Un projet du Programme de Recherches La Bible en ses traditions AISBL
Dirigé par l’École Biblique et Archéologique Française de Jérusalem
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4 Voici les générations des cieux et de la terre quand ils furent créés
au jour où YHWH
Sle Seigneur Dieu
fit une terre et des cieux
S Samdes cieux et une terre
4 Voici le livre de la génération du ciel et de la terre quand ils furent créés
au jour où le Seigneur Dieu fit le ciel et la terre
4 Voici les générations du ciel et de la terre quand elles furent créées
au jour où le Seigneur Dieu fit ciel et terre
5 et tout arbrisseau
Stous les arbres
des champs avant qu'il ne soit sur la terre
et toute herbe des champs avant qu'elle ne pousse
car YHWH
Sle Seigneur Dieu n’avait pas fait pleuvoir
Sdescendre la pluie sur la terre
et il n’y avait pas d’homme pour travailler Ssur le sol.
5 et toute plante verte du champ avant qu'elle ne soit sur la terre
et toute herbe des champs avant qu'elle ne pousse
car le Seigneur Dieu n’avait pas fait pleuvoir sur la terre
et il n’y avait pas d’homme pour travailler la terre.
5 et tout arbrisseau du champ avant qu'il ne levât en terre
et toute herbe de plaine avant qu'elle ne germât
car le Seigneur Dieu n’avait pas fait pleuvoir sur la terre
et il n’y avait pas d’homme qui travaillât la terre.
6 Et une vapeur montait de la terre
et irriguait toutes les faces du sol.
6 Mais
SEt une source montait de la terre et irriguait
Virriguant toute la face
Stoutes les faces
Vla surface entière de la terre.
7 Et YHWH
Sle Seigneur Dieu façonna l’homme de la poussière du sol
et il souffla dans ses narines une respiration de vies
et l’homme devint une âme vivante.
7 Le Seigneur Dieu
GEt Dieu façonna alors l’homme de la poussière de la terre
et il insuffla en sa face un souffle de vie
et l’homme devint une âme vivante.
8 Et YHWH
G Sle Seigneur Dieu planta un jardin
Sparadis en ‘Ēden
GEdem à l'orient
et il y plaça l’homme qu’il avait façonné.
8 Or, le Seigneur Dieu avait planté un paradis de volupté depuis le principe
et il y plaça l’homme qu’il avait façonné.
9 Et YHWH
Sle Seigneur Dieu fit pousser du sol
Sde la terre tout arbre agréable à voir et bon à manger
et l’arbre des vies au milieu du jardin
et l’arbre de la connaissance du bien et du mal.
9 Et le Seigneur Dieu fit sortir de la terre
Vdu sol tout arbre agréable à voir et bon
Vsuave à manger
et
Vaussi l’arbre de la vie au milieu du paradis
et l’arbre de la connaissance du bien et du mal.
10 Et un fleuve sortait d’Éden
pour arroser le jardin
et de là il se partageait en quatre têtes.
10 Et un fleuve sortait d’Éden
Vdu lieu de volupté pour irriguer le paradis
et de là
Vd'ici il se partageait
Vdivisa en quatre têtes.
Gcommencements.
11 Le nom de l'un est « Pîšôn »
G« Phisôn »
V« Phison » :
c’est celui qui encercle toute la terre de Ḥăwilâ
GEuilat
VÉvilat
où est
Vnaît l'or
12 et l’or de cette terre est bon
Vle meilleur
G V et là
Vici sont le bdellium et la pierre
Sles pierres d’onyx.
13 Et le nom du second fleuve est « Gîḥôn »
G« Gêon »
V« Géhon » [Geon] :
c’est celui qui encercle toute la terre de Kûš.
Gd'Aithiopia.
Vd'Éthiopie [Æthiopia].
14 Et le nom du troisième est « Ḥiddeqel »
S« Diqlat »
c’est celui qui va à l’orient de 'Aššûr.
Scontre Assur.
Et le quatrième fleuve, c'est l'Hû'-Phrāth.
14 Et le
VMais le nom du troisième est « Tigris »
V« Tigre » [Tigris] :
c’est celui qui
Vlui va à l'encontre des
Vvers les Assyriens.
Et le quatrième fleuve, c'est l’Euphratês
VEuphrate.
15 Et YHWH Dieu prit l’homme et le fit se reposer dans le jardin d'Éden
pour la travailler et la garder.
15 Et le
VLe Seigneur Dieu prit Sdonc l’homme Gqu'il avait façonné et le plaça dans le paradis de volupté
Sd'Éden
pour qu'il le travaillât et le gardât.
