La Bible en ses Traditions

Romains 6,9–8,39

Byz V TR Nes
S

9 sachant que le Christ ressuscité

Vressuscitant d'entre les morts ne meurt plus

la mort n’a

Vaura sur lui plus d’empire

9 ...

10 car en mourant pour le péché

il est mort une seule fois ;

mais en vivant

il vit pour Dieu.

10 ...

11 Ainsi, vous aussi, estimez que vousByz TR Nes-mêmes êtes

Nes| êtes | [êtes] | Vcertes morts au péché

mais vivants pour Dieu en Christ JésusByz TR notre Seigneur.

11 ...

12 Que le péché ne règne donc pas dans votre corps mortel

de sorte que vous obéissiez

Byz TRqu'il obéisse  à ses convoitises.

12 ...

13 Et ne présentez pas vos membres au péché comme des armes d’injustice

Viniquité

mais présentez-vous Byz TR Nesvous-mêmes à Dieu comme des vivants d'entre les morts

et vos membres comme des armes de justice pour Dieu

13 ...

14 car le péché n’aura pas d’empire sur vous

vous n’êtes pas en effet sous la loi mais sous la grâce.

14 ...

15 Quoi donc ! Faut-il que nous péchions

VPécherons-nous parce que nous ne sommes pas sous la loi mais sous la grâce ? Loin de là !

15 ...

16 Ne savez-vous pas que, lorsque vous vous présentez comme esclaves de quelqu'un pour lui obéir

vous êtes esclaves de celui à qui vous obéissez

soit du péché Byz TR Nespour la mort

soit de l’obéissance, pour la justice ?

16 ...

17 Mais grâces soient rendues à Dieu 

de ce qu'ayant été esclaves du péché,

vous avez obéi de tout cœur à la règle de doctrine à laquelle vous avez été confiés.

17 ...

18 Or, libérés du péché, vous êtes devenus les esclaves de la justice.

18 ...

19 Je parle à la manière des hommes à cause de la faiblesse de votre chair

en effet, de même que vous avez présenté vos membres comme esclaves à

Vpour être esclaves de l’impureté et à

Vde l'iniquité en vue de l’iniquité

ainsi présentez maintenant vos membres comme esclaves à

Vpour être esclaves de la justice en vue de la sainteté

Vsanctification.

19 ...

20 Car lorsque vous étiez les esclaves du péché

vous étiez libres à l’égard de la justice.

20 ...

21 Quel fruit aviez-vous donc dans ces choses, dont vous rougissez maintenant ?

Car leur fin c’est la mort.

21 ...

22 Mais maintenant, libérés du péché

et faits esclaves de Dieu

vous avez votre fruit jusqu'à la sanctification

et la vie éternelle

22 ...

23 car le salaire du péché c’est la mort

mais le don gratuit

Vla grâce de Dieu c’est la vie éternelle en Christ Jésus, notre Seigneur.

23 ...

7,1 Ou bien ignorez-vous, frères

(car je parle à ceux qui connaissent la loi)

que la loi exerce son pouvoir sur l’homme aussi longtemps qu’il vit ?

1 ...

Byz TR Nes
V
S

7,2 Ainsi la femme mariée

est liée par la loi à son mari [tant qu'il est] vivant 

mais si le mari meurt

elle est dégagée de la loi du mari.

2 Car la femme qui est soumise à un mari

le mari vivant, est liée à la loi ;

mais si le mari meurt

elle est déliée de la loi du mari.

2 ...

Byz V TR Nes
S

7,3 Ainsi donc,

VDonc, du vivant de son mari, elle sera appelée adultère si elle appartient à

Vest avec un autre homme 

mais si le

Vson mari meurt

elle est affranchie de la loi

de sorte qu’elle n’est plus adultère en appartenant à

Vsi elle est avec un autre homme.

3 ...

7,4 C'est pourquoi, mes frères, vous aussi vous êtes morts à la loi par le corps du Christ

pour que vous soyez à un autre, à celui qui

Vqui est ressuscité d'entre les morts

afin que nous portions des fruits pour Dieu.

4 ...

