La Bible en ses Traditions

Luc 1,5–2,52

Byz V S TR Nes

Il y eut aux jours d’Hérode roi

Byz TRle roi de Judée, un prêtre nommé « Zacharie », de la classe d’Abia

et sa femme qui était des filles d’Aaron, dont le nom était : « Élisabeth ».

Tous deux étaient justes devant Dieu

marchant dans tous les commandements et ordonnances

Sdroiture du Seigneur d’une manière irréprochable.

Et ils n’avaient pas d'enfant parce qu’Élisabeth était stérile

et ils étaient tous deux avancés en âge.

Or il arriva, comme Zacharie remplissait devant Dieu les fonctions du sacerdoce, au tour de sa classe,

selon la coutume du sacerdoce

il lui échut Byz V TR Nespar le sort d’offrir l’encens

une fois entré dans le sanctuaire

Vtemple du Seigneur.

10 Et toute la multitude du peuple était dehors en prière

Vpriant, à l’heure

Sau moment de l’encens.

11 Alors lui apparut

Sapparut à Zacharie un ange du Seigneur

debout à droite de l’autel de l’encens.

Byz S TR Nes
V

12 Et Zacharie fut troublé en le voyant et la crainte fondit sur lui.

12 Zacharie fut troublé en le voyant et la crainte le saisit.

Byz V S TR Nes

13 Mais l’ange lui dit :

— Ne crains pas, Zacharie, car ta prière a été exaucée

et ta femme Élisabeth t’enfantera un fils

et tu l'appelleras du nom de Jean.

14 Et ce sera pour toi joie et allégresse

et beaucoup se réjouiront de sa naissance.

15 Car il sera grand devant le Seigneur et il ne boira ni vin ni boisson enivrante

et il sera rempli de l’Esprit Saint dès

Sdans  le sein de sa mère 

16 et il convertira de nombreux fils d’Israël au Seigneur, leur Dieu ;

17 et lui-même marchera devant lui, dans l’esprit et la puissance d’Élie Sle prophète

pour ramener les cœurs des pères vers les enfants

et les rebelles

Vincrédules  à la prudence des justes

pour préparer au Seigneur un peuple bien disposé

V Sparfait

18 Zacharie dit à l’ange :

— Comment connaîtrai-je cela ?

Car moi je suis un vieillard et ma femme est avancée en âge. 

19 Et, répondant, l’ange lui dit :

— Moi, je suis Gabriel, qui me tiens devant Dieu

et j’ai été envoyé pour te parler et t’annoncer cette bonne nouvelle.

20 Et voici, 

SAinsi tu vas être réduit au silence et tu ne pourras parler jusqu’au jour où ces choses arriveront

parce que tu n’as pas cru à mes paroles

Vmots

lesquelles

Vqui s’accompliront en leur temps. 

21 Et le peuple Sse tenait là et était dans l'attente de Zacharie

et on s’étonnait qu’il s’attardât dans le sanctuaire

Vtemple.

22 Quand il sortit, il

S Zacharie ne pouvait leur parler

et ils comprirent qu’il avait eu une vision dans le sanctuaire

Vtemple.

Et lui leur faisait des signes, et il demeurait muet.

23 Et il arriva,

Sil advint, quand furent accomplis les jours de son service, qu'il s’en retourna chez lui

Vqu'il s'en alla dans sa maison.

24 Après ces jours-là, sa femme Élisabeth conçut

et elle se tenait cachée cinq mois, disant :

Byz S TR Nes
V

25 — Ainsi a fait pour moi le Seigneur, aux jours où son regard sur moi a permis d'enlever mon opprobre parmi les hommes. 

25 — C'est ainsi que le Seigneur a fait pour moi aux jours où il m'a regardée pour me délivrer de mon opprobre parmi les hommes. 

Byz V S TR Nes

26 Au sixième mois

l’ange Gabriel fut envoyé par

Nes depuis

S d'auprès de Dieu dans une ville de Galilée du nom de « Nazareth »,

27 à une vierge fiancée à un homme du nom de « Joseph », de la maison de David

et le nom de la vierge était « Marie ».

Byz S TR Nes
V

28 Et, après être entré chez elle, il

Byz S TR l'ange dit :

— Réjouis-toi, pleine de grâce, le Seigneur est avec toi.

Byz S TRtoi, bénie que tu es entre les femmes 

28 Et, après être entré chez elle, l'ange dit : 

— Salut, pleine de grâce, le Seigneur est avec toi

tu es bénie entre les femmes.

Byz TR Nes
V S

29 or, à  cette parole, elle fut toute troublée

Byz TR sa vue, elle fut toute troublée par sa parole

et elle se demandait ce que pouvait être cette salutation.

29 Elle, comme elle avait vu, 

SAprès qu'elle [l'] eut vu, elle fut troublée par sa parole

Sses paroles

et elle réfléchissait : de quelle nature pouvait bien

Squelle pouvait être cette salutation ?

Byz V S TR Nes

30 Et l’ange lui dit :

— Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu.

31 Voici,

Byz S TR NesEt voici,  tu concevras dans ton sein, et tu enfanteras un fils

et tu l'appelleras du nom de « Jésus » :

32 celui-ci sera grand et il sera appelé « Fils du Très-Haut »

et le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père 

33 et il régnera sur la maison de Jacob pour [tous] les siècles

Véternellement

et son règne n’aura pas de fin. 

34 Marie dit à l’ange : 

— Comment cela arrivera-t-il, puisque je ne connais pas d’homme ? 

35 Et, répondant, l’ange lui dit :

— L’Esprit Saint surviendra sur

Ven toi

et la puissance du Très-Haut t'obombrera,

Shabitera sur toi,

c’est pourquoi ce qui S TR de toi est né

Vva naître saint sera appelé « Fils de Dieu ».

36 Et voici, Élisabeth, ta parente, a conçu, elle aussi, un fils dans sa vieillesse

et elle en est à son sixième mois, elle qu'on appelait

Vappelle « la stérile »

37 car aucune parole n'est impossible à

Nescar aucune parole n'est impossible de la part de 

Vcar aucun verbe ne sera impossible auprès de

Scar aucune parole n'est difficile pour Dieu.

38 Marie dit alors :

— Voici l'esclave 

Vla servante  du Seigneur : puisse-il en être pour moi

Vqu'il m'advienne selon ta parole

Vton verbe !

Et l’ange la quitta.

39 Se levant en ces jours-là, Marie partit en hâte pour la région des montagnes, vers une ville de Juda

40 et elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth.

41 Et il se fit, lorsqu'Élisabeth entendit la salutation de Marie,

que bondit l’enfant dans son sein

et que fut remplie d'Esprit Saint Élisabeth

42  elle poussa un grand cri

Byz V TRs'écria d'une voix forte et dit Sà Marie :

— Bénie es-tu entre les femmes ! et béni le fruit de ton ventre !

43 mais d’où m'arrive-t-il que vienne à moi la mère de mon Seigneur ?

44 Car, vois-tu, dès que la voix de ta salutation s'est fait entendre à mes oreilles

l’enfant a tressailli d'allégresse

Vde joie

Sd'une grande joie en mon sein !

45 Et bienheureuse, celle qui a cru 

car ce qui lui a été dit par le Seigneur s'accomplira.

46 Et Marie dit :

— Mon âme magnifie le Seigneur

47 et mon esprit exulte en Dieu, mon Sauveur

Vsalut

48 parce qu’il a jeté les yeux sur l'humilité de son esclave

Vsa servante.

Voici, en effet : désormais toutes les générations me diront « bienheureuse »

49 parce que le Puissant fit pour moi de grandes choses et saint est son nom 

50 et sa miséricorde se répand de génération en génération sur ceux qui le craignent.

51 Il a déployé la force

Sla victoire par son bras, il a dispersé les orgueilleux dans la pensée de leur cœur

52 il a renversé les puissants de leur trône et élevé les humbles 

53 il a comblé de biens les affamés et renvoyé les riches les mains vides.

54 Il a secouru Israël, son serviteur

Vfils se souvenant de sa miséricorde,

55 — comme il l'a dit à nos pères — en faveur d’Abraham et de sa descendance à jamais.

56 Marie demeura avec elle

Sauprès d'Elisabeth environ trois mois

puis elle s'en retourna dans sa maison. 

57 Pour Élisabeth fut accompli le temps d'enfanter

et elle donna naissance à un fils.

58 Ses voisins et ses parents apprirent que le Seigneur magnifiait sa miséricorde à son égard

et avec elle s'en réjouissaient.

59 Et ce fut le huitième jour

qu'ils vinrent pour circoncire l’enfant

et ils l'appelaient du nom de son père « Zacharie ».

60 Et sa mère répondit en disant

Sdit :

— Non, mais il sera appelé « Jean ». 

61 Et ils lui dirent :

— Il n’y a personne de

Byz V S TRdans ta parenté qui soit appelé de ce nom. 

62 Et ils demandaient par signes au père comment il voulait qu'on le nommât

63 et après avoir demandé une tablette, il écrivit, disant :

— « Jean » est son nom

et tous furent dans l’étonnement.

64 Sa bouche s’ouvrit à l'instant même et sa langue se délia

et il parlait, bénissant Dieu.

65 Et la crainte s’empara de tous leurs voisins

et, dans toute la région montagneuse

Vtoutes les montagnes de la Judée, on s'entretenait de toutes ces choses

S on s'entretenait de  ces choses

Vtous ces mots étaient divulgués.