16 Et YHWH Dieu commanda à l’homme en disant :
— De tout arbre du jardin
tu peux manger.
16 Et le Seigneur Dieu commanda à Adam en disant :
— De tout arbre qui est dans le paradis
Stous les arbres qui sont dans le paradis tu peux manger.
16 Et il lui prescrit, disant :
— De tout arbre du paradis : mange !
17 Et de
G VQuant à l’arbre de la connaissance du bien et du mal, tu n'en mangeras pas
Vn'en mange pas !
car au jour où tu en mangeras
Ven auras mangé, certainement tu mourras.
G Stu mourras de mort.
Vde là tu mourras de mort.
18 Et YHWH Dieu dit :
— Il n’est pas bon que l’homme soit seul,
je lui ferai une aide qui lui corresponde.
18 Et le
VLe Seigneur Dieu dit Vaussi :
— Il n’est pas bon que l’homme soit seul :
faisons-lui une aide qui lui corresponde.
Vsemblable à lui.
19 Et YHWH Dieu forma Samencore du sol tout animal des champs et tout oiseau des cieux
et les fit venir vers l’homme pour voir comment il les appellerait
et tout nom que l'homme donnait à une âme vivante [devint] le sien.
19 Et Sle Seigneur Dieu forma de la terre tous les animaux des champs
Stout animal de la campagne et
tous les oiseaux du ciel
S tout oiseau des cieux
et les mena
Sfit venir vers Adam pour voir comment il les appellerait
et tout nom que l'homme donnait à une âme vivante [devint] le sien.
19 Le Seigneur Dieu, après avoir donc façonné, du sol, l'ensemble des [êtres] animés de la terre et la totalité des volatiles du ciel
les amena à Adam pour voir comment il les appellerait :
en effet, tout [nom] par lequel Adam appela une âme vivante est son nom même.
20 Et l’homme donna des noms à toute bête domestique
à l'oiseau des cieux et à tout animal des champs
mais pour Adam il ne trouva pas d'aide qui lui corresponde.
20 Et Adam donna des noms à toutes les bêtes domestiques
à tous les oiseaux du ciel
Stout oiseau des cieux et à tous les animaux des champs
Stout animal de la terre mais pour Adam il ne se trouva pas d'aide qui lui corresponde.
20 Et Adam nomma par ses noms l'ensemble des [êtres] animés
et la totalité des volatiles du ciel et toutes les bêtes de la terre
mais pour Adam, il ne se trouva pas d'aide semblable à lui.
21 Et YHWH Dieu
G Dieu
Sle Seigneur Dieu fit tomber une torpeur sur l’homme
GAdam
et il dormit. Et il prit une partie de son côté
Gde ses côtes et referma
Gremplit la chair à la place.
21 Et le Seigneur Dieu laissa entrer une torpeur en Adam
et alors qu'il s'était endormi, il prit une de ses côtes et remplit la chair à sa place.
22 Et YHWH Dieu construisit la côte qu’il avait prise de l’homme en femme
et il la fit venir vers l’homme.
22 Et le Seigneur Dieu construisit la côte qu’il avait prise d'Adam en femme
et il l'amena à
Gla mena vers
Sla fit venir vers Adam.
23 Et l’homme [adam] dit :
— Celle-ci cette fois est os de mes os et chair de ma chair !
Celle-ci sera appelée femme (ishah) parce qu’elle a été prise de l’homme (ysh).
23 Et Adam dit :
— Celle-ci maintenant
Scette fois est os de mes os et chair de ma chair !
Celle-ci sera appelée « femme » parce qu’elle a été prise de l'homme.
23 Et Adam dit :
— C'est à présent l'os de mes os et la chair de ma chair !
Celle-ci sera appelée « humaine » puisqu’elle a été tirée de l’homme.
24 C’est pourquoi l’homme quittera
Vlaissera son père et sa mère
et s’attachera à sa femme et ils seront G V S Samdeux en une seule chair.
25 Et ils étaient tous deux nus
l’homme
G S SamAdam et sa femme, et ils n'avaient pas honte.
25 Or, ils étaient l'un et l'autre nus
à savoir Adam et sa femme, et ils ne rougissaient pas.
1,1–2,4 Ici commence + les générations du ciel et de la terre quand elles furent réées : Quels genres pour raconter le « commencement » ?
On peut envisager la création in fieri (l’acte de création, la façon dont on imagine l’advenue des créatures à l’existence), ou la création in actu (la création achevée). Le premier point de vue se déploie en cosmogonies, le second en cosmologies.
