La Bible en ses Traditions

Job 40,0 ; 25,1–32,22

M
G S
V

Bildad le Shouite répondit et dit :

...

Or, répondant, Baldad le Suïte, dit : 

— L'autorité et la terreur sont en celui qui établit la paix dans ses hauteurs. 

...

La puissance et la terreur sont avec lui, qui établit la concorde dans ses hauts lieux. 

 Y a-t-il un nombre à ses légions ? Sur qui sa lumière ne se lève-t-elle pas ? 

...

Ses soldats sont-ils dénombrés ? Sur qui sa lumière ne se lèvera-t-elle pas ?

M V
G S

Comment un homme serait-il juste devant El ?

Vpeut-il être justifié par rapport à Dieu  Comment un fils de la femme serait-il

Vou celui qui est né d'une femme paraître pur ?

...L`homme peut-il être justifié devant Dieu, Et celui qui est né d`une femme peut-il paraître pur ?

Voici, même la lune ne brille pas, les étoiles ne sont pas pures à ses yeux.

...

Combien plus l’homme, ce vers

Vcette pourriture, le fils de l’homme, ce vermisseau !

...

M
G S
V

26,1 Job répondit et dit :

...

Alors, répondant, Job dit :

26,2 — Comme tu aides celui qui n'a pas de force et secours le bras sans puissance ! 

...

— De qui es-tu le soutien ? Est-ce d'un homme faible ? et soutiens-tu le bras de celui qui n'est pas fort ?

26,3 Comme tu conseilles celui qui n'a pas de sagesse ! Quelle grande subtilité tu manifestes !

...

À qui as-tu donné conseil ? peut-être à celui qui n'a pas de sagesse et tu as montré ta très grande prudence.

26,4 À qui dis-tu des paroles ? De qui l'inspiration qui sort de toi ?

...

Qui as-tu voulu enseigner ? N'est-ce pas celui qui a créé ton souffle ? 

M V
G S

26,5 VVoici les Rephaïm frémissent sous les eaux

Vque gémissent sous les eaux les géants et leurs habitants.

Vceux qui habitent avec eux.

...

26,6 Le shéol

VL'enfer est nu devant lui, la perdition n’a aucun voile.

...

M
G S
V

26,7 Il étend le nord sur le vide, il suspend la terre au néant.

...

C'est lui qui étend l'aquilon sur le vide, et suspend la terre sur le néant.

26,8 Il enferme les eaux dans ses nuages et les nues ne se percent pas sous elles

...

C'est lui qui lie les eaux dans ses nuages pour qu'elles ne se précipitent ensemble ici-bas.

M V
G S

26,9 Il protège

VC'est lui qui tient la face d'un

Vde son trône, il

Vet qui étend sur lui son nuage.

...

M
G S
V

26,10 Il a tracé un cercle à la surface des eaux comme limite de la lumière et des ténèbres

10 ...

10 Il a entouré les eaux de limites, jusqu'à ce que finissent la lumière et les ténèbres.

26,11 Les colonnes du ciel s’ébranlent elles s'étonnent à sa menace

11 ...

11 Les colonnes du ciel s’ébranlent, elles s'épouvantent à son hochement de tête. 

26,12 Par sa puissance il agite la mer par sa sagesse il brise l’orgueil

12 ...

12 Par sa puissance, les mers se sont soudain rassemblées, sa prudence a brisé le superbe. 

26,13 Par son souffle les cieux ont leur beauté sa main a transpercé le serpent fuyard

13 ...

13 Son souffle a orné les cieux, l'adresse de sa main a éconduit le serpent tortueux. 

26,14 Telles sont les limites de ses chemins 

quel léger chuchotement nous en percevons !

le tonnerre de sa puissance qui le comprendra ?

14 ...

14 Voila ce a été dit est d'une partie de ses voies,

et comme nous n'avons entendu qu'une petite goutte de ses paroles,

qui pourra comprendre le tonnerre de sa grandeur ? 

27,1 Job continua a exposer son proverbe et dit 

...

Job ajouta, reprenant encore sa parabole, et dit :

27,2 — Par El vivant qui me refuse justice, par Shaddaï qui rend amère mon âme 

...

— Vive Dieu, qui a écarté mon jugement, et le Tout-Puissant, qui a plongé mon âme dans l'amertume !

M V
G S

27,3 aussi

VAussi  longtemps que le souffle sera en moi

Vqu'il restera en moi un soupir, et l'esprit d'Eloah

Vle souffle de Dieu dans mes narines,

...

27,4 mes lèvres ne diront rien d’injuste

Vpas d'iniquité, ma langue ne prononcera

Vméditera pas de mensonge.

...

27,5 Malheur à

VLoin de moi si je vous justifie

Vde vous juger justes

Jusqu’à ce que j’expire je n'abandonnerai pas mon innocence.

...

M
G S
V

27,6 Je tiens à ma justice et je ne lâcherai pas

mon cœur ne me reproche aucun de mes jours 

... 

Je n'abandonnerai pas la justification que j'ai commencé à présenter,

car mon cœur ne me reproche rien dans toute ma vie.

M V
G S

27,7 Que mon ennemi soit comme le méchant,

Vl'impie, mon adversaire comme l'injuste !

...

M
G S
V

27,8 Quel est l’espoir de l'impie quand on arrachera quand Eloah retirera son âme ?

...

Quel est l’espoir de l'hypocrite, s'il vole par avarice et que Dieu ne libère pas son âme ?

M V
G S

27,9 El

VDieu écoutera-t-il son cri quand viendra sur lui la détresse

Vl'angoisse?

 ...

M
G S
V

27,10 Fait-il ses délices de Shaddaï ? appelle-t-il Eloah en tout temps ? 

10 ...

10 Ou pourra-t-il se délecter dans le Tout-Puissant et invoquer Dieu en tout temps ? 

27,11 Je vous enseignerai la main de El je ne cacherai pas ce qui est avec Shaddaï 

11 ...

11 Je vous enseignerai par la main de Dieu ce que possède le Tout-Puissant, et je ne le cacherai pas.

M V
G S

27,12 Voici, vous tous, vous avez vu

Vle savez. Pourquoi avez-vous bavardé en vain

Vdites-vous des choses vaines sans raison

12 ...

M
G S
V

27,13 Telle est la part de l'homme méchant auprès de El ils recevront de Shaddaï l’héritage des violents

13 ...

13 Telle est la part de l'homme impie auprès de Dieu, l’héritage que les violents recevront du Tout-Puissant. 

27,14 S’il multiplie ses fils, c’est pour le glaive, ses rejetons ne seront pas rassasiés de pain.

14 ...

14 Si ses fils se multiplient, ils appartiendront au glaive, et ses descendants ne seront pas rassasiés de pain.

M V
G S

27,15 Ses survivants

VCeux qui resteront de lui seront ensevelis dans la malemort,

Vl'anéantissement, et ses veuves ne pleureront pas.

15 ...

27,16 S’il amasse l’argent comme de la poussière,

Vterre, s’il prépare les vêtements comme de l'argile, 

16 ...

27,17 il les préparera, mais le juste s'habillera, et l'argent, un innocent le partagera. 

17 ...

27,18 Il bâtit comme la mite sa maison, et comme un veilleur il s'est fait une cabane

Vun abri.

18 ...

M G
V
S

27,19 Riche il se couche

Gcouché et il n'est pas rassemblé

Gajoutera pas ; il a ouvert ses yeux et il n’est pas.

19 Riche quand il se couchera, il n'emportera rien avec lui ; il ouvrira ses yeux et il ne trouvera rien.

19 ...

M
G S
V

27,20 Les terreurs fondront comme les eaux de nuit une tempête l'enlève

20 ...

20 La disette fondra sur lui comme l'eau, pendant la nuit la tempête l'oppressera.

27,21 Un vent d'est l’emportera et il partira il l’arrachera de son lieu

21 ...

21 Un vent brûlant le saisira et l’emportera ; et comme un tourbillon l'arrachera de son lieu.

27,22 Il lancera contre lui et ne l'épargne pas, il fuit vraiment sa main.

22 ...

22 Il se jettera sur lui, et ne l'épargnera pas ; fuyant il s'enfuira de sa main. 

27,23 On battra des mains à son sujet de son lieu, on sifflera sur lui.

23 ...

23 Il serrera ses mains sur lui, et sifflera contre lui, en voyant sa place.

28,1 Car il y a pour l’argent une source et pour l’or un lieu où on l'affine

...

Il y a des saillies pour les veines de l'argent et pour l'or, un récipient où il est fondu ;

28,2 Le fer est tiré de la poussière et la pierre fond le cuivre

...

le fer est tiré de la terre et la pierre dissoute par la chaleur est changée en airain :

28,3 Il a mis un terme aux ténèbres et a scruté jusqu’à la limite

la pierre obscure et ténébreuse.

..

il a fixé un temps pour les ténèbres et lui-même considère la fin de l'univers,

aussi bien la pierre dans l'obscurité que l’ombre de la mort.

