—IUXTA HEBR. 

  • Le Seigneur, en me corrigeant, m’a blâmé | mais il ne m’a pas livré à la mort

24 V—IUXTA HEBR. 

  • Voici le jour qu'a fait le Seigneur | réjouissons-nous et tressaillons d'allégresse en lui

25 V—IUXTA HEBR. 

  • Je t'en supplie, Seigneur, accorde le salut ! je t'en supplie | Je t'en supplie, Seigneur, accorde la prospérité, je t'en supplie !

26 V—IUXTA HEBR. 

  • Béni celui qui vient au nom du Seigneur ! | Nous vous avons bénis depuis la maison du Seigneur 

27 V—IUXTA HEBR. 

  • Le Seigneur est Dieu et il nous est apparu | Célébrez la solennité avec des branches garnies de feuilles jusqu’aux cornes de l’autel

Liturgie

113,1–118,29 Béni soit le Nom du Seigneur. Le grand Hallel. Ce psaume est le premier du Hallel, suite de psaumes de louange (113-118) chantée les matins des fêtes et des néoménies (Ros ḥōdeš, Liturgie Nb 28,11–15). Le Hallel complet se dit aux Cabanes, les huits jours de Hanoukka (Liturgie 1M 4,36–60), les deux premiers jours de Pâque, les deux jours de Pentecôte. Il est abrégé les six derniers jours de Pâque et les néoménies.

Les flammes qui montent de la hanoukkia (photographie, 2019)

© Domaine public→

1–29 JUDAÏSME Ce chant clôt le Hallel (Liturgie Ps 113,1–9).

Usage durant la fête des Tentes antique

L'ensemble a peut-être été utilisé pour la →fête décrite en Ne 8,13-18 ; cf. Esd 3,4 ; Za 14,16. Cf. aussi Esd 3,11.

Rite sephardi

Ce psaume est le sixième du Hallel, suite de psaumes de louange chantée les matins des fêtes et des néoménies (Ros ḥōdeš) (voir Ps 113). Les quatre premiers versets sont répétés chacun par l'assemblée après le ministre-officiant. 5-29 sont chantés en choeur par l'assemblée sur un air apparenté à celui du Cantique de Moïse.

24.1 Voici le jour + Confessez le Seigneur CHANT GRÉGORIEN Psaume pascal par excellence et leitmotiv du jour de Pâques et de toute l’octave pascale Dès les premiers temps de l’Église, ce psaume 118 (117) a été réservé pour la liturgie de Pâques. En effet pendant toute l’octave de Pâques, les graduels de la messe lui empruntent successivement l’un ou l’autre de ses versets. Les mots Haec dies quam fecit Dominus : exsultemus et laetemur in ea constituent le leitmotiv de toute l’octave, servant de verset et répons à toutes les Heures de l’office et dans les monastères de verset au réfectoire pour le bénédicité et les grâces. Il est même utilisé par l’excitateur pour réveiller les frères tôt le matin. On peut considérer l’expression Haec dies comme le pendant pascal de l’Hodie qui est employé de manière préférentielle dans la liturgie de Noël. 

Le graduel Haec dies comporte en fait 6 versets dont 5 sont tirés du Ps 118 sauf celui qui est attribué au mardi dans l’octave et qui est extrait du Ps 107,2 « Que le disent ceux qui ont été rachetés par le Seigneur, ceux qu’il a rachetés de la main de l’ennemi des régions il les a rassemblés. »

Pâques et les autres jours de l'octave : 

  • Pâques Ps 118,1 : « Confessez le Seigneur car il est bon, puisque pour les siècles est sa miséricorde. » Ce v. 1 sert de verset à l'alleluia de la Vigile pascale et à celui de l'alleluia du vendredi après l'Ascension.
  • Lundi Ps 118,2 « Que maintenant le dise Israël : Il est bon puisque pour l’éternité est sa miséricorde. »
  • Mercredi Ps 118,16 « La droite du Seigneur a déployé sa puissance, la droite du Seigneur m’a exalté. » Ce même verset est utilisé à l'offertoire de la Vigile pascale et de la 3e semaine ordinaire et pour l'alleluia de la 5e semaine du temps pascal (Liturgie Ps 118,116ab–17).
  • Jeudi Ps 118,22-23 « La pierre que réprouvèrent les bâtisseurs la voici devenue tête d’angle : C’est par le Seigneur que ça se fit et c’est une merveille à nos yeux. »
  • Vendredi Ps 118,26a-27a « Béni celui qui vient (venit) au nom du Seigneur ! Dieu [est] Seigneur et il nous a illuminés. »
  • Le v. 26a a donné la 2e partie du Sanctus de la messe « Benedictus qui venit in nomine Domini » et l’autre v. 27a rappelle le Lucernaire de la Vigile pascale en reliant la résurrection du Seigneur au thème de la lumière.