66 Et tous ceux qui en entendirent parler les mirent dans leur cœur, en disant :

— Que sera donc

V— Que penses-tu que sera    cet enfant ?

Et V Nesde fait, la main du Seigneur était avec lui.

67 Et Zacharie, son père, fut rempli de l’Esprit Saint, et il prophétisa en disant :

68 — Béni soit Byz S TR Nesle Seigneur, le Dieu d’Israël parce qu’il a visité son peuple et opéré sa rédemption

69 et nous a suscité une corne de salut dans la maison de David, son serviteur

Vfils

70 selon qu’il l’avait promis

Byz S TR Nescomme il l'a dit par la bouche de ses saints prophètes des temps anciens —

71 pour nous sauver

Sracheter de nos ennemis

et de la main de tous ceux qui nous haïssent

Byz V TR Nes
S

72 pour faire miséricorde à nos pères

et se souvenir de son alliance sainte

Vsaint testament,

72 et il a exercé sa grâce envers nos pères

et s'est souvenu de ses alliances saintes,

Byz S TR Nes
V

73 du serment qu’il a juré à Abraham, notre père

de nous accorder que,

73 du serment qu’il a juré à Abraham, notre père,

74 sans crainte, délivrés de la main des

Byz S TRde nos ennemis

nous le servions

74 de nous accorder

afin que, délivrés de la main de nos ennemis,

nous puissions le servir sans crainte

Byz V S TR Nes

75 dans la sainteté et la justice devant sa face

Vdevant lui, tous les jours de notre vie.

S Nesdurant tous nos jours. 

76 Et toi, enfant, tu seras appelé « prophète du Très-Haut »

car tu marcheras devant la face du Seigneur pour préparer ses voies

77 pour donner à son peuple la connaissance du salut dans la rémission de ses péchés

78 par les entrailles de la miséricorde de notre Dieu

par lesquelles nous visitera l'astre levant

Vle soleil levant nous a visités  d’en haut

1,78 L'astre d'en haut Le messie futur : Za 3,8 ; Za 6,12 ; Ml 3,20 ; le Christ ressuscité : Ep 5,14 ; les Écritures : 2P 1,19

79 pour éclairer ceux qui sont assis dans les ténèbres et l’ombre de la mort

pour diriger nos pas dans la voie de la paix.

80 Quant à l’enfant, il croissait et se fortifiait en esprit 

et il était au désert jusqu’au jour de sa manifestation à Israël.

2,1 Il advint aussi, en ces jours-là, que sortit un édit de César Auguste

ordonnant de recenser tout le monde habité

Speuple en son pouvoir.

2,2 Ce fut le premier recensement, Quirinius

VQuirinus étant gouverneur de Syrie.

2,3 Et tous allaient se faire recenser

Vinscrire leur nom, chacun dans sa ville.

2,4 Joseph aussi monta de Galilée, de la ville de Nazareth

vers la Judée, vers la ville de David qui s’appelle Bethléem,

parce qu’il était de la maison et de la lignée

Vfamille de David,

2,5 pour se faire recenser

Vinscrire avec Marie sa fiancée,

Byz TRpromise pour être sa femme, laquelle était enceinte.

2,6 Or il advint, comme ils étaient là, que furent accomplis les jours où elle devait enfanter.

2,7 Et elle mit au monde son fils, le premier-né,

et elle l'emmaillota

Vl'enroula dans des langes 

et le coucha dans une

Byz TRla mangeoire parce qu’il n’y avait pas de place pour eux dans la salle.

S[là] où ils logeaient. 

Byz S TR Nes
V

2,8 Il y avait dans la région même des bergers qui vivaient aux champs et qui passaient les veilles de la nuit à veiller leur troupeau.

Il y avait dans la région même des bergers qui veillaient et qui passaient les veilles de la nuit à garder leur troupeau.

Byz V S TR Nes

2,9  Et Byz V S TRvoici, l'ange du Seigneur se tint près d'eux

et la gloire du Seigneur

Vlumière de Dieu resplendit autour d'

Ssur eux

et ils furent saisis d'une grande crainte.

2,10 Mais l’ange leur dit :

— Soyez sans crainte

car voici, je vous annonce la bonne nouvelle d'une grande joie, qui sera celle de tout le peuple :  

Smonde : 

2,11 Aujourd'hui vous est né un Sauveur, qui est le Christ Seigneur

SSeigneur Christ, dans la cité de David.

2,12 Et voici pour vous le signe :

vous trouverez un nouveau-né emmailloté

Venroulé dans des langes V Neset  placé dans une

S TR la mangeoire. 

2,13  Et soudain il y eut

Sapparut avec l'ange une multitude de l'armée céleste

louant Dieu et disant :

2,14 — Gloire à Dieu dans les hauteurs

et sur la terre paix aux hommes, volonté bonne.

Nesaux hommes de sa bienveillance. 

Vaux hommes de bonne volonté.

Set bonne espérance aux hommes.  

2,15 Et il advint, quand les anges les eurent quittés pour le ciel

que Byz TRles hommes, les bergers se disaient entre eux :

— Passons Byz TR Nesdonc jusqu’à Bethléem

et voyons cette parole qui est arrivée

Vce verbe qui est advenu

que le Seigneur V a fait advenir et nous a fait connaître

Vmontré

2,16 Et ils vinrent en hâte

et ils trouvèrent Marie et Joseph

et le nouveau-né placé dans la mangeoire.

2,17 Après avoir vu

VEn le voyant, ils firent connaître

V Nesreconnurent la parole qui leur avait été dite au sujet de cet 

Sl'enfant.

2,18 Et tous ceux qui les entendirent s'étonnèrent

de ce que leur disaient les bergers.

2,19 Quant à Marie, elle conservait avec soin toutes ces paroles, conférant en son cœur.

2,20 Et les bergers s’en retournèrent, glorifiant et louant Dieu

pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu

comme il leur avait été annoncé.

2,21 Et lorsque furent révolus les huit jours pour sa circoncision,

S TRla circoncision de l'enfant,

il fut appelé du nom de « Jésus »

nom dont il fut appelé par l’ange avant qu’il fut conçu dans le ventre de sa mère.

2,22 Et lorsque furent révolus

Vaccomplis les jours pour leur

V TRsa purification, selon la loi de Moïse,

ils le menèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur

2,23 selon qu'il est écrit dans la loi du Seigneur 

Vque « Tout mâle ouvrant le sein sera appelé "saint" pour le Seigneur »,

2,24 et pour offrir en sacrifice, selon ce qui est dit dans la loi du Seigneur,

« un couple de tourterelles ou deux jeunes colombes. »

2,25 Et voici, il y avait à Jérusalem un homme du nom de « Siméon »

c’était un homme juste et Vcraignant Dieu

attendant la consolation d’Israël

et l’Esprit Saint était en lui.

2,26 Et il avait reçu une réponse de l'Esprit Saint

Byz S TR Nes reçu de l'Esprit Saint la révélation 

qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Christ du Seigneur.

2,27 Et il vint, poussé par l'Esprit, dans le Temple ;

et comme ses parents amenaient l’enfant Jésus pour faire à son égard selon la coutume imposée par la Loi

2,28 il le reçut dans les

Byz V S TRses bras, bénit Dieu et dit :

2,29 — Maintenant tu laisses s'en aller ton serviteur, Maître, selon ta parole,

Vton verbe, dans la paix

2,30 puisque

Vparce que Svoici, mes yeux ont vu ton salut

2,31 celui que tu as préparé à la face de tous les peuples,

2,32 lumière pour la révélation des nations et gloire de ton peuple

Vpetit peuple Israël ! 

2,33 Et son père

Byz S TRJoseph et sa mère étaient dans l’étonnement de ce que l'on disait de lui.

2,34 Et Siméon les bénit

et il dit à Marie, sa mère :

— Voici, celui-ci est établi pour la chute et le relèvement de beaucoup

Vla ruine et la résurrection d'un grand nombre en Israël

et pour être un signe en butte à la contradiction ; 

2,35 et toi-même, un glaive te transpercera l'âme, 

afin que d'un grand nombre de cœurs soient révélées les pensées.

2,36 Et il y avait une prophétesse, Anne, fille de Phanouel

VPhanuel, de la tribu d'Aser.

Elle Saussi  était fort avancée en âge.

Après avoir vécu avec son mari sept ans, depuis sa virginité,

2,37 elle était restée veuve, parvenue à Byz S TRenviron  quatre-vingt-quatre ans

elle ne quittait pas le Temple

servant Dieu nuit et jour dans le jeûne et la prière.

2,38 Elle aussi

Byz TREt elle, survenant à l'heure même,

Byz S TR Nesaprès s'être levée à l'instant même, louait le Seigneur

NesDieu

et parlait de l’enfant à tous ceux qui attendaient la rédemption de Jérusalem.

2,39 Et, quand ils eurent achevé tout ce qui était conforme à la loi du Seigneur,

ils retournèrent en Galilée, dans leur ville à Nazareth.

2,40 Cependant l'enfant grandissait, se fortifiait dans l'Esprit, rempli

V Nes, rempli

Sdans l'Esprit et se remplissait de sagesse

et la grâce de Dieu était sur lui.

2,41 Et ses parents se rendaient chaque année à Jérusalem, pour la fête

Vle jour solennel  de la Pâque.

