Un projet du Programme de Recherches La Bible en ses traditions AISBL
Dirigé par l’École Biblique et Archéologique Française de Jérusalem
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1 CANTIQUE DES MONTÉES
Des profondeurs je crie
Vje criai vers toi YHWH
VSeigneur
1 ...
2 Seigneur, écoute
Vexauce ma voix
tes oreilles, qu'elles soient attentives
à la voix de ma supplication :
2 ...
3 Si tu prends garde aux iniquités, YH
Seigneur, qui subsistera ?
3 ...
3 si tu contrôles les iniquités Seigneur,
Seigneur qui pourra tenir
4 Car auprès de toi [est] le pardon
afin que tu sois craint.
4 puisque c'est auprès de toi qu'est la propitiation ?
À cause de ta Loi j'ai tenu bon en t'attendant, Seigneur
(mon âme a tenu bon en attente de son verbe
4 ...
5 GÀ cause de ta loi je t’ai attendu YHWH
GSeigneur, mon âme a attendu et sa parole j'ai attendu
Gta parole.
5 mon âme a espéré le Seigneur)
5 ...
6 Mon âme pour le Seigneur plus que les veilleurs pour l'aurore,
les veilleurs l'aurore.
6 ...
6 De la garde du matin jusqu'à la nuit qu'Israël espère dans le Seigneur
7 Qu'Israël espère en YHWH
Car auprès de YHWH est la miséricorde
auprès de lui une abondante rédemption.
7 ...
7 parce qu'auprès du Seigneur est la miséricorde
et une copieuse rédemption auprès de lui :
4 V—IUXTA HEBR.
5 V—IUXTA HEBR.
6 V—IUXTA HEBR.
depuis la veille du matin jusqu'à la veille du matin | Qu'Israël attende le Seigneur
7 V—IUXTA HEBR.
1–8 LITURGIE JUIVE (rite séphardi) Ce psaume fait partie des prières d'indulgence récitées après la prière journalière les soirs de la lune d'Elul.
1–4 Si tu observes les iniquités Introït
, Introït - Si iniquitates
Chœur des moines de l’abbaye Sainte-Madeleine du Barroux
1s Des profondeurs je crie CHANT GRÉGORIEN Trois avatars grégoriens de l'incipit du Ps 130 On se méprend souvent sur la véritable signification du Ps 130 (129) à cause de l’habitude de l’entendre aux funérailles. Ce n’est que par une heureuse accommodation qu’il est appliqué à l’Office des défunts, sans doute en raison des premiers mots et surtout de son appel à la miséricorde divine. Le psaume en lui-même n’a rien de funèbre, tout baigné qu’il est de confiance, d’espérance, de miséricorde et de rédemption ...
L’Église chante d'ailleurs ce psaume le soir de Noël aux 2e Vêpres (4e antienne Ps 129,7 →AM 1,66), à l’heure où s’ébauche, par l’Incarnation, toute l’œuvre de la Rédemption : comme une prière du Fils en sa kénose redisant, dans l'Esprit, sa totale confiance en son Père ?
Incrusté dans un alleluia, l'incipit du psaume est ici un chant d'espérance baigné d'une joyeuse clarté : un appel irrésistible, tout en élan vers le Seigneur.
, Alleluia De Profundis (→Grad. 367-368)
Chœur des moines de l’abbaye Sainte-Madeleine du Barroux
Ce 7e mode avec ses montées entraîne la mélodie d’une extrémité à l’autre de l’échelle modale, la dépassant par deux fois à l’aigu dans une progression marquée de certitude.
Le thème pascal est chanté sur la syllabe accentuée de l’Alleluia. Il est suivi d’un jubilus très joyeux. La mélodie de la 3e incise répète telle quelle la 2e incise et la 4e en reprend les 8 premières notes. Cela donne au jubilus une joie qui s’amplifie en crescendo avec un enthousiasme communicatif et s’estompe à peine dans les descentes des 3 dernières incises.
Le De profundis fait entendre non seulement le thème pascal sur l’accent de profundis, déjà perçu dans l’Alleluia mais aussi tout le thème de la 1ère incise de l'Alleluia qui monte avec décision à la dominante Ré. S’appuyant sur cette corde, la mélodie continue son ascension jusqu’au Sol, et met ainsi en lumière l’accent de clamavi qui est le sommet de cette 1ère phrase. Ensuite, elle redescend presqu’en degrés conjoints dans une belle thésis qui se poursuit sur ad te Domine. Elle vient enfin se poser sur la tonique avec une nuance d'adoration.