— Graduel « Haec dies... Confitemini » du Jour de Pâques

YouTube - Jour de Pâques - Graduel : Haec Dies - Chœur des moines de l'Abbaye de Solesmes (Grad. 196-197)

 Faisant suite à l’introït qui nous introduit dans l’intime action de grâces du Christ à son Père, le graduel constitue la manifestation grandiose de la joie pascale. C’est « le Jour que fit le Seigneur », signe de l’éternelle béatitude pour tous les croyants, membres du Christ. Ils exultent à cause du vainqueur de la mort qui leur a ouvert l’entrée dans la vie éternelle. « La sainte Église veut que nous nous regardions comme déjà ressuscités avec lui, comme déjà en possession de la vie éternelle. ». (Guéranger L'Année liturgique Temps pascal, 7,18). Après la célébration de la Passion et à la lumière de la grâce pascale, l’Église fait monter une immense action de grâces confitemini Domino quoniam bonus, quoniam in saeculum misericordia eius, « cri du cœur qui monte spontanément aux lèvres », sachant tout ce qu’elle doit à la miséricordieuse bonté de Dieu. On a pu dire avec raison que Pâques est le vrai dimanche de la miséricorde, le 2e dimanche ne l’étant qu’en tant que jour de l’octave.

Texte

Haec dies, quam fecit Dominus | exsultemus | et laetemur in ea | V/ Confitemini Domino | quoniam bonus | quoniam in saeculum | misericordia eius. (« Voici le jour que fit le Seigneur | exultons | et réjouissons-nous en lui | V/ Confessez le Seigneur | car il est bon | puisque pour l’éternité | est sa miséricorde. ») Seule différence : la V ajoute le verbe être entre haec dies. Le verset du graduel « Haec dies » du Jour de Pâques est le même que celui de l’alléluia de la nuit : « Confitemini Domino quoniam bonus : quoniam in saeculum misericordia eius »

Interprétation musicale
  • On retrouve la mélodie type du 2e mode proche des graduels des féries avant Noël. Mais ici comme dans le graduel de la Messe de minuit, l’auteur a composé pour le début un motif original tout à fait adapté à la joie de Pâques. Ce motif va jusqu’à Dominus et se soude ensuite naturellement à une formule commune au 2e et au 5e mode. À partir de la clivis initiale de Haec, le mouvement prend son élan et s’enroule autour du La avec souplesse. Les celeriter des manuscrits indiquent un mouvement alerte. Ensuite il s’appuie sur le podatus qui le lance sur le Do comme pour préparer l’entrée majestueuse de dies. La rencontre des deux consonnes « c » et « d » bien prononcées permet de mettre en valeur l’importance de ce mot qui se trouve enveloppé dans un vibrant enthousiasme et un « souffle d’exaltation qui ne va plus cesser, emportant tout dans un rythme admirable ». On remarque les 2 doubles Do de fecit – l’un est arsique sur l’accent et l’autre thétique sur la finale. L’élan de fe, amené par le podatus de quam, informe toute la vocalise de cit en rythmes binaires très joyeux. Le crescendo ample et enthousiaste de Dominus par le torculus et la tristropha qui élargissent le mouvement, enfin la cadence sur Do, évoquent la vénération émerveillée envers le Seigneur.
  • Les 2 autres phrases sont une invitation à la joie. La mélodie habituelle épouse l’ardeur communicative des mots. Elle exulte vraiment sur le mot exsultemus par son envolée spontanée et la détente de sa thésis en un gracieux balancement. Le motif de et laetemur est original et met en évidence le mot par une délicate nuance de gravité sur sa finale, préparant l’admirable vocalise du dernier membre in ea dans un rallentando progressif.
Le verset
  • Le verset reprend l’allégresse du début. Dès qu’elle aborde le nom divin Domino, avec une grâce légère elle laisse déborder sa reconnaissance. « Elle s’y complait en une vocalise qu’elle retient sur les notes les plus élevées ». On remarque aussi les notes allongées et les climacus très retenus de la fin en des inflexions de tendresse émue.
  • Enfin l’extraordinaire quoniam bonus. La joie attendrie continue d’abord sur les premières notes de quoniam. Mais peu à peu une ardeur unique s’empare de la mélodie qui se livre à une ivresse spirituelle rarement atteinte. Elle prend un accent d’admiration éperdue devant la merveille de l’œuvre rédemptrice, la folie de l’amour divin. Elle est menée dans un crescendo ininterrompu et vibrant, on peut dire unique : après le motif Do-Ré-Mi-Ré-Mi-Do-La répété presqu’à l’identique comme pour insister, le mouvement quelque peu retenu, monte par degrés conjoints en un magnifique crescendo, et soudain il bondit d’une quinte en s’appuyant sur la note pointée pour atteindre sans heurt avec tout le moelleux possible de la voix la double note du sommet. Puis il redescend délicatement sur bonus, mot essentiel, où il s’étend et s’élargit avec naturel dans une chaleur vocale expressive. Cette phrase s’achève comme à regret dans le calme revenu.
  • L’avant dernière phrase quoniam in saeculum est rapide et joyeuse. Elle reprend sur saeculum le motif de exsultemus avec la même joie exultante. Pour la dernière phrase, la mélodie se fait peu à peu recueillie dans la contemplation du mystère de l’éternelle miséricorde.