7,5 Car, lorsque nous étions dans la chair

les passions des péchés qui étaient provoquées par la loi

agissaient dans nos membres afin de porter des fruits pour la mort.

5 ...

7,6 Mais maintenant, nous avons été déliés de la loi

étant morts à ce qui nous tenait captifs

afin de servir dans un esprit nouveau, et non plus dans la vétusté de la lettre.

6 ...

7,7 Que dirons-nous donc ?

La loi est-elle péché ? Loin de là !

Mais je n’ai connu le péché que par la loi.

Car je n’aurais pas connu la convoitise

Vconcupiscence  si la loi n'avait dit :

« — Tu ne convoiteras pas. »

7 ...

7,8 Mais le péché, ayant saisi l’occasion, a produit en moi toute sorte de convoitise

Vconcupiscence au moyen du commandement

car sans la loi le péché  est

Vétait mort.

8 ...est

7,9 Or moi, je vivais jadis sans la loi

mais quand vint le commandement, le péché reprit vie

9 ...

7,10 or moi, je suis mort

et il s'est trouvé que le commandement qui devait  me donner la vie a causé ma mort.

10 ...

7,11 Car le péché, saisissant l’occasion, m’a séduit au moyen du commandement et par lui m’a tué.

11 ...

7,12 Ainsi donc la loi est sainte

et le commandement saint, juste et bon.

12 ...

7,13 Ce qui est bon est-il donc devenu pour moi mort ? Loin de là !

Car le péché, pour paraître péché, a, par une chose bonne, opéré la mort

de sorte qu'il est devenu par le commandement une source extrêmement abondante de péché.

13 ...

7,14 Nous savons en effet que la loi est spirituelle 

mais moi, je suis charnel

vendu sous l'empire du péché.

14 ...

7,15 Car ce que je fais, je ne le comprends pas

car ce que je veux, je ne le fais pas 

mais ce que je hais, je le fais.

15 ...

7,16 Si donc je fais ce que je ne veux pas, 

je consens à la loi qui est belle.

Vbonne. 

16 ...

7,17 Mais alors ce n’est plus moi qui fais cela

mais le péché qui habite en moi.

17 ...

7,18 Car je sais que ce n'est pas le bien qui habite en moi, c’est-à-dire dans ma chair :

en effet le vouloir réside en moi

mais non d'accomplir le beau.

Byz TRaccomplir le beau je ne le trouve pas.

Vaccomplir le bien je ne l'y trouve pas.

18 ...

7,19 Car le bien que je veux je ne le fais pas

mais le mal que je ne veux pas je le fais.

19 ...

7,20 Or si ce que je ne veux pas moi

Nes[moi]

V∅ je le fais

ce n’est pas moi qui le fais

mais le péché qui habite en moi.

20 ...

7,21 Je trouve donc quand je veux faire le beau

Vbien cette loi :

 le mal réside en moi.

21 ...

7,22 Car je prends plaisir à la loi de Dieu selon l’homme intérieur

22 ...

7,23 mais je vois dans mes membres une autre loi

qui combat la loi de mon esprit

et qui me rend captif de la loi du péché, laquelle est dans mes membres.

23 ...

7,24 Malheureux homme que je suis !

Qui me délivrera du corps de cette mort ?

24 ...

7,25 Je rends grâce à

VLa grâce de

NesMais grâce à Dieu par Jésus-Christ notre Seigneur !

Ainsi donc moi-même je suis

Vje suis moi-même par l’esprit asservi à la loi de Dieu,

et par la chair, à la loi du péché.

25 ...

8,1 Il n’y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont dans le Christ Jésus.

Byz V TR :

eux qui ne marchent pas selon la chair mais selon l'Esprit.

Veux qui ne marchent pas selon la chair.

Nes∅

1 ...

8,2 Car la loi de l’Esprit de la vie dans le Christ Jésus

t

Byz V TRm’a libéré de la loi du péché et de la mort.

2 ...

8,3 Car ce qui était impossible à la loi, en ce qu'elle était affaiblie par la chair,

Dieu, en envoyant son propre Fils dans une chair ressemblant à celle du péché,

a condamné le péché dans la chair à cause du péché même

3 ...