Alors que le second récit parle essentiellement de la formation de l'homme et de la femme, le premier offre un aperçu complet de l'origine des êtres selon un plan réfléchi. Tout vient à l'existence sur l'ordre de Dieu et tout est créé selon un ordre croissant de dignité. Dieu est antérieur à la création et tous les êtres ont reçu de lui le don de l'existence ou de la vie. L'homme et la femme, créés à l'image de Dieu, se trouvent au centre des œuvres créées ; de par la volonté de Dieu ils ont reçu le pouvoir de dominer sur les autres vivants.
.
1,1–2,4 Au commencement Cosmogonie biblique et cosmogonies orientales La cosmogonie biblique (Genres littéraires Gn 1,1–2,4) charrie des motifs, des thèmes et même des vestiges linguistiques qui rappellent d’autres récits cosmogoniques du Proche Orient ancien. Plusieurs concepts, motifs cosmographiques ou mots dans les textes bibliques présentent des analogies avec ceux des cultures environnantes. Par ex. :
Le texte biblique et les mythologies environnantes sont en relation sans qu’il soit toujours possible de préciser s’il s’agit d’influences, d’emprunts à des sources communes, ou tout simplement de manifestations diverses d’archétypes liés à la psychè humaine. Est ainsi posée la question de la relation entre la Bible et les religions du Proche Orient ancien.
Cosmogonie et cosmographie bibliques se comprennent dans le cadre plus vaste du Proche-Orient ancien, l’Égypte, la Syrie, les Hattis, la Mésopotamie, et plus tard le monde hellénistique-romain. La Bible s’écarte de ces cultures sur des points essentiels :
L'interprétation des parallèles dans la culture commune et les concepts généraux de l’Orient ancien. En effet, aussi bien les textes bibliques que le matériel extra-biblique sont difficiles à dater (par exemple, on peut connaître l’identité du roi qui a commandé tel objet, mais la chronologie proposée pour ce roi n'est pas nécessairement établie). De plus, la première attestation matérielle d’une idée ne donne pas nécessairement la date de l’idée représentée (un concept peut circuler pendant des siècles avant la première attestation préservée). Il est donc souvent difficile de savoir qui/quoi vient en premier, et qui a emprunté de qui (s’il s’agit d’emprunt et non pas d’une base commune).
Aux yeux d’occidentaux modernes, certaines représentations du monde peuvent sembler naïves. Néanmoins, les connaissances astronomiques du Proche-Orient ancien monde étaient loin d’être primitives. La science proche-orientale antique des mouvements des planètes et des astres, par exemple, est impressionnante. Le défaut le plus important est probablement le manque de compréhension de la rotation des planètes autour du soleil, mais on n’y parvint qu’au 17e s. de notre ère et cela non sans difficultés… En réalité, notre représentation moderne et contemporaine du monde (et de l’au-delà) s’enracine dans celle de l’Antiquité — fondée sur l’observation d’une réalité qui n’a guère changé depuis.
Le parallèle le plus proche de la cosmogonie biblique est sans doute le récit babylonien Enuma Elish (dénommé par son incipit : Enūma eliš lā nabû šamāmū « Lorsque là-haut les cieux n’étaient pas encore nommés… »). Ce récit est attesté à partir du 9e s., (à l'époque où commencèrent les contacts entre Assyrie et Israël sous le roi Achab), mais il semble avoir été composé dans les siècles précédents: la plupart des chercheurs optent pour une composition vers la fin du 2e millénaire.
Fragment d'une tablette du mythe babylonien Enuma Elish, ou Épopée de la Création, (7e s. av. J.-C.), mis au jour à Ninive, dans la « Bibliothèque d'Assurbanipal »
K.3473, British Museum, Londres (Royaume Uni), photo Zunkir © CC-BY-SA-4.0→
L’œuvre compte environ 1100 lignes réparties sur sept tablettes cunéiformes. Redécouverte au 19e s. sous forme de fragments dans la bibliothèque d’Assurbanipal à Ninive, elle a pu être presque entièrement reconstituée grâce à d’autres découvertes.
Comme dans la Genèse, le ciel (ici constitué de la dépouille de Tiamat) est une barrière solide et sa fonction première est hydraulique.