— Alleluia « Confitemini » de la Vigile pascale

Messe de la Vigile Pascale - Alleluia: Confitemini ... YouTube · Chœur des moines de l'Abbaye de Solesmes - Topic (Grad.. 191-192)

Texte

Alleluia V/ Confitemini Domino, quoniam bonus | quoniam in saeculum misericordia eius. (« Confessez le Seigneur | car il est bon | puisque pour l’éternité est sa miséricorde. »)

Interprétation liturgique et spirituelle
  • Après avoir été banni durant tout le carême, l’alleluia fait une entrée solennelle à la vigile pascale. Cet alleluia est entonné trois fois par le président de l’assemblée en montant graduellement le ton. Ce rite a un lien très fort avec celui de l’office de la Croix, le vendredi Saint, et celui du cierge pascal au début de la vigile pascale. Il exprime l’unité entre Passion et Résurrection qui culmine avec ce triple alleluia, acclamation solennelle de la résurrection du Christ, base de notre foi. Le vendredi saint, tandis qu’on élève la croix que l’on dévoile petit à petit, le célébrant chante 3 fois, en montant de ton chaque fois, l’Ecce lignum crucis in quo salus mundi pependit (Voici le bois de la croix sur lequel est pendu le salut du monde) et l’assemblée répond Venite adoremus (Venez, adorons). Au début de la vigile pascale, la flamme du cierge pascal s’élevant de plus en plus, le prêtre chante 3 fois sur des tonalités de plus en plus hautes le Lumen Christi (Lumière du Christ) et l’assemblée répond Deo gratias (Nous rendons grâces à Dieu) ! De même, après la lecture de l’épître, avant d’entendre l’Évangile de l’événement de la Résurrection, le triple alleluia introduit l’assemblée dans la louange de la liturgie céleste. S’ouvre alors le temps pascal d’action de grâce pour la libération dans un alléluia permanent ! Il est le chant nouveau du peuple des sauvés du ciel et de la terre qui communient à l’Agneau vainqueur et immolé (Ap 5,12). « Il n’y a qu’une liturgie ».
Interprétation musicale
Éveil progressif à la joie pascale
  • La mélodie de l’Alleluia a quelque chose de sobre, presque mystérieux, au début sur les 3 premières syllabes Allelu, mais à partir de ia, abréviation de YHWH, la joie se fait plus décisive sur le motif Sol-Do-La-Si-La-La-Sol, l’un des thèmes pascals. 
  • À la suite du 3e alleluia, « À peine avons-nous été introduits, non sans émotion, dans la joie du Christ ressuscité par le chant d’un triple alleluia que l’Église nous presse résolument de rendre grâces à la miséricorde divine : « Confessez le Seigneur, car il est bon et sa miséricorde est éternelle » (Flicoteaux 1952, 42), le verset, débordant de joie, se fait entendre. Dans un élan irrésistible entretenu jusqu’au bout, il rend grâces à la bonté ineffable du Seigneur. Les nuances demandées par les neumes descendants et les petites cadences élargies ne retiennent le mouvement juste ce qu’il faut, pour reprendre aussitôt avec un élan encore plus joyeux. La cantilène de Domino se remplit d’admiration, c’est le Seigneur ! Sur bonus, la mélodie se hisse par une quarte ascendante au Ré et s’y maintient quelque peu. C’est le sommet de toute la pièce « Car le Seigneur est bon ». Il se chante avec toute la chaleur possible. Une grande tendresse se fait sentir sur sa cadence Do-Si. Pour retrouver le sens fort du mot bonus, une tradition très ancienne transmise de génération en génération dit que saint Bruno aimait méditer sur la bonté de Dieu jusqu’à s’enivrer de joie en répétant : O bonitas !
  • Le 2e quoniam repart sur Si dans une vocalise joyeuse qui s’enroule autour de Si et Sol et qui finit par s’établir sur le Do. Le dernier motif de saeculum Si-Do-Ré-La-La-Sol reprend celui des dernières notes de Domino. Quoniam in saeculum se chantent dans un seul mouvement, un grand phrasé, comme dans un seul souffle. Misericordia repart avec un bel élan, l’intervalle de tierce majeure La-Fa sur la clivis de sa 1re syllabe et son bel accent mis en valeur par le groupe quilismatique et sa cadence en Sol ajoutent une note de tendresse émue, mêlée de sérénité. Eius reprend la clivis La-Fa de misericordia, mais se hisse à deux reprises sur le Do avec décision et termine avec le motif pascal de l’alleluia dans une joie expansive qui invite à reprendre une dernière fois l’alleluia.

