La Bible en ses Traditions

Jean 20,1–7

Byz V S TR Nes

1 Le premier jour de la semaine, Marie la Magdaléenne

VMarie-Madeleine vient au sépulcre le matin, alors qu'il y avait encore des ténèbres 

et elle voit la pierre enlevée du sépulcre.

2 Elle court

Vcourut donc et vient

Vvint vers Simon Pierre et vers l’autre disciple, celui

Sle disciple que Jésus aimait

et elle leur dit :

— Ils ont enlevé le Seigneur du sépulcre, et nous ne savons

Sje ne sais pas où ils l’ont mis.

3 Pierre

SSimon sortit donc ainsi que l’

Vcet autre disciple et ils venaient

Vvinrent au sépulcre.

4 Ils couraient tous deux ensemble

mais l’autre

Vcet autre

Sle disciple courait

Vcourut en avant plus vite que Pierre

Sde Simon

et arriva le premier au sépulcre.

5 Et s’étant penché,

Vcomme il s'était penché,

Sen observant il voit posées les bandelettes

pourtant il n’entra pas.

6 Vient donc Byz TR Nesaussi Simon Pierre

V-Pierre qui le suivait

et il entra dans le sépulcre

et il voit les bandelettes posées

7 et le suaire qui avait été sur

Savait enserré sa tête

non pas Byz V TR Nesposé avec les bandelettes

mais enroulé Set posé dans un endroit à part.

Contexte

Repères historiques et géographiques

18,1 ; 19,41 ; 20,1–16 un jardin Jardins de l'Agonie, de la Mort et de la Résurrection : symbolisme topographique des lieux saints à Jérusalem Les hauts-faits du Messie en sa passion sont traditionnellement situés dans des jardins concrets qui apparaissent « à mi-chemin » entre le jardin d'Éden originaire (Arts visuels Gn 2,15) et le jardin eschatologique de la Jérusalem à venir (Arts visuels Ap 2,7 ; 22,1s ) 

Jardin de Gethsémani 

Comme un écho visuel du drame de la rédemption qui s'y joua, combat de la mort et de la vie, le mont des Oliviers est à la fois verdoyant comme un jardin et blanc comme un cimetière.

Erminig Gwenn, Le mont des Oliviers, (photographie numérique, 2014)

© CC-BY-SA-2.0 DEED→, , Za 14,3

  • Verte comme un jardin planté d'arbres, la moitié Est du mont des Oliviers regroupe de nombreux monuments en souvenir des prédications de Jésus, et en particulier des derniers moments avant son arrestation le Jeudi Saint.
  • La moitié Ouest du mont des Oliviers est un immense cimetière où aiment à se faire ensevelir les Juifs pieux, comme pour être les premiers sauvés lors de la venue du Messie, qui arrivera par là :  Za 14,3 « Le Seigneur paraîtra, et il combattra ces nations, Comme il combat au jour de la bataille. Ses pieds se poseront en ce jour sur la montagne des oliviers | Qui est vis-à-vis de Jérusalem, du côté de l'orient | La montagne des oliviers se fendra par le milieu, à l'orient et à l'occident | Et il se formera une très grande vallée  | Une moitié de la montagne reculera vers le septentrion | Et une moitié vers le midi. » 

Jardin du Golgotha

Si l’on se retourne à 180°, au-delà de l’énorme esplanade du Temple, actuellement des mosquées, on est dans la direction d’une autre colline, aujourd’hui masquée sous les constructions de la ville de Jérusalem, qui était le site du jardin du Golgotha (ainsi nommé probablement à cause d’une éminence rocheuse en forme de crâne qui ponctuait le terrain et qui servait de lieu d’exécution spectaculaire : Jn 20,41), aujourd’hui enclose dans le Saint-Sépulcre. Lui aussi, au Ier siècle de notre ère, était à la fois un terrain ouvert, un verger et une nécropole. Cf. →Lieu de la mort et de l’ensevelissement de Jésus

Réception

Liturgie

1.11–18 Représentations du Ressuscité

ICÔNE : Art byzantin

15e s.