8,4 afin que l'œuvre de justice

Vla justification de la loi fût accomplie en nous

qui ne marchons pas selon la chair

mais selon l’Esprit.

4 ...

8,5 Ceux en effet qui sont selon la chair

pensent aux

Vgoûtent les choses de la chair

mais ceux qui sont selon l’Esprit

aux choses de

Vsentent les choses de l’Esprit.

5 ...

8,6 Car la pensée

Vprudence de la chair, c’est la mort

mais la pensée

Vprudence de l’Esprit, c’est la vie et la paix

6 ...

8,7 parce que la pensée

Vsagesse de la chair est inimitié contre Dieu

car elle ne se soumet pas à la loi de Dieu et elle ne le peut même pas.

7 ...

8,8 Or ceux qui sont dans la chair ne peuvent plaire à Dieu.

8 ...

8,9 Mais vous, vous n'êtes pas dans la chair mais dans l’Esprit,

si toutefois l’Esprit de Dieu habite en vous ;

mais si quelqu’un n’a pas l’Esprit du Christ

celui-là ne lui appartient pas.

9 ...

8,10 Mais si le Christ est en vous

quoique le corps soit mort à cause du péché

l’Esprit vit à cause de la justice.

Vla justification.

10 ...

8,11 Et

VQue si l’Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts habite en vous

celui qui a ressuscité | d’entre les morts le Christ Jésus fera vivre [aussi] | le Christ d'entre les morts fera vivre aussi |

Byz TRle Christ d'entre les morts fera vivre aussi

VJésus-Christ d'entre les morts vivifiera aussi vos corps mortels

par son Esprit qui habite en vous.

11 ...

8,12 Ainsi donc

VDonc, frères

nous ne sommes pas redevables à la chair

pour vivre selon la chair

12 ...

8,13 car si vous vivez selon la chair, vous mourrez 

mais si par l’Esprit vous faites mourir

Vmortifiez les oeuvres du corps,

Vde la chair, vous vivrez.

13 ...

8,14 Tous ceux en effet qui sont mus par l’Esprit de Dieu, ceux-là sont fils de Dieu.

14 ...

8,15 En effet, vous n’avez pas reçu un esprit de servitude pour agir encore dans la crainte

mais vous avez reçu un Esprit de filiation adoptive

VEsprit d’adoption des fils

en qui nous crions : — Abba ! Père !

15 ...

8,16 L'Esprit lui-même rend témoignage avec

Và notre esprit

que nous sommes enfants

Vfils de Dieu.

16 ...

8,17 Or si nous sommes enfants

Vfils, nous sommes aussi héritiers ;

héritiers certes de Dieu

et cohéritiers du Christ

si toutefois nous souffrons avec lui pour être glorifiés avec lui.

17 ...

8,18 J’estime en effet que les souffrances du temps présent ne sont pas dignes d'être comparées avec

Vde la gloire à venir qui sera révélée en nous.

18 ...

Byz S TR Nes
V

8,19 Car l'attente Byz TR Nesimpatiente de la création Byz TR Nesaspire à  la révélation des fils de Dieu.

19 Car la créature attend d'une vive attente la révélation des fils de Dieu.

Byz V TR Nes
S

8,20 La création

Vcréature, en effet, a été soumise

Vest assujettie à la vanité

non pas volontairement, mais, à cause de celui qui l’y a soumise

Vassujettie avec

Vdans espérance

20 ...

8,21 parce que la création

Vcréature elle-même sera aussi délivrée de la servitude de la corruption

pour avoir part à la liberté de la gloire des enfants

Vfils de Dieu.

21 ...

8,22 Nous savons, en effet, que toute la création

Vcréature Byz TR Nesensemble gémit et souffre les douleurs de l’enfantement jusqu’à présent.

22 ...

8,23 Or non seulement elle

Byz TR Nes[elle] 

mais nous-mêmes ayant les prémices de l’Esprit

nous gémissons aussi en nous-mêmes

aspirant après la filiation adoptive

Vattendant l’adoption des fils, la rédemption de notre corps.

23 ...