2,42 Et quand il eut douze ans

comme ils étaient montés Byz V TRà Jérusalem selon la coutume de la fête,

2,43 une fois les jours écoulés, alors qu'ils s'en retournaient

l'enfant Jésus resta à Jérusalem

et Joseph et de sa mère

V Nesses parents ne le savaient pas.

2,44 Pensant qu’il était dans la caravane

ils firent une journée de chemin

et ils le recherchaient parmi leurs proches et leurs connaissances.

2,45 Et ne l'ayant pas trouvé,

Vne le trouvant pas,

Sils ne le trouvèrent pas et ils s’en retournèrent à Jérusalem pour le chercher.

2,46 Il arriva que trois jours après

ils le trouvèrent dans le Temple, assis au milieu des docteurs,

les écoutant et les interrogeant ;

2,47 et tous ceux qui l'entendaient étaient stupéfaits

de son intelligence

Ssa sagesse et de ses réponses.

2,48 Et, le voyant, ils furent frappés d'étonnement.

Et sa mère lui dit :

— Mon enfant

V S Nesfils, que nous as-tu fait en agissant de la sorte ?

Vois, ton père et moi, c'est dans la douleur que nous te cherchons. 

Byz V S TRcherchions. 

2,49 Et il leur dit:

— Pourquoi me cherchiez-vous ?

Ne saviez

Ssavez-vous pas qu’il me faut être aux affaires

Sdans la maison de mon Père ?

2,50 Et eux ne comprirent pas la parole qu’il leur dit.

2,51 Et il descendit avec eux et vint à Nazareth

et il leur était soumis.

Et sa mère conservait toutes ces

Nesles paroles en son cœur.

2,52 Quant à Jésus, il croissait en Ssa sagesse, en taille

Ssa taille

Vâge et en grâce devant Dieu et devant les hommes.

Contexte

Repères historiques et géographiques

2,22–50 Un des lieux de l'enfance de Jésus : le Temple de Jérusalem

Le Temple de Jérusalem d'Hérode le Grand, (numérique, Jérusalem : 2022)

M.R. Fournier © BEST AISBL

Mc 11,11-12,44 ; 13,1-3 ; Mt 4,5 ; 21,12-24,2 ; Lc 2,22-50 ; 4,9 ; 19,45 ; 21,5.6.37 ; Jn 2,14-15 ; 5,14 ; 8,20 ; 10,23

Réception

Comparaison des versions

2,32 petit peuple  : V | Gr : peuple. Inculturation romaine ?  Alors que le texte grec emploie seulement l'alternance ethnos (nation) / laos (peuple), le latin propose la triade populi / gentes / plebs. La plebs désigne la partie inférieure du peuple, par opposition aux patriciens. L'athmosphère générale de la bonne nouvelle annoncée aux anawim, pauvres du Seigneur, n'a pas échappé à la finesse des traducteurs latins, qui savent que Dieu s'adresse plus particulièrement aux pauvres, dans son peuple. 

Frontispice de la bible Polyglotte d’Alcalà (1514-1517), (gravure sur bois) © Domaine public

Voici la traduction du décryptage allégorique imprimé au-dessus de ce frontispice montrant un écu à quinze carreaux surmontés de la croix et du chapeau cardinalice : « Les quinze carrés de cet écu représentent les quinze jours que passèrent ensemble à Jérusalem saint Pierre qui prêchait aux juifs ou à ceux de la synagogue et saint Paul, apôtre des nations. Le chiffre 7 (et en conséquence les 7 carrés de couleur de cet écu) signifie la loi antique ou Ancien Testament ; le chiffre 8 (ou les huit carrés de l'autre couleur) signifient la loi de grâce ou le Nouveau Testament. Le nombre 15 (donc les quinze carrés) les contient tous. »

Liturgie

1,13ss Ne crains pas

« Ne timeas »

Introït - Ne timeas

Chœur des moines de l’abbaye Sainte-Madeleine du Barroux

© Abbaye du Barroux→, Lc 1,13ss Ps 21,2

1,26–38 l'ange Gabriel fut envoyé par Dieu L'Annonciation comme fondement liturgique

ORAISON Prière à la Vierge mère

L'adjectif almus,a,um en latin poétique signifie : nourrissant, qui donne vie, ou encore (à propos d'une dieu) : bienveillant, indulgent. Or phonétiquement c'est le presque même mot que le substantif hébreu ‘alma, désignant une pucelle (comme saint Jérôme l'a bien compris Texte biblique). Il apparaît dans au moins deux pièces célèbres du patrimoine grégorien.

  • L'hymne Ave Maris Stella salue la Vierge Marie comme Dei mater alma
  • L'antienne Alma Redemptoris mater, pour le Temps de Noël, la célèbre sous le même vocable. 

Traditionnel ou Hermann de Reichenau (1013-1054)Alma Redemptoris Mater (ton simple)

Chœur des Pères du Saint-Esprit de Chevilly, AlbumÉternel Grégorien 

[Merlin] IDOL Distribution (au nom de Studio SM); UMPI et alii © Licence YouTube standard

Partition tirée du Liber Usualis (1961), p.277.

Texte 

Alma Redemptóris Mater, quæ pérvia cœli porta manes, Et stella maris, succúrre cadénti, súrgere qui curat pópulo :Tu quæ genuísti, natúra miránte, tuum sanctum Genitórem : Virgo prius ac postérius, Gabriélis ab ore sumens illud Ave, peccatórum miserére.

Tendre mère du Rédempteur, qui demeures porte ouverte du Ciel, et étoile de la mer, viens en secours au peuple qui succombe et cherche à se relever : Toi qui as engendré, à la surprise de la nature, ton saint Créateur : vierge avant et après [l’enfantement], la bouche de Gabriel, recevant cette salutation, prends pitié de[ nou]s pécheurs !

Palestrina Giovanni Pierluigi da (ca. 1525–1594), Alma Redemptoris Mater, Antiphona cum quatuor vocibus ad Completorium de tempore Nativitatis usque ad secundas Vesperas Purificationis Beatæ Mariæ Virginis inclusive, 1604, in Motectorum quatuor vocibus : Liber Secundus : partim plena vox et partim paribus vocibus / Ioan. Petraloysii Prænestini. Nunc denum in lucem æditus. Venetiis : apud Angelum Gardanum, MDCIV

The King's Singers→ , How Fair Thou Art: Biblical Passions by Giovanni Pierluigi da Palestrina, piste 1, (CD, 2016)

 Signum Classics→ © Licence YouTube standard

1,31 ; 2,21 tu l'appelleras du nom de « Jésus » + il fut appelé du nom de « Jésus » nom dont il fut appelé par l'ange... — Culte du nom de Jésus en Occident

D'après Ignace de Loyola (1491-1556), Emblème IHS des Jésuites, (remastérisation numérique d'un dessin de 1541)

 version numérique : D.R. Moranski © Domaine public→ 

La croix est ici assez ornée, mais les premières représentations modernes montrent parfois une croix simple ou diverses ornementations baroques les trois clous sont parfois représentés perçant un cœur ; les rayons droits et ondulés alternés se trouvent dans les spécimens historiques, et parfois avec deux ou trois rayons droits séparant les rayons ondulés. Leur nombre est souvent de 32 comme ici, mais parfois aussi de 12, 16 ou 24. L'emblème est parfois entouré de l'inscription : et vocatum est nomen eius Iesus (Lc 2,21).

Hymnes

En occident, de nombreuses hymnes vénèrent le nom de Jésus, soit en commençant par le nom lui-même, soit en l'invoquant dans les strophes suivantes, soit dans les doxologies :

  • Hymne de Laudes de la Fête du Sacré-Coeur « Jesu, auctor clementiae, / totius spes laetitiae, / dulcoris fons et gratiae, / verae cordis deliciae -- (Jésus, auteur de la clémence, espérance de toute joie, source de douceur et de grâce, vraies délices du coeur) -- Jesu, spes paenitentibus (Jésus, espoir des repentants),  [...] Tua, Iesu, dilectio / grata mentis refectio » (Ton amour, Jésus, est l'aimable nourriture de l'âme) -- O Jesu dilectissime, / spes suspirantis animae » (O très aimé Jésus, espoir de l'âme qui aspire à toi) -- Mane nobiscum, Domine (Reste avec nous, Seigneur) -- Jesu, summa benignitas (Jésus, suprême bienveillance) -- Jesu, flos Matris virginis / qui corde fundis gratiam » (Jésus, fleur d'une vierge Mère / qui de ton coeur répands la grâce) » (Hymn. 92s).
  • Vêpres du carême en semaine « Iesu, quadragenariae / dicator abstinentiae (Jésus, toi qui as rendu sainte / l'abstinence du carême) » (Hymn. 44) ;
  • Vêpres de l'Ascension « Jesu, nostra redemptio (O Jésus, notre rédemption) » (Hymn. 71) ;
  • Complies jusqu'à l'Ascension « Iesu, redemptor saeculi (Jésus, sauveur du monde) -- Jesu, tibi sit gloria / qui morte victa praenites » (À toi, Jésus, soit la gloire / qui brilles par ta victoire sur la mort) » (63s) ;
  • Office des lectures du Christ roi de l'univers « Jesu, rex admirabilis, (Jésus, roi admirable) -- Rex virtutum rex gloriae, rex insignis victoriae, Jesu largitor gratiae (Roi des puissance, roi de gloire, roi d'un insigne victoire, Jésus, donateur de la grâce) -- Toi que les choeurs du ciel proclament / qu'il ne se lassent d'acclamer tes louanges, Jésus réjouit le monde / et nous met en paix avec Dieu. -- Jesu in pace imperat (Jésus règne dans la paix) -- Iesu, flos matris virginis (Jésus, fleur d'une Vierge mère) » (Hymn. 95s).
  • Laudes du 6 août Transfiguration du Seigneur « Dulcis Iesu memoria (Doux souvenir de Jésus) -- Rien de plus suave à chanter, / rien de plus joyeux à entendre, / rien de plus doux à méditer / que Jésus, le Fils de Dieu même) -- Iesu, dulcedo cordium / (Jésus, douceur des coeurs / source du vrai, lumière des esprits / tu surpasses toute joie / et tout désir) » (Hymn. 348) ;