28,4 On ouvre un torrent loin du résident, les oubliés balancent sans toucher le sol loin des hommes ils pendent. 

...

Un torrent sépare d'un peuple séjournant à l'étranger, ceux qu'a oubliés le pied de l'homme indigent et qui sont hors du chemin.   

28,5 La terre d'elle sort le pain et elle est retournée par dessous comme par un feu 

...

La terre d'où naissait le pain, a été retournée sur place par le feu :

28,6 Ses pierres sont le lieu du saphir elle a des poussières d’or

... 

ses pierres recèlent le  saphir, et ses mottes de l'or.  

28,7 L’oiseau de proie n’en connaît pas le sentier l’œil du vautour ne l'aperçoit pas

...

L’oiseau en a ignoré le sentier, et l’œil du vautour ne l'a pas perçu ;

28,8 Les fils de l'orgueil ne l’ont pas foulé, le lion n’y a pas passé

...

les fils des marchands ne l’ont pas foulé, et la lionne ne l'a pas traversé ;

28,9 On porte sa main sur le roc, on retourne les montagnes depuis la racine.

...

il a tendu la main vers le silex, renversé des montagnes jusqu'à leurs racines,

28,10 Il fend des Nils dans les rochers et son œil voit toute chose précieuse.

10 ...

10  creusé des fleuves dans les rochers, et son œil a vu toute chose précieuse ;

28,11 On sèche les sources des rivières, la cachette fait sortir la lumière 

11 ...

11 il a aussi scruté les profondeurs des fleuves, et mis en lumière des choses cachées ...

M V
G S

28,12 Mais la Sagesse

Vsagesse, où sera-t-elle trouvée

Vse trouve-t-elle ?

VQuel est le lieu de l’Intelligence

Vintelligence ?

12 ...

M
G S
V

28,13 L’homme ne connaît pas sa valeur elle n'est pas trouvée sur la terre des vivants

13 ...

13 L’homme ne connaît pas son prix, et il n'est pas non plus trouvé sur la terre de ceux qui vivent dans les délices.

M V
G S

28,14 L’abîme

VL’abysse dit : — Elle n’est pas en moi ; la mer dit

Vaffirme aussi : — Elle n’est pas avec moi.

14 ...

M
G S
V

28,15 Elle n'est pas donnée contre de l’or pur son prix n'est pas pesé en argent

15 ...

15 On ne la donnera pas pour de l’or pur, et on ne l'échangera pas contre de l'argent au poids.

28,16 Elle n'est pas évaluée par l’or d’Ophir par l’onyx précieux et le saphir

16 ...

16 On ne la comparera pas aux étoffes colorées des Indes, ni à la pierre la plus précieuse, la sardoine ou le saphir.

28,17 L’or et le verre ne l'égalent pas son équivalent n'est pas un vase d’or fin

17 ...

17 On ne lui égalera pas l'or et le cristal, et on ne l'échangera pas contre des vases d'or.

28,18 Corail et cristal ne sont pas rappelés

le prix de la sagesse est plus que les perles

18 ...

18 Les choses excellentes et éminentes ne seront pas mentionnées en comparaison,

mais la sagesse est tirée loin des yeux.

28,19 La topaze de Kush ne l’égale pas elle n'est pas évaluée par l'or pur 

19 ... 

19 La topaze d'Éthiopie ne l’égalera pas, et elle ne sera pas non plus comparée aux teintures les plus éclatantes.

M V
G S

28,20 Mais la Sagesse

Vsagesse d'où vient-elle ?

VQuel est le lieu de l’Intelligence

Vintelligence ?

20 ...

M
G S
V

28,21 Elle est préservée des yeux de tous les vivants elle est cachée aux oiseaux du ciel

21 ...

21 Elle est cachée aux yeux de tous les vivants, elle est inconnue aux oiseaux mêmes du ciel.

M V
G S

28,22 La destruction

Vperdition et la mort ont dit : — Par nos oreilles nous avons entendu sa rumeur.

VNous en avons entendu la renommée de nos oreilles.

22 ...

28,23 Dieu comprend sa voie, c'est lui-même qui connaît son lieu.

23 ...

M
G S
V

28,24 Car lui regarde jusqu’aux extrémités de la terre, il voit sous tout le ciel

24 ...

24 Car c'est lui qui regarde jusqu’aux extrémités de la terre, il voit toutes les choses qui sont sous le ciel,

28,25 lorsqu'il a fait au vent son poids il a mis les eaux dans la balance

25 ...

25 lui qui a fait un poids aux vents et qui a pesé les eaux selon leur mesure.

28,26 quand il a fait la règle pour la pluie et le chemin pour les voix de l'éclair

26 ...

26 Quand il imposait aux pluies une loi et une voie aux orages retentissants,

M V
G S

28,27 Alors

Vc'est alors qu'il la vit, la déclara, la fonda etM même la scruta.

27 ... 

28,28 Et il dit à l’homme : — Voici, la crainte du Seigneur, c'est la sagesse, et fuir le mal, l’intelligence.

28 ...

M
G S
V

29,1 Job continua de proférer son discours et dit :

...

Job prenant encore de nouveau sa parabole, dit :

29,2 Qui me rendra comme les mois d’autrefois comme aux jours où Dieu me gardait ?

...

— Qui m'accordera que je sois comme dans les anciens mois, comme aux jours où Dieu me gardait ?

M V
G S

29,3 Quand sa lampe brillait sur ma tête, et qu'à sa lumière je marchais dans les ténèbres,

...

M
G S
V

29,4 comme j'étais au jour de mon hiver, dans l'initimité de Dieu sur ma tente

...

comme j'étais au jour de mon adolescence, quand secrètement Dieu était dans ma tente,

29,5 quand Shaddaï était encore avec moi et mes fils autour de moi

...

quand le Tout-Puissant était avec moi, et qu'autour de moi étaient mes enfants,

29,6 quand mes pas baignaient dans la crême et le rocher faisait jaillir pour moi des flots d’huile

...

quand je lavais mes pieds dans le beurre, et que le rocher répandait pour moi des ruisseaux d’huile.

29,7 Lorsque je sortais à la porte de la ville sur la place je faisais préparer mon siège 

...

quand je m'avançais vers la porte de la cité, et qu'on me préparait sur la place publique un siège ?

M V
G S

29,8 les jeunes hommes me voyaient et se cachaient, les anciens, se levant, se tenaient debout.

...

M
G S
V

29,9 Les princes retenaient leurs paroles et mettaient la main sur leur bouche

...

Les princes cessaient de parler et posaient le doigt sur leur bouche.

29,10 la voix des chefs se cachait leur langue collait à leurs palais

10 ...

10 Les chefs retenaient leurs voix, leur langue collait à leur palais,

M V
G S

29,11 car une oreille 

VL'oreille qui entendaitM et me proclamait heureux, un 

Vet l'œil voyaitM et me rendait témoignage,

11 ...

29,12 car je sauvais

Vj'avais délivré le pauvre qui suppliait et l’orphelin qui n'avait pas de secours.

12 ... 

29,13 La bénédiction du mourant venait sur moi, je réjouissais

Vconsolais le cœur de la veuve.

13 ...

29,14 Je revêtais la justice et elle me revêtait, mon droit

Vjugement était comme mon manteau et mon turban

Vdiadème.

14 ...

M
G S
V

29,15 J’étais les yeux de l’aveugle c'était moi les pieds du boiteux

15 ...

15 J’étais l'œil pour l’aveugle, le pied du boiteux.

M V
G S

29,16 J’étais un père pour les pauvres, je menais Vavec grande diligence le procès de celui que je connaissais pas.

16 ...

29,17 Je brisais les mâchoires de l’injuste et de ses dents j'arrachais la proie.

17 ...

M V
G
S

29,18 Je disais :  — Avec mon nid je mourrai

V— C'est dans mon petit nid que je mourrai, et comme le sable

Vpalmier je multiplierai mes jours.

18 Je disais : — Mon espérance de vie s'allongera, comme le stipe d'un phénix je vivrai une longue vie 

18 ...

M
G S
V

29,19 Mes racines seront ouvertes vers les eaux la rosée passera la nuit dans mes branches

19 ...

19 Ma racine s'étend le long des eaux et la rosée s'attardera sur ma moisson.

29,20 Ma gloire sera nouvelle avec moi et mon arc se renouvellera dans ma main

20 ... 

20 Ma gloire sera toujours renouvelée et mon arc dans ma main sera placé.

29,21 On m’écoutait et on attendait on se taisait pour mon conseil

21 ...

21 Ceux qui m'écoutaient attendaient la sentence ; dans l'attente, ils se taisaient pour mon conseil,

29,22 Après ma parole on ne répliquait pas sur eux se déversait mon discours

22 ...

22 à mes mots, ils n'osaient rien ajouter : sur eux distillait mon discours,

M V
G S

29,23 on m’attendait

Vils m'attendaient comme la pluie, on ouvrait la

Vet ouvraient leur bouche comme pour l'averse Vtardive.