— Alleluia Confitemini du vendredi après l’Ascension

(Grad. 239-240)

Même texte que celui de la Vigile pascale.

Interprétation musicale
  •  La mélodie de l’Alleluia et de son jubilus a l’ardeur d’une joie qui s’épanouit plutôt que d’une joie qui exulte. L’arsis du motif des premières notes Fa-Sol-La-Do a une allure vive sans précipitation, les 3 premières notes sont un peu allongées dans les manuscrits. Elle s’épanouit sur la tristropha et se détend en une thésis courte mais gracieuse qui est reliée à ce qui suit, à la fois joyeux et paisible.
  • La mélodie du verset est apparentée à celle de la Vigile. Dans son ensemble elle est moins ardente ou éclatante. Le début est le même, mais à partir de Domino la vocalise sur la finale est supprimée pour ne faire qu’une seule note qui forme une petite cadence. Celle-ci s’enchaîne avec le quoniam qui a perdu son bel élan. Les motifs de quoniam et de bonus sont plus réservés, peut-être plus intimes. La mélodie de quoniam in saeculum de la 2e phrase utilise des motifs habituels du 8e mode. Sur misericordia eius, reviennent les thèmes de la Vigile auxquels vient se greffer habilement celui de l’Alleluia avant la dernière syllabe de eius.

 

8s Il est bon d'espérer dans le Seigneur Graduel

« Bonum est confidere »

Traditionnel, Graduel — Bonum est confidere

Chœur des moines de l’abbaye Sainte-Madeleine du Barroux

© Abbaye du Barroux→, Ps 118,8s

12 JUDAÏSME Ce verset est cité dans les rogations des prières journalières du matin.

16s La droite du Seigneur CHANT GRÉGORIEN Un chant pascal par excellence

 Calendrier

  • 1er Alleluia « Dextera Dei » de la 5e semaine du temps pascal
  • Offertoire « Dextera Domini » de la Vigile de Pâques et de la 3e semaine du temps ordinaire 

— Alleluia « Dextera Domini »

Cet Alleluia du temps pascal reprend les 1ers mots de l’offertoire de la grande Vigile de Pâques « Dextera Domini… » L’Église aime à se rappeler la joie de la Nuit très sainte entre toutes de la Résurrection de son Sauveur. Dans la contemplation, elle chante sa reconnaissance pour toutes les grâces qui en découlent pour elle-même et pour le monde.

Traditionnel, Alleluia - Dextera Dei (Grad. 226)

Chœur des moines de l’abbaye Sainte-Madeleine du Barroux

© Abbaye du Barroux→, Ps 118,16

Texte

Dextera Dei fecit virtutem | dextera Domini exaltavit me (« La droite de Dieu a déployé sa puissance : la droite du Seigneur m’a exalté. ») Au v. 16a, Dei est lu à la place de Domini de la V. iuxta LXX.

Interprétation musicale

La mélodie de cet Alleluia — c’est le thème des derniers mots exaltavit me du verset — à cause de ses 2 cadences en Mi a quelque chose de mystérieux qui porte à la contemplation. Dès le départ de la 1re incise, la mélodie se dirige vers le sommet dans un élan exaltant. L’ayant atteint, elle effectue une descente en souplesse vers une petite cadence en Mi, exprimant une joie savourée qui se poursuit dans la 2e incise. Les neumes allongés de celle-ci dessinent une montée expressive au Si naturel. Ensuite la mélodie vient se poser sur le La qu'elle arrondit pour effectuer une chute délicate de quinte La-Ré, et remonter quelque peu et se diriger vers sa cadence finale en Mi. 