De nombreuses doxologies commencent avec le nom de Jésus comme par ex. :

  • Les hymnes du temps de Noël : Vêpres de Noël « Iesu, tibi sit gloria / qui natus es de Virgine (Hymn. 26) ; Laudes de Noël idem (Hymn. 29) ; Vêpres de la Sainte Famille « Iesu, tuis oboediens / qui factus es parentibus » (Hymn. 30) ; Office des lectures « Sit tibi, Iesu, decus atque virtus » (Hymn. 32) ; Office des Lectures du 1er janvier « Iesu, tibi sit gloria / qui natus es de Virgine » (Hymn. 35) ; à partir de l'Épiphanie : Vêpres, Office des Lectures et Laudes de l'Épiphanie « Iesu, tibi sit gloria / qui te revelas gentibus » (Hymn. 37-39) ;
  • Hymnes du temps pascal : Vêpres, Complies, Office des lectures, Laudes, Tierce, None « Iesu, tibi sit gloria / qui morte victa praenites (Jésus, à toi soit la gloire) (Hymn. 62-70) ;
  • Hymnes des Vêpres, Office des Lectures du Sacré Coeur de Jésus « Iesu tibi sit gloria / qui corde fundis gratiam » et « Iesu, flos Matris virginis / amor nostrae dulcedinis » (Hymn. 91.93) ;
  • Hymnes des Vêpres, Office des Lectures du Christ Roi « Iesu tibi sit gloria / qui cuncta amore temperas », et « Iesu, flos Matris virginis / amor nostrae dulcedinis » (Hymn. 95s) ;
  • Hymnes du commun des vierges « Iesu, tibi sit gloria / qui natus es de Virgine » (257s.259).

Litanies

Traditionnel (grégorien), Litaniae Sanctissimi Nominis Jesu

Verbum gloriæ→, 2022  © Licence YouTube standard

1,39–56 Marie partit en hâte FÊTE La Visitation La fête de la Visitation de la Bienheureuse Vierge Marie célèbre la visite de Marie à sa cousine Élisabeth après l’Annonciation de la naissance de Jésus.

Le Faussaire espagnol (fin 19e s. - début 20e s.), Livre de chœur (tempera, encre et or sur parchemin), Visitation dans un D initial, 48.8 × 36.1 cm

n° 31.134.3, Metropolitan Museum of Art, New York (USA), © Domaine public→

HISTOIRE

Calendrier

La date traditionnelle de cette fête était le 2 juillet, huit jours après la célébration de la nativité de saint Jean-Baptiste puisque l’évangile de Luc nous rapporte que Marie est restée chez sa cousine Élisabeth jusqu’à la naissance du Précurseur, en prenant en compte les huit jours correspondant aux rites de l’imposition du nom.

Aujourd’hui la Visitation est fêtée le 31 mai, dernier jour du mois consacré à la Vierge Marie.

Institution

La première célébration de cette fête se retrouve chez les franciscains en 1263 sous l’impulsion de saint Bonaventure, puis dans quelques églises particulières comme celles du Mans, de Reims et de Paris. 

Le pape Urbain VI l’étendit à toute l’Église en 1379. Les Leçons de l’Office primitivement composé pour cette fête nous apprennent qu’elle avait été instituée pour obtenir la cessation du schisme qui déchirait l’Église à l’époque : Marie apparaît comme la véritable arche d’alliance qui porte en elle l’Emmanuel, témoignage vivant d’une alliance entre la terre et les cieux.

CÉLÉBRATION

Textes
  • La première lecture est tirée du livre du prophète Sophonie (So 3,14-18) qui annonce la joie d’Élisabeth recevant la visite de la Mère du Sauveur : « Le roi d’Israël, le Seigneur, est en toi ».
  • Le cantique fait résonner la voix du prophète Isaïe (Is 12,2-6) dans une louange aux accents du Magnificat.
  • L’évangile de Luc (Lc 1,39-56) nous livre le récit de l’événement avec le cantique de la Vierge Marie, le Magnificat.

MYSTAGOGIE

Typologie

Le Magnificat (Intertextualité biblique Lc 1,46–55), son usage liturgique (Liturgie Lc 1,46–50) et les bienfaits de sa récitation quotidienne (Tradition chrétienne Lc 1,46–59).

Mystique
  • : « Heureuse fut la demeure du lévite devenu, pour trois mois, l’hôte du Très-Haut résidant sur le propitiatoire d’or ; plus fortunée sera celle du prêtre Zacharie, qui, durant un même espace de temps, abritera l’éternelle Sagesse nouvellement descendue au sein très pur où vient de se consommer l’union qu’ambitionnait son amour ! Par le péché d’origine, l’ennemi de Dieu et des hommes tenait captif, en cette maison bénie, celui qui devait en être l’ornement dans les siècles sans fin ; l’ambassade de l’ange annonçant la naissance de Jean, sa conception miraculeuse, n’avaient point exempté le fils de la stérile du tribut honteux que tous les fils d’Adam doivent solder au prince de la mort, à leur entrée dans la vie. Mais, les habitants d’Azot en firent autrefois l’expérience, Dagon ne saurait tenir debout devant l’arche : Marie paraît, et Satan renversé subit dans l’âme de Jean sa plus belle défaite, qui toutefois ne sera point la dernière ; car l’arche de l’alliance n’arrêtera ses triomphes qu’avec la réconciliation du dernier des élus » Guéranger L'Année liturgiquela Vistitation.
  • La dévotion mariale selon saint Louis-Marie Grignon de Montfort Mystique Lc 1,42b

Sandro Botticelli (ca 1445-1510), tondo de la Madone du Magnificat (tempera sur panneau de bois, 1481), diam. 118 cm

Inv. 1890: 1609, Galerie des Offices, Florence (Italie) © Domaine public→

CULTURE POPULAIRE

Musique
Mois de Marie

La Visitation tombe aujourd’hui le dernier jour du mois de mai, traditionnellement consacré à la Vierge Marie. Cette coutume remonte au Moyen-Âge, avec une montée de la piété mariale qui comporte l’élévation d’autels à la Sainte Vierge ou le tressage de couronnes de fleurs à la période de la floraison dès le début du mois de mai. Aujourd’hui encore on peut voir des autels domestiques en honneur de la Vierge Marie dans les foyers chrétiens, devant lesquels la famille récite la prière du Rosaire. 

En Alsace et en Champagne la tradition veut que des groupes de jeunes filles aillent de maison en maison chanter des cantiques mariaux en faisant une quête au profit de la rénovation des autels consacrés à la Sainte Vierge : elles sont connues sous le nom de « trimazettes ».

Anonyme, Enfants ornant un autel de mai [Maialtärchen], chromolithographie, ca. 1870–1900 © CC BY-SA 4.0→

2,1.16–48 Joseph FÊTE Saint Joseph Saint Joseph, le père adoptif de Jésus, est présent dans l'évangile de Luc dès l'Annonciation (Lc 1,27), au moment du recensement (Lc 2,1-5) à la Nativité (Lc 2,16), à la Présentation de Jésus au temple (Lc 2,27) ; au recouvrement de Jésus au Temple (Lc 2,48).

La messe de la Saint-Joseph, le 19 mars, est la fête liturgique en l’honneur de l’« époux de la Bienheureuse Vierge Marie ». Saint Joseph est le saint patron de l’Église universelle, des pères de famille et des travailleurs.

T'oros Roslin, Évangiles de T'oros Roslin, (encre et pigments sur parchemin, 1262, Arménie), Le songe de Joseph, 23 × 29,8 cm

W.539, fol. 17 recto, Walters Art Museum, Baltimore (USA) © Domaine public→

HISTOIRE

Calendrier

Saint Joseph est fêté le 19 mars en tant qu’époux de la Bienheureuse Vierge Marie et le 1er mai en tant qu’artisan.

Institution

La fête a été célébrée très tôt dans l’Église. Saint Joseph est mentionné dans les plus anciens martyrologes : dans le calendrier d’Eusèbe de Césarée (4e s.) et dans le Martyrologue de saint Maximin de Trèves (4e s.).

  • Au 5e s. elle était célébrée le 20 juillet dans certains monastères égyptiens.
  • En Occident on trouve une première mention de la fête le 19 mars dans le martyrologe de Rheinau aux alentours de 800. La fête apparaît aussi dans plusieurs calendriers liturgiques de l’Occident à partir du 10e siècle. Le culte de saint Joseph se développa surtout au cours des 14e et 15e s. sous l’influence des Franciscains qui avaient établi en 1399 la fête pour tout leur ordre. La fête de saint Joseph le 19 mars devient une fête d’obligation pour toute l’Église en 1621 sous Grégoire XV.