Andreï Roublev, La descente aux Enfers ou Descente aux Limbes (tempera sur tilleul, 1408-1410)

Galerie Tretiakov, Moscou (Russie)

© Domaine public→

Une très vieille homélie anonyme de la vigile de Pâques (pseudo-Épiphane, Homélie pour le Samedi Saint, cité selon Hans Urs von Balthasar, Dieu et l’homme d’aujourd’hui, 1956) décrit cette descente du Christ aux enfers :

« Adam, en tant que premier père et premier créé de tous les hommes, et en tant que premier mortel, lui qui avait été tenu captif plus profondément que tous les autres, et avec le plus grand soin, il entendit le premier le bruit des pas du Seigneur, qui venait vers les prisonniers. Et il reconnut la voix de celui qui cheminait dans la prison, et, s’adressant à tous ceux qui étaient enchaînés avec lui depuis le commencement du monde, il parla : — J’entends les pas de quelqu’un qui vient vers nous ! Et pendant qu’il parlait, le Seigneur entra, tenant les armes victorieuses de la croix. […] Et lui ayant saisi la main, il lui dit : — Tiens-toi debout, toi qui dormais, lève-toi d’entre les morts, et le Christ t’illuminera. Je suis ton Dieu et, à cause de toi, je suis devenu ton Fils. Lèves-toi, toi qui dormais car je ne t’ai pas créé pour que tu séjournes ici enchaîné dans l’enfer. Surgis d’entre les morts, je suis la Vie des morts. Lève-toi, toi l’œuvre de mes mains, toi, mon effigie, qui a été faite à mon image […] Regarde sur mon visage les crachats que j’ai reçus pour toi, afin de te replacer dans l’antique paradis. Regarde sur mes joues la trace des soufflets que j’ai subis pour rétablir en mon image ta beauté détruite. Regarde mes mains qui ont été solidement clouées au bois, à cause de toi, qui autrefois a mal étendu tes mains vers le bois. […] Lève-toi et partons d’ici, de la mort à la vie, des ténèbres à la lumière éternelle. Levez-vous et partons d’ici et allons de la douleur à la joie, des chaînes à la liberté, de la captivité aux délices du paradis, de la terre au ciel. Mon Père céleste attend la brebis perdue, un trône de chérubin est prêt, les porteurs sont debout et attendent, la salle des noces est préparée. Les trésors de tout bien sont ouverts, le royaume des cieux qui existait avant tout les siècles vous attend. »

PARALITURGIE occidentale. Chemin de croix contemporain : une quinzième station !

Pour retrouver une spiritualité moins doloriste, plus authentiquement pascale, de nombreux artistes occidentaux ne s'arrêtent pas à la mise au tombeau de Jésus et ajoutent des stations à la dévotion si populaire du →chemin de croix.

Jerzy Duda-Gracz (1941-2004), 15 — Jésus ressuscité !, (huile sur toile, 2000-2001), 185 x 117 cm

Chemin de croix ex voto de l'artiste, narthex, galerie haute du sanctuaire de l'icône miraculeuse, Sanctuaire de Czestochowa, Jasna Gora (Pologne)

© D.R. Jerzy Duda-Gracz Estate→ ; photo : J.-M. N. , Mt 28,1-20 ; Mc 16,1-8 ; Lc 24,1-11 ; Jn 20,1.11-18

Et voici la station de la Résurrection : Jésus est vivant ! Il est vivant au milieu de cette constellation, de cet univers. De haut en bas, d’un vêtement blanc, de la gloire de cette blancheur ineffable, il bénit la Pologne, tout le peuple. Le Christ s’incorpore au corps de la nation ; de cette force et de ce regard, de cette intensité et de cette puissance. Mais l’artiste va encore poursuivre le commentaire. Et là, il va dépasser les stations traditionnelles d’un chemin de croix. (J.-M. N.)