La 2e phrase commence en répétant le même mot Domine. On y retrouve pour la 3e fois le thème pascal qui se pose sur le Ré. De là, la mélodie repart et monte comme clamavi mais avec plus d’énergie sur exaudi, apex de toute la pièce. Il dépasse clamavi en atteignant le La sur sa syllabe accentuée exaudi en un podatus d’accent allongé. La mélodie se courbe en un élégant saut de quinte pour revenir au Ré, par une thésis où prévalent les signes d’allongements. Puis elle reprend le mouvement à vocem meam partant du La inférieur en une montée à la dominante Ré, d’où elle répète le jubilus de l’alleluia.
Au moment de présenter les offrandes eucharistiques, le climat change : chantés en un 2e mode qui présente peu de mouvement contrairement à l’Alleluia, les mots de l'incipit deviennent une ardente supplication vers le Dieu de toutes miséricordes. L’offertoire De profundis « est chargé de toute la détresse et aussi de toute l’espérance chrétienne tendue vers son Seigneur » (cf. l’offertoire de même mode In te speravi de la 19e semaine qui commence aussi par le La inférieur La-Do-Ré, →Grad. 322).
, Offertoire De profundis (→Grad. 368)
Chœur des moines de l’abbaye Sainte-Madeleine du Barroux
Le texte a transformé « vocem meam » du v. 2a en « orationem meam », résumant ainsi le v.2ab.
La mélodie se tient dans les profondeurs et ne s’élève presque jamais au-dessus de la dominante Fa, sauf en de rares échappées au Sol 4 fois et au La, une seule fois, ces 2 cordes atteintes par manière de broderie. La pièce se compose de deux parties. La première qui est le 1er verset du psaume, De profundis clamavi ad te Domine, est répétée comme refrain après la 2e partie, Domine exaudi orationem meam, v. 2a, qui offre une mélodie différente. Son caractère inachevé appelle une suite et ramène le « refrain » (1re phrase).
Son sommet ne dépasse pas le Fa, corde sur laquelle la mélodie revient avec prédilection. La tierce modale Ré-Fa la soutient partout, même si elle insiste sur le Do : un véritable 2e mode cantonné dans les notes graves de l’échelle modale. L’intonation part du La grave et s’appuie sur le Ré initial de l’accent, ajoutant à la profondeur de l’ensemble. Son pôle expressif est le ad te contenu dans l’apodose de la ligne et vers lequel tout converge. Après la tension ininterrompue des neumes précédents, tous marqués « lourds » dans les manuscrits, une détente se fait sentir sur ses neumes légers en progressions descendante.
Les neumes longs de De profundis clamavi se chargent d’une ardente supplication bien dessinée dans la montée De profundis dont l’accent tonique est affirmé par l’appui du Ré initial du torculus désagrégé Ré-Fa-Ré qui porte tout le neume y compris la tristropha qui suit. Après avoir retenu le porrectus final de détente profundis, reprenant le tempo, le crescendo se prolonge tout au long du mot clamavi. La dernière incise, ad te Domine, forme un tout indivisible et fait entendre une nuance de tendre vénération. Après une légère distinction, la préposition ad est attaquée doucement d’une voix détendue et conduite légèrement sans hâte vers le te, « posé avec le maximum de moelleux, dans un grand sentiment de respect et d’amour ». Le d et le t bien articulés soulignent ce pronom personnel « te » dont le Ré initial est source des notes qui suivent. Cette phrase-refrain trouve son achèvement dans la cadence bien établie de Domine.