23 ...

M
G S
V

29,24 Je riais sur eux ils ne croyaient pas la lumière de mon visage on ne la faisait pas tomber

24 ...

24 Si parfois je riais sur eux, ils ne croyaient pas, la lumière de mon visage ne tombait pas à terre.

29,25 Je choisissais leur chemin je m'asseyais en tête

je siégeais comme un roi dans sa troupe comme celui qui console les endeuillés.

25 ...

25 Si je voulais aller vers eux, je m'asseyais en tête,

et, lorsque j`étais assis comme un roi, entouré de son armée, j`étais toutefois le consolateur des endeuillés.

30,1 Et maintenant rient sur moi des plus jeunes que moi dont je méprisais les pères les mettant parmi les chiens de mon troupeau

...

Mais maintenant me raillent les plus jeunes, dont je n'aurais pas daigné mettre les pères avec les chiens de mon troupeau.

30,2 même la force de leur bras qu'était-elle pour moi ? la vigueur périssait pour eux

...

La force de leurs mains ne comptait en rien pour moi et leur vie même était considérée comme indigne,

30,3 Desséchés par la misère et la faim

ils rongaient la terre desséchée depuis longtemps dévastation et désolation

...

stériles par la misère et la faim,

eux qui rongeaient dans une solitude desséchée, calamité et misère,

30,4 Ils cueillaient l'arroche sur les buissons la racine des genêts était leur pain

...

ils mangeaient des herbes et les écorces des arbres, la racine des genièvres était leur provision,

30,5 Ils étaient chassés de la communauté on criait sur eux comme des voleurs

...

eux qui arrachaient ces choses dans les vallées, et qui, lorsqu'ils en trouvaient quelqu'une, y accouraient en criant.

30,6 Ils habitaient dans les torrents à sec les creux de la terre et des rochers

...

Ils habitaient dans des déserts auprès des torrents, dans les cavernes de la terre, ou sur les graviers,

30,7 ils criaient parmi les rochers ils se rassemblaient sous les ronces

...

qui au milieu de semblable choses se réjouissaient et trouvaient des délices à être sous les ronces.

30,8 fils de fous et même fils d'hommes sans nom, ils sont frappés par le pays

...

Fils de fous et d'ignobles, ils ne paraissant pas du tout sur la terre.

30,9 Et maintenant je suis leur chanson et je suis leur discours

...

Maintenant je suis l'objet de leurs cantiques, je suis devenu pour eux une fable !

30,10 Ils m'ont en horreur ils s'écartent de moi ils ne détournent pas le crachat de mon visage

10 ...

10 Ils m'ont en horreur, ils fuient loin de moi, ils ne craignent pas de me cracher au visage

30,11 Comme ma corde est détendue et il m'humilie ils rejettent de moi tout frein

11 ...

11 car il a ouvert son carquois et m'a affligé, il a posé un frein dans ma bouche.

30,12 Ils se lèvent à ma droite

ils poussent mon pied ils tracent vers moi un chemin de détresse

12 ...

12 À la droite de mon lever, mes malheurs ont aussitôt surgi ;

ils ont renversé mes pieds et m'ont oppressé, comme sous des flots, dans leurs sentiers. 

30,13 Ils ont barré mes sentiers ils travaillent à ma ruine ils n'ont pas d'aide

13 ...

13 Ils ont barré mes chemins, ils m'ont tendu un piège et ils ont prévalu, et il n'y a eu personne pour me porter secours.

30,14 Comme par une large brêche ils arrivent par la dévastation ils déferlent

14 ...

14 Comme par un mur brisé et une porte ouverte, ils ont fondu sur moi et se sont précipités sur mes misères.

30,15 Les terreurs se tournent contre moi, ma noblesse chasse comme le vent, mon salut est passé comme un nuage

15 ...

15 Je suis réduit au néant, tu as emporté comme le vent ce qui m'est cher, mon salut est passé comme un nuage.

30,16 Et maintenant mon âme s'écoule en moi les jours d’affliction m’ont saisi

16 ...

16 Et maintenant mon âme se flétrit au dedans d'elle-même, les jours d’affliction me possèdent,

30,17 La nuit perce mes os de sur moi, mes rongeurs ne se reposent pas

17 ...

17 la nuit mes os sont perforés de douleur et ceux qui me dévorent ne dorment pas.

M G
V
S

30,18 Dans la multitude de

GAvec grande puissance mon vêtement s'est déguisé

Gil a pris possession de mon vêtement, comme le col de ma tunique il me serre

Gm'a entouré.

18 Par leur multitude mon vêtement se consume, et  ils me ceignent comme un col de tunique.

18 ...

M
G S
V

30,19 Il m’a jeté dans la boue je suis comme poussière et cendre

19 ...

19 Je suis comparable à la boue, semblable à la poussière et à la cendre.

30,20 Je crie vers toi et tu ne me réponds pas je me tiens debout et tu me considères

20 ...

20 Je crie vers toi et tu ne m'écoutes pas, je me tiens debout et tu ne me regardes pas.

30,21 Tu deviens cruel envers moi par la force de ta main tu me brimes

21 ...

21 Tu deviens cruel envers moi, par la dureté de ta main tu t'opposes à moi,

30,22 Tu me prends sur le vent tu me fais chevaucher tu dissous mon succès

22 ...

22 tu m'as élevé, et me posant comme sur le vent, tu m'as écrasé avec force.

30,23 Car je le sais tu me mènes à la mort à la maison préparée pour tout vivant

23 ...

23 Car, je le sais, tu me livreras à la mort, là où est préparée une maison pour tous les vivants.

30,24 Cependant il ne tend pas la main dans la ruine quand dans son désastre pour eux un šûa‘.

24 ...

24 Cependant tu n'étends pas ta main vers leur détresse, mais s'ils tombent, tu les sauveras.

30,25 N’avais-je pas pleuré pour celui dont les jours sont durs ? Mon âme ne s’est-elle pas affligée pour le pauvre ? 

25 ...

25 Je pleurais jadis sur celui qui était affligé, mon âme était compatissante envers le pauvre.

30,26 Quand j'attendais le bonheur est venu le malheur

j'espérais la lumière la ténèbre est venue

26 ...

26 J'attendais de bonnes choses, de mauvaises sont venues à moi

j'espérais la lumière, les ténèbres se sont répandues.

30,27 Mes entrailles bouillonnent et ne se taisent pas les jours d’affliction m'ont atteint

27 ...

27 Mes entrailles bouillonnent sans le moindre repos, les jours d’affliction m'ont atteint.

30,28 Je marche noirci non par le soleil je me lève dans l'assemblée je crie

28 ...

28 Je marchais triste, sans fureur ; me dressant, au milieu de la foule, j'ai crié.

30,29 Je suis devenu frère des chacals compagnon des filles de l’autruche

29 ...

29 Je suis devenu frère des dragons, compagnon des autruches.

30,30 Ma peau noircit sur moi, mes os brûlent de fièvre.

30 ...

30 Ma peau est devenue noire, et mes os se sont desséchés dans une ardeur brûlante.

30,31 Ma cithare n'est que pour une lamentation ma flute pour la voix des pleurs

31 ...

31 Ma cithare s'est changée en plainte funèbre, mon instrument en voix de pleurs.

31,1 J’avais fait une alliance avec mes yeux pourquoi aurais-je examiné une vierge ?

...

J’avais fait une alliance avec mes yeux pour ne pas même penser à une vierge.

31,2 Quelle part de Dieu d’en haut ? [Quel] héritage de Shaddaï des hauteurs ?

...

Car autrement quelle part d'en-haut Dieu aurait-il pour moi et quel héritage des cieux, le Tout-Puissant ? 

31,3 La ruine n’est-elle pas pour le méchant et le malheur pour les faiseurs d’iniquité ?

...

La perdition n’est-elle pas pour l'inique et la ruine pour les ouvriers d'injustice?

M V
G S

31,4 Ne considère-t-il pas lui mes voies ? ne compte-t-il pas tous mes pas ?

...

31,5 Si j’ai marché avec

Vdans la vanité, si mon pied s'est hâté dans la tromperie,

...

31,6 qu'il me pèse dans les balances de la justice

Vune juste balance  et Dieu connaîtra mon intégrité.

Vma simplicité.

...

31,7 Si mon pas s'est écarté du chemin

Vde la voie

et si mon cœur a suivi mes yeux, et si une souillure s’est attachée à mes mains,

...

M
G S
V

31,8 que je sème et qu'un autre mange que mes rejetons soient déracinés

...

que je sème et qu'un autre mange, que ma descendance soit éradiquée.

M V
G S

31,9 Si mon cœur a été séduit par une femme, si je me suis mis en embuscade

Vj'ai dressé des embûches à la porte de mon compagnon

Vami,

...

M
G S
V

31,10 que ma femme se mette à moudre pour un autre que d'autres s'inclinent sur elle

10 ...