Verset
  • Les cadences de la 1re phrase sont en Ré. La mélodie très recueillie ne monte pas plus haut que le La. Elle est toute en descentes après quelques humbles montées. Dextera commence sur La, dominante du mode de Mi, et se courbe tout de suite en brodant autour du Sol. Sur Dei, elle fait une petite montée au La d’où elle redescend par une quarte impressionnante La-Mi qu'elle ralentit, suggérant peut-être la kénose du Fils de Dieu. Tout le mot a un certain poids causé par la mora vocis avant le changement de direction mélodique et le groupe quilismatique, par lesquels elle s'incline dans l'adoration qui convient au nom divin. La 2e incise part sur le Ré, corde d'arrivée de Dei et monte en notes conjointes au La, suivi d'une descente sur virtutem où domine le Ré. On reconnaît le même motif Ré-Mi-Fa-Mi-Fa-Mi-Ré de la fin de Dei. Le Do inférieur de passage de la clivis de sa 1re syllabe apporte une note de profondeur. Cette 1re phrase est bien campée dans l'ambiance sonore du mode de Ré. La mélodie semble exprimer la solidité paternelle de Dieu.
  • Dextera Domini de la 2e phrase part avec fermeté sur le Do inférieur. Sa mélodie s'appuie sur les cordes Ré-Fa et brode autour d'elles, atteignant le sol au passage. Sur exaltavi, mot de la résurrection, jaillit un magnifique élan vers le Do supérieur, expression de joie et de fierté. Tout de suite après la cantilène devient plus intérieure. Elle est symbolisée par une descente en souplesse vers sa cadence en Mi. Tout porte à croire que le verset fut composé avant le jubilus de l'Alleluia. 

— Offertoire « Dextera Domini »

Chant majestueux d’action de grâces.

Le Ps 118 (117) est par excellence le psaume pascal cf. Liturgie Ps 118,24.1. C’est pourquoi l’offertoire Dextera Domini a sa place privilégiée à la Vigile pascale où il est mis dans la bouche du Christ ressuscité. Chanté aussi durant la 3e semaine du temps ordinaire, c’est encore le Christ qui remercie et glorifie Dieu pour les merveilles qu’il a accomplies « par lui, avec lui et en lui » pour son corps mystique, l’Église.

Chœur des moines de l’abbaye Sainte-Madeleine du Barroux

Traditionnel, Offertoire — Dextera Domini (Grad. 194)

© Abbaye du Barroux→, Ps 118,16s

Texte Ps 118,16ab-17
  • Dextera Domini fecit virtutem | dextera Domini exaltavit me | non moriar, sed vivam, et narrabo opera Domini (« La droite du Seigneur a exercé sa puissance | la droite du Seigneur m’a relevé | je ne mourrai pas, je vivrai et je raconterai les œuvres du Seigneur. ») Le texte omet Ps 118,16c qui répète Ps 118,16a Dextera Domini fecit virtutem
 Interprétation musicale

En dépit de l’indication de 2e mode transposé en La avec dominante Do, ce qui frappe l'auditeur c’est la mobilité modale de la mélodie. En outre, on remarque des motifs quasi parallèles. Il y a similitude entre fecit virtutem de la 1re phrase et le et narrabo opera de la dernière : les deux s’élèvent graduellement du Ré inférieur au Ré supérieur. La mélodie du 2e dextera Domini et de non moriar oscillent entre le La et le Do avec pour la 2e expression le Si comme note de passage, de même le dernier Domini qui de plus reprend le climacus de moriar.

Les mots dextera Domini qui désignent la main droite du Seigneur, symbole de sa puissance, reviennent deux fois :

  • La 1re fois, de façon très solennelle dans la grandiose intonation. Le mouvement assez large monte graduellement en un petit crescendo, la tristropha sur Sol en crescendo elle aussi, jusqu’à la fin du porrectus de la dernière syllabe de dextera. On en retient quelque peu la dernière note Si, pour indiquer la distinction verbale, de manière à pouvoir enchaîner en mettant en valeur Domini sur lequel la mélodie s’incline profondément avec une infinie reconnaissance imprégnée de vénération. La suite fecit virtutem occupe le sommet de cette 1re phrase. Partant sur la même note Ré qui terminait Domini, elle monte jusqu’à l’octave sur la 1re syllabe de virtutem, donnée avec conviction. La droite du Seigneur a montré sa puissance ! La mélodie ensuite se penche avec douceur dans un saut de quarte descendante Ré-La et brode autour de ce La pour se reposer enfin sur ce La sans presque ralentir.
  • Le 2e dextera Domini introduit la 2e phrase. La mélodie se revêt d’une ardeur pleine d’assurance en s’établissant sur Do. On note la fermeté de la ligne sur cette corde et les neumes qui insistent sur chaque syllabe de dextera Domini. Le motif d’exaltavit me dans son élan vers le Ré supérieur se termine dans une cadence pleine du 8e mode.
  • Non moriar revient au 2e mode transposé en La comme dans le dextera Domini de la phrase précédente. L’affirmation « je ne mourrai plus » est lancée avec une joie inébranlable, car la mort a été vaincue une fois pour toute, elle n’a plus d’emprise sur le Christ ressuscité. Sed monte avec fierté sur les Do tristropha par une quarte Sol-Do. Le mot vivam par ses rythmes ternaires indique un bonheur savouré. La finale narrabo opera Domini « je raconterai les œuvres du Seigneur » s’épanouit en « une louange paisible d’éternité ».