8,24 Car c’est en espérance que nous avons été sauvés

or une espérance qu'on voit n’est pas une espérance

car ce que l’on voit, qui [l']espère

Byz TRcomment l'espère-t-on encore

Vcomment l'espère-t-on  ? 

24 ]...

8,25 Mais si nous espérons ce que nous ne voyons pas encore,

nous y aspirons

Vl'attendons par la patience.

25 ...

8,26 Or de même aussi l’Esprit vient en aide à notre faiblesse

car nous ne savons pas comment prier comme il faut ;

mais l’Esprit lui-même intercède

Vdemande Byz V TRpour nous avec des gémissements ineffables

Vinénarrables.

26 ...

8,27 Or celui qui sonde les cœurs

sait quels sont les désirs de

Vce que désire l'Esprit ;

et que

Vcar c'est selon Dieu qu'il intercède

Vdemande pour des saints.

27 ...

8,28 Nous savons d’ailleurs que, pour ceux qui aiment Dieu,

 | [Dieu] | fait tout concourir au bien

Byz V TRToutes choses concourent au bien

de ceux qui, selon son dessein, sont appelés V« saints »

28 ...

8,28ss Un dessein bienveillant Ep 1,4-14 8,28 Ceux qui aiment Dieu. Ex 20,6 ; Dt 5,10 ; 6,5 ; 7,9 ; 10,12 ; Ps 31,24 ; 97,10 ; Jc 1,2

8,29 parce que

Vcar ceux qu’il a connus d’avance

Vpar sa préscience,

il les a aussi prédestinés à être conformes à l’image de son Fils

afin que lui-même soit le premier-né parmi un grand nombre de frères.

29 ...

8,30 Or ceux qu’il a prédestinés, il les a aussi appelés 

et ceux qu’il a appelés, il les a aussi justifiés 

et ceux qu’il a justifiés, il les a aussi glorifiés.

30 ...

8,31 Que dirons-nous donc après cela ?

Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ?

31 ...

8,32 Lui qui n’a pas même épargné son propre Fils

mais qui l’a livré pour nous tous

comment ne nous a-t-il pas aussi donné toutes choses avec lui ?

32 ...

Byz S TR Nes
V

8,33 Qui portera une accusation contre les élus de Dieu ?

Dieu est celui qui les justifie.

33 Qui accusera les élus de Dieu ? C'est Dieu qui les justifie.

Byz V TR Nes
S

8,34 Qui condamnera ?

VQui est-ce qui condamnerait ?

Christ Jésus,

Nes[Jésus],

Byz TR∅ celui qui est mort

bien plus, qui est ressuscité,Nes | [des morts] |

Byz TR Nescelui  qui est  | aussi |

Byz V TRaussi à la droite de Dieu, 

celui

Vet qui en outre

Vmême intercède pour nous ?

34 ...

8,35 Qui nous séparera de l'amour

Vla charité du Christ ?

La tribulation, ou l’angoisse

ou la persécution, ou la faim

ou la nudité, ou le péril

ou le glaive ?

35 ...

8,36 (Selon qu'il est écrit :

« À cause de toi, nous sommes mis à mort tout le jour, on nous estime comme des brebis de tuerie. »)

36 ...

8,37 Mais en tout cela nous sommes Byz TR Nesplus que vainqueurs par

Và cause de celui qui nous a aimés.

37 ...

8,38 Car je suis certain que ni mort

ni vie

ni anges

ni principautés

ni présent

Byz TRpuissances

ni avenir

Byz TRprésent

ni puissances

Byz TRavenir

38 ...

8,39 ni hauteur

ni profondeur

ni Byz TR Nesquelque autre créature

ne pourra nous séparer de la charité de Dieu qui est dans le Christ Jésus notre Seigneur.

39 ...

Propositions de lecture

5,1–8,39 Thème La seconde partie de Rm (ch.5-8) montre que le chrétien justifié (cf. ch.1-4) trouve dans l'amour de Dieu et le don de l'→Esprit la garantie du salut.