10 que ma femme se prostitue pour un autre, que d'autres couchent avec elle !

31,11 car c’est là une abomination une faute [passible] des juges

11 ...

11 Car c'est là un sacrilège, une iniquité très grande.

31,12 car c'est un feu qui dévore jusqu’à la ruine, qui déracine tout mon revenu.

12  ...

12 C'est un feu qui dévore jusqu'à la perdition et qui déracine tout ce qui germe.

31,13 Si j’ai rejetté le droit de mon serviteur ou de ma servante quand ils étaient en litige avec moi

13 ....

13 Si j’ai dédaigné d'aller en jugement avec mon serviteur et ma servante quand ils étaient en litige avec moi,

31,14 Que ferai-je quand Dieu se lèvera ? Quand il visitera, que répondrai-je ?

14 ...

14  que ferai-je lorsque Dieu se lèvera pour juger ? Quand il m'interrogera, que lui répondrai-je ?

31,15 Celui qui m’a fait dans le ventre ne l’a-t-il pas fait lui aussi ? et n'est-ce pas le même qui nous a créés dans le sein ?

15 ...

15 Celui qui m’a fait dans l'utérus, n'est-il pas celui qui l'a fait lui aussi, et le même qui m'a formé dans le matrice ?

M V
G S

31,16 Si j’ai refusé aux pauvres ce qu’ils désiraient,

Vvoulaient, et si j’ai fait languir les yeux de la veuve,

16 ...

31,17 si j’ai mangé seul mon morceau de pain, et si que l’orphelin n'en a pas mangé

17 ...

M
G S
V

31,18 Car depuis mon enfance je l'ai élevé comme un père, depuis le ventre de ma mère je l'ai guidée.

18 ...

18 car depuis mon enfance la pitié a grandi avec moi, elle est sortie avec moi du ventre de ma mère,

31,19 Si j’ai vu un mourant sans vêtements un pauvre sans couverture

19 ...

19 si j’ai détourné mes yeux de celui qui périssait faute de vêtements, et du pauvre dépourvu même de couverture,

31,20 si ses reins ne m'ont pas béni, s'il ne s'est pas réchauffé de la toison des mes moutons

20 ...

20  si ses reins ne m'ont pas béni, et s'il ne s'est pas réchauffé avec la toison de mes brebis,

31,21 si j’ai levé la main contre un orphelin parce que je me voyais une aide à la porte

21 ...

21 si j’ai levé la main sur l'orphelin, quand je me voyais supérieur à la porte,

M G S
V

31,22 que mon épaule se détache du tronc, que mon bras soit arraché de l’humérus.

22 que mon épaule tombe séparée de sa jointure, et que mon bras avec tous mes os soit entièrement brisé :

M
G S
V

31,23 Car le châtiment de Dieu m'épouvante devant sa majesté je ne peux rien

23 ...

23 car j'ai toujours craint Dieu comme des flots agités au-dessus de moi et je ne peux pas supporter son poids.

31,24 Si j’ai mis dans l’or mon assurance si j’ai dit à l’or pur : — Ma confiance !

24 ...

24 Si j’ai pensé que l’or était ma force, si j’ai dit à l’or pur : — Ma confiance !

31,25 si je me suis réjoui de la grandeur de ma force de la puissance de ma main

25 ...

25 si je me suis réjoui de toutes mes richesses, de ce que ma main avait obtenu beaucoup,

31,26 si j'ai vu que le soleil brillait la lune précieuse qui allait 

26 ...

26 si j'ai vu que le soleil brillait, la lune qui allait admirablement,

M V
G S

31,27 si mon cœur a été séduit

Vs'est livré à la joie en secret, si ma main a embrassé ma bouche,

27  ...

M
G S
V

31,28 cela aussi est faute [passible] des juges j’aurais renié le Dieu Très-Haut

28 ...

28 ce qui est une iniquité très grande, un reniement du Dieu Très-Haut.

31,29 Si je me suis réjoui de la ruine de mon ennemi si j’ai exulté quand le malheur l’a trouvé

29 ...

29 Si je me suis réjoui de la ruine de celui qui me haïssait, si j’ai exulté parce qu'un malheur lui survenait,

31,30 je n’ai pas laissé mon palais pécher en demandant avec serment sa mort

30 ...

30 je n’ai pas laissé mon palais pécher en souhaitant la malédiction de son âme.

31,31 les gens de ma tente ne disaient-ils pas : Qui trouvera celui qui n'a pas été rassasié de sa viande ? 

31  ...

31 Si les hommes de ma tente n'ont pas dit : — Qui nous donnera de sa chair, pour que nous soyons rassasiés ?

31,32 l’étranger ne passait pas la nuit dehors, j'ouvrais mes portes à la route.

32  ...

32 le voyageur n'est pas resté dehors, ma porte était ouverte aux passants.

31,33 Si j’ai couvert comme un homme mes fautes si j'ai caché en mon sein mes péchés

33  ...

33 Si j’ai couvert comme un homme mon péché, si j'ai scellé en mon sein mon iniquité,

31,34 parce que j'avais peur de la foule nombreuse que le mépris des familles me terrifiait

je me taisais et ne passait pas la porte

34  ...

34 si j'ai eu peur de la foule nombreuse, et si le mépris des proches me terrifiait,

si je n'ai pas plutôt gardé le silence sans sortir de la porte :

31,35 Qui me donnera quelqu'un qui m'écoute ? voici mon tav, que Shaddaï me réponde ! Que mon adversaire écrive aussi un libelle !

35  ...

35 qui me donnera quelqu'un qui m'écoute afin que le Tout-Puissant entende mon désir et que celui qui juge écrive lui-même un libelle

31,36 Ne le porterai-je pas sur mon épaule ? je le ceindrai comme une couronne 

36 ...

36 pour que je le porte sur mon épaule et que je le ceigne comme ma couronne !

31,37 je lui déclarerai le nombre de mes pas comme un prince je m’approcherai de lui

37 ...

37 À chacun de mes pas j'en prononcerai les paroles, je le présenterai comme à un prince.

31,38 Si ma terre crie contre moi si ses sillons pleurent ensemble

38 ...

38 Si ma terre crie contre moi, si ses sillons pleurent avec elle,

31,39 si j’ai mangé ses produits sans argent si j'ai respiré l'âme de ses maîtres 

39 ...

39 si j’ai mangé ses fruits sans argent, si j'ai affligé l'âme de ses agriculteurs,

31,40 que sortent des ronces au lieu du froment de l’ivraie au lieu de l'orge

Fin des paroles de Job

40 ...

40 que pour froment me poussent des ronces et pour orge des épines !

Ici finissent les mots de Job.

32,1 Ces trois hommes cessèrent de répondre à Job parce qu’il était juste à ses yeux. 

...

Alors ces trois hommes cessèrent de répondre à Job, parce qu'il se voyait juste. 

32,2 Elihu fils de Barachel le Bouzite de la famille de Ram s'enflamma de colère

il s'enflamma de colère contre Job parce qu’il justifiait sa vie plus que Dieu

 

Mais Héliu, fils de Barachel le Buzite, de la famille de Ram, s'irrita et s'indigna.

Or, il s'irrita contre Job parce qu’il disait être juste devant Dieu.

32,3 Il s'enflamma de colère contre ses trois compagnons parce qu'ils n'avaient pas trouvé de réponse et qu'ils condamnaient Job

...

Il s'indigna aussi contre ses amis, parce qu'ils n'avaient pas trouvé de réponse raisonnable, et qu'ils avaient seulement condamné Job.

32,4 Elihu avait attendu de parler à Job parce qu'ils étaient plus âgés que lui.

...

Héliu attendit pendant que Job parlait, car ceux qui parlaient étaient les anciens.

32,5 Elihu vit qu'il n'y avait pas de réponse dans la bouche des trois hommes sa colère s'enflamma

...

Lorsqu'il vit que les trois ne pouvaient pas répondre, il s'irrita fortement.

32,6 Elihu fils de Barachel le Bouzite répondit et dit

Je suis jeune et vous êtes âgés

c’est pourquoi j’étais effrayé et je craignais de vous dire ma connaissance 

... 

Héliu, fils de Barachel le Buzite, répondit et dit :

— Je suis jeune et vous êtes âgés

c’est pourquoi j’ai baissé la tête et j'ai craint de vous manifester mon sentiment.

32,7 Je disais : Les jours parleront les nombreuses années feront connaître la sagesse

...

J'espérais qu'un âge avancé parlerait, que des années nombreuses enseigneraient la sagesse.

32,8 Vraiment c’est l’esprit qui est dans l’homme le souffle de Shaddaï qui fait comprendre

...

Mais, comme je le vois, l'esprit qui est dans les hommes et l'inspiration du Tout-Puissant donne l'intelligence.

32,9 Ce n’est pas le nombre qui rend sage ni la vieillesse qui fait comprendre la justice

...

Les anciens ne sont pas sages, et les âgés ne comprennent pas le jugement.