Le pape Pie IX déclara saint Joseph « Patron de l’Église universelle » le 8 décembre 1870.

  • La fête de saint Joseph artisan le 1er mai a été instituée en 1955 par le Pape Pie XII. Elle a remplacé la fête mobile du Patronage de saint Joseph instituée en 1847 et célébrée dans un premier temps le troisième dimanche après Pâques puis le mercredi de la deuxième semaine après l’Octave de Pâques à partir de 1913.

CÉLÉBRATION

Textes
19 mars : « Saint Joseph époux de la Bienheureuse Vierge Marie »
  • La première lecture de la Messe du 19 mars annonce la paternité adoptive de saint Joseph, de la maison de David, dans la bouche du prophète Samuel : « C’est lui qui bâtira une maison pour mon nom, et je rendrai stable pour toujours son trône royal. Moi, je serai pour lui un père ; et lui sera pour moi un fils » (2S 7,4-16). 
  • Le psaume 89 reprend la promesse faite à David : « J'établirai ta dynastie pour toujours, je te bâtis un trône pour la suite des âges » (Ps 89,2-29). 
  • La deuxième lecture nous fait comparer la confiance de saint Joseph à la foi d’Abraham : « Espérant contre toute espérance, il a cru » (Rm 4,13-22). 
  • L’Évangile selon saint Matthieu donne le récit de l’annonce par l’ange à saint Joseph de la naissance de Jésus (Mt 1,16-24). 
1er mai : « Saint Joseph artisan »

Le missel romain édité après la réforme de 1969 ne prévoit pas de lectures propres pour cette fête. Dans le MRE :

  • la première lecture est tirée de l’épître de saint Paul aux Colossiens et fonde la spiritualité du travail : « Quoi que vous fassiez produisez-le de cœur comme pour le Seigneur et non pas pour des hommes » (Col 3,14-24). 
  • L’Évangile selon saint Matthieu désigne ensuite saint Joseph par son métier de charpentier : « Celui-ci n'est-il pas le fils du charpentier ? Est-ce que sa mère ne s’appelle pas Marie ? » (Mt 13,54-58). 

MYSTAGOGIE

Typologie biblique

→Typologie de Jésus-Joseph dans le NT 

Les deux Joseph

  • « Le premier Joseph vendu par ses frères, et en cela figure du Christ, fut conduit en Égypte ; le second, fuyant la jalousie d’Hérode, porta le Christ en Égypte. Le premier Joseph, gardant la foi à son maître, respecta l’épouse de celui-ci ; le second, non moins chaste, fut le gardien de sa Souveraine, de la Mère de son Seigneur, et le témoin de sa virginité. Au premier fut donnée l’intelligence des secrets révélés par les songes ; le second reçut la confidence des mystères du ciel même. Le premier conserva les récoltes du froment, non pour lui-même, mais pour tout le peuple ; le second reçut en sa garde le Pain vivant descendu du ciel, pour lui-même et pour le monde entier. » Bernard de Clairvaux Hom. II Missus est 

RELIGION POPULAIRE

Saint Joseph est immensément populaire : seul être humain à qui Dieu incarné en Jésus-Christ ait pu dire « père », sa puissance d'intercession auprès de son Fils glorifié en faveur de ceux qui le prient, ne fait aucun doute pour les humbles croyants. 

Cotignac

Dans la seule apparition du père de Jésus jamais reconnue par l'Église catholique, saint Joseph est apparu à Cotignac, en Provence, en 1660. Gaspard Ricard, berger, se retrouva assoiffé au milieu d’une journée brûlante de juin. Tout à coup, un homme surgit devant lui et lui dit en montrant une pierre : « — Je suis Joseph, enlève-la et tu boiras ». Le pâtre fit basculer le lourd rocher au premier effort et trouva une source miraculeuse. Cette source coule toujours en haut de la colline du Bessillon et son eau a obtenu de nombreuses guérisons.

Inscription à la source de saint Joseph, Cotignac (Provence, France) © Domaine public→

Montréal (Québec, Canada)

L’Oratoire Saint Joseph du Mont-Royal dans la ville de Montréal, troisième plus grand oratoire au monde, attire deux millions de visiteurs chaque année. Construit sur l’initiative du saint frère André Bessette, ce sanctuaire est témoin des nombreuses grâces et guérisons obtenues par l’intercession de saint Joseph. L’huile qui brûle devant la statue de saint Joseph est distribuée en dévotion au père nourricier du Rédempteur et a provoqué de nombreux miracles.

Paolo Costa Baldi, Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal, Montréal (Québec, Canada), photographie numérique © CC-BY-SA 3.0→

Santa Fe (Nouveau Mexique, États, Unis)

A Santa Fe au Nouveau Mexique, l’escalier de la chapelle de Loretto est connu pour son mystérieux artisan. Les ouvriers se sont rendu compte à la fin des travaux que le chœur situé à l’étage de la chapelle était inaccessible depuis la nef. Les Sœurs de Lorette prièrent une neuvaine à saint Joseph artisan pour obtenir une grâce. Le neuvième jour un étranger se présente comme un charpentier et propose de construire l’escalier manquant. Son ouvrage terminé il disparaît sans demander de salaire. L’escalier, construit sans clou ni colle, ne repose sur aucun support central : on l’appelle « l’escalier miraculeux ».

L'escalier miraculeux de la chapelle de Lorette, Santa Fe (USA), photographie numérique © CC BY-SA 3.0→,  

 Depuis ce temps une rumeur circule à Santa Fe que le mystérieux charpentier serait ... saint Joseph lui-même venu apporter une solution au problème des sœurs !

CULTURE POPULAIRE

Sicile et États-Unis

En Sicile, mais aussi dans des communautés Italo-Américaines, par exemple à la Nouvelle-Orléans, il est coutume de faire une grande fête pour la Saint-Joseph et de distribuer des fèves. Les fèves sont séchées, torréfiées et bénies et distribuées à la population devenant ainsi la très populaire « fève porte-bonheur ». La légende raconte aux États-Unis que posséder cette fève préserve de la faillite, ou encore que la conserver dans son garde-manger assurera d’avoir toujours à manger dans la cuisine. Cette coutume repose sur la puissante intercession de saint Joseph pour toutes les nécessités matérielles.

Dans ces mêmes endroits on érige aussi des « autels » à saint Joseph, décorés avec des bougies, des statues, des fleurs, des médailles, mais aussi des offrandes de nourriture : elles sont ajoutées à la corne d’abondance dont chacun est invité à se régaler pendant la fête.

Ces traditions siciliennes viennent de la sécheresse et de la famine que la Sicile a vécues au Moyen-Âge. Les habitants prièrent saint Joseph de faire tomber la pluie, et lui promirent une grande fête pour le remercier. La pluie étant tombée, les siciliens exaucés firent un banquet en l’honneur de saint Joseph.

Défilé avec des chevaux ornés de fleurs dans les rues de la ville pour la procession religieuse de la Saint-Joseph, (Photographie numérique, 2014)

Sicccli (Province de Raguse, Sicile, Italie) © Stocklib / agiampiccolo→

Valence (Espagne)

La fête des Fallas est la fête patronale de Valence, dont le saint patron est saint Joseph, patron des charpentiers.

Le terme falla vient du latin facula, « petite torche ». L'origine remonte au Moyen Âge : les charpentiers brûlaient à la fin de l'hiver le support en bois qui servait à accrocher leur torche, ajoutant au bûcher toutes sortes de détritus dont ils voulaient se débarrasser. Au fil du temps, ces supports furent recouverts de vieux vêtements et prirent peu à peu l'apparence de personnages reconnaissables de l'entourage des charpentiers, jusqu'à devenir des représentations satiriques.

Du 1er au 19 mars, des spectacles et défilés mêlent art éphémère, satire sociale, feu et pyrotechnie dans une célébration qui se conclut le jour de la Saint-Joseph par la cremà : l'incendie spectaculaire de toutes les fallas, précédé de nombreux actes emblématiques. Un seul ninot, choisi par vote populaire, est épargné des flammes pour rejoindre la collection du Musée des Fallas.

Rafa Esteve, L'embrasement des Fallas qui marque la fin de la plus grande fête de Valence, (Photographie numérique, 20/03/2019)

© Creative Commons Attribution-Share Alike 4.0 International→

La fête des Fallas a été inscrite sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l'humanité de l'UNESCO le 30 novembre 2016.

Gastronomie

Les zeppole di San Giuseppe sont des pâtisseries italiennes (beignets ou choux garnis de crème) préparées le 19 mars pour la fête de Saint Joseph. Elles s’inscrivent dans la tradition des « tables de saint Joseph », où l’on offre des aliments en action de grâce et en partage avec les pauvres, en mémoire d’une famine surmontée. Par leur abondance et leur douceur, elles symbolisent à la fois la providence et la générosité associées à Saint Joseph.

Luca Sartoni, Zeppole posés sur un plat, (Photographie numérique, 2010)

© Creative Commons Attribution-Share Alike 2.0 Generic→

2,21–40 ils le menèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur FÊTE La Présentation de Jésus au Temple La Présentation de Jésus au Temple, autrefois appelée « la Purification de la Bienheureuse Vierge Marie », est la fête liturgique qui vient clore le temps de Noël, quarante jours après la naissance de Jésus.