8,28–39 Synthèse de toute la thèse de l’épître Au titre de l’immutabilité de l’amour de Dieu et du Christ à l’égard des chrétiens « la péricope Rm 8,28-39 doit être considérée comme la synthèse et l’application concrète de toute la thèse de l’Épître. Or cette ''théologie'' est celle de l’agapê tou Theou ! » ( →Spicq 1959, 1,247).

Texte

Critique textuelle

8,28a fait tout concourir ou « toutes choses concourent » (Gr) : Variantes

Addition de « Dieu » ?

  • Certaines versions grecques A B 81 copsa (eth) Origen gr2/5 ajoutent ho Theos à la suite du verbe sunergei et en font le sujet.

 Il est alors le sujet des verbes qui suivent, coordonnés à sunergei.

Panta sujet de sunergei ?

« En grec panta sunergei est expliqué de deux façons, selon qu'on donne comme sujet à sunergei le neutre panta, ''tout concourt'' (V. omnia cooperantur), ou Ho Theos, Dieu collabore en tout'' (la plupart des modernes); le sujet ho Theos est exprimé dans plusieurs mss, P46, B, A. » (→Huby 1Co 307 note 2).

Vocabulaire

8,28 nous savons + « fait tout concourir » ou « concourent » (Gr) Lexicologie : connotations des verbes grecs

28a Quel savoir ?

Le verbe oidamen indique qu'il s'agit d'une conviction profonde, d'une vérité de foi. (cf. →Spicq Agapè 1,248).

28b Quel concours ?  

  • →Spicq 1959 « Le verbe sunergeô, littéralement ''travailler avec'', d'où ''aider, assister'', est assez rare dans la langue du NT ou des papyrus. Avec un complément de chose, il ne peut avoir ici sa nuance étymologique de coopération ou de collaboration, mais celle de l'usage : ''favoriser, être utile'' et même ''fournir''. L'idée est que Dieu ''se sert'' de tout pour le bien des élus, eis agathon. Il s'agit d'abord du bien final, la glorification, comme la suite le montrera ; mais aussi de biens plus immédiats en relation de moyens à effet avec cet achèvement. Il n'y a rien que Dieu ''n'utilise'' à cette fin (panta) ; choses, événements, personnes ; d'après le contexte, il s'agit surtout des épreuves, voire même la mort, et très précisément ce qui est le plus douloureux ou semble le plus fâcheux et nuisible. En réalité Dieu ''travaille avec'' ces phaenomena dont il fait les moyens d'exécution de sa prothesis. Sa ''coopération'' consiste à les transformer en occasions favorables, ou mieux à leur ''fournir'' — outre leurs qualités et leur fin propre — une vertu salutaire au bénéfice de ses élus. Ainsi ceux qui aiment Dieu peuvent envisager l'avenir avec confiance, puisque la Sagesse et la Puissance divine sont présentes en toutes choses pour les orienter vers une heureuse issue, ''le bien'' personnel des fils de Dieu. » (1,249s). 

8,28c dessein (G) Connotation divine : un véritable plan de salut ? 

Signification de prothesis dans les écrits pauliniens

  • →Spicq 1959 « La prothesis ''dessein, projet, propos'' s'entend, chez l'Apôtre, de la décision gracieuse, ou mieux du ''décret'' sotériologique constitué avant la création du monde, et comprenant à la fois le terme final (glorification, salut), et tous les moyens d'y conduire les hommes, en particulier l'appel efficace à la foi (cf. Rm 9,11 ; Ep 1,11 ; 2Tm 1,9). Du fait de ce ''propos'', l'homme est sous le regard de Dieu, ''placé devant'' lui, comme objet de connaissance et d'amour ; cf. Ep 1,4). » (1,248s, note 3).
En particulier en Rm 8,28
  • →Spicq 1959 « [...] les croyants ou saints ''qui aiment Dieu'' ne sont tels que kata Theon (v.27) ou kata prothesin, parce qu'ils sont englobés dans le plan de salut qui s'accomplit à leur égard. Ils sont les bénéficiaires visibles et comme officiels de ce décret de grâce ; et ce ne serait guère forcer le sens du texte que de voir dans leur redamatio l'un des objets privilégiés du dessein du Père, ''qui scrute les coeurs'' (Rm 8,27 ; cf. Ep 1,4). » (1,248s).

