Un projet du Programme de Recherches La Bible en ses traditions AISBL
Dirigé par l’École Biblique et Archéologique Française de Jérusalem
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1 Pour le reste, mes frères, réjouissez-vous dans le Seigneur.
Vous écrire les mêmes choses
pour moi n’est pas un motif d'hésitation
Byz TR Neset c'est pour vous un motif de sécurité Vmais pour vous c'est nécessaire :
1 Désormais mes frères, réjouissez-vous dans notre Seigneur.
Vous écrire ces choses
pour moi n’est pas un motif de fatigue parce qu'elles vous mettent en garde
2 gardez-vous des chiens
gardez-vous des mauvais ouvriers
gardez-vous de la mutilation.
3 Car nous sommes, nous, la circoncision, nous qui rendons un culte par l’Esprit de Dieu
V S TRà Dieu par l’Esprit
qui avons notre fierté dans le Christ Jésus
qui ne nous confions pas dans la chair,
4 quoique je puisse Vmoi aussi avoir confiance dans la chair ;
si quelqu’un d’autre
Sen effet pense se confier dans la chair
je le puis d'avantage, moi :
Vmoi, davantage :
5 circoncision le huitième jour
Vcirconcis le huitième jour
Scirconcis à huit jours
de la race d’Israël
de la tribu de Benjamin
Hébreu d’Hébreux
quant à la Loi : pharisien
VPharisien,
6 quant au zèle : persécuteur de
Vpersécutant l’Église Vde Dieu,
quant à la justice qui est dans la Loi :
Vavant mené un vie sans reproche...
7 Mais ces choses qui étaient pour moi des gains
Sun gain
je les ai considérées, à cause du Christ, comme une perte.
8 Mais, bien plus, je considère que tout Scela est perte
auprès de l’éminente connaissance
Sla grandeur de la connaissance de Jésus Christ
VJésus-Christ, mon Seigneur,
pour qui je me suis dépouillé de toutes choses
et les considère comme des ordures
Vdu fumier, afin de gagner le Christ
9 et d'être trouvé en lui n'ayant pas ma justice, celle de la Loi,
mais celle de la foi en Christ,
qui est Dieu, Byz V TR Nesla justice dans la foi,
10 de manière à le connaître lui
et la puissance de sa résurrection
et la communion à ses souffrances
étant conformé à sa mort,
10 de manière à ce que je connaisse Jésus
et la puissance de sa résurrection
et que je communie à ses souffrances
et sois conformé à sa mort,
11 si par un quelconque moyen je peux parvenir à la résurrection des morts.
V Nesd'entre les morts.
11 ...
12 Non que je l’aie déjà obtenu ou que je sois devenu parfait.
Mais, je poursuis, si je peux par quelque moyen comprendre, ce que j'ai compris par le Christ Jésus.
Scours afin de saisir ce pour quoi Jésus le Christ m'a saisi.
13 Mes frères
Byz TR NesFrères, moi, je ne considère pas l’avoir déjà atteint
mais, Sje sais une seule chose :
oubliant ce qui [est] derrière
et tendu vers ce qui [est] devant,
13 Frères, moi, je ne considère pas l’avoir déjà atteint
mais seulement,
oubliant ce qui est derrière
et m'avançant vers ce qui est devant,
14 je tends vers
Set je cours vers le but en vue du prix de la vocation
Spour obtenir la victoire de l’appel d’en haut, de Dieu dans le Christ Jésus
Sen Jésus le Christ.
15 Nous tous, donc, les parfaits, c’est ce que nous estimons !
SDonc, ceux qui sont parfaits, qu'ils pensent à ces choses !
Et si sur quelque point vous pensiez diversement,
cela aussi Dieu vous le révèlera.
16 En tout cas, au point atteint,
conduisons-nous selon la même règle et pensons [la] même [chose]
Nesconduisons-nous de [la] même [manière]
Vayons le même avis et demeurons dans la même règle :
Spoursuivons en un [seul] sentier et en un [même] accord.
17 Devenez ensemble
Vsoyez
SSoyez mes imitateurs, Smes frères
et observez ceux qui marchent selon le modèle que vous avezS vu : nous.