M V
G S

32,10 C'est pourquoi je parlerai, écoutez-moi, je dirai

Vvous montrerai moi-aussi mon savoir.

10  ...

32,11 J’ai

VCar j’ai attendu vos paroles, j'ai écouté vos arguments et votre recherche des mots.

Vvotre prudence tant que vous avez disputé en paroles. 

11 ... 

M
G S
V

32,12 Je vous ai compris

et voici qu'il n'y a pas de reproches envers Job pas de réponses dans vos paroles

12 ...  

12 Tant que je pensais que vous diriez quelque chose, j'étais attentif,

mais je vois qu'il n'y a personne parmi vous qui puisse convaincre Job et répondre à ses paroles,

32,13 Ne dites surtout pas : — Nous avons trouvé la sagesse c’est Dieu qui le corrige pas un homme

13 ...

13 ne dites surtout pas : — Nous avons trouvé la sagesse, c’est Dieu qui l'a rejeté, pas l'homme !

32,14 Il n’a pas arrangé ses mots contre moi je ne me tournerai pas vers lui avec vos paroles

14 ...

14 Il ne m'a rien dit, et moi, je ne lui répondrai pas selon vos paroles. 

32,15 Ils sont consternés ils ne répondent plus ils ont mis fin à leurs mots 

15 ... 

15 Ils ont été épouvantés, ils n'ont plus répondu, ils se sont ôté à eux-mêmes la parole.

32,16 J’ai attendu qu’ils arrêtent de parler qu’ils s'en tiennent là et ne répondent plus

16 ...

16  Puisque donc j’ai attendu, et qu'ils n'ont pas parlé, qu'ils s'en tiennent là et n'ont plus répondu,

32,17 Je répondrai moi-aussi ma part je dirai moi aussi mon savoir

17 ...

17 je répondrai moi-aussi ma part, je montrerai moi-aussi ma science,

M V
G S

32,18 car je suis plein de mots

Vparoles, l’esprit de mon ventre m’oppresse.

18 ...

M
G S
V

32,19 Mon ventre est comme un vin enfermé comme une outre de vin nouveau qui va éclater

19 ...

19 Voici, mon estomac est comme un vin nouveau qui, sans air, fait éclarter les outres neuves.

M V
G S

32,20 Je parlerai et je respirerai Vun peu, j'ouvrirai les

Vmes lèvres et je répondrai.

20  ...

M
G S
V

32,21 Je ne veux plaire à personne je ne flatterai qui que ce soit

21 ...

21 Je n'accepterai pas la personne de l'homme, je ne mettrai pas Dieu sur le même pied d'égalité que l'homme,

32,22 Car je ne sais pas flatter un peu et mon Créateur m’enlèvera

22 ...

22 car je ne sais pas combien de temps je subsisterai et si dans peu mon créateur ne m'enlèvera...

Texte

Vocabulaire

29,18 palmier (V) ou « phénix » (G) ou « sable » (M) : Lexicographie

  • Le mot hébreu חול [ḥôl] signifie généralement sable, mais G semble indiquer un autre sens possible : Comparaison des versions Jb 29,18.
  • G présente φοῖνιξ  [phoinix] qui réfère au palmier-dattier, mais peut aussi désigner le phénix, oiseau fabuleux qui était censé renaître de ses cendres (cf. Milieux de vie Jb 29,18 Symbolique, Résurrection ; Textes anciens Jb 29,18).
  • En français, depuis Linné le nom scientifique du palmier-dattier est « Phœnix dactylifera. » L'arbre, qui rejaillit toujours de sa souche, comme le phénix renaît de ses cendres, évoquerait ainsi la résurrection et l’éternité. Pourtant la polysémie aurait une autre raison : le palmier serait l’arbre symbole de la Phénicie, d’où dériverait son nom.

De telles polysémies ont rendu les imaginations fécondes tant dans la littérature juive Tradition juive Jb 29,18 que dans la littérature (Tradition chrétienne Jb 29,18) et l’iconographie chrétiennes (Arts visuels Jb 29,18).

.

Contexte

Milieux de vie

29,18 palmier FLORE Palmier Il existe 2600 espèces de palmiers. Parmi elles, pousse le palmier-dattier.

Palmier dattier à Ein Guedi, Israël 

photo: M.R. Fournier, 2022 © BEST AISBL,

Ex 15,27 ; Lv 23,40-42 ; Dt 34,3 ; Jg 4,5 ; 1R 6,29-35 ; 2M 10,7 ; Ps 92,13 ; Ct 7,8 ; Ez 40,16 ; Ez 41,18 ; Jl 1,12 ; Jn 12,13 ; Ap 7,9 

Classification
  • Famille : arecaceae
  • Genre : phoenix (nom dérivé de Phoenicia, pays du palmier)
  • Espèce : dactylifera (signifie : « qui porte des dattes »)

Le nom hébreu du palmier est Tamar.

Localisation
  • Ce palmier pousse naturellement dans les zones tropicales et sud-tropicales d’Asie (Golfe persique, Inde, péninsule arabique) et d’Afrique (Sahara, Somalie, oasis du sud).
  • On a retrouvé des traces de sa présence à l’état sauvage à Ein Guedi sous forme fossilisée dans du grès quaternaire.
  • La culture de palmiers existait en Mésopotamie et en Égypte vers 4500 av. J.-C.
  • Ils ont été implantés en Europe et en Amérique dès le 16e s. dans un but ornemental.
Description
  • Au sens strict, le palmier n’est pas un arbre car il n’a pas un tronc mais un stipe qui se forme avec le pétiole des feuilles mortes. C’est une plante monocotylédone qui a besoin de beaucoup de lumière, de chaleur et même d’une certaine sécheresse pour se développer. Elle peut toutefois résister au froid.
  • Son stipe est fibreux (Théophraste Historia plantarum 1,5,3) et n’a pas d’écorce. Il pousse droit, sans élargir son diamètre, et il peut s’élever jusqu’à 30 m.
  • Ses palmes peuvent mesurer jusqu’à 7 m de long et sont composées de folioles linéaires vertes disposées en deux rangs opposés qui, pour certaines (partie inférieure), sont recouvertes d’épines. Les feuilles sont persistantes (Théophraste Historia plantarum 1,9,3) ; le feuillage et les fruits sont regroupés à la cime.
  • Des inflorescences composées de petites fleurs beiges apparaissent vers le mois d’avril.
  • Ces fleurs donnent des fruits charnus, cylindriques et sucrés de 3 à 7 cm de long que l’on récolte en été et que l’on appelle « dattes » en raison de leur forme de « doigts », dactylos en grec. Les dattes pendent entre les palmes, en grappes, attachées à un rameau.
  • Les racines sont peu ramifiées, longues et fines.
  • Le dattier est une plante dioïque : on différencie donc les dattiers mâles, qui portent des branches couvertes de fleurs (8000 à 12000) possédant 6 étamines, des dattiers femelles aux fleurs moins nombreuses (100 à 2000) possédant 3 carpelles. Seuls les pieds femelles portent les fruits. Sans présence de pied male, il ne peut y avoir pollinisation et les pieds femelles ne peuvent donc donner de fruits.
  • Des rejets apparaissent au pied du palmier ; rattachés au système vasculaire de la plante mère, ces rejets développent peu à peu des racines afin d'acquérir une vie autonome.
Usages

Selon un dicton arabe il y aurait autant d'usages du palmier que de jours dans l'année. 