Procédés littéraires

8,28a pour ceux qui aiment Dieu Périphrase pour : les chrétiens

  • →Spicq 1959 « Cette périphrase est une désignation des chrétiens (Jc 1,12), identiques aux ''saints'' du v.27 ; elle suppose que l’agapê de Dieu même a été infusée dans leur cœur, par le Saint-Esprit (Rm 5,5), et dès lors il s’agit de l’amour qu’un enfant porte à son Père (Rm 8,15s). Mais le verbe agapan garde sa signification fondamentale des LXX et de Mt 6,24 : amour cultuel d’adoration et de fidélité envers le Seigneur. […] Effectivement tois agapôsin ton Theon est l’équivalent de tois kata prothesin klêtois ousin ;  plus précisément, la seconde proposition — dont l’objet est adéquat à la première — donne la raison de celle-ci — Note 1 : « Il y a entre les deux un rapport de causalité » →Lagrange Romains 214) : elle explique pourquoi Dieu intervient en faveur de ceux qui l’aiment. » (1,248).

8,28b sont appelés Périphrase pour : les chrétiens

  • →Spicq 1959 « […] les chrétiens sont, au sens technique du terme, des ''appelés'', c’est-à-dire qu’ils ont répondu à la vocation efficace de Dieu à la foi et au salut — Note 2 : Dans la langue de saint Paul, les klêtoi désignent ceux qui sont objets de l’appel de Dieu et l’acceptent ; donc les chrétiens. Ceux-ci se trouvent à une étape de réalisation intermédiaire entre le plan éternel du Père et la consommation glorieuse du salut. — ; d’autre part cet ''appel'' est la première réalisation dans le temps du plan divin fixé depuis toujours pour conférer [aux appelés] tous les bienfaits surnaturels. » (1,248).

Contexte

Intertextualité biblique

8,26s THÈME La prière À la suite d'une longue tradition scripturaire, Paul insiste beaucoup sur la  →prière.

Réception

Comparaison des versions

8,28 toutes choses concourent au bien   + appelés « saints » : V | Gr  Variantes entre textes grecs et latins

28a toutes choses concourent au bien : Byz VL V TR Nes | P46 A B : Dieu collabore en tout pour leur bien

L'origine de ces variantes entre versions grecque et latine est déjà dans le grec : Critique textuelle Rm 8,28a

28b appelés « saints » : V | Gr  : « appelés » 

La bible latine ajoute le mot « saint » :

Erreur scribale ?
  •  il peut s'agit d'une simple dittographie, ou d'une parablepse (saut regard du copiste d’un endroit du texte à un autre), du fait que le v. précédent se termine par ce terme : Rm 8,27 : qui autem scrutatur corda scit quid desideret Spiritus | quia secundum Deum postulat pro sanctis
Variante intentionnelle ?

Il peut s'agir d'une variante intentionnelle.

(1) Vocation : la construction « tout concourt au bien de ceux qui, selon son dessein, sont appelés » sans l'addition laisse l'appel ouvert
  •  (Procédés littéraires Rm 8,28b) Elle induit une pluralité dans l'appel ; quel que soit l'appel, tout concourt au bien de ceux qui aiment Dieu, tout concourt au bien de ceux qui aiment Dieu 
(2) Appellation : l'addition suggère que, selon le dessein de Dieu, le croyant est simplement « appelé 'saint' »
  • On peut comprendre qu'il ne s'agit pas de l'appel à un état de vie, de la vocation, mais simplement d'une appellation, de l'imposition du nom « saint » par l'autorité divine 

Une synthèse n'est peut-être pas impossible si l'on se rappelle que l'imposition d'un nom dans les Écritures →Nom (onoma, šēm), est aussi l'appel à une destinée et si l'on comprend que le dessein ou plan de Dieu (Vocabulaire Rm 8,28c) est que le croyant en vienne à être appelé « saint ».  