Maître de Bagnacavallo (ca. 1278 à Imola,IT), Graduel, (tempera et encre sur parchemin), 18.6 x 14.9 cm

Présentation du Christ au Temple dans un S initial, The Met Museum, New-York (USA), © Domaine public→

HISTOIRE

Calendrier

La fête se célèbre le 2 février, soit quarante jours après le 25 décembre, respectant ainsi le délai historique de la purification prescrite par la loi mosaïque. 

Institution

Les premières traces de la célébration de la Présentation du Seigneur se trouvent en Orient, dans le journal de pèlerinage d'Égérie Itin. vers la fin du 4e s. Le rite de la procession des cierges fut probablement ajouté en 450. Cette fête s'imposa à Constantinople au 6e s. sous le nom d'Hypapantê, c'est-à-dire la « Rencontre » du vieillard Siméon et du Sauveur.

Rome reçoit d'Orient cette célébration au milieu du 7e siècle, et la célèbre sous son nom grec ou en l'appellant Obviatio (Rencontre) ou encore de « jour de saint Siméon ». Le pape Sergius Ier (687–701) institue une procession stationnale avec cierges qui fera de ce jour une fête visible et populaire.

Cette fête permet de christianiser les Lupercales qui se tenaient au mois de février : pour les romains ce mois était très important d’un point de vue religieux et symbolique, en tant que dernier mois de l’hiver. Il était dédié en particulier aux rites de purification et de fécondité, si bien que le verbe latin februare, « purifier », a donné le nom au mois.

Andrea Camassei (1602-1649), Les Lupercales (huile sur toile, ca. 1635), 238 x 366 cm

Musée du Prado, Madrid (Espagne) © Domaine public→

Au milieu du 8e siècle, une nouvelle appellation se fit jour en pays francs, celle de purificatio Sanctae Mariae. Aux 9e et 10e siècles, les deux titres se concurrencèrent, puis le second prévalut.

Seul le martyrologe de la basilique Saint-Pierre indique le nom de Présentation en Occident : Ypapanti Domini, id est obviatio seu appresentatio Domini nostri Iesu Christi secundum carnem.

En 1997 le pape saint Jean-Paul II institue le 2 février comme « Journée de la vie consacrée ». 

CÉLÉBRATION

Textes
  • La première lecture de la messe de la Présentation du Seigneur est tirée du livre du prophète Malachie qui annonce la venue du Seigneur lui-même dans son temple (Ml 3,1-4).
  • Le psaume 24 célèbre l’entrée du Roi de gloire dans son Temple en passant par les portes éternelles (Ps 24,7-10).
  • L’Évangile selon Luc livre le récit de l’événement (Lc 2,22-40).
Rites

La fête de la Présentation est marquée par une des plus importantes processions de l’année liturgique avec celle des Rameaux. Le prêtre commence par bénir les cierges déposés sur l’autel : cinq grandes oraisons étaient traditionnellement chantées pour cette bénédiction (MRE) en reprenant le symbolisme du feu divin dans l’Ancien Testament et en demandant que le feu invisible du Saint-Esprit embrase nos âmes. Après que les cierges aient été distribués au chant du cantique de Siméon commence la procession accompagnée des fidèles tenant leurs cierges allumés.

Mystagogie
La Présentation : une fête de l'obéissance
  • La Présentation du Seigneur accomplit une prescription de la loi juive du livre de l’Exode : « Consacre-moi tout premier-né, qui sort du sein maternel parmi les fils d’Israël » (Ex 13,2.11-13) : Liturgie Ex 13,1.
La Purification : une célébration de l'humilité

En évoquant la quarantaine et les rites de purification imposés aux parturientes (Propositions de lecture Lv 12,1–8), c'est l'humilité de la Vierge qu'on souligne :

  • « Le plan divin qui avait exigé que Marie fût l'épouse de Joseph, pour protéger, aux yeux du peuple, sa virginité féconde, demandait donc que cette très chaste Mère vînt comme les autres femmes d'Israël offrir le sacrifice de purification, pour la naissance du Fils qu'elle avait conçu par l'opération de l'Esprit-Saint, mais qui devait être présenté au Temple comme le fils de Marie, épouse de Joseph » Guéranger L'Année liturgique (Temps de Noël, vol. 2, la Purification de la Très Sainte Vierge).
La Chandeleur : l'entrée dans le Temple de la Lumière
  • La Présentation de Jésus au temple est aussi appelée « Chandeleur » car la procession qui précède la Messe rappelle le voyage de Marie et de Joseph montant au Temple, pour y présenter « l’Ange de l’Alliance », comme l’avait prédit Malachie : « et aussitôt viendra dans son temple le Seigneur que vous cherchez, l’ange de l’alliance que vous désirez » (Ml 3,1). 
  • Cette fête célèbre le Christ « Lumière du monde » selon le Cantique du vieillard Syméon : « lumière pour éclairer les nations et gloire de ton peuple, Israël » (Lc 2,32). « La cire des cierges signifie la chair virginale du divin enfant, la mèche figure son âme et la flamme sa divinité » (Saint Anselme, Enarrationes in Lucam).

CULTURE POPULAIRE

Dernière fête du cycle de Noël, la Présentation du Seigneur est le jour à partir duquel on retire les crèches des églises et des maisons pour se tourner vers le mystère pascal à venir.

La dimension populaire de cette fête est représentée par des proverbes liés au passage de l’hiver au printemps, tels que : « Quand le soleil de la Chandeleur fait lanterne – Quarante jour après, il hiverne », ou « Rosée de Chandeleur, Hiver à sa dernière heure ».

La Fête de la Purification a marqué certaines coutumes populaires : par exemple, dans le village sicilien de Chiaramonte, les femmes montent au sommet la montagne le jour précédant la fête, et se purifient avec la rosée.

Il est traditionnel de faire des crêpes le jour de la Chandeleur : leur forme ronde et leur couleur dorée rappellent le Soleil de retour après les longues nuits d’hiver. Cette coutume annonçait la prospérité selon le proverbe : Si point ne veut de blé charbonneux, Mange des crêpes à la Chandeleur. Certains paysans faisaient sauter la première crêpe avec la main droite en tenant une pièce d’or dans le creux de leur main gauche. La crêpe fourrée de la pièce était gardée en haut d’une armoire pour donner la pièce d’or l’année suivante au premier pauvre de passage.

Crêpe de la Chandeleur, photographie numérique, 2005 © CC BY-SA 3.0→

Aux États-Unis et au Canada la Chandeleur est aussi le « Jour de la marmotte » : on observe une marmotte sortir de son terrier, selon qu'elle voit son ombre (par temps clair) et en est effrayée au point de rentrer derechef dans son antre, ou qu'elle ne la voit pas (par temps couvert) et se met à vaquer à ses occupations extérieres, on en infère que l'hiver durera encore six semaines ou bien est près de se finir.

Aaron Silvers, Groundhog day, photographie numérique

01/02/2005, Pennsylvanie (USA) © Creative Commons Attribution-Share Alike 2.0 Generic→ 

2,32 Lumière pour éclairer - Antienne

Antienne « Lumen ad revelationem »

Traditionnel, Antienne - Lumen ad revelationem

Chœur des moines de l’abbaye Sainte-Madeleine du Barroux

© Abbaye du Barroux→, Lc 2,32

Antienne chantée aux laudes de la Présentation du Seigneur le 2 février.

Littérature

1,4.20.37s verbes + verbe (V) : FRANÇAIS BIBLIQUE Du Verbe aux verbes et réciproquement La Vulgate emploie un même mot au pluriel d'abord (verba), au singulier ensuite (verbum), pour désigner les traditions évangéliques et les annonces et promesses divines.  

Du latin ...

Le nom verbum, omniprésent dans les Écritures, signifie « mot, énoncé, parole(s) » et beaucoup plus encore. Il assume les significations de dabar et de logos, cristallisant la méditation sur la présence d'un « langage » transcendant avec le Créateur, participé dans la création. Cet usage culmine dans le Nouveau Testament pour désigner le mystère personnel de Jésus-Christ (cf. V—Jn 1,1.14.17).

L'expression verbum Domini, en particulier, crée donc un fil continu de révélation christique, de livre en livre. Pour les scribes latins :

  • elle dénote non seulement les paroles attribuées à Dieu, mais aussi Jésus-Christ comme ce Verbe ultime ;
  • elle connote donc aussi sa prééxistence, dans des proportions et selon des participations difficilement déterminables.

... au français

CNRTL →:

  • En littérature, un verbe peut encore signifier un énoncé, une parole ou une suite de paroles : Paul VerlaineSagesse, (OC. vol. I), Paris : Vanier, 1902 : « Aime-moi ! Ces deux mots sont mes verbes suprêmes » (238).
  • En philosophie, l'analyse du langage depuis l'Antiquité gréco-romaine distingue entre « verbe intérieur » (espèce de parole sans mot non déterminée entièrement par une langue particulière, conçue par tout esprit qui pense) et « verbe extérieur » (parole exprimée avec des mots). 
  • En théologie, le Verbe est la Parole divine adressée aux hommes, Dieu lui-même incarné en sa deuxième Personne en Jésus-Christ. 

Autant que possible, nous traduisons donc verbum par « verbe », le plus souvent sans majuscule, parfois avec.

Drapeau de la francophonie→ © Domaine public

Arts visuels

1,4–38 Des « mots » humains (verba) au Verbe divin  (verbum) et retour : modélisation visuelle de l'Annonciation Cf. Littérature Lc 1,4.20.37s. Luc met fortement en scène l'ordre du langage et de la parole au début de son évangile. 

