Un projet du Programme de Recherches La Bible en ses traditions AISBL
Dirigé par l’École Biblique et Archéologique Française de Jérusalem
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12 Et elle voit
V Svit deux anges en blanc, assis
l’un à la tête et l’autre aux pieds, là où avait été mis le corps de Jésus.
13 Ceux-ci lui disent :
— Femme, pourquoi pleures-tu ?
Elle leur dit :
— Ils ont enlevé mon Seigneur et je ne sais pas où ils l’ont mis.
14 Ayant
VÀ peine avait-elle dit cela, elle se retourna en arrière
et elle voit Jésus se tenant debout
et elle ne savait pas que c’était Jésus.
15 Jésus lui dit :
— Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ?
Elle, pensant que c’était le jardinier, lui dit :
— Seigneur, si c’est toi qui l’as emporté dis-moi où tu l’as mis, et moi je l'enlèverai.
16 Jésus lui dit : — Marie !
S'étant retournée, elle lui dit Byz S Nesen hébreu :
— Rabbouni
SRabbouli ! C’est-à-dire : « Smon maître » !
17 Jésus lui dit :
— Cesse de me toucher
VNe me touche pas
SN'approche pas
car je ne suis pas encore monté vers le
Byz V S TRmon Père.
Mais va vers mes frères et dis-leur :
— Je monte vers mon Père et votre Père
vers mon Dieu et votre Dieu.
18 Vient Marie la Magdaléenne
VMarie-Madeleine annonçant aux disciples : — J’ai
Byz S TRqu'elle a vu le Seigneur et voilà ce qu'il m’a
Byz S TR Neslui a dit ...
18,1 ; 19,41 ; 20,1–16 un jardin Jardins de l'Agonie, de la Mort et de la Résurrection : symbolisme topographique des lieux saints à Jérusalem Les hauts-faits du Messie en sa passion sont traditionnellement situés dans des jardins concrets qui apparaissent « à mi-chemin » entre le jardin d'Éden originaire (Arts visuels Gn 2,15) et le jardin eschatologique de la Jérusalem à venir (Arts visuels Ap 2,7 ; 22,1s )
Comme un écho visuel du drame de la rédemption qui s'y joua, combat de la mort et de la vie, le mont des Oliviers est à la fois verdoyant comme un jardin et blanc comme un cimetière.
Erminig , Le mont des Oliviers, (photographie numérique, 2014)
Si l’on se retourne à 180°, au-delà de l’énorme esplanade du Temple, actuellement des mosquées, on est dans la direction d’une autre colline, aujourd’hui masquée sous les constructions de la ville de Jérusalem, qui était le site du jardin du Golgotha (ainsi nommé probablement à cause d’une éminence rocheuse en forme de crâne qui ponctuait le terrain et qui servait de lieu d’exécution spectaculaire : Jn 20,41), aujourd’hui enclose dans le Saint-Sépulcre. Lui aussi, au Ier siècle de notre ère, était à la fois un terrain ouvert, un verger et une nécropole. Cf. →Lieu de la mort et de l’ensevelissement de Jésus
1.11–18 Représentations du Ressuscité
, La descente aux Enfers ou Descente aux Limbes (tempera sur tilleul, 1408-1410)
Galerie Tretiakov, Moscou (Russie)
Une très vieille homélie anonyme de la vigile de Pâques (pseudo-Épiphane, Homélie pour le Samedi Saint, cité selon , Dieu et l’homme d’aujourd’hui, 1956) décrit cette descente du Christ aux enfers :
« Adam, en tant que premier père et premier créé de tous les hommes, et en tant que premier mortel, lui qui avait été tenu captif plus profondément que tous les autres, et avec le plus grand soin, il entendit le premier le bruit des pas du Seigneur, qui venait vers les prisonniers. Et il reconnut la voix de celui qui cheminait dans la prison, et, s’adressant à tous ceux qui étaient enchaînés avec lui depuis le commencement du monde, il parla : — J’entends les pas de quelqu’un qui vient vers nous ! Et pendant qu’il parlait, le Seigneur entra, tenant les armes victorieuses de la croix. […] Et lui ayant saisi la main, il lui dit : — Tiens-toi debout, toi qui dormais, lève-toi d’entre les morts, et le Christ t’illuminera. Je suis ton Dieu et, à cause de toi, je suis devenu ton Fils. Lèves-toi, toi qui dormais car je ne t’ai pas créé pour que tu séjournes ici enchaîné dans l’enfer. Surgis d’entre les morts, je suis la Vie des morts. Lève-toi, toi l’œuvre de mes mains, toi, mon effigie, qui a été faite à mon image […] Regarde sur mon visage les crachats que j’ai reçus pour toi, afin de te replacer dans l’antique paradis. Regarde sur mes joues la trace des soufflets que j’ai subis pour rétablir en mon image ta beauté détruite. Regarde mes mains qui ont été solidement clouées au bois, à cause de toi, qui autrefois a mal étendu tes mains vers le bois. […] Lève-toi et partons d’ici, de la mort à la vie, des ténèbres à la lumière éternelle. Levez-vous et partons d’ici et allons de la douleur à la joie, des chaînes à la liberté, de la captivité aux délices du paradis, de la terre au ciel. Mon Père céleste attend la brebis perdue, un trône de chérubin est prêt, les porteurs sont debout et attendent, la salle des noces est préparée. Les trésors de tout bien sont ouverts, le royaume des cieux qui existait avant tout les siècles vous attend. »
Pour retrouver une spiritualité moins doloriste, plus authentiquement pascale, de nombreux artistes occidentaux ne s'arrêtent pas à la mise au tombeau de Jésus et ajoutent des stations à la dévotion si populaire du →chemin de croix.
Jerzy (1941-2004), 15 — Jésus ressuscité !, (huile sur toile, 2000-2001), 185 x 117 cm
Chemin de croix ex voto de l'artiste, narthex, galerie haute du sanctuaire de l'icône miraculeuse, Sanctuaire de Czestochowa, Jasna Gora (Pologne)
© D.R. Jerzy Duda-Gracz Estate→ ; photo : J.-M. N. , Mt 28,1-20 ; Mc 16,1-8 ; Lc 24,1-11 ; Jn 20,1.11-18
Et voici la station de la Résurrection : Jésus est vivant ! Il est vivant au milieu de cette constellation, de cet univers. De haut en bas, d’un vêtement blanc, de la gloire de cette blancheur ineffable, il bénit la Pologne, tout le peuple. Le Christ s’incorpore au corps de la nation ; de cette force et de ce regard, de cette intensité et de cette puissance. Mais l’artiste va encore poursuivre le commentaire. Et là, il va dépasser les stations traditionnelles d’un chemin de croix. (J.-M. N.)