Alimentation
  • Les dattes, qui contiennent vitamine B9, fibres et minéraux (potassium, fer), peuvent être consommées fraîches ou sèches. Hypercaloriques, elles permettent de faire le plein d’énergie. En raison de leur forte teneur en sucre, elles sont utilisées pour sucrer des plats, des pâtisseries. Certaines variétés de dattes, farineuses, sont broyées pour faire des galettes, des biscuits ou du pain (Pline Naturalis historia 13,27). En les laissant fermenter avec de l’eau, on obtient un vin de dattes.
  • La sève de couleur blanche, laiteuse, récoltée en incisant la spathe entourant les fleurs, est douce et sucrée. Après extraction, elle fermente rapidement, prenant une teinte plus foncée et permet de produire un vin de palme, pétillant fort et âpre : la Bible parle de « boisson forte » (Dt 14,26 ; Is 5,11). 
  • Même le bétail est parfois nourri de dattes (Pline Naturalis historia 13,27).
Culture matérielle
  • Les palmes étaient utilisées pour confectionner des paniers, des nattes, des cordages (Pline Naturalis historia 16,89), des chapeaux de soleil (Pline Naturalis historia 13,30). Pour cela on faisait sécher les palmes à couvert pendant quatre jours puis on les étendait au soleil. Les feuilles étaient ensuite découpées. (Pline Naturalis historia 16,89).
  • Les palmes servaient à recouvrir les toits des maisons ou à consolider les clôtures. Les cabanes de la fête de Souccot sont recouvertes de palmes.
  • Les palmes étaient aussi le moyen utilisé par les esclaves et serviteurs pour éventer les visages de leurs maîtres ; aussi, avoir la tête entourée de palmes est devenu signe de luxe, de noblesse.
  • Le stipe du palmier, appelé parfois dans le langage courant « tronc du palmier », ne développe pas le tissu cellulaire à l’origine du bois ; cependant, dans le langage courant, on parlera de « bois de palmier ». Ce « bois » est léger, facile à travailler, élastique, tendre. (Théophraste Historia plantarum 5,3,6) Il servait à faire des ébauches. Sa solidité lui permet de supporter des charges. On l’utilise parfois pour faire des poutres, des toitures, des portes mais aussi du mobilier.
Autres
  • Le palmier est combustible : il donne des braises qui durent très longtemps (Pline Naturalis historia 13,39).
  • La présence de palmiers dans le désert crée un microclimat qui favorise le développement d’autres plantes.
  • Le palmier est une source d’inspiration pour les artistes : stylisé, il est utilisé comme motif architectural, en décoration (temple de Salomon 1R 6,32). Ce motif est appelé en hébreu timorah, c’est-à-dire « palmettes » (Ez 40,34).
Histoire
  • Pline Naturalis historia 13,50 « Des soldats d’Alexandre périrent étouffés par des dattes vertes ; en Gédrosie, ce fut la qualité du fruit qui causa leur mort ; ailleurs, ce fut la quantité. C’est que dans leur fraîcheur, les dattes sont si délicieuses que seul le danger de périr vous arrête d’en manger. »
  • Des graines de palmier-dattier de l’époque d’Hérode le Grand ont été retrouvées dans les années 1960 à Massada. Parfaitement conservées en raison de l’environnement particulier qui règne dans la région de la mer morte, l’une de ses graines a germé en 2005 permettant de retrouver la variété ancienne de dattier qui poussait en Judée. 
  • Dennis Mizzi, "Archeology of Qumran." T&T Clark Companion to the Dead Sea Scrolls. Ed. George J. Brooke and Charlotte Hempel. London : T&T Clark, 2019. 17—36. Bloomsbury Companions. Bloomsbury Collections. Web « Le palmier-dattier étant l'une des ressources les plus importantes et les plus précieuses de la région, il est très probable que les Qumranites aient été impliqués dans la production de dattes. Cette probabilité est corroborée par la découverte de grandes quantités de dattes et de noyaux de dattes, de jarres scellées contenant du miel de datte, d'un pressoir qui servait probablement à la production de vin de datte, et peut-être par la découverte d'un tesson de poterie qui semble suggérer que les habitants de Qumran possédaient des palmeraies. » (Notre trad.)
Symbolique
Fécondité
  • Très tôt, dans les civilisations sumérienne et égyptienne, le palmier a représenté la fécondité car, bien que vivant en des lieux désertiques, il porte des fruits en abondance.
Féminité
  • En raison de sa beauté, de son port élancé, de ses palmes comparables à des cheveux longs, le palmier est souvent associé à la femme (Ct 7,8-9). Dans des scènes anciennes, le palmier abrite la femme en train d’accoucher (accouchement de Léto à Delos), d’allaiter (stèle de Karatépé 7e s. av. J.-C.).
  • Plusieurs femmes dans la Bible portent son nom : « Tamar » (Gn 38,6 ; 2S 13,1 ; 2S 14,27). 
Droiture
  • Son stipe poussant bien droit et s’élevant vers le ciel, le palmier est symbole de droiture (Ps 92,13). 
Arbre de vie

Le palmier est considéré comme l’archétype de l’arbre de vie :

  • Par sa hauteur il semble relier la terre et le ciel.
  • Parce qu’il pousse dans des lieux chauds et ensoleillés, près de points d’eau, il évoque les terres paradisiaques, l’oisiveté heureuse.
  • Sa sève blanche et sucrée évoque le lait et le miel qui coule en terre promise. Il semblerait d’ailleurs que lorsqu’il est question de miel dans la Bible, ce ne soit pas toujours le miel des abeilles mais aussi du « miel » du palmier-dattier qu'il s’agit (Gn 43,11 ; 1S 14,25 ; Ps 19,10 ; Pr 24,13 ; 25,16 ; 27,7 ; Is 7,15 ; Ct 4,11 ; Ap 10,9). 
  • À partir de ses dattes il est possible d’obtenir à la fois du pain et du vin, (Pline Naturalis historia 13,27) symboles eucharistiques.
Royauté
  • Parce qu’il est source de richesse le palmier devient symbole royal : le roi étant celui qui garantit la prospérité du royaume.
Victoire

Brandir des palmes était un signe d’allégresse et de victoire :

  • Dans l’antiquité romaine, la victoire était symbolisée sur les pièces de monnaies par une femme tenant en main une couronne et une palme. Lors des jeux, on donnait au vainqueur une palme comme récompense.
  • Reconnu roi de Syrie par Démétrius, Simon lui envoie une palme d’or comme symbole de la victoire (1M 13,37) (cf. 2M 13,4). 
  • En Orient, il était de coutume d’agiter des palmes pour acclamer les héros (cf. 2M 10,6-7 ; 1M 13,51). 
  • Chaque année lors de la fête de Souccot, les juifs processionnaient vers le Temple (cérémonie des Hoshanot) au cri d’ « hosanna », tenant en main quatre espèces de rameaux dont la palme.
  • Lors de l’entrée solennelle de Jésus à Jérusalem, (fête des rameaux) la foule l’acclamait en agitant des palmes et en étendant des manteaux sur son passage.
Résurrection
  • La résurrection étant la « victoire de la Vie sur la mort », la palme est aussi symbole de résurrection.
  • Le palmier, renaissant en quelque sorte de lui-même par ses surgeons, va donner son nom au Phénix (phoenix), oiseau mythique qui renait de ses cendres. (Pline Naturalis historia 13,9).
  • Les saints (Ps 92,13) et plus particulièrement les martyrs, sont représentés avec des palmes à la main (Ap 7,9). 
Marie

Le palmier est parfois associé à la Vierge Marie : en raison des symboles précédemment cités (beauté, féminité, sainteté, fécondité, arbre donnant le fruit de vie) et de récits anciens :

  • Évangile du pseudo-Matthieu 20-21 : Lors de la fuite en Égypte, Marie, fatiguée, s’assied au pied d’un palmier qui, sur les ordres de l’enfant Jésus, s’incline jusqu’à elle pour la nourrir de ses dattes. Entre les racines, une eau douce s’écoule pour la désaltérer. En récompense, Jésus accorde au palmier le privilège de voir l’un de ses rameaux être emporté par un ange au paradis.
  • Coran S19,24-25 situe la naissance de Jésus sous un palmier. Une eau s’écoule alors entre les racines et Marie, secouant le tronc, obtient des dattes pour retrouver des forces.

Réception

Comparaison des versions

29,18 palmier : V | M : sable | G : phénix

Texte hébreu

  • M : חול [ḥôl] signifie généralement sable, mais avec cette signification, la cohérence des deux stiques de ce verset est problématique 

Texte grec

  • G en choisissant le mot φοῖνιξ [phoinix] pour traduire le sens ḥôl semble vouloir éliminer tout quiproquo en supprimant le nid et en rajoutant le στέλεχος [stelechos], tronc ou stipe de l'arbre.  

Texte latin

  • V : saint Jérôme écarte le jeu de mots en utilisant le terme latin palma pour palmier.

Pourtant, son disciple l'évoque dans son commentaire (cf. Marie Frey Rébeillé-Borgella, « Le commentaire sur Job de Philippe le Prêtre, témoin de l’histoire du textebiblique », 2019. hal-03466470v2→) :

  • Philippe le Prêtre (5e s., † 455-456),Commentaire sur Job (ca 397 ou 439-455?) ad loc. : « Le “nid” doit être compris comme l’homme extérieur, que Dieu avait formé et construit avec la paille de sa chair. […] Dans ce nid donc, il disait toujours qu’il mourait, en témoignage qu’il ne vivait pas dans les vices du monde ni dans ses convoitises, haïssant cette tunique souillée qui est charnelle. [...]  Le palmier, en effet, est appelé par les Grecs phoînix. Ce même mot désigne aussi un oiseau : celui dont certains affirment qu’il vit plusieurs siècles, le phénix, nommé par exactement le même terme. Il est possible qu’il ait voulu parler de cet oiseau ici, de sorte que, comme celui-ci, se construisant un nid, est dit après un long temps s’y consumer de lui-même, puis ressusciter de ses cendres dans le même nid en peu de temps, pour vivre ensuite de très nombreuses années, ainsi le saint Job, à la manière de cet oiseau, peut dire qu’il sera par la mort dans la cendre de la chair comme dans un nid pour un temps, et qu’il en ressuscitera pour la gloire. Et ce sont ces jours éternels et bienheureux qu’il souhaite et qu’attend de voir multipliés le fidèle serviteur de Dieu (Jb 19). Car plus haut il parlait déjà ainsi, disant : “Et de nouveau, je serai revêtu de ma peau, et dans ma chair je verrai Dieu"» (J. Sichard éd., Philippi Presbyteri uiri longe eruditissimi in historiam Iob commentariorum libri tres, Bâle, 1527, en ligne→ p.123-124, notre trad.).

