Un projet du Programme de Recherches La Bible en ses traditions AISBL
Dirigé par l’École Biblique et Archéologique Française de Jérusalem
Pour nous apporter votre aide, cliquer ici
1 Et il arriva au bout de deux ans de jours
Sdeux ans que Pharaon était en train de rêver.
Gvit un songe.
Seu un songe.
Et voici : il se tenait
GIl lui semblait se tenir debout sur le fleuve.
1 Après deux ans, Pharaon vit un songe :
il se pensait debout au-dessus du fleuve
2 Et voici, du fleuve montent
Gcomme si du fleuve montaient sept vaches belles d'apparence et grasses de chair
Gaux chairs parfaites
et elles paissaient dans les joncs.
2 d'où montaient sept vaches belles et grasses à l'excès
et elles paissaient dans les lieux marécageux.
2 et voici, du fleuve montaient sept vaches belles dans leur apparence et grasses dans leur chair
et elles paissaient dans une prairie.
3 Et voici, après elles
Gaprès elles sept autres vaches montent du fleuve, mauvaises d'apparence et maigres de chair
Gmontaient du fleuve, laides d'apparence et aux chairs maigres
et elles se tenaient
Gpaissaient à côté des vaches sur la rive du fleuve.
3 Encore sept autres émergeaient du fleuve, laides et d'une maigreur achevée
et elles paissaient sur la même rive du fleuve en des lieux verdoyants.
3 Et voici, après elles sept autres vaches montaient du fleuve, laides dans leur apparence et faibles dans leur chair
et elles se tenaient à côté des vaches sur la rive du fleuve.
4 Et les vaches mauvaises d'apparence et maigres de chair mangèrent
Gsept vaches laides et aux chairs maigres dévorèrent les sept vaches belles d'apparence et grasses.
Gparfaites.
Et Pharaon s'éveilla.
4 Et elles dévorèrent celles dont étaient si beaux l'aspect et le maintien des corps.
Pharaon, tiré du sommeil
4 Et les vaches qui étaient mauvaises dans leur apparence et faibles dans leur chair mangèrent les sept vaches qui étaient belles dans leur apparence et grasses dans leur chair.laides à voir et maigres de chair dévorèrent les sept vaches belles à voir et grasses.
Et Pharaon s’éveilla.
5 Et il s'endormit et il rêva
Gil rêva une seconde fois.
Et voici, sept épis montent
Gmontaient en une seule tige, gros et bons.
Gparfaits et beaux.
Spleins et bons.
5 se rendormit et il vit un autre songe :
sept épis pullulaient sur une seule tige, pleins et beaux.
6 Et voici que sept épis maigres
Spetits et desséchés
Gendommagés par le vent d’orient
Gvent
Svent chaud poussent
Gpoussaient
Ssurgissaient après eux.
6 Encore d'autres épis, le même nombre, surgissaient chétifs et frappés par la nielle
7 Et les épis maigres
Gmaigres et endommagés par le vent
Spetits engloutirent les sept épis gros
Gparfaits et pleins.
Et Pharaon s’éveilla. Et voici que [c'était]
Gc'était
Svoici que c'était un songe.
7 dévorant toute la beauté des premiers.
[Pharaon] s’éveillant après [son] repos
37,2–50,26
Ici commence l'histoire de Joseph, d'un caractère nettement distinct du cycle de Jacob. Alors que ce dernier se termine au ch.35 avec l'achèvement de l'ensemble des institutions nécesssaires à la vie des tribus établies en →Terre promise, l'histoire de Joseph annonce l'Exode et le thème du Retour.
Au contraire des précédentes, cette histoire se déroule sans intervention visible de Dieu, sans révélation nouvelle, mais elle est tout entière un enseignement, exprimé en clair à la fin (Gn 50,20 et déjà Gn 45,5-8) :
De nombreux traits du récit témoignent d'une certaine connaissance des choses et des usages de l'ancienne Égypte, tels que les documents égyptiens nous les révèlent. Cependant,
37,2–50,26 Jacob préférait Joseph Joseph et ses frères - Oratorio Le cycle de Joseph occupe les quatorze derniers chapitres de la Genèse. Vendu par ses frères, esclave puis prisonnier en Égypte, il devient le second du royaume ; la famine conduit ses frères devant lui, qui ne le reconnaissent pas. Il les éprouve, les retient, les renvoie, puis se fait reconnaître. Le récit se conclut sur une parole adressée aux frères : « Vous aviez voulu me faire du mal, Dieu l’a changé en bien » (Gn 50,20).
Joseph pleure huit fois dans ce récit, souvent en cachette. Hændel puis Méhul ont écrit sur cette histoire deux œuvres qui s’attachent moins aux événements qu’aux sentiments éprouvés par les personnages.
L’opéra-comique de Méhul, sur un livret d’Alexandre Duval, est créé à Paris en février 1807. C’est l’œuvre la plus célèbre du compositeur, longtemps jouée en France et en Allemagne.
Méhul choisit la sobriété.
Aucune intrigue amoureuse, aucune épouse égyptienne : le seul rôle aigu est celui de Benjamin, chanté par une soprano. Le drame se resserre sur le père, les fils et le frère perdu.
Joseph, devenu ministre de Pharaon sous un nom égyptien, y chante le souvenir de la vallée d’Hébron et de la maison paternelle. Sa romance « À peine au sortir de l’enfance » raconte sa propre histoire à ceux qui ne le reconnaissent pas.
Siméon porte le poids de la faute. C’est lui que le remords ronge, jusqu’à l’aveu devant son père.
Étienne Nicolas (1763-1817), La légende de Joseph en Égypte, 1807
Claude Bardon (dir.), Ensemble Choral Intermezzo, Orchestre régional de Picardie: Le Sinfonietta
L’oratorio est achevé à l’été 1743 et créé à Covent Garden le 2 mars 1744, après Messiah, Samson et Semele. Le livret est de James Miller, pasteur et auteur de comédies, mort quelques semaines après la création ; il adapte en partie un drame d’Apostolo Zeno (1722).
L’œuvre ne commence pas au puits de Gn 37. Au lever du rideau, Joseph est en prison, « dans une attitude mélancolique » ; l’acte I le conduit de l’interprétation des songes de Pharaon à son mariage avec Asenath (Gn 41,45). La trahison des frères n’est jamais montrée : elle n’existe que dans les remords.
Ces remords ont un visage, celui de Siméon, rôle créé par le ténor favori de Haendel, John Beard. Dans la Genèse, Joseph le garde en otage (Gn 42,24) ; Siméon est aussi l’un des deux frères qui avaient pris l’épée à Sichem. L’acte II s’ouvre sur lui en prison, en miroir de Joseph à l’acte I, et Haendel en fait le personnage le plus tourmenté de l’œuvre. C’est la parole des frères en Gn 42,21 : « Vraiment, nous sommes coupables envers notre frère. »
Benjamin est confié à une voix d’enfant, créée par le jeune Samuel Champness. Ses airs, délicats, sont entrecoupés de nombreux silences. Dans la scène centrale, il chante sa pitié pour son père tandis que Joseph, sans se faire connaître, exprime son angoisse en apartés : un duo dont les deux voix ne se répondent pas. Ce sont les larmes de Gn 43,30, quand Joseph, bouleversé à la vue de son frère, sort en hâte pour pleurer à l’écart.
Quand les frères refusent de repartir sans Benjamin, Joseph se fait reconnaître, et l’oratorio s’achève dans la réconciliation.
Georg Friederich (1685-1759), Joseph and his brethren HWV 59, 1744
Nicholas McGegan (dir.), Philharmonia Baroque Orchestra & Chorale