Frontispice de la bible Polyglotte d’Alcalà→ (1514-1517), (gravure sur bois) © Domaine public

Histoire des traductions

8,27b désirs (G) phronêma

Littérature

7,18–25 chair et esprit FRANÇAIS BIBLIQUE

  • « L'esprit est ardent mais la chair est faible », parole placée par Mt 26,41 dans la bouche de Jésus, est passée en proverbe, pour constater, déplorer et expliquer tout à la fois, par la faiblesse de la condition humaine incarnée, l'écart qui se sépare souvent nobles projets et piètres réalisations.

FRANÇAIS BIBLIQUE

Drapeau de la francophonie→ © Domaine public 

8,28 toutes choses concourent au bien FRANÇAIS BIBLIQUE « Tout est bien qui finit bien » Ce proverbe populaire est comme une version naturelle ou laïque de l'espérance du croyant pour qui Dieu, dans sa Providence est capable de tirer du bien même du mal (cf. Gn 45,8 ; 50,20 ; cf. Ac 2,23 ; 3,17–18). Ce proverbe suggère que le résultat final importe davantage que le déroulement du parcours, laissant entendre qu’un chemin semé d’embûches peut conduire à une issue heureuse : tout est finalement rentré dans l’ordre, contre toute attente cela s’est bien terminé.

Il est intéressant de constater qu’un autre dicton populaire, qui affirme en quelque sorte l’inverse, peut lui aussi illustrer une confiance en la Providence divine

« Qui commence bien finit bien » ?

Le proverbe « Qui commence bien finit bien » signifie qu’un bon départ conditionne largement la réussite finale d’une action. Il s’est fixé en français dès la Renaissance comme maxime de sagesse pratique. Il exprime toutefois moins une certitude qu’une espérance, comme en témoigne l’existence de dictons variants, moins optimistes, tels que : « À moitié fait qui commence bien », voire plus pessimistes encore comme « N’a pas fait qui commence » (Littré, Dictionnaire→), c’est-à-dire : il ne suffit pas de commencer, il faut poursuivre et persévérer.

Cette perspective rejoint l’affirmation paulinienne : « celui qui a commencé en vous une œuvre bonne la parachèvera » (Ph 1,6). En affirmant ici sa certitude que Dieu bénit ce qui est bien entrepris, saint Paul témoigne d’une sagesse biblique pleine de foi et d’espérance, qui vient accomplir de profondes observations de la sagesse populaire, bien connues des Anciens (Textes anciens Ph 1,6), concernant le déploiement de l’activité humaine dans le temps.

Et c'est sur cette espérance, à la fois naturelle et surnaturelle, que fait fond le croyant quand il se consacre tout entier à son Seigneur : Liturgie Ph 1,6.

Drapeau de la francophonie→ © Domaine public

Arts visuels

6,21ss libérés du péché et faits esclaves de Dieu Variations morales et eschatologiques sur le thème des « deux voies » L'enseignement biblique crée un lien entre vie terrestre et vie dans l'au-delà (cf. →Croyances juives sur la vie dans l’au-delà au tournant de l’ère chrétienne) :

  • la destinée heureuse ou malheureuse de chaque individu dès sa mort (eschatologie individuelle), des communautés ou de l'humanité dans son ensemble à la fin du monde (eschatologie générale)
  • correspond au choix fait durant la vie terrestre devant l'alternative morale fondamentale entre « les deux voies » (Intertextualité biblique Dt 30,15–20).

Il a donné lieu à une riche iconographie édifiante dont voici deux exemples :

Exhortation à une vie morale en ce monde : instruction et persuasion

R.J. Stock, Les voies vers le Ciel et vers l'enfer : « Venez à moi vous qui peinez et ployez sous le fardeau et je vous donnerai le repos » (Mt 11,28) (lithographie, ca 1896), cph.3g06056

Library of Congress, Prints and Photographs division, Cincinnati, OH (États-Unis) © Domaine public→, Mt 11,28-30

Les légendes bilingues, en anglais et en allemand, décrivent les personnes qui prennent le chemin du Ciel en aidant les pauvres, en priant, et en pratiquant la charité, et celles qui prennent le chemin de l'enfer en buvant, en étant violents et en se livrant à d'autres turpitudes ... 