Le changement mélodique est net, l’allure et le style différents. Tous les neumes sont légers et les mélismes se multiplient. La ligne mélodique s’affranchit de plus en plus des paroles et se donne libre cours. Le 1er mot Domine commence avec décision sur le Fa aussitôt dépassé à l’aigu par une seconde et redescend avec souplesse à la tonique pour reprendre la dominante Fa sur exaudi et monter avec plus de force jusqu’au La, faisant de exaudi le sommet de toute la pièce. C’est le cri annoncé par le clamavi de la 1re phrase qui est énoncé : Voilà ce que j’ai crié au Seigneur ! Une ligne mélodique souple s’enroule ensuite autour de orationem meam dont la petite cadence provoque un rebondissement vocalique. Le Ré ictique qui suit le ¼ de barre est à la fois la retombée de ce qui précède et le point de départ de ce qui suit. La vocalise se poursuit et est conduite en un crescendo continu de plus en plus pressant, même durant les deux climacus Mi-Ré-Do et Ré-Do-La, le tout sans précipitation. Les Fa longs sont attaqués sans dureté en arrondissant les Ré qui précèdent. Ses arpèges ascendants et descendants La-Do-Ré-Fa et Fa-Ré-Do-La, caractéristiques du 2e mode et par quoi la pièce a commencé, termine la vocalise en une cadence suspensive dont le Ré final est retenu à la manière d’un point d’orgue. Son caractère inachevé ramène après un bon silence la 1re phrase sous forme de refrain qui est repris doucement dans une grande ferveur et chaleur vocale. Avec plénitude de force et de vérité, le cri jaillit des profondeurs de l’être vers le Dieu de miséricorde et de toute consolation. (Cf. → Les plus belles mélodies grégoriennes 207-211).
, Antienne - De profundis (→Psalt. 318)
Chœur des moines de l’abbaye Sainte-Madeleine du Barroux
Antienne chantée aux Vêpres du mardi. Toute simple et presque syllabique, cette antienne de 8e mode a un caractère marqué par la confiance et la joie.
7 Auprès du Seigneur abonde la miséricorde - Antienne
, Antienne - Apud Dominum misericordia
Chœur des moines de l’abbaye Sainte-Madeleine du Barroux
8 LITURGIE JUIVE (rite séphardi) Ce verset est cité dans la prière de Nephilat apaïm qui fait partie des rogations des prières du matin et de l'après-midi des jours ouvrés.
1–8 Le Seigneur vient nous chercher jusque dans les profondeurs où nous sommes tombés
Andrea (1431-1506), La Descente du Christ aux Enfers, (1470-1475), 38,8 x 42,3 cm
Collection Barbara Piasecka Johnson (collection privée), prêté au Frick Museum, New York
Domaine public © Wikimedia commons→, Ps 130
1–8 De profundis
Paul (1975-), De Profundis (Korniev), 2005
St. Petersburg Chamber Choir ft. Tim Storms
1 Out of the depths have I cried unto thee, O Lord. 2 Lord, hear my voice: let thine ears be attentive to the voice of my supplications. 7 Let Israel hope in the Lord: for with the Lord there is mercy, and with him is plenteous redemption. (Ps 130,1s.7)
Paul est un compositeur gallois. Une grande partie de sa production est pour chœur, à la fois a cappella et accompagné. Il devint plus connu quand son motet Ubi Caritas et Amor fut interprété lors du mariage du Prince William et de Catherine Middleton en 2011. 'De Profundis' est un morceau de musique chorale puissant, paisible et parfaitement harmonieux chanté ici par le Choeur de chambre de Saint-Pétersbourg couplé avec la voix principale de Tim Storms qui enregistre également la note la plus basse jamais écrite en musique chorale dans cette chanson.
Arvo (1935-), De profundis psalm 130, 1980
Chamberchoir Doulce Memoire
De profundis clamavi ad te, Domine; Domine, exaudi vocem meam. Fiant aures tuae intendentes in vocem deprecationis meae. Si iniquitates observaveris, Domine, Domine, quis sustinebit? Quia apud te propitiatio est propter legem tuam sustinui te Domine, ut timeamus te. Sustinui te, Domine, sustinuit anima mea in verbo eius; speravit anima mea in Domino A custodia matutina usque ad noctem speret Israel in Domino, quia apud Dominum misericordia, et copiosa apud eum redemptio. Et ipse redimet Israel ex omnibus iniquitatibus eius. (Ps 130,1-8)
Arvo né le 11 septembre 1935 à Paide, en Estonie, est un compositeur estonien de musique contemporaine vivant à Tallinn. Il est souvent associé au mouvement de musique minimaliste qui s'est formé à partir des années 1960. Créateur d'une musique épurée, d'inspiration profondément religieuse — il est de confession chrétienne orthodoxe, et les chants orthodoxes ainsi que les chants grégoriens ont influencé son style sur la modulation lente des sons—, associée par certains à la musique postmoderne, Arvo creuse à présent le sillon de son style tintinnabuli. Ses œuvres ont été jouées dans le monde entier et ont donné lieu à plus de 80 enregistrements, ainsi qu'à de très nombreuses utilisations pour l'illustration sonore de films et de spectacles de danse.