24.26 Voici le jour Alleluia et Graduel

Alleluia « Haec Dies » du Samedi dans l'octave de Pâques (Grad. 214-215)

Traditionnel, Alleluia — Haec Dies

Chœur des moines de l’abbaye Sainte-Madeleine du Barroux

© Abbaye du Barroux→, Ps 118,24.2

Graduel « Haec dies... Benedictus » du Vendredi dans l'octave de Pâques (Grad. 212)

Traditionnel, Graduel — Haec dies... benedictus

Chœur des moines de l’abbaye Sainte-Madeleine du Barroux

© Abbaye du Barroux→, Ps 118,24.26

26s Béni soit celui qui vient Offertoire

« Benedictus qui venit »

Traditionnel, Offertoire — Benedictus qui venit

Chœur des moines de l’abbaye Sainte-Madeleine du Barroux

© Abbaye du Barroux→, Ps 118,26s

Tradition chrétienne

1.19.21.28s Confessez | je confesserai (V) Confitemini | confitebor Saint Augustin explique le véritable sens du terme « confesser » à ses auditeurs qui le plus souvent ne retiennent que le sens d' « aveu » au détriment de la « louange ». Dès qu'ils entendent le mot confiteor, ils se frappent la poitrine.

  • Augustin d’Hippone Enarr. Ps. 117,1-2 « Nous avons entendu, frères, que l'Esprit Saint nous engageait et nous exhortait à offrir à Dieu le sacrifice de la confession sacrificium confessionis. Or la confession est soit louange de Dieu, soit reconnaissance de nos péchés. La confession où nous confessons à Dieu nos péchés, tout le monde la connaît, au point que la multitude peu instruite pense que dans les saintes Écritures il est question de cette seule confession ; quand en effet ce mot sort de la bouche du lecteur, on entend immédiatement les fidèles se frapper pieusement la poitrine. Mais ils devraient remarquer la manière dont il est dit en un autre psaume : ''j'entrerai au lieu du tabernacle admirable jusqu'à la maison de Dieu, aux accents de l'exultation et de la confession, de la musique célébrant la fête'' Ps 41,5. Dans ce passage, il est absolument évident que les accents de la confession et de la musique ont rapport avec la joie d'une fête très solennelle et non avec la tristesse du repentir. Et si après une attestation scripturaire aussi évidente quelqu'un a encore des doutes, que dira-t-il de ce qui est écrit dans l'Ecclésiastique : ''Bénissez le Seigneur, vous, toutes ses oeuvres, magnifiez son nom, confessez-le pour le louer par les cantiques de vos lèvres et vos cithares, et dite dans votre confession que toutes les oeuvres de Dieu sont très bonnes'' Si 39,14-16 (V : Si 39,19-21) ? Assurément, personne, fût-il très borné, ne peut contester qu'ici la confession est rangée dans les louanges de Dieu, à moins peut-être que l'on ne trouve un esprit assez faux pour oser dire que même le Seigneur Jésus Christ a confessé ses péchés au Père ! Et si un impie tentait de présenter cette objection à cause de l'emploi du mot confession à son sujet, le contexte pourrait très facilement le réfuter, car Jésus s'exprime ainsi : ''Je te confesse, ô Père, Seigneur du ciel et de la terre, parce que tu as caché cela aux sages et aux intelligents et que tu l'as révélé aux tout-petits'' Mt 11,25s ; Lc 10,21. Qui ne comprendrait qu'il dit cela en louant le Père ? Qui ne verrait que cette confession est du côté de la joie et non de la douleur intérieure, d'autant que l'évangéliste l'a fait précéder de ces mots : ''À cette heure même, il exulta dans l'Esprit Saint et dit : Je te confesse, Père'' (Lc 10,21) ? Ainsi, mes bien-aimés, vu le nombre de citations scripturaires qui vont dans le même sens et dont vous pouvez vous mêmes trouver des équivalents dans les Écritures, il est absolument indubitable que les divines lettres utilisent ordinairement le mot de confession à propos non seulement des péchés, mais aussi des louanges de Dieu ; donc, puisque nous chantons dans ce psaume Alleluia — ce qui veut dire ''louez le Seigneur'' —, rien n'est plus naturel que de comprendre les choses ainsi : lorsque nous entendons confesser le Seigneur, nous sommes invités à faire ce que signifie Alleluia, c'est-à-dire louer le Seigneur. ». (66, 389-391)