Description du Jugement : la terreur et la pitié

Anonyme (arménien), fresque (1606-1664)

cathédrale du Saint Sauveur, Ispahan (Iran) © Domaine public→, D.R. photo Diego Delso

Ici l'heure n'est plus au choix entre les deux options, mais à la sanction ultime :

  • entre ciel et terre, les anges sonnent les trompettes de la résurrection (Mt 24,30-31 ; 1Co 15,52 ; 1Th 4,16 ; 2Th 1,7s) ;
  • au niveau du sol, à l'extrême droite, la mort fauche tout le monde. Au centre, les morts ressuscitent et sont présentés par l'archange Michel balance en main ;
  • pour chacun, un ange ouvre le livre des bonnes actions faites durant la vie, un démon celui des péchés — deux livres qui ont traversé le temps depuis le décès du ressuscité en question, et où ont donc pu être consignées non seulement toutes ses bonnes ou mauvaises actions durant sa vie, mais aussi toutes les conséquences de ses actions en bien et en mal. Le Juge Sauveur montre les instruments du jugement : les →arma Christi (instruments de la passion), mémorial de sa mort rédemptrice... 

Depuis le niveau du sol, deux chemins se dessinent :

  • les sauvés, lumières en mains, foulent un gazon verdoyant et gravissent la voie qui les conduit vers le Ciel bien ordonné autour de la Sainte Trinité ;
  • les pécheurs, harcelés par les démons, se brûlent les pieds sur un sol désertique et sont précipités dans le désordre infernal. 

7,22–25 je vois dans mes membres une autre loi qui lutte contre la loi de mon esprit  Figure du combat spirituel

La lutte de Jacob avec l'ange

Marc Chagall (1887-1985), La lutte de Jacob et de l'ange (huile sur toile, 1960-1966), 251 x 205 cm

Musée national Marc Chagall, Nice (France) © CC BY 3.0→

Les diagonales croisées, ascendante du côté de l'ange, descendante du côté de Jacob impriment à la composition son mouvement et viennent signifier le combat spirituel que livre la chair à l'esprit. Comment interpréter la position de Jacob ? Ses jambes écartées et comme livrées à l'effort, ses bras tendus comme pour agripper l'ange disent-ils l'intensité du combat ? Ou bien la profondeur d'une vénération, comme pourraient le suggérer son sourire, sa position proche de l'agenouillement et le geste de l'ange qui paraît le bénir ? Telle est bien l'ambiguïté du combat spirituel que décrit saint Paul : « je vois dans mes membres une autre loi qui combat la loi de mon esprit » (Rm 7,23).

8,1–39 la loi de l'Esprit de la vie dans le Christ Jésus m'a libéré de la loi du péché et de la mort  Le Christ triomphant Le pied appuyé sur le crâne de la mort physique et le serpent de la mort du péché, le Christ a aussi en main le globe terrestre pour signifier que sa victoire sur la mort s'étend à tout l'univers.

Pierre Paul Rubens (1577-1640), Le Christ triomphant de la mort et du péché (huile sur bois, 1615), 175 x 153 cm

Musée des Beaux-Arts de Strasbourg (France) © Domaine Public→

Musique

8,26s L'Esprit vient en aide à notre faiblesse

18e s.

Johann Sebastian Bach (1685-1750), Der Geist hilft unsrer Schwachheit auf BWV226, 1729

Nikolaus Harnoncourt (dir.), Stockholm Bach Choir, Concentus musicus Wien

© Licence YouTube standard→, Rm 8,26s

Composition

Composé à Leipzig en 1729, ce motet est le seul de Bach dont on connaît précisément la destination et les circonstances de l'exécution : il a été écrit pour les funérailles de Johann Heinrich Ernesti, recteur de la Thomasschule de Leipzig où Bach était Thomaskantor à cette époque. C'est également un des seuls motets de Bach à être doté d'un accompagnement instrumental, dont on a retrouvé les partitions, se contentant de doubler les voix, par des instruments à corde pour le premier chœur, et des bois pour le second. Le thème général du motet est la manière dont l'Esprit Saint influence nos vies, selon la volonté de Dieu.