La Bible en ses Traditions

Apocalypse 20,4–6

Byz
V TR Nes
S

4 Et je vis des trônes et ils s’assirent sur eux

et le jugement leur fut donné ;

et les âmes de ceux qui avaient été décapités à cause du témoignage pour Jésus et à cause de la parole de Dieu

et tous ceux qui n’avaient pas adoré la bête ni son image

qui n’avaient pas reçu sa marque sur leur front ni sur leur main

et ils prirent vie, et régnèrent avec le Christ pendant mille ans.

4 Et je vis des trônes et ils s’assirent sur eux

et le jugement leur fut donné ;

et les âmes de ceux qui avaient été

Vont été décapités à cause du témoignage pour

Vde Jésus et à cause de la parole

Vdu verbe de Dieu

et qui n’avaient pas adoré

Vn'ont pas adoré la bête ni son image ;

ni n’avaient reçu

Vreçu sa marque sur le front ni sur la main

Vles mains :

ils prirent vie et régnèrent avec le Christ pendant mille ans.

4 Et je vis des trônes et ils s’assirent sur eux

et le jugement leur fut donné ;

et les âmes de ceux qui avaient été décapités à cause du témoignage de Jésus et à cause de la parole de Dieu

et ceux qui n’avaient pas adoré la bête ni son image

qui n’avaient pas reçu sa marque sur leur front ni sur leur main

et ils prirent vie, et régnèrent avec le Christ pendant mille ans.

Byz V Nes
S
TR

5 Mais les autres

NesLes autres

VTous les autres  morts ne prirent pas vie jusqu’à ce que fussent accomplis les mille ans.

C’est la première résurrection :

5 Et c’est la première résurrection :

5 Et les autres morts ne reprirent pas vie, jusqu’à ce que fussent accomplis les mille ans.

C’est la première résurrection :

Byz V S TR Nes

6 heureux et saint celui qui a part à la première résurrection !

Sur eux

VEn eux, la seconde mort n’a pas de pouvoir

mais ils seront prêtres de Dieu et du Christ, et ils régneront avec lui pendant mille ans.

Texte

Procédés littéraires

1,1–22,21 NARRATION Construction d'un espace qui transcende l'espace

De la terre au ciel et retour ?

Psyberartist, Patmos, (photographie numérique, 2013)

© CC BY 2.0→ Ap 6,14 ; 20,12-15

Quand l’île a un relief aussi torturé que Patmos, elle s’avère à la fois solide et fragile: trouée vers le ciel par le vent et par l’eau et en constant contact avec les enfers à travers les séismes. À Patmos, le haut et le bas, l’ici et le là-bas se mêlent; on est assez suspendu entre ciel et terre. Et de fait, il est difficile de suivre les mouvements du Voyant de l’Apocalypse et de le situer précisément au fil du récit, entre rivage et mer, montagne et désert, ciel et terre :

  • D’abord, en Ap 1,9 il est dans l’île de Patmos.

Il monte ensuite deux étapes : 

  • Ap 1,10, saisi par l’Esprit, il se retourne (transe ?) ; 
  • Ap 4,1 : il monte vers le ciel dont une porte s’est ouverte ; il y observe une liturgie grandiose avec des échanges entre ciel et terre (les sceaux ouverts Ap 6, les humains marqués Ap 7), toutes sortes de catasrophes cosmiques aux sept coups de trompette (Ap 8-11) des anges debout ou s’activant entre ciel et terre (Ap 10,6) finalement dans le ciel le signe de la femme accouchant sur la terre, son enfant menacé par le dragon mais enlevé au ciel, le dragon restant aux aguets sur le sable de la mer (Ap 12,18) d’où émerge une terrifiante bête, bientôt rejointe par une autre montée, elle, de la terre (Ap 13).

Le voyant semble alors entre ciel et terre, entendant des voix venant du ciel (Ap 14,2.13).

  • puis il se concentre à nouveau sur le sanctuaire céleste d’où sont envoyés les septs anges porteurs de coupes (Ap 16) 
  • Il est rejoint par un ange qui le transporte dans un désert pour lui montrer la prostituée Babylone (Ap 17,1), dont il déchiffre la vision, puis il voit descendre du ciel (Jn 18,1) l’ange qui annonce sa chute ; entend dans le ciel l’alleluia de la foule des élus (Ap 19,1), voit au ciel le Verbe sur son cheval blanc et ses armées (Jn 19,11) ; un ange descend du ciel avec chaîne et clef pour enfermer le dragon (Ap 20,1), puis en présence de celui qui siège sur le trône blanc (au ciel ?)

Du cosmos au Logos et retour

Il est donc bien difficile de situer le Voyant. Finalement, le lieu où l'on est toujours le plus certain de se trouver, c’est encore la page du livre. Et justement, l'apocalypticien ne cesse de comparer le monde à un livre Procédés littéraires Ap 6,12–16 ; 20,12–15 ; 22,7–10.18s

Réception

Arts visuels

1–6 il l'enchaîna pour mille ans Enchaîné, enferré ... Dans la quatorzième gravure de son « grand livre » comme il l'appelait, Dürer combine Ap 20,1-3 et Ap 21,1-4 : 

Albrecht Dürer (1471-1528), Apocalipsis cum figuris (gravure sur bois, La chaîne du dragon et la nouvelle Jérusalem, 1497-98), 39,8 x 28,6 cm

Staatliche Kunsthalle, Karlsruhe (Allemagne) © Domaine public→

Le puissant ange attire l'attention en plein milieu, portant plusieurs clés. Cet ange a enchaîné le diable : il est sur le point de le pousser dans l'abîme de l'enfer. Des flammes jaillissent de la gueule de l'Enfer dont le couvercle en fer est ouvert. Le diable, représenté comme une bête à écailles, tire la langue, figure ridicule dans l'esprit des représentations populaires de l'époque.

Cinéma

1,1–22,21 Allusions à l'Apocalypse

  • Ingmar Bergman, Det sjunde inseglet [« le septième sceau »] (1957).
  • Vincente Minnelli, The Four Horsemen of the Apocalypse (1961).
  • Andrei Tarkovski, Offret [« le sacrifice »] (1985).
  • Peter Jackson, The Lord of the Rings (en particulier le 3e film, 2003).