Littérature

1.19.21.28.29 Confessez | je confesserai (V) FRANÇAIS BIBLIQUE Un terme merveilleusement ambivalent En français courant (comme dans celui de fidèles dès le 4e s. : Tradition chrétienne Ps 118,1.19.21.28s !), les mots « confession » ou « confesser » évoquent surtout le sentiment de culpabilité, l'auto-accusation, ou le ... confessionnal ! Mais ces significations devenus habituelles ne sont que dérivées.  

Dans l'Écriture, et particulièrement dans le psautier latin, le verbe confiteor traduit le verbe grec exomologeô qui signifie « promettre, consentir, avouer, confesser, glorifier, rendre grâce » ; le sens dominant de l'acte de parole désigné par le verbe est celui de la confessio laudis

  • « Confesser » c'est d'abord proclamer la grandeur de Dieu et de ses actes sauveurs. La « confession » est alors profession publique ou cultuelle de foi en Lui. Cette « confession de foi », attitude enracinée dans la nature de l'homme, conduit de la connaissance de Dieu à la reconnaissance envers lui : action de grâces et louange (Ps 22,23). La louange est avant tout confession des grandeurs de Dieu, confessio laudis. Aussi, dans l'AT, la confession, la louange et l'action de grâces s'interpénètrent-elles : elles prennent toutes trois appui sur l'œuvre créatrice de Dieu (Ps 104) et surtout sur son œuvre salvatrice (Ps 105).Le psalmiste, quand il décrit ces œuvres, en fait l'élément central de la confession. Il proclame les perfections de Dieu (Ps 40,10s ; Ps 92,5s ; cf. Jdt 16,13), il affirme la grandeur et la gloire de son nom (Ps 86,9s ; Ps 113,1s, etc. ; cf. Jr 10,6).
  • Même l'aveu des péchés est louange de Dieu, puisque avouer c'est louer la miséricorde de Dieu qui pardonne et guérit ! Quand le psalmiste confesse son injustice Ps 31,5 il le fait toujours dans un acte de foi porté par la grâce divine. Sa confession est alors un témoignage de la misère de l'homme et une louange de la grandeur de la miséricorde de Dieu.

Pour évoquer toute la richesse de ce mouvement de l'âme si profond, la traduction gardera autant que possible les mots « confession » ou « confesser ».

Drapeau de la francophonie→ © Domaine public 

22 tête d'angle ou  : « pierre angulaire » FRANÇAIS BIBLIQUE

  • La pierre angulaire,pierre de coin faisant l’angle extérieur de la rencontre de deux murs, en les maintenant ensemble et les soutenant, au sens figuré, désigne l'élément fondamental, essentiel, d'une construction ou d'un dispositif. (Par exemple le Christ, dans le Temple nouveau qu'est l'église rassemblant Juifs et nations invitées à l'alliance, selon Ep 2,20; Ac 4,11).

    Drapeau de la francophonie→ © Domaine public

Arts visuels

5–21 Le Seigneur sauve des ennemis : Daniel dans la fosse aux lions

Gravure, 19e s.

Gustave Doré (1832-1883), Daniel dans le repaire des lions, (gravure sur bois, 1866)

Illustration de la → Bible de Tours

Domaine public © Wikicommons→, Dn 6

Musique

113,1–118,29 Hallelujah

20e s.

Leonard Cohen (1934-2016), Hallelujah, 1984

archive.org→ 1S16,26 2S11,2.6-17 Ps113,1-118,29 Jg16,1-31

Hallelujah, qui signifie en hébreu Hallelou « Rendez louange » Yah, Yahweh « à Dieu », est une chanson écrite par Leonard Cohen. Elle a été enregistrée pour la première fois sur son album de 1984 intitulé Various Positions. Avec une dramatique ironie, ce psaume des jours modernes pose en contraste d'une part l'adoration des Psaumes de David pour le Seigneur qui s'est plu à écouter son harpe mystique, et d'autre part l'adoration du narrateur pour son amante qui ne s'est jamais plu à écouter sa musique. Il est comme David captivé par la beauté de Bethsabée quand il la voit dans son bain (2S 11,2), mais alors il perd sa puissance comme Samson à cause de Dalila (Jg 16,1-31). L'amour l'a laissé seul sur un chemin de douleurs et de souffrances malgré des moments d'intimité, et dans un verset final faisant allusion à la mort d'Urie (2S 11,6-17), il nous dit qu'il n'a rien appris de l'amour si ce n'est comment se protéger de potentiels rivaux.