Cette œuvre de Pärt a été composée lors de l'année suivant son départ de l'Estonie, pour Vienne puis Berlin. Elle peut être analysée sous cet aspect très personnel d'un Pärt fuyant l'URSS. Basée sur les paroles du psaume 130 (ou 129 selon la numérotation), le De profundis du Livre des psaumes a une dramatique liturgique épurée, inspirée pour une pièce dans son style tintinnabuli, utilisant simplement l'écriture musicale. De profundis est dédié au compositeur autrichien Gottfried von Einem. C'est est une œuvre en un mouvement unique, conçue pour un chœur d'hommes à quatre parties, orgue et percussions. Son écriture est bâtie sous la forme d'une phrase mélodique simple allant de manière croissante vers un point paroxystique. Les sons et les chœurs s'élevant progressivement vers un moment d'unisson des quatre parties, avant de revenir vers le silence, marqué par une note finale de cloche.
J.S. (1685-1750), Aus der Tiefen rufe ich, Herr, zu dir, BWV 131, 1707
Philippe Herreweghe (dir.), Chorus & Orchestra of Collegium Vocale Gent
1. Aus der Tiefen rufe ich, Herr, zu dir (Chorus)
2. So du willst, Herr, Sünde zurechnen, Herr (Arioso: B & Chorale: S)
3. Ich harre des Herrn (Chorus)
4. Meine Seele wartet auf den Herrn (Aria: T & Chorale: A)
5. Israel hoffe auf den Herrn (Chorus) 17:53
Aus der Tiefen rufe ich, Herr, zu dir (Des profondeurs, je crie vers toi, Seigneur), (BWV 131), est une cantate religieuse de Johann Sebastian composée à Mühlhausen en 1707. Le texte ne contient pas de poésie libre mais est tiré du Psaume 130 (129) et des versets 2 et 5 du choral « Herr Jesu Christ, du höchstes Gut » de Bartholomäus (1588). Ces deux textes sont des suppliques pour le pardon des péchés. On en a donc inféré que Bach a écrit cette cantate comme une actions de grâces, peut-être en relation avec un incendie qui détruisit une grande partie du centre ville de Mülhausen peu avant son arrivée dans la ville. Quoi qu'il en soit, aucune documentation d'époque ne mentionne ce service. Il n'est pas exclu qu'il s'agisse d'une composition pour des funérailles comme dans le cas de l'« Actus Tragicus » (BWV 106). Cette cantate est l'une des toutes premières que ait écrites, sinon la première.
Josquin (ca. 1440-1521), De profundis clamavi, 1515
Hilliard Ensemble
Josquin né peut-être à Beaurevoir vers 1450 et mort à Condé-sur-l'Escaut le 27 août 1521, souvent désigné simplement sous le nom de , est un compositeur franco-flamand de la Renaissance. Il est largement considéré par les spécialistes comme le premier grand maître dans le domaine de la polyphonie vocale des débuts de la Renaissance, style qui allait poursuivre son développement au cours de sa vie.
1–8 De Profundis
Kris , OCSO (1972-), De Profundis (Oratorio du printemps op.23), 2010
Marie de Roy, Ensemble Sturm und Klang (dir. Thomas van Haeperen)
Cette Cantate est composée pour le deuxième dimanche du carême sur la souffrance. Le psaume 130, qui se divise en trois parties, sert de fil rouge:
(1) est enrichi par des poèmes de Rosa Ausländer (« Ich Mosestochter ») et de Paul Verlaine (« Un grand sommeil noir »). La transition de (2) à (3) est réalisée par Ex 3,14, le Nom de Dieu. Finalement la troisième partie est complétée par Ex 3,7 (Dieu qui a vu la misère de son peuple) et un poème de Hilde Domin (« Es gibt dich »). Le compositeur a « traduit » le Nom de Dieu (Ex 3,14a) par deux phrases qui se réfèrent l'une à l'autre: Je suis « Je-serai-là » pour toi; Je serai « Je-suis-là » pour toi.
1 Sixième sens Sixième sens, film de sorti en 1999, raconte l'histoire d'un jeune garçon, nommé Cole, en proie à des visions effrayantes de personnes décédées. A la douzième minute du film, Cole se réfugie dans une église. En écoutant attentivement, on peut l'entendre murmurer par deux fois le permier verset du psaume 130 en latin : « De profundis clamo ad te Domine ».