Remarque : les données biographiques sur le prêtre Philippe viennent d’une source unique.

  • Gennade de Marseille, De uiris illustribus, 63, « Philippe, prêtre, le meilleur des élèves de Jérôme [optimus auditor Hieronymi : à Bethléem sans doute ?], ayant commenté le livre de Job, en fit paraître un livre en style simple [sermone simplici]. J’ai aussi lu de lui les lettres à ses proches, qui sont extrêmement relevées et exhortent fortement à supporter la pauvreté et les souffrances. Il est mort quand Marciano et Avitus étaient au pouvoir » (CPL 0957 ; E. Richardson, Texte und Untersuchungen zur Geschichte der altchristlichen Literatur, XIV, 1a,  Leipzig :  J.C. Hinrichs, 1896, p.57-97)

Frontispice de la bible Polyglotte d’Alcalà (1514-1517), (gravure sur bois) © Domaine public→

Encadré par le chapeau du cardinal Cisneros, commanditaire de l'ouvrage, cet écu est une allégorie de la Parole dans la diversité de ses versions. Les 15 carreaux symbolisent les 15 jours que passèrent ensemble à Jérusalem Pierre apôtre des Hébreux et Paul apôtre des nations (Ga 1,18) : 7 carrés rouges pour la loi antique ; 8 blancs pour la loi de grâce, 15 en tout rassemblés sous la Croix du Verbe incarné.

Tradition juive

29,18 comme le sable (M) ou le palmier, ou le phénix ? Invitations du phénix dans la Genèse et dans l’Arche de Noé, grâce à l’interprétation du mot hébreu dans ce passage de Job  La polysémie de חול [ḥôl] (Vocabulaire Jb 29,18) a tant plu que les sages du Talmud et ceux qui ont écrit le Midrash rabba ont invité le phénix dans le jardin de la Genèse et dans l’Arche de Noé.

  • →b.Sanh.108b, guemara, fait allusion au Phoenix חול [ḥôl] : « Quand au volatile qui s’appelle "Ourichna", mon père l’avait trouvé installé dans son nid dans l’arche. Il lui a demandé : —Tu ne veux pas quelque chose à manger ? L’autre lui a répondu : — J’ai vu que tu es occupé, je me suis dit que je ne vais pas moi aussi te déranger. Noé lui a dit : — Que ce soit la volonté de Dieu que tu ne meures pas. C’est ainsi qu’il est dit : — Je m’étais dit :— Avec mon nid je disparaîtrai, j’aurai des jours nombreux comme le ‘Hol" [i.e. le phénix] » (Jb 29,18).
  • Gen. Rab. 19,5, sur Gn 3,6 « Ève en fit aussi manger le bétail, les animaux sauvages et les volatiles. Tous lui obéirent à l’exception d’un oiseau nommé "Phénix", comme l’atteste le verset : Comme le Phénix, j’aurai des jours nombreux (Jb 29,18). Le Phénix, dit l’école de Rabbi Yannaï, vit mille ans. Au bout de ces mille ans, une flamme jaillit de son nid et le consume. Il en reste toutefois autant qu’un œuf, si bien qu’à nouveau ses membres se développent. Le Phénix, dit Rabbi Soudan bar Simon, vit mille ans. Au bout de ses mille ans son corps se décompose et ses ailes tombent. Il en reste toutefois autant qu’un œuf, si bien qu’à nouveau ses membres se développent. »

Dans la compilation traditionnelle des Mikraot Gedolot [Grandes lectures], le חול est un mot polysémique qui signifie le sable et un oiseau qui serait le phœnix.

  • Rachi, Comm. Jb 29,18  « et je multiplierai les jours comme le phénix Hébreu : וכחול. Il s'agit d'un oiseau appelé חול, "phénix", sur lequel la peine de mort n'a pas été prononcée car il n'a pas goûté au fruit de l'arbre de la connaissance, et au bout de mille ans, il se renouvelle et retrouve sa jeunesse. »

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Tradition chrétienne

29,18 palmier ou : « phénix ». Images de la résurrection Le phénix est certainement l'oiseau merveilleux le plus connu au monde. La légende qui l'entoure s'est particulièrement développée au cours du Moyen âge, mais elle est directement issue de l'Antiquité.

DESCRIPTION DE L'EXTRAORDINAIRE PHÉNIX

  • Isidore de Séville Etym. 12,7,22 : Le phénix (phœnix) est un oiseau d’Arabie, ainsi nommé parce qu’il possède une couleur écarlate (phœniceus), ou parce qu’il est singulier et unique dans le monde entier, car les Arabes disent phœnix pour « singulier ». Cet oiseau vit plus de cinq cents ans, et lorsqu’il voit qu’il a vieilli, il construit pour lui-même un bûcher funéraire avec des rameaux aromatiques qu’il a rassemblés, et, tourné vers les rayons du soleil, par le battement de ses ailes, il allume délibérément un feu pour lui-même, et ainsi il renaît de ses propres cendres (trad. franç. d’après l’anglais Stephen A. Barney, W. J. Lewis, J. A. Beach et Oliver Berghof). 
  • Avit de Vienne, Histoire spirituelle, I, 238-244 « Ici naît le cinnamome, qu'à tort la tradition attribue aux habitants de Saba. Ce sont ses branches que rassemble l'oiseau à la longue vie, lorsqu'il périt d'une mort qui le fait renaître, et que, consumé sur son nid, il se survit à lui-même et ressuscite d'une mort volontaire ; non content de vivre une seule fois selon son destin naturel, son corps alangui par le grand âge se régénère et des naissances réitérées soulagent sa vieillesse qui se termine par le feu » (trad. Nicole Hecquet-Noti).
  • Corbichon Propriétés 12,13 : Fenix est un oisel singulier dont il n’est que un au monde desquoy les laîcs gens se esbahissent moult; Fenix en arabie ou il naist est appelle singulier si comme dit Ysidore. De cest oisel dit Aristote qu’ils vit sans pareil pour 500 ans. Et quant il sent qu’il deffault par sa vieillesse il fait un ni de buches aromatiques et de bonne odeur qui sont si seiches que le feu si prant en este quant le vent vente que on appelle sanone ou zephyr. Et quant le feu est allumé le fenix y entre de sa volente et se art et de sa cendre il nasit un ver dedenz 3 jours qui croist petit à petit et lui viennent les plumes et la forme d’un oisel. Derechef, dit saint Ambroise en son hexaemeron que de li vieux ou de la cendre en vient un nouvel auquel les plumes croissent ou proces du temps et si prend la forme d’un oisel. Fenix est un oisel moult bel en ses plumes et ressemble a plume de paon et est moult solitaire et vit de grains et de froment moult nez. De cet oisel raconte alors que o mas le souverain nes que de la loy fist en la cite de eliopolis en egypte un temple a la semblance de celui de ... Il fist le premier jour de la solempnité de la pasques un feu sur l'autel de buches seiches aromatiques pour mettre leur sarifice dedenz er soudanement devant tous il descendit dedens ce feu un tel oisel qui fut ars et remene en cendre. Laquelle cendre fut cueillie du commandement de l'evesque et dedenstrois jours il en vuit un ver qui prist apres fourme d'oisel semblable à l'autre et s'envola tout hors du temple devant tous ceuls qui la estoient.

Anonyme (France), Le Phénix sur son bûcher, enluminure dans Bestiaire de la version B-Is de la première Famille, (encres, pigments à la détrempe et feuille d'or sur parchemin, vers 1270-1280), 19,1 x 14,2 cm (page)

MS Ludwig XV 3, f° 74v. , The J. Paul Getty Museum, Los Angeles, États-Unis d'Amérique © CC0 - J. Paul Getty Trust→

LE PHÉNIX, UN SYMBOLE MERVEILLEUX

De la puissance de Dieu
  • Origène Cels. 4,98 « Puis, continuant à défendre la piété des animaux sans raison, Celse donne en exemple: L'oiseau d'Arabie, le Phéniz, qui après de longues années émigre en Égypte, transporte le corps de son père, enfermé dans une boule de myrrhe comme en un cercueil, et le dépose au lieu où se trouve le temple du soleil. C'est bien ce que l'on raconte¹; mais le fait, fût-il exact, peut encore venir de la nature. La générosité de la divine Providence apparaît aussi dans les différences entre les animaux, pour montrer aux hommes la variété qui existe dans la constitution des êtres de ce monde, et jusque chez les oiseaux. Et elle a créé un animal unique afin de faire admirer par là, non point l'animal, mais Celui qui l'a créé» (trad. Marcel Borret).
  • Philippe de Thaon Best. 27 : Fenix dous eles at, Signefiance i at: Par cez eles entent Dous leis veraiement, La viez e la nuvele, Ki mult est sainte e bele; Ço vint Deus aemplir Pur sun pople guarir. Or fine la raisun, Altre cumencerum.
De la Résurrection du Christ
Chez les pères de l'Église

C'est depuis Clément que le phénix est une image chrétienne de la résurrection.