6s Le Seigneur est pour moi

17e s.

Dieterich Buxtehude (1637/1639-1707), Der Herr ist mit mir, BuxWV 15, 1687

Jos van Immerseel, Orchestra Anima Aeterna Collegium Vocale

© Licence YouTube standard→, Ps 118,6s

Paroles

Der Herr ist mit mir, darum fürchte ich mich nicht, was können mir Menschen tun? Der Herr ist mit mir, mir zu helfen, und ich will meine Lust sehen an meinen Feinden. Alleluia (Ps 118,6s)

Composition

Der Herr ist mit mir (Le Seigneur est avec moi), BuxWV 15, est un concert spirituel de Dietrich Buxtehude, pour quatre voix (SATB) et un petit ensemble de deux violons, viole et basse continue. Le texte issu du Ps 118,6-7 se conclut par un Alleluia traité en chaconne.

85,10 ; 118,19 Dona nobis pacem

20e s.

Ralph Vaughan Williams (1872-1958), Dona Nobis Pacem, 1936

Richard Hickox (dir.), London Symphony Orchestra & Chorus

© Licence YouTube standard→, Lv 26,6 Ex 12,23 Jr 8,15-22 Dn 10,19 Ag 2,9 Mi 4,3 Ps 85,10.118,19 Is 43,9.66,18-22 Lc 2,13

Solistes: Bryn Terfel (bariton), Yvonne Kenny (soprano), Philip Langridge (ténor)

00:00 - I. 'Agnus Dei' (Lento)

03:59 - II. 'Beat! beat! drums!' (Allegro moderato)

07:55 - III. Reconciliation (Allegro moderato)

15:05 - IV. Dirge for Two Veterans (Moderato alla marcia)

26:42 - V. 'The Angel of Death has been abroad' (L'istesso tempo)

30:10 - VI. 'O man greatly beloved'

Composition

Cette œuvre a été commandée à l'occasion du centenaire de la Huddersfield Choral Society. Ses textes ont été extraits de la messe, trois poèmes de Walt Whitman, un discours politique et des passages de la Bible. L'expression Dona nobis pacem (« Donne-nous la paix »), dans différents contextes, ponctue la pièce entière.

24 Haec dies

16e s.

William Byrd (ca. 1540-1623), Haec dies, 1591

Richard Marlow, Choir of Trinity College, Cambridge

© Licence YouTube standard→, Ps 118,24

Paroles

Haec dies quam fecit Dominus: exultemus et laetemur in ea, alleluya. (Ps 118,24)

Compositeur

William Byrd est un compositeur et organiste anglais de la Renaissance. Il peut être considéré comme un musicien de cour anglican, quoiqu'il se soit converti et ait consacré ses dernières années à la liturgie catholique et qu'il soit mort dans une relative obscurité. Lors du déchaînement anti-catholique qui suivit l'attentat catholique contre Jacques Ier, en 1605, certaines de ses œuvres ont été interdites en Angleterre sous peine d'emprisonnement ; pourtant certaines autres, comme le Short Service, ont été chantées sans interruption dans les cathédrales anglaises au cours des quatre derniers siècles.

24 Voici le jour   Haec dies

20e s.

 Herbert Howells (1892-1983) ,Haec Dies, 1918

Paul Spicer, Birmingham Conservatoire Chamber Choir, 2014

© Licence YouTube Standard→, Ps 118

Paroles

Haec dies quam fecit Dominus: exultemus et laetemur in ea, alleluya. (Ps 118,24)

Compositeur

Herbert Norman Howells, né le 17 octobre 1892 à Lydney dans le Gloucestershire et décédé le 23 février 1983 à Londres, est un compositeur anglais, organiste et enseignant. Howells est particulièrement connu pour ses musiques sacrées anglicanes, comprenant un service complet pour le King's College de Cambridge et son chœur et des adaptations du Magnificat et du Nunc dimittis pour les chœurs du St John's College, Cambridge, du New College d'Oxford, de l'abbaye de Westminster, de la cathédrale de Worcester, de celle de Saint Paul, et de Gloucester. Il écrit également pour des paroisses de plus petite taille comme celle de St Mary Redcliffe à Bristol ou celle de l'église St Augustin, à Edgbaston.