On a proposé d'identifier Marduk chevauchant son dragon Mušḫuššu et triomphant dans les eaux primordiales de Tiamat sur ce sceau-cylindre : la ligne séparant les deux plans d'eau indiquerait que Marduk a déjà fendu Ti'āmat en « eaux supérieures » et « eaux inférieures » :
Anonyme (9e s. av. J.-C.), Marduk ou Bel chevauchant le mušḫuššu, le « serpent féroce », triomphant des eaux de Ti'āmat vaincue, à l'occasion du Nouvel An babylonien, (sculpture et gravure sur lapis-lazuli, ca 855 – 819 av. J.-C.), sceau-cylindre dédié à Marduk par le roi babylonien Marduk-zākir-šumi,
Dessin tiré de : F.H. , Babylonische Miscellen. Wissenschaftliche Veröffentlichungen der Deutschen Orient-Gesellschaft 4 (Leipzig, 1903), p.16, fig. I. © Domaine public→
Le 18 avril 1900, dans les décombres d’Isan ‘Amrän ibn Ali, on découvrit l’atelier d’un fabricant de perles. L’une des plus belles pièces est un sceau en lapis-lazuli portant le relief du dieu Marduk, accompagnée d'une inscription suivante en caractères néo-babyloniens disant en substance :
Cependant, pour les spécialistes, Tiamat ne possède pas d’iconographie fixe. C’est cohérent avec cela même qu’elle symbolise le chaos. Les tentatives d’identification dans l’iconographie antique sont donc des reconstructions interprétatives : on croit voir Tiamat dans des représentations de l’océan primordial, parfois figuré sous la forme d’un serpent ou dragon, d’une créature hybride, ou d’un chaos aquatique personnifié.
Une lutte primordiale ou agon cosmique fut peut-être un mythe ancien du Proche-Orient. Dans cette cosmogonie le dieu-guerrier cosmique, après sa victoire sur les puissances du chaos, aurait créé le monde et construit sa demeure terrestre, le temple. Comme les profondeurs abyssales étaient le lieu du Chaos et de la Mort, par contraste, le temple du dieu vainqueur était bâti dans les hauteurs, sur une montagne symbolique.
Les cosmogonies sont rares en Mésopotamie et la naissance du monde n’est nulle part mise en image. Outre Enūma Eliš dont le passage cité plus haut évoque un agon cosmique entre le dieu Marduk et le chaos Tiamat, les autres récits de création ne mentionnent pas de lutte :
Quoi qu’il en soit d’un agon cosmique, ces cosmogonies font en général sortir le monde de l'eau. Il en allait de même en Égypte, où une cosmogonie bien plus développée faisait tout sortir paisiblement de l’océan primordial, appelé nwn (Noun), au fond des ténèbres. C'est le modèle d'une cosmogonie de la parole ou du logos qui se profile ici.
En Égypte, la cosmogonie est beaucoup plus développée.
Tout est sorti de l’océan primordial, appelé nwn (Noun), au fond des ténèbres :
C’est de Noun qu’est tiré le dieu démiurge, Atoum :
Les dieux vont alors se multiplier. Chou et sa sœur-et-épouse Tefnout (déesse de l’humidité) engendreront Geb (dieu de la terre) et Nout (déesse du ciel) le soleil, qui à leur tour vont engendrer Isis, Osiris, Seth et Nephtys, constituant ainsi les neuf dieux primordiaux, l’Ennéade.
(19e dynastie), Livre des Morts, Papyrus d'Ani (image 3) : le jugement d'Ani, détail du registre supérieur, (pigments à la détrempe sur papyrus, 67 x 42 cm page encadrée), tombeau d’Ani, Thèbes, Égypte, ca 1250 av. J.-C.
n°EA10470.3, British Museum, Royaume-Uni © CC-BY-SA-3.0→
Dans le « Livre des Morts », sur le papyrus d’Ani, la scène principale est au registre inférieur, qui occupe les 2/3 de la hauteur de l'image. Elle représente le jugement d'Ani, dans la Salle du Jugement. Au centre, la balance pèse le cœur d’Ani face à la plume de Maât, symbole de vérité et d’ordre, sous la surveillance d’Anubis, tandis que Thot consigne le résultat et qu’un monstre attend de dévorer le cœur en cas d’échec.
Dans le registre inf. à g., introduit avec son épouse, Ani s’incline et récite le Sortilège 30B du « Livre des Morts », adressé à son cœur sur la balance : « Ma mère, cœur de ma mère, cœur de mes formes, ne témoignez pas contre moi, ne vous opposez pas à moi au tribunal, ne vous détournez pas de moi devant le maître de la balance. Vous êtes mon ka, qui était en moi. » Sous le regard de ces divinités, son âme attend l’issue de la pesée, qui déterminera son accès à l’au-delà...
Dans la mythologie héliopolitaine, une butte, appelée bnbn (Benben), émergea des eaux du Noun. C’est sur ce tertre originel que le dieu créateur Atoum se manifesta lui-même et engendra le premier couple divin, marquant le commencement du monde.
Cette butte primordiale pourrait être le prototype des pyramidions, pierres de faîte monolithiques des pyramides et des obélisques.