  • Le prologue distingue l'objet de l'histoire à raconter, matière première de l'évangile (Lc 1,1 : narratio ; sermo rerum), et l'enseignement reçu par Théophile, Évangile à proprement parler (Lc 1,4 : verba), tout en insistant sur l'écriture (Lc 1,3).
  • Les deux Annonciations (à Zacharie puis à Marie) insistent sur les « noms » donnés (Lc 1,26-27 : cui nomen...) ou à donner (Lc 1,31-32 : vocabis nomen ejus ; et vocabitur...). Ils mettent en scène le processus de production de la parole humaine, distinguant entre le silence (imposé à l'incrédulité de Zacharie Lc 1,20), la parole intérieure (première réaction de Marie en Lc 1,29), et la parole extérieure (première réaction de Zacharie en Lc 1,18-19).
  • Au sommet du récit de l'annonciation à Marie, l'unique nom verbum concentre : l'annonce de l'ange évanélisateur (Lc 1,19) des verba divins performatifs (Lc 1,20), les événements qu'elle contient, et leur réalisation  (Lc 1,37 non est impossibile apud Deum omne verbum ; Lc 1,38 fiat mihi secundum verbum tuum).

Les artistes sont parvenus à visualiser ces différents états du Verbe et de ses participations dans les verba humains. 

Le Verbe divin

Ce Verbe s'incarne, il est acte. Le texte ne le dit, mais la Tradition l'affirme : le Verbe féconde miraculeusement le ventre de la Vierge. Il se fait chair. L'énonciation est genèse réelle. Le corps du Christ se forme et s'anime, déjà sanctifié. Il y a là un mystère, analogue à celui de la création : les lois naturelles sont bouleversées.

Une figuration écartée, l'homoncule
  • Certaines représentations byzantines ou russes, par exemple l'Annonciation d'Oustioug→, montrent, dans le corps même de Marie, un Christ enfant déjà tout formé. À partir du 15e s. en Occident, les artistes représentent parfois, dans les rayons divins (ou non), l'Enfant Jésus en homoncule portant la croix (ou non), descendant vers la Vierge à la suite de l'Esprit-Saint.

Barthélemy d'Eyck (fl.1444-1469), Envoi du Fils par le Père : Jésus homuncule dans les rayons, détail du panneau central du Triptyque de l'Annonciation d'Aix, (huile sur panneau de bois, ca 1442-1445)

Aix-en-Provence, église de la Madeleine, en dépôt temporaire au musée du Vieil Aix

D.R. photo Meisterdrücke→ © Domaine public

La doctrine représentée, à savoir que le Christ n'aurait pas été conçu in utero, mais serait entré tout formé dans le sein de Marie, dépendante d'une savante négociation entre motifs antiques, médecine et théologie médiévales, fut plus tard condamnée par le concile de Trente, qui interdit en conséquence les représentations du Christ en homoncule.

Les artistes étaient donc invités à privilégier des représentations plus subtiles, plus fidèles à l'apophatisme que l'Écriture parvient à maintenir au moment même de la cataphase divine. Mystérieux, silencieux mais secrètement résonnant-raisonnant dans l'échange entre l'ange et la femme, il n'est pas thématisé d'emblée, sinon comme l'ensemble de l'annonce et de ce qui est annoncé (Lc 1,34 istud) finalement récapitulé en verbum  (Lc 1,37 : non erit impossibile apud Deum omne verbum).

La lumière et la ténèbre pour figurer l'Infigurable
  • On ne l'entend ni ne le voit : mais il se montre dans la clarté de ce ciel ouvert et des rayons qui en dardent vers la scène. 

Le Titien (1490–1576), L'Annonciation, (huile sur toile, 1520), 207×179 cm

Cathédrale de Trévise, Italie © Domaine public→ 

La où le Titien insistait sur le miracle en montrant Marie se couvrir le ventre de son voile bleu, Nicolas Poussin suggère le mystère en obscurcissant jusqu'au noir le sein de Marie, visuellement obombrée par l'Esprit symbolisé en colombe :

Nicolas Poussin (1594-1665), L' Annonciation, (huile sur panneau de bois, ca. 1635), 45 × 38 cm, Pendant de La Nativité de Münich,

Collection de peintures de l'État de Bavière, Nouveau château de Schleissheim, Oberschleissheim © Domaine public→ 

Le verbe angélique

Le verbe angélique (Lc 1,28-29 : dicere, sermo, salutatio) fait de mots porteurs de véritables verba Lc 1,20.37-38), prend l'aspect corporel de l'humain ailé, pour marquer sa médiation entre terre où l'on marche et ciel où l'on vole. La voix de l'ange est médiation, à la fois annonce et demande, entre l'Énonciateur divin et l'énonciataire humaine.

  • La gestuelle expressive des anges du Titien et de Poussin exprime ce verbe angélique. Dans d'autres œuvres, plus anciennes, Gabriel se multiplie, visuellement :

Anonyme, La double annonciation, (mosaïque, 432-440)

arc de triomphe de Sainte-Marie Majeure, Rome, © Domaine public→, , 

(Marie, assise en train de filer le fil pourpre pour le voile du Temple, selon les écrits apocryphes, est entourée d'anges. L'ange Gabriel est représenté plusieurs fois pour indiquer ses actions successives: il arrive en volant dans le ciel puis, se tenant debout à gauche de la Vierge, il lève la main, signe qu'il prend la parole. Le Saint Esprit sous la forme d'une colombe descend sur Marie. Saint Joseph à droite devant une maison distincte de celle de Marie puisqu'ils n'ont pas encore mené vie commune, tient un bâton à la main. L'ange Gabriel, se tourne vers lui et lui parle.)

  • Parfois, c'est un phylactère qui matérialise le verbe angélique, comme sur ce panneau de triptyque de Lucas van Leyden, qui déploie, autour d'un un sceptre (attribut substitué au bâton du messager, héritage mythologique de Mercure messager des dieux), pointé à la fois vers les sein de Marie et vers le Livre où elle méditait, un philactère où se lisent les mots « Ave Maria gratia plena », presque effacés, et « Dominus tecum » dans la boucle où se fixe le regard de la Vierge : 

Lucas van Leyden (vers 1494-1533), L'Annonciation, (huile sur panneau de bois, 1522), 42,2 x 29,2 cm

Alte Pinakothek, Munich, Allemagne © Domaine Public→  

Le verbe humain

Le verbe de Marie est une simple parole de femme, qui raisonne et demande Quomodo (« Comment cela ? ») puis acquiesce Ecce... (« Voici ! ») et finit par s'ouvrir à la réalisation effective du ... verbe : Fiat mihi secundum verbum tuum (« Qu'il m'advienne selon ton verbe »). Son fiat fait aussi allusion au fiat du Verbe divin créateur de la Genèse (Gn 1,3.6, etc.) : ses verbes humains sont déjà efficaces, de par son accueil actif du Verbe divin. 

  • Les artistes représentent ce verbe de Marie par les gestes, parfois très rhétoriques, qu'elle adresse à l'ange qui lui parle, souvent accompagnés d'un livre ouvert où déjà la Vierge entendait le Verbe incorporé aux Écritures, avant qu'Il ne vienne s'incarner en elle. Outre les peintures ci-dessus, voyez l'admirable Rubens en Arts visuels Ps 103,20.

1,28 — Salut, pleine de grâce, le Seigneur est avec toi Ave insulaire

Iconographie contemporaine

Éric Mortreuil (1964—), Ave insulaire, (gouaches sur texte imprimé sur papier végétal, 2025), 21 cm x 29,7 cm, Coll. part., France,

D.R. É. Mortreuil→ © BEST aisbl

Enlumineur depuis 2016, É. M. s’inspire des textes bibliques et chrétiens ainsi que de la spiritualité scoute pour élaborer des compositions dans la tradition de l’enluminure occidentale, avec une préférence pour le style irlandais « insulaire » (Livre de Kells, Évangiles de Lindisfarne) et pour le gothique du XIIIᵉ siècle.

Ce style se caractérise par l’usage de motifs ornementaux variés, parmi lesquels :

  • Les entrelacs (également appelés nœuds celtiques, semblables à des cordes sans extrémité, enchevêtrées et généralement symétriques). Dans cette enluminure, ils apparaissent en bleu au centrale des bordures supérieure et inférieure du cadre de la prière, ainsi qu’en jaune sur fond pourpre aux extrémités supérieures du décor.

  • Les rinceaux (motifs constitués d’une tige végétale à enroulements successifs). Ils sont utilisés ici pour séparer la première partie de la prière, d’origine scripturaire (Lc 1,28 ; Lc 1,42), de la seconde, issue de la tradition ecclésiale ; on les retrouve également accompagnant le « Amen ».

  • Les lettrines (lettre, généralement en majuscule et ornée, de taille supérieure placée au début d’un chapitre ou d’un paragraphe pour en indiquer le commencement). Dans cette enluminure, elles correspondent au A d’« Ave Maria ».

1,42 Ave insulaire

Iconographie contemporaine

Éric Mortreuil (1964—), Ave insulaire, (gouaches sur texte imprimé sur papier végétal, 2025), 21 cm x 29,7 cm, Coll. part., France

D.R. É. Mortreuil→ © BEST aisbl

Enlumineur depuis 2016, É. M. s’inspire des textes bibliques et chrétiens ainsi que de la spiritualité scoute pour élaborer des compositions dans la tradition de l’enluminure occidentale, avec une préférence pour le style irlandais « insulaire » (Livre de Kells, Évangiles de Lindisfarne) et pour le gothique du XIIIᵉ siècle.