  • Clément de Rome 1 Cor. 25-26 « Considérons le signe prodigieux que nous offrent les régions de l’Orient, c’est-à-dire l’Arabie. Il y a là bas, un oiseau qu’on nomme "phénix". Il est seul de son espèce et vit cinq cents ans ; et lorsqu’il approche du terme de sa vie, il construit lui-même son cercueil où il pénètre, son temps accompli, pour mourir. De sa chair corrompue naît un ver qui se nourrit de la charogne de l’oiseau mort, puis se couvre de plumes ; et lorsqu’il est devenu fort, il soulève le cercueil rempli des ossements de son ancêtre, et l’emporte loin de l’Arabie, en Égypte, jusqu’à la ville nommée Héliopolis. Là, en plein jour, aux yeux de tous, il s’en vient à tire‑d’aile le déposer sur l’autel du soleil, puis il reprend son vol pour le retour. Alors les prêtres consultent leurs annales et constatent qu’il est venu après cinq cents ans révolus. Sera-ce donc à nos yeux prodige et merveille, que le Créateur de toutes choses ressuscite ceux qui l’ont servi saintement, avec la confiance de la foi parfaite, Lui qui nous a montré dans un simple oiseau la magnificence de sa promesse ? » (Trad. Annie Jaubert). 
  • Tertulien, De la Résurrection de la chair, 13 « Si le renouvellement de l’univers figure imparfaitement la résurrection ; si la création ne prouve rien de semblable, parce que chacune de ses productions finit plutôt qu’elle ne meurt, est rendue à sa forme plutôt qu’à la vie, eh bien ! voici un témoignage de notre espérance complet et irrécusable. Il s’agit en effet d’un être animé, sujet à la vie et à la mort. Je veux parler de cet oiseau particulier à l’Orient, célèbre parce qu’il est sans pareil, phénoménal parce qu’il est à lui-même sa postérité ; qui, préparant volontiers ses propres funérailles, se renouvelle dans sa mort, héritier et successeur de lui-même, nouveau phénix où il n’y en a plus, toujours lui quoiqu’il ait cessé d’être, toujours semblable, quoique différent. Quel témoignage plus explicite et plus formel pour notre cause ? ou quel autre sens pourrait avoir cet enseignement ? Dieu l’a déclaré lui-même dans ses Ecritures : "Il se renouvellera, dit-il, comme le phénix" ; qu’est-ce à dire ? Il se relèvera de la mort et du tombeau, afin que tu croies que la substance du corps peut être rappelée, même des flammes. Le Seigneur a déclaré que nous "valons mieux que beaucoup de passereaux". Si nous ne valons pas mieux que le phénix aussi, l’avantage est médiocre » (trad. Antoine-Eugène Genoud)
Dans les Bestiaires
  • Physiol. 7 « Le Seigneur a dit dans les Évangiles : "J'ai le pouvoir de déposer ma vie et j'ai le pouvoir de la reprendre ", et les Juifs furent irrités de ces paroles. Il existe en Inde un oiseau qui est appelé phénix. Tous les cinq cents ans il pénètre dans les forêts du Liban, et il imprègne ses ailes d'aromates et il transmet un signe au prêtre d'Héliopolis, lors du nou-veau mois, qui est Nisan ou Adar (c'est-à-dire Phaménôth ou Phar-mouthi). L'oiseau pénètre dans Hiéropolis imprégné d'aromates et le prêtre qui a reçu le signe vient et couvre entièrement l'autel de bois de vigne. L'oiseau monte alors sur l'autel où il allume avec son corps un feu qui le consume entièrement. Le lendemain, le prêtre inspecte l'autel et découvre un ver dans la cendre. Le surlendemain il découvre à sa place un oisillon. Et le troisième jour il découvre à sa place un oiseau adulte. L'oiseau salue alors le prêtre et s'en va vers la résidence qui est la sienne. Si donc cet oiseau a le pouvoir de se donner la mort et de se donner la vie, pourquoi les Juifs insensés s'irritent-ils contre le Seigneur quand il dit : "J'ai le pouvoir de déposer ma vie et j'ai le pouvoir de la reprendre ?" Le phénix représente le Sauveur. Il est venu des cieux, a déployé ses deux ailes, et il a apporté avec lui un parfum, et cela pour exalter la parole du ciel, afin que nous aussi nous étendions les mains et propagions le parfum de l'esprit par des conduites vertueuses » (trad. Arnaud Zucker)
  • Guillaume le Clerc Best. 9 : En cet oisel poez entendre / Nostre Seignor, qui vout descendre / Ca jus por nostre sauvement ; / De boenes odors finement / Fut charchie, quant en terre vint, / Por les prisons que enfer tint ; / En l’autel de la croiz sacree, / Qui tant est douce et aoree, / Fu sacrifie cest oiseaus, / Qui au tierz jor resort noveaus. / Mes plusors ne veulent pas crerre / Que la chose fust issi veire ; / Si ont grant tort, ce m’est avis. / Quant l’oisel qui a non fenix / Se demet et se mortefie, / Et au tierz jor reprent sa vie, / Moult est a creirre plus legier / De Deu qui tot a a jugier. / Ce que il dist en son sarmon / Ou n’a rien se verite non, / Ce dist cil qui est verite : / « Je ai, dist-il, la poeste / De poser m’ame et de reprendre. » / Veir dist il, veir nos fist entendre ; / Cil devon oir et retraire. / « Je ne vinc pas, dist il, desfaire / La loi, einz la vinc aconplir / Et assumer et aenplir. » / Issi ert le sage escrivains / Del reigne de ciel soverains, / Qui de son tresor met avant / Comme prouz et comme vallant. / Les viez choses et les noveles / Ensemble sunt boenes et beles. »

L’iconographie des premiers siècles symbolise la résurrection du Christ par un phénix sur un palmier, l’image traduisant l’homonymie du terme.

Anonyme (Angleterre), Le phénix perché sur un arbre, tenant un ver dans son bec, enluminure dans Bestiaire, (encres, pigments à la détrempe et feuille d'or sur parchemin, ca 1225-1250), ca 29,4 x19,5 cm (page)

MS. Bodl. 764, f° 70r., Bodleian Libraries, Oxford, Royaume Uni © Bodleian Libraries, University of Oxford - CC BY-NC 4.0→

Littérature

28,14 abysse (V) FRANÇAIS BIBLIQUE Terme propre « Abysse » est un terme océanographique bien attesté en français→. Il rend l’hébreu tᵉhôm (S thwm’ ) en calquant littéralement le grec et le latin : G abussos, V  abyssus.

Nous le maintenons nonobstant l'évolution de la langue qui permettrait de dire « abîme » (contraction de « -isme »), d'autant plus que sa connotation inquiétante fut réactivée à la fin du siècle passé dans le titre d'un film mémorable pour ses effets spéciaux innovants :

  • James CameronAbyss (avec  Ed Harris, Mary E. Mastrantonio, etc., mus. : Alan Silvestri, effets spéciaux : Pacific Western, Steve Johnson's XFX Inc.), États-Unis d’Amérique : 20th Century Fox, 1989, 139 mn. 

Quant à son référent précis, voir : Milieux de vie Ap 20,1ss.

Drapeau de la francophonie→ © Domaine public

29,18 phénix « vous êtes le phénix des hôtes de ces bois » Impossible de parler du phénix sans faire un clin d’œil du côté de chez La Fontaine. Cette célèbre phrase, tirée de la fable Le Corbeau et le Renard de Jean de La Fontaine, est une flatterie extrême utilisée par le renard pour duper le corbeau. le renard fait croire au  corbeau qu'il est la créature la plus belle, exceptionnelle et unique (« le phénix ») parmi tous les autres animaux de la forêt (« les hôtes de ces bois »). L'ironie est grande car tandis que le phénix est un oiseau mythique unique en son genre, symbolisant la perfection, la rareté et la beauté suprême, le corbeau est un oiseau commun et bruyant, et non une merveille... 

Le voici en prononciation et rhétorique gestuelle baroques :

Jean de la Fontaine (1621-1695), « Le corbeau et le Renard »,,  deuxième fable du Livre I du premier recueil des Fables choisies,1668, lu par Thierry Péteau, Les Persifleurs du Grand Siècle © Licence YouTube standard

Et dans la version drôlatique du comique préféré des Français :

Jean de la Fontaine (1621-1695), « Le corbeau et le renard »,  deuxième fable du Livre I du premier recueil des Fables choisies,1668,lu par Louis de Funès

Les Fables de La Fontaine par Louis de Funès, Fernandel et Gérard Philipe, album, Isis : 2009 © Licence YouTube standard

Avec truculence, le grand comique met en valeur tout le cocasse de la rencontre.