Pyramidion du roi Amenemhat III de la 12e dynastie, (sculpture sur granit, h. ca 135 cm x base ca 185 cm)
Dahchour, ca 1860-1814 av. J.-C.
n° JE 35133, Musée égyptien du Caire, Égypte © CC BY-SA 4.0→
Relativement bien conservé, ce pyramidion porte des inscriptions hiéroglyphiques autorisant le roi à s'adresser au dieu soleil. Sur le bas des quatre faces supérieures, deux lignes d'inscriptions sont inscrites. L'inscription orientale commence par : « Le visage du roi Amenemhat s’ouvre, il observe le Seigneur de l’Horizon traverser le ciel », celle du côté nord avec : « Plus haute est l’âme (Ba) du roi Amenemhat que la hauteur d’Orion, et elle rejoint le Duat. »
Dans la Genèse, Dieu dit : « — Que la lumière soit », et la lumière fut. La parole divine structure le chaos par le commandement (Procédés littéraires Gn 1,3–31), si bien que le récit biblique présente à la fois des traces résiduelles d'un agon primordial qu'elle cherche à dépasser ( Genres littéraires Gn 1,1–2,4) et le modèle presque pur d'une cosmogonie de la parole (logos).
C'est dans le sens de cette dernière que sont allées les méditations sapientiale et apocalyptique sur la →Sagesse, le Logos et la Tora dans l’œuvre de la Création, et sur les →entités protoctistes, ou originaires, de la création.
25 nus Nudité sans honte des origines Nombreux sont les écrivains qui font sentir la nostalgie de la pureté originelle dans leur expérience de la nudité des amoureux, tel Marcel Proust, non sans humour, en développant l'image du Dieu-potier en Dieu-sculpteur, pour évoquer l'homme comme une statue tout juste descellée, tandis que la femme présente la perfection d'une journée pleinement achevée :
Baccio (1493 –1560), Adam et Ève, (marbre, 1547), Museo Nazionale del Bargello, Florence (Italie), © Domaine public
Le sculpteur renaissant italien, rival malheureux de Michel-Ange et plus heureux de Benvenuto Cellini, donne ici une version extrêmement élégante du premier couple dans toute sa pureté, dans un contraposto magistral dont les lignes des corps peuvent préfigurer l'esthétique développée par Proust. Sculpteur sur marbre (et un peu peintre aussi) florentin, Baccio Bandinelli fleurit vers la fin de la Renaissance. La beauté antique et la beauté et distinction maniériste se rencontrent ici (Florence, Bargello). Ce marbre évoque le Pérugin — en peinture.
De telles sculptures, mème quand le sujet en fut la Flagellation du Christ, avaient-elles vraiment leur place dans des églises ? (la cathédrale de Florence en l'occurence). C'est parce qu'il croyait devoir sortir du maniéristme un peu complaisant de cette Renaissance-là, que le concile de Trente élabora une théologie de l'art sacré dans sa dernière session... Cf. encore Arts visuels Gn 2,25
2,1–3,24 PERSONNAGE Adam
Adam et Eve (fresque, 300-337), Catacombes de Marcellin et Pierre (Rome)
Cette représentation d’Adam et Ève compte parmi les premières représentations d’Adam et Ève. Placés de chaque côté de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, Adam et Ève cachent leur nudité et se tiennent tête inclinée, yeux baissés, honteux de la faute qu’ils viennent de commettre.
Statue d'Adam (1260), Notre-Dame de Paris, Musée national du Moyen Âge
Photo : Thesupermat © CC-BY-SA-3.0→
Cette statue d'Adam nu est la preuve que les médiévaux connaissaient bien l'anatomie humaine : les muscles, les côtes, correspondent à la réalité.
, La Madone au serpent (ou La Madone des palefreniers), Galerie Borghèse (Rome)
© Domaine public→, Gn 2,16 ; 3,15
Parce qu'Adam a fait entrer le péché dans le monde, l'homme pécheur est assimilé à Adam.
Rapprochement entre Adam et Jésus Christ:
1,1–2,7 La Création
Aaron , In the Beginning (CD, 2015), 1947
James Morrow (dir.), Susanne Mentzer (mezzo-soprano), University of Texas Chamber Singers
American Classics, Naxos, © License YouTube Standard→, © NaxosofAmerica
Cette œuvre représente l'histoire de la création, chantée a cappella, c'est-à-dire sans accompagnement instrumental. Aaron la composa suite à une commande pour un Symposium sur la critique musicale à l'Université de Harvard. Chaque partie du texte est exprimée de manière appropriée au fur et à mesure que la musique se déroule avec une originalité sonore propre à Copland.