Ce style se caractérise par l’usage de motifs ornementaux variés, parmi lesquels :

  • Les entrelacs (également appelés nœuds celtiques, semblables à des cordes sans extrémité, enchevêtrées et généralement symétriques). Dans cette enluminure, ils apparaissent en bleu au centrale des bordures supérieure et inférieure du cadre de la prière, ainsi qu’en jaune sur fond pourpre aux extrémités supérieures du décor.

  • Les rinceaux (motifs constitués d’une tige végétale à enroulements successifs). Ils sont utilisés ici pour séparer la première partie de la prière, d’origine scripturaire (Lc 1,28 ; Lc 1,42), de la seconde, issue de la tradition ecclésiale ; on les retrouve également accompagnant le « Amen ».

  • Les lettrines (lettre, généralement en majuscule et ornée, de taille supérieure placée au début d’un chapitre ou d’un paragraphe pour en indiquer le commencement). Dans cette enluminure, elles correspondent au A d’« Ave Maria ».

2,13 Et soudain il y eut avec l'ange une multitude de l'armée céleste Les anges de Nöel

Iconographie contemporaine

Éric Mortreuil (1964 -), Les anges de Noël, (Parchemin de chevrette pigments : encres pigmentées, feuille d’or sur colle de poisson, 2023), 30 x 24,

Coll. part., France,

D.R. É. Mortreuil→ © BEST aisbl,

Enlumineur depuis 2016, É. M. s’inspire de textes bibliques et chrétiens et de la spiritualité scoute pour élaborer des compositions dans la tradition de l’enluminure occidentale, avec une préférence pour le style irlandais « insulaire » (Livre de Kells, Évangiles de Lindisfarne) et pour le gothique du 13e s.

Reprenant les versets Lc 2,13-14 et Ps 98 (ajoutés sur la photo par ordinateur), selon la traduction de l'Association épiscopale liturgique pour les pays francophones (AELF), É. M. encadre ces passages d'anges musiciens. Ceux-ci louent le Seigneur. Au son du cornet à bouquin et du luth, de la chalemie et de la viole, de la voix et du psaltérion, les anges acclament Dieu.

2,19 elle conservait avec soin toutes ces paroles, conférant en son cœur La méditation de Marie et le rosaire dans l'art contemporain

La dévotion poppulaire ne cesse d'inspirer les artistes

François-Xavier de Boissoudy (1966-...), Marie méditait I, (lavis d'encre, 2017), 125 x 100 cm

Coll. part., © Fr-X. de Boissoudy→, Lc 2,19

Boissoudy va ici à l'essentiel : le cœur du cœur de la méditation de Marie, c'est le mystère de son fils lui-même !

Olivier-Thomas Venard (1967-), Rosarium 1, (détrempe, nacre, feuille de cuivre, encre de Chine et collage sur papier marouflé sur isorel, 2021), 100 X 50 cm,

1er étage, Musée Marabini-Martac, Menton, France © D.R. musée Marabini Martac→. Fair Use

Cette pièce médite les vingt mystères de la dévotion mariale populaire avec des moyens délibérément pauvres, combinant la matière des pigments purs avec la forme des fragments eucharistiques utilisés comme un alphabet élémentaire — l’esthétique de l’ensemble évoquant l’art de l’icône.

Philipp Schönborn (1943-), AVE, (Endura clear dans une boîte à lumière, 2023), 48 x 96 x 11 cm, édition 1/,

RdC, Musée Marabini-Martac→, Menton, France © photo O.-Th. V. pour BEST aisbl,

Musique

1,28.42 Ave Maria, reprise pop contemporaine

Sérieuse

Songeant peut-être à l'analogie entre les épreuves des amoureux d'aujourd'hui et celles que durent traverser Marie et Joseph, une popstar américaine propose une récriture de la célèbre mise en musique de l'Ave Maria par Gounod.

 Beyoncé Knowles Ave Maria, (2008), Paroles : Tor Erik Hermansen, Beyonce Knowles, Amanda Ghost, Ian Dench, Mikkel S. Eriksen, Makeba,

Sony Music Entertainment © Licence YouTube standard

Texte

« She was lost in so many different ways — Out in the darkness with no guide — I know the cost of a losing hand — And what for the grace of God, go high — I found heaven on earth — You are my last, my first — I always hear this voice inside —— Ave Maria —— I've been alone when I'm surrounded by friends — How could the silence be so loud? — But I still go home knowing that I've got you — There's only us when the lights go down — You are my Heaven on earth — You are my hunger, my thirst — I always hear this voice inside Ave Maria —— Sometimes love can come and pass you by — While you're busy making plans — Suddenly hit you, and then you realize — It's out of your hands — Baby, you've got to understand— You are my Heaven on earth — You are my hunger, my thirst — I always hear this voice inside —— Ave Maria — Ave Maria — Ave Maria — Ave Maria »

Burlesque

Il fallait bien la pénétration multiséculaire du christianisme en Italie pour rendre ceci possible : 

Oblivion, Papale e Quale, Tutti cantano cristiano : Disco Rosario (reprise adaptée de Gloria Gaynor « I will survive », Love Tracks, 1978 ; (Patti) LaBelle (texte : Kenny Nolan, Bob Crewe), « Voulez-Vous Coucher Ave­c Moi Ce Soir » (Lady Marmalade), Goud Maar Fout Top 50, 1975 ; Village People, « YMCA », in Cruisin, 1978), 2016

Chanteurs : Lorenzo Scuda, Francesca Folloni, Davide Calabrese, Graziana Borciani, Fabio Vagnarelli.

D.R. Oblivion Canale Ufficiale→ © Licence YouTube standard

Dans cette reprise burlesque mais non irrespectueuse, les brillants interprètes de ce groupe italien reprennent des classiques des années disco, substituant à leurs paroles celles de l’Ave Maria, avec quelques mots en latin.

2,29–32 Dans la paix je m'en vais Un memento mori de Jean-Sébastien Bach : son Actus Tragicus (BWV 106) L'adieu paisible du vieillard Syméon joue un rôle-clé dans le finale de la cantate de Jean-Sébastien Bach nommée Actus Tragicus (BWV 106), sorte de memento mori inaugural car cette cantate est l'une des premières de Bach, composée à Mühlhausen entre septembre 1707 et juin 1708, alors qu'il était âgé d'à peine vingt-deux ans.

Johann Sebastian Bach (1685-1750), Cantate Gottes Zeit..., dite 'Actus Tragicus' - BWV 106,  1707-1708,

Enregistré le 16 mai 2015, Oostkerk, Middelburg, Pays-Bas .  Jos Van Veldhoven dir. ; Netherlands Bach Society : Dorothee Mields, soprano ; Alex Potter, alto ; Charles Daniels, tenor ; Tobias Berndt, basse) — Plus d'informations sur BWV 106 et cette production ici→ 

© Licence YouTube standard, Gn 2,17 ; Is 38,1 ; Lc 2,29-32 ; Lc 23,43 ; Ap 22,20

Sommaire (Texte et traduction complets de la cantate ici→)

0:00 Sonatine — 2:42 Gottes Zeit ist die allerbeste Zeit (Chœur) — 4:49 Ach, Herr, Lehre uns bedenken (Arioso) — 7:06 Bestelle dein Haus (Aria) — 8:11 Es ist der alte Bund (Chœur et arioso) — 12:00 In deine Hände (Aria) — 14:19 Heute wirst du mit mir im Paradies sein (Arioso) — 17:55 Glorie, Lob, Ehr und Herrlichkeit (Chœur).

Un memento mori vétéro- et néo-testamentaire

Elle comprend deux parties : la première envisage la mort du point de vue de l'Ancien Testament ; la seconde, du point de vue du Nouveau. La séparation de l'ancienne et de la nouvelle alliance détermine la structure symétrique de la cantate.

  • La première partie expose l'ancienne alliance (Es ist der Alte Bund) : la mort est inévitable, l'Homme doit mourir (Mensch, du mußt sterben), au temps choisi par Dieu (zur rechten Zeit, wenn er will). L'Homme doit s'y préparer. C'est ici que la sentence d'Is 38,1 résonne avec force, comme expression caractéristique de l'antique conception de la mort : « — Mets en ordre ta maison car tu vas mourir et tu ne vivras pas » (Bestelle dein Haus, denn du wirst sterben und nicht lebendig bleiben). Cette première partie s'achève sur un appel au Messie, pris en Ap 22,20 : « — Oui, viens, Seigneur Jésus, viens ! » (Ja, komm, Herr Jesu, komm !).
  • La seconde partie expose la « nouvelle alliance ». L'exemple de la mort du Christ en croix  « — Je remets mon esprit entre tes mains » (In deine Hände befehl ich meinen Geist) - est offerte à l'homme sauvé (Du hast mich erlöset). Désormais, la mort de l'homme mène à sa résurrection au Paradis : « — Aujourd'hui tu seras avec moi dans le Paradis » (Heute wirst du mit mir in Paradies sein Lc 23,43). Ainsi envisagée en Jésus-Christ, la mort peut être acceptée avec paix et joie et l'homme peut faire siennes les paroles du vieillard Siméon : « — Dans la paix et dans la joie je m'en vais » (Mit Fried und Freud ich fahr dahin Lc 2,29-32).