18 Beaucoup de fait marchent Sautrement
(je vous en parlais souvent
et j’en parle maintenant encore en pleurant)
en ennemis de la croix du Christ,
19 eux dont la fin est la destruction
dont le dieu est le ventre
et dont la gloire réside dans leur honte
Sdéshonneur
Vpropre confusion,
eux qui considèrent les choses de
Vqui pensent aux choses de
Sdont la pensée est pour la terre !
20 Notre gouvernement
Vcommunauté
Souvrage à nous est dans les cieux,
d’où aussi nous attendons comme sauveur
Vun sauveur, le
Snotre Seigneur Jésus-Christ
21 qui transformera le corps de notre humiliation
pour qu'il devienne conforme au
Nes[en le rendant] conforme au
Vl'ayant modelé sur le corps de sa gloire
selon l'opération du pouvoir qu'il a aussi de s'assujettir à lui-même toutes choses
Nesl'opération du pouvoir qu'il a aussi de s'assujettir toutes choses
Vl'opération par laquelle il peut aussi s'assujettir toutes choses
Sla grande force par laquelle tout lui est soumis .
3,1–4,1 Structure
3,1–4,1 Thèmes
3a la circoncision non charnelle, est constituée par l’offrande spirituelle de son existence à Dieu, confiant dans le Christ et non dans les valeurs du monde.
4a dans la chair signifie, dans le contexte (v.4b-6), les privilèges reçus et les mérites acquis (liés à l’identité ethnique), attitude opposée à la fierté mise dans le Christ. Tradition chrétienne Ph 3,4a
6b la justice qui est dans la Loi renvoie au concept juif de justice, liée au bien qui doit être fait par l’observance de la Loi mosaïque (Littérature péritestamentaire Ph 3,6b).
8b la connaissance de Jésus Christ (Vocabulaire Ph 3,10a) indique un rapport de communion et d’appartenance au Christ (cf. v.10). Il repose sur toute la tradition biblique et judaïque. Il a une fonction centrale en v.7-11 et 3,1–4,1.
21b conforme au corps de sa gloire indique que l’itinéraire du croyant, décrit à partir du v.7, s’accomplie dans l’être rendu semblable au Seigneur, aussi dans le corps (cf. v.10).
3a Dieu Omission dans P46.
6a Église Addition V F G : de Dieu.
7a Mais Omission possible
12a obtenu Addition Après D*.c P46 Ambrosiaster insèrent : ou déjà ai été justifié.
13a ne Addition א D* P Cl : pas encore.
16a selon la même règle et pensons [la] même [chose] Omission des deux expressions dans Nes : cf. P16.46 א* A B Ivid manuscrits minuscules Hil Aug.
18d ennemis Addition P46 insère avant : gardez vous de.
21b pour qu’il devienne Omission du syntagme dans Nes V, de même que dans א A D* F G manuscrits minuscules latt co Irlat Tert.
1b les mêmes choses indique que la seconde partie de la lettre (ch.3-4) reprend plusieurs éléments de la première : dans le contenu, l’argumentation et la finalité exhortative.
5e pharisien Sens neutre ou positif Le mot n'a pas encore les connotations péjoratives et stéréotypées de légalisme exagéré ou d'hypocrisie qu'il aura dans les évangiles, rédigés à une période où les →pharisiens cherchèrent sans doute à prévaloir contre ce qui restait des autres "partis" du temps du Temple, et à exclure ceux qu'ils considéraient comme déviants, dont les Juifs disciples de Jésus (Jn 9,22 ; 12,42 ; 16,2).
10a le connaître Sens intensif Au v.8, il s’agissait du fait d’avoir connu le Christ. Ici nous est montrée la dynamique de la connaissance du Christ vécue quotidiennement par Paul qui reproduit, soutenu par l’action de Dieu, le même itinéraire de mort et de résurrection (Ph 2,6-11). Littérature péritestamentaire Ph 3,9s
15a parfaits signifie, dans le contexte et en considération des autres parallèles néotestamentaires, « matures dans la foi » (Procédés littéraires Ph 3,15a).
15ab.16a estimons + pensiez + pensons Vocabulaire Ph 1,7a
19d considèrent Vocabulaire Ph 1,7a
20a Notre gouvernement Ou « Ce qui nous gouverne » (langage politique) : Hapax NT politeuma (Vocabulaire Ph 1,27a), terme utilisé pour indiquer que ce qui guide la vie des chrétiens est dans les cieux et se trouve directement en relation avec le Christ, comme le laisse entrevoir la fin du v.
1a Pour le reste Connexion logique ambiguë L’expression adverbiale to loipon peut indiquer soit la conclusion, soit le début d’un texte. Il est uni ici à chairete en kuriôᵢ, exhortation à se réjouir dans le Seigneur et non salut final. C’est pourquoi cette expression n’est pas la conclusion d’une lettre, mais l’ouverture d’un nouveau développement épistolaire (Procédés littéraires Ph 3,1). Même fonction de loipon en 1Co 1,16 ; 4,2 ; 7,29 ; 1Th 4,1 ; 2Th 3,1.
1b écrire Aspect verbal L’inf. prés. indique souvent une action en cours : on peut donc traduire aussi « continuer à écrire ».
2 Gardez vous de Construction elliptique L’impératif plur. de blepein suivi par une particule signifie habituellement dans le NT « gardez vous de », employé sans particule il signifie « regarder ». Ici, même en l’absence de particule, la triple répétition du verbe, les trois épithètes injurieux et l’antithèse avec le v.3 font préférer « gardez vous de ».
9b en Christ = gén. objectif plutôt que « la foi du Christ » (gén. subjectif), étant donné qu’en v.7-11 le Christ n’est pas le sujet actif, mais l’objet de la connaissance de Paul.
10a de manière à le connaître La phrase a une valeur consécutive, n’exprimant pas une nouvelle finalité, mais un autre aspect de « gagner le Christ et être trouvé en lui », après celui de la justice.
12–13a Ellipse de l’objet Trois fois l’objet du verbe, nécessaire grammaticalement, est omis pour souligner le processus non conclu exprimé par les verbes. Si l’objet devait être explicité, ce serait, dans la logique des v.8-11, la pleine connaissance et communion avec le Christ.
12b si L’expression grecque (ei kai) introduit une autre phrase hypothétique.
16a conduisons-nous Infinitif à valeur d’impératif Dans ce contexte, stoichen introduit une exhortation.
17b nous Antécédent ? renvoie à Paul et ses collaborateurs dans l’apostolat.
21ab le corps de notre humiliation + de sa gloire — Hébraïsmes
1 Formule épistolaire d’hésitation Elle permet à l’expéditeur de s’excuser auprès de son destinataire pour une raison particulière, ici pour le fait de se répéter. Cette formule est habituellement employée avec le verbe écrire.
2.18s Invective C'est une attaque ad personam afin d’en détruire le crédit auprès des auditeurs. L’apostrophe directe de l’adversaire manque en Ph 3, mais on trouve le même but et certains artifices rhétoriques propres à l’invective.
3a nous Anastrophe (inversion de l’ordre normal de la phrase grecque) destinée à souligner l’identité des croyants, parmi lesquels Paul se place.
3b fierté Répétition Le terme kauchaomai / kauchêma rythme l'épître (avec Ph 1,26 ; 2,16). Cf. V : gloria / glorior ; S : šwbhr’.
4 Comparaison exploitée par Paul, initiée au v.3 à propos des fidèles opposés aux ennemis et repris aux v.20-21, dans sa confrontation avec un adversaire supposé.
4b–6 La concessio est un raisonnement où l’auteur commence par admettre le point de vue de l’interlocuteur pour en montrer ensuite les limites et le dépasser. Paul fait de même avec un représentant fictif du groupe des adversaires.
7–11 Amplification des termes et des images pour souligner la différence avec la situation présentée dans les v.4b-6 (Textes anciens Ph 3,4b–14).
10bc sa résurrection + ses souffrances — Hystérologie (hysteron proteron) Anticipation inhabituelle de la résurrection du Christ sur ses souffrances pour mettre en évidence que Paul, comme tout croyant, fait avant tout l’expérience du Seigneur, avec sa force de Ressuscité (v.8), pour pouvoir ensuite vivre aussi avec lui la tribulation (Théologie Ph 3,10d).
10d conformé Répétition de racine Le terme développe Ph 2,6-7.
12s Double correctio qui permet d’éviter que les auditeurs croient Paul arrivé au terme du cheminement chrétien.
15a parfaits Antanaclase Parfaits (teleioi) reprend la racine de sois devenu parfait (teteleiômai) du v.12, mais avec un sens différent, pour souligner que la vraie perfection et la maturité chrétienne se trouvent dans la reconnaissance de sa propre imperfection.
17a ensemble + imitateurs — Néologisme Paul utilise un néologisme (summimêtai) pour inviter les Philippiens à s’unir dans l’imitation de son itinéraire chrétien (Milieux de vie Ph 3,17).
18 Hyperbate séparant la phrase principale en deux par l’insertion d’une proposition mettant ainsi en relief l’expression les ennemis de la croix du Christ.
19b le dieu est le ventre Métaphore L'expression signifie qu'ils cèdent à des désirs alimentaires et sexuels immodérés.
20s Climax stylistique formé par l’accumulation des éléments concernant l’action du Christ qui indique la conclusion du passage.
20a Notre Anastrophe pour souligner l’identité des croyants, parmi lesquels Paul se compte.
3,1–4,1 Exemplum Tout ce passage oppose le mauvais exemple des adversaires au bon exemple de Paul et des croyants.
4b–14 Périautologie L'auteur fait son propre éloge. En Ph 3, il est composé de trois étapes :
Il a aussi une finalité exemplaire (v.17 : Textes anciens Ph 3,17a). Souvent la responsabilité en est imputée aux adversaires (v.2.18-19) et on mêle son propre éloge à celui des auditeurs (v.3.15.20 : Textes anciens Ph 3,3a.15a.20a).
7 La vocation de Paul Paul fait sans doute allusion à sa vocation, advenue lors de sa rencontre avec le Christ sur la route de Damas (Ac 9,1-19).
1c sécurité Elle était un des plus importants biens assuré aux citoyens par la polis (p. ex. → Pace 19-21 ; → Cher. 126).
2 Les adversaires pourraient être des judéo-chrétiens, missionnaires itinérants, comme en 2Co 10-13. Ils invitent les chrétiens de Philippes issus du paganisme à se circoncire et à observer la Tora, comme le font les agitateurs de Ga 5,1-3 ; 6,12-13. Procédés littéraires Ph 3,2.18s ; Tradition juive Ph 3,2a ; Tradition chrétienne Ph 3,2
5a circoncision Importance ? La →circoncision est un élément constitutif de l’identité juive-judéenne pour beaucoup, diversement interprétée et mise en pratique par les Juifs du 1er s. Tradition chrétienne Ph 3,5a
5e pharisien Paul pharisien ?
Aussi bien ici qu'en Ga 1,13 ou en Ac 23,6 (« pharisien fils de pharisiens ») Paul s'enorgueillit de sa formation de →pharisien (cf. Ac 22,3 ; 26,4-5). Ac en général donne une image plutôt positive des pharisiens : Ac 5,34-36 ; 15,5 ; 21,20-21). Ce que l’on parvient à soupçonner de ses positions avant sa rencontre avec le Christ s’accorde cependant mal avec la description du pharisien type que donne Flavius :
Certains rapprochent l’activisme précoce de Paul, son insistance sur les thèmes de l’Alliance, sur les « Églises », son recours à des expressions comme « fils de la lumière / des ténèbres » (1Th 5,5) d’un tropisme essénien plus que pharisien. Sans aller aussi loin, on peut du moins penser que le terme pharisien (au départ non technique, signifiant « séparé ») recouvrait des réalités religieuses plus diverses que ne laisse supposer la division en trois « philosophies » proposée par Josèphe.
17 L’imitation des modèles, au temps de Paul, était la charnière de l’éducation tant gréco-romaine que juive. Le maître était un exemple pour les disciples, appelés à s’approprier l’idéal qu’il exprimait et à le mettre en œuvre dans leur comportement (cf. → Soph. 16-18 ; → Ep. 84).
18d ennemis de la croix du Christ Qui sont ces opposants ? Ce sont tous ceux qui n’accueillent pas le discours paulinien de la croix et ont une mentalité mondaine. Leur profil est très vague, mais il ne s’agit pas d’un nouveau groupe d’adversaires. Paul élargit à tous les opposants possibles et énonce leur condamnation à la perdition.
19d considèrent les choses de la terre Dépasser la question des droits civiques ? Les inscriptions attestent que la question des droits civiques comptait beaucoup pour les vétérans de Philippes (Milieux de vie Ph 3,20a). Ceux-ci se considéraient en situation de minorité, réduits à un statut inférieur (→, 118-122 ; →, 50-54).
À l’échelle régionale sinon locale, un examen plus poussé des inscriptions de Macédoine confirme que dans d’autres communautés religieuses, juives et isiaques, on avait l’habitude de poser dans les mêmes termes que Paul les rapports du religieux au politique en utilisant le verbe politeuesthai (Ph 1,27) pour établir les normes de la vie publique que doit mener le croyant.
Même s'il est probable que Paul emprunte son langage politique à G (p. ex. Is 62,11 ; 2M 9,12), on ne peut vider la terminologie utilisée par Paul de sa substance politique dans le contexte local, attestée par les inscriptions. L’Apôtre confronterait ainsi implicitement plusieurs modèles de relation du religieux au politique. En demandant à ses auditeurs de dépasser la question des droits civiques pour penser au royaume de Dieu, Paul aurait ainsi cherché à parler leur langage, en se référant à leur centre d’intérêt.
20a Notre gouvernement Politique et religion En recourant à un lexique qui relevait normalement du champ politique pour ses contemporains (Procédés littéraires Ph 1,27a ; Milieux de vie Ph 1,27a), Paul pose la question du rapport au monde.
Politeuma (plus litt. « communauté civique » : Vocabulaire Ph 3,20a) désigne des communautés représentatives organisées suivant le modèle civique, le plus souvent des communautés de soldats, quelquefois des communautés juives issues sans doute d’une colonisation militaire.
Les communautés juives d’Asie Mineure sont issues d’une colonisation militaire séleucide. Dans la colonie de Philippes, le noyau dirigeant était constitué par une population de vétérans, de soldats-cultivateurs, qui bénéficiaient certes de la citoyenneté romaine, mais selon un système de droits civiques limités, le statut de droit latin – ce qui suscitait frustrations et revendications (Milieux de vie Ph 3,19d).
20b sauveur + Seigneur — Titres impériaux Ces termes étaient utilisés dans le culte de l’empereur romain (→IGR 4,584 ; →P. Oxyrh. 1,37).
3a.15a.20a nous sommes + Nous tous + Notre — Éloge des auditeurs
3a.18d nous + ennemis — Nous vs. nos adversaires
4b–14 Nouvelle compréhension de soi selon le stoïcisme Lorsque, grâce à la connaissance de la Raison inhérente à toute la réalité, le sage fait l’expérience du Bien, il accède à une conscience plus haute :
12ss Imperfections
13s Métaphore sportive fréquente, à travers l’image athlétique, dans la philosophie populaire pour illustrer l’engagement dans la conquête de la vertu :
17a ensemble + imitateurs — De l’éloge de soi à l’imitation
6b la justice qui est dans la Loi
9s Justice et connaissance de Dieu
15a les parfaits Cette terminologie est amplement attestée dans les écrits de Qumrân. Les membres de la communauté se définissaient eux-mêmes comme intègres face à Dieu, en raison de leur observance de la Loi :
17a ensemble + imitateurs
20s Horizon de toute liturgie Paul rappelle ici la perspective ultime de la vie chrétienne : le plein accomplissement du salut reçu et vécu.
Ce texte est prié durant l'→Avent, temps de l’attente par excellence.
L’attente de la parousie restera toujours à l’horizon de la pensée de l’Église, qui se réjouit de voir se rapprocher d’année en année, de jour en jour, l’heure où le Christ dans toute sa gloire reviendra sur la terre pour lui faire partager la plénitude de sa gloire. Elle est la cause principale, directe et profonde de la grande →joie qu’éprouve l’Église tout particulièrement au cours des semaines de l'→Avent, qui précèdent la fête de Noël.
L’attente ardente de l’avènement du Seigneur est admirablement exprimée dans la messe quotidienne :
2a chiens Insulte topique récurrente dans la polémique anti-païenne des Juifs (cf. Mt 15,26-27 ; Mc 7,27-28). P. ex. :
1b écrire les mêmes choses Pourquoi ?
→ Comm. Phil. 3,1 « Il montre l’intérêt qu’il a pour leur chemin de foi et il leur répète ce qui est nécessaire pour leur bénéfice. »
2 chiens mauvais ouvriers + mutilation — Adversaires visés
Au Moyen Âge, les membres de l'Ordre des prêcheurs affectionnaient le jeu de mot sur leur surnom de « dominicains » : ils étaient les « chiens du Seigneur » (Domini-canes), rassemblant les brebis du bon pasteur, mettant en fuite les loups, soignant les plaies de leur langue (prédication). Certains réformés tournent le jeu de mots en dérision :
→ Expl. Phil. : Les chiens sont aujourd’hui les religieux qui se hâtent vers les cuisines des maisons, pour se remplir la panse. Du reste, leur prédication sonne comme l’aboiement du chien. Ils parlent trop des mérites humains ; ils offrent, par exemple, le pardon de péchés mortels pour sept ans de pénitence, et ils mesurent la quantité des aumônes nécessaire. Ces Mess-Prediger prétendent ainsi décider au nom de Dieu la mesure de la grâce.
2c mutilation Pourquoi ce mot ?
3a nous sommes, nous, la circoncision
3a un culte à Dieu par l’Esprit (V)
4a quoique je puisse avoir confiance dans la chair L’argumentation de Paul ne vient pas d’une frustration
5a circoncision le huitième jour Judaïsme authentique
5d Hébreu Origine du mot Thomas d'Aquin propose deux étymologies possibles, riches de sens :
Cf. également Gn 10,21.
5e pharisien Identification
7a des gains Concesso non dato
7b.8d une perte + ordures — Caducité de la Loi
7b à cause du Christ Divisio textus : le Christ objet de connaissance et d’amour
8b connaissance de Jésus Christ Le contenu de la « connaissance du Christ », sur la terre et au ciel
9a justice + de la Loi — Justice légale, vertueuse ou non
10d conformé à sa mort
12a parfait Une petite quaestio sur la perfection : terrestre et céleste
15a Nous tous, donc, les parfaits Connaissance de soi : perfection relative et perfection absolue
19b le dieu est le ventre Les ennemis de la croix sont en fait des idolâtres
19d les choses de la terre = les observances rituelles ?
21ab le corps de notre humiliation + de sa gloire
8 Connaissance du Christ
10d étant conformé Conformation au Christ
20b nous attendons comme sauveur ESCHATOLOGIE La foi comme constance dans l’attente du sauveur Paul se sert du vocable sôter, c’est-à-dire « sauveur », dans la perspective de la fin des temps. La fonction salvatrice du kurios, du Seigneur, est reliée au dernier jour, à l’action finale, qui doit parachever la rédemption. Ce n’est que lorsque le Seigneur Jésus Christ se manifestera à nouveau en venant du ciel que la perfection sera accomplie.
La foi est orientée vers la puissance de salut, qui a été donnée au kurios. Elle n’a pas lieu de trembler dans la perspective de sa venue : la vie du chrétien est en tension continue entre le salut ,déjà donné dans le signe de la croix, et le salut à venir, qui doit constituer son accomplissement dans la perfection. Ces deux saluts sont intimement liés au nom du Christ, Jésus. Durant le temps qui s'écoule entre ces deux pôles du salut, en dépit des contradictions et des secousses de toute espèce, il faut demeurer fermes dans le Seigneur.
21a le corps de notre humiliation ANTHROPOLOGIE Du corps de chair au corps de gloire Paul ne pense pas dans les catégories de l’anthropologie hellénistique corps-âme. Dans la mesure où il en a eu connaissance, il a dû estimer qu’un autre point de vue était plus essentiel : la conformité au Christ garantie par la foi. En cette vie, « le corps de notre humiliation » rappelle à l’occasion – et peut-être même de façon continuelle – que le développement de nos possibilités de vie est limité, que le salut n’est ni réalisé ni réalisable pleinement encore. Mais lorsque la conformité au Christ sera parfaitement accomplie, même l’existence corporelle et totale sera recréée. Lorsque l’homme partagera la gloire de sa résurrection, l’humble corps sera transformé d’après le corps transfiguré du Christ.
21b conforme au corps de sa gloire
1–21 qui transfigurera le corps de notre humiliation Ce que Dieu peut
Dans une vallée aride et sombre se presse une humanité souffrante : hommes, femmes et enfants, jeunes et vieilards, pauvres, rois et clercs traînent péniblement un « corps de misère » abîmé par la douleur.
Un chemin escarpé mène au Christ, source de lumière. Vêtu d'une tunique blanche resplendissante, portant sa croix d'une main et appelant à lui l'humanité de l'autre, il apparaît dans un « corps de gloire » vainqueur de la mort. Au-dessus de lui, une arche de lumière le désigne comme médiateur d'une nouvelle alliance entre Dieu et les hommes.
(1832-1883), La Vallée de larmes (huile sur toile, 1883), 413,5 x 627 cm
Petit Palais, Paris (France) © Domaine public→
4b–14 Autoportait de Paul L'allusion au « modèle » de Paul (Ph 3,17) peut fournir l’occasion de faire un bilan sur l’image de Paul dans l’art chrétien antique.
Quand Paul, au retour de son troisième voyage, fait ses adieux aux Anciens d’Asie qu’il avait appelés auprès de lui, il leur dit ces paroles : « Et maintenant, voici que, je le sais, vous ne reverrez plus mon visage, vous tous au milieu de qui j’ai passé en proclamant le Royaume ». Tous alors éclatèrent en sanglots et se jetèrent à son cou « affligés surtout de la parole où il avait dit : qu’ils ne devaient plus revoir son visage » (Ac 20,25.38). Quel était ce visage qu’ont vu les Anciens d’Asie, quel était son aspect physique ?
On ne peut tirer aucun élément de réponse des Actes des apôtres ou des lettres mêmes de l’Apôtre, sinon une indication brève mais décisive dans la seconde lettre aux Corinthiens, lorsque Paul rapporte une phrase qui circulait à Corinthe à son propos :
Ce contraste décisif entre la faiblesse de l’aspect physique de l’Apôtre et sa force spirituelle réapparaît dans le célèbre « portrait » tracé dans les Actes de Paul et Thècle, à la fin du 2e s. : Onésiphore, un fidèle d’Iconium, va à la rencontre de Paul sur la Via Augusta qui relie Éphèse à Lystres ; ne le connaissant pas « physiquement mais seulement spirituellement », il se fie à la description que lui en avait faite le disciple Tite, et finalement il le reconnaît :
La référence à la calvitie – un élément de base du « portrait » de Paul des apocryphes et de l’iconographie chrétienne – tire peut‐être son origine, même si c’est de manière contradictoire, de l’épisode raconté encore dans les Actes, où il est dit qu'« à Cenchrées [dans le Péloponnèse, durant le second voyage] il s’était fait couper les cheveux à cause d’un vœu qu’il avait fait » (Ac 18,18).
Les autres éléments du portrait semblent tirés du type iconographique gréco-romain du philosophe (→ ; → ; →). Paul, le penseur chrétien par excellence, dont les lettres sont retenues dans le canon NT en même temps qu’étaient produits les apocryphes cités, jouissait d’une réputation immense même dans les milieux syncrétistes et nous savons que ses portraits étaient vénérés dans ces milieux parmi les effigies de Pythagore, Platon et Aristote.
Sans que l’on connaisse avec certitude aucun portrait de Plotin (→ 2001) on peut parler d’un « type Plotin » avec une sensibilité, un état d’âme, une tension bien particuliers, qui – au même titre que l’« orant » ou le « penseur » – servira à « typifier » les portraits de gens ordinaires de l’époque où se fixe celui de Paul.
C’est ce type, sans doute plus qu’aucun souvenir de ressemblance exacte (→, 164), qui apparaît dans les premiers portraits de Paul. Ce rapprochement des visages avec le père du néoplatonisme, n’est peut-être pas le fait du hasard, cet homme de grande stature morale et spirituelle qui, dans ses Ennéades, prêche la doctrine de l’Un qui existe « avant tout ce qui existe » :
À ces concepts, il lie des thèmes comme celui de la Providence, de l’ascèse mystique de l’âme dans son retour à l’Un, auxquels les Pères de l’Église puisèrent à plus d’une occasion, en particulier durant le 3e s., lorsque Plotin vit et prêche entre l’Orient et Rome, à l’époque où s’élabora le portrait de Paul (→, 64-65).
Ces traits iconographiques de Paul (comme par ailleurs ceux de Pierre) se sont affirmés graduellement. Pendant la première moitié du 4e s., ils se confondent et alternent :
Dès la seconde moitié du 4e s., à l’époque de Damase, les traits sont fixés sur le visage « plotinien » :
Les peintures funéraires présentent quelques-uns des plus beaux exemples du visage de Paul dans l’Antiquité chrétienne (→, 181-185 nos 53-57) :
L’image de Paul se développe aussi à l’intérieur du Collège apostolique aux côtés du Christ et faisant pendant à Pierre. L’insertion de Paul dans le Collège apostolique est sans fondement dans la mémoire historