La Bible en ses Traditions

Genèse 1,11–12

M V Sam
G
S

11 Et il MDieu  dit : 

— Que la terre fasse germer de la prairie, de l'herbe 

Vl'herbe verte portant semence

V Samet l'arbre à fruit portant du fruit selon son espèce

Vgenre  ayant en soi sa semence, sur la terre.

Et il fut Vfait ainsi.

11  Et Dieu dit :

— Que la terre fasse pousser de la prairie, de l'herbe portant semence selon l'espèce et selon la similitude

et l'arbre à fruit faisant du fruit ayant en soi sa semence selon l'espèce sur la terre.

Et il fut ainsi.

11 Et Dieu dit :

— Que la terre fasse sortir de la prairie, de l'herbe portant semence selon son espèce

et l'arbre à fruits faisant des fruits selon son espèce ayant en soi son germe, sur la terre.

Et il fut ainsi.

1,1–2,3 Deux récits de la création 2,4-25

12 Et la terre fit sortir de la prairie, de l'herbe

V l'herbe verte portant semence selon son espèce

et des arbres

Vl'arbre portant du fruit

et chacun portant M Samsa semence selon son espèce.

Et Dieu vit que c'était bon.

12 Et la terre fit sortir de la prairie, de l'herbe portant semence selon l'espèce et selon la similitude,

et l'arbre à fruit faisant du fruit ayant en soi sa semence selon l'espèce sur la terre.

Et Dieu vit que c'était beau. 

12 Et la terre fit sortir de la prairie, de l'herbe portant semence selon son espèce

et l'arbre faisant des fruits ayant en soi son germe selon son espèce.

 Et Dieu vit que c'était bon.

Réception

Musique

1,1–2,7 La Création

20e s.

Aaron Copland,  In the Beginning (CD, 2015), 1947

 James Morrow (dir.), Susanne Mentzer (mezzo-soprano), University of Texas Chamber Singers

American Classics, Naxos, © License YouTube Standard→, © NaxosofAmerica

Composition

Cette œuvre représente l'histoire de la création, chantée a cappella, c'est-à-dire sans accompagnement instrumental. Aaron Copland la composa suite à une commande pour un Symposium sur la critique musicale à l'Université de Harvard. Chaque partie du texte est exprimée de manière appropriée au fur et à mesure que la musique se déroule avec une originalité sonore propre à Copland.

Contexte

Milieux de vie

11ss Que la terre fasse germer RELIGION Dieu jardinier au Proche Orient ancien Très en amont des Écritures saintes, divers mythes cosmogoniques mésopotamiens mettaient en scène des dieux transformant les déserts en jardin en des jeux plus ou moins sexuels.

En témoigne, par exemple, le dieu Enki sur ce sceau-cylindre d’il y a 4300 ans, conservé au British Museum : 

Sceau Adda (détail), (gravure sur pierre verte, vers 2300 av. J.-C., Sippar ?), 3,9 (h) × 2,55 (p) cm, Sceau-cylindre

BM 89115, The British Museum © Avec l'autorisation du British Museum→. Trustees of the British Museum.

De gauche à droite : Dieu guerrier avec un lion ; déesse guerrière Ishtar avec des ailes et tenant des dattes ; dieu soleil tenant une scie et surgissant des montagnes ; dieu de l'eau Ea avec des ruisseaux et des poissons, avec un oiseau prédateur perché sur la main, un taureau sous le pied, et le vizir biface Usmu derrière lui. Les personnages sont identifiés comme des dieux par leurs chapeaux pointus à cornes multiples.

  • Le personnage avec des ruisseaux d'eau et des poissons s'écoulant de ses épaules est Ea (« Enki » en sumérien), dieu des eaux souterraines et de la sagesse.

Derrière lui se tient Usimu, son vizir (ministre principal) à deux visages.Au centre de la scène se trouve le dieu du soleil, Shamash (en sumérien Utu), dont les rayons sortent de ses épaules. Il se fraie un chemin à travers les montagnes pour se lever à l'aube. À sa gauche se trouve une déesse ailée, Ishtar (Inanna en sumérien). Les armes qui sortent de ses épaules symbolisent son caractère guerrier.

  • En 1945 parut la première édition scientifique du mythe sumérien titré : Enki et Ninḫursaĝa (S.N. Kramer, Enki and Ninhursag. A Sumerian "Paradise" Myth,  Basor ss 1, New Haven : Asor, 1945). Il met en scène deux grandes divinités, Enki maître de la sagesse, le porteur d’eau, et sa parèdre Ninhursag appelée aussi « Ninmah ». L’histoire se déroule sur l’île de Dilmun (actuel Bahreïn ?), en relation intense avec la Mésopotamie pendant la haute Antiquité. Ce mythe raconte comment, de son membre puissant, Enki creuse un puits,puis féconde sa parèdre et fait de cette contrée, au départ désertique, un vrai pays de cocagne, pour le bonheur de Sumer… 

La tradition biblique démythologise tout cela. Loin d’être emberlificoté dans les puissances génésiques, le Créateur domine le monde comme un jardinier la nature, l'opposition cosmos/chaos étant miniaturisée dans l'opposition jardin/nature : Arts visuels Gn 1,11ss