La Bible en ses Traditions

Cantique des cantiques 6,4–10

M V
G S

4 — Tu es belle, mon amie, comme Thirsa, charmante

Vsuave et élégante comme Jérusalem,

Mmais terrible comme des bataillons

Vun camp armé en ordre de bataille :

4 …

4 Beauté de Jérusalem Ps 48,3 ; 50,2 ; Lm 2,15 ; Ap 21,2

5 détourne tes yeux de moi car ils me troublent

Vparce qu'ils m'ont fait m'envoler  !

tes cheveux Msont comme un troupeau de chèvres suspendues aux flancs de la montagne de

V aperçues dévalant du Galaad

5 …

5ss || 4,1-3

6 tes dents Msont comme un troupeau de brebis qui remontent du lavoir

Vsont remontées du bain : 

 toutes ont des jumeaux, nulle n'a perdu un petit

Vaucune d'entre elles stérile,

6 …

7 Telle une moitié

Vcomme écorce de grenade est ta joue 

Vtes joues, derrière ton voile

Vsans ce qui se cache en toi !

7 …

8 (Soixante sont les reines, quatre-vingts les concubines, quant aux jeunes filles

Vadolescentes, on n'en sait pas le nombre :

8 …

8 Les femmes de Salomon 1R 11,3

9 une seule est ma colombe ma parfaite

la seule de sa mère, radieuse pour

Vla préférée de celle qui l'enfanta !

(Les filles la virent et la proclamèrent bienheureuse

V« béatissime»

reines et concubines aussi la louangèrent :

9 …

9 Unique Pr 4,3 La “femme forte” Pr 31,28

10 — Quelle est celle-ci qui

VQui est celle qui apparaît

Vavance comme l’aurore Và son lever

belle comme la lune, radieuse

Vélue comme le soleil, terrible comme des bataillons

Vune armée en ordre de bataille ?)

10 …

10 “Qu’est-ce là?” 3,6 Beauté “guerrière” de la bien-aimée 4,4

Texte

Critique textuelle

1–12 V Numérotation des versets Dans les éditions de V, Ct 6,1 est considéré comme le dernier v. du ch. 5 (V—Ct 5,17  =  MSG—Ct 6,1). D'où un décalage d'une unité dans tout le chapitre (MSG—Ct 6,2 = V Ct 6,1, etc.).

© CC-BY-SA-4.0

Réception

Liturgie

1–13 LITURGIE JUIVE Un chant pascal    Le Cantique est lu après la amida durant la semaine de Pessach. Le choix serait motivé par la mention des chars de Pharaon en Ct 1,9 où l'on voit une allusion à l'Exode.   

Traditionnel, Megillat Shir HaShirim, c.6 lu par Abraham Shmuelof (1913-1994), Maison Saint-Isaïe des Dominicains, Jérusalem, années 1970

Audio Scriptures International (numérisation) ; Mechon Mamre→ (mise en ligne)  © Sœurs du Carmel (enregistrements originaux)

Abraham Shmuelof né en 1913 dans le quartier Meah Shearim de Jérusalem, dernier de seize enfants dans une grande famille juive ultraorthodoxe de Bucharan qui avait émigré de Perse à la fin du 19e siècle devint une figure légendaire à Jérusalem, passant du statut de juif ultraorthodoxe au catholicisme romain, moine trappiste, bénédictin, retournant aux trappistes et enfin servant dans l'Église gréco-catholique de Galilée. Dans les années 1970, il trouva sa place à « La Maison Saint-Isaïe » fondée à Jérusalem par les Dominicains français, où il collabora au développement d'une liturgie catholique hébréophone avec le P. Jacques Fontaine. C'est à cette époque qu'il se chargea de la tâche d'enregistrer l'intégralité du Tanakh en hébreu.

Musique

1,1–8,15 Écoutez le Cantique Un comédien interprète notre texte

Lecture du Cantique des cantiques, dans la traduction de BibleArt, Nicolas Geny, lecteur ; O.-Th. Venard, traduction

(enregistrée par David Bérard le 23 mars 2024, Avignon)

© BEST a.i.s.b.l.

Donnée en première mondiale le 1er février 2024 devant une trentaine de spectateurs réunis dans la « Salle d'embarquement » de la Galerie Hus→ à Montmartre, Paris, cette lecture par Nicolas Geny→ permet à l'auditeur un contact subtil avec notre traduction du Cantique en ses habits latins.

2,10–13 ; 6,10ss ; 7,10ss Cantique des Cantiques

20e s.

Ivan Moody (1964-), Canticum Canticorum I, 1987

David Fallis (dir.), Quire Cleveland

© Licence YouTube standard→, Ct 2,10-13.6,2.11

Composition

Ivan Moody est un compositeur britannique contemporain. Ses œuvres montrent les influences de l'est du chant liturgique et de l'Église orthodoxe, dont il est membre et archiprêtre (Patriarcat Œcuménique de Constantinople). Son Canticum Canticorum I, écrit pour le Hilliard Ensemble, est créé en 1987 et obtient un énorme succès. Cette pièce reste l'œuvre la plus fréquemment jouée de son répertoire. Elle est constituée de trois mouvements : « Surge propera amica mea » (Lève-toi, hâte-toi, mon amie), « Descendi in hortum meum » (Je suis descendu dans mon jardin) et « Ego dilecti meo » (Je suis à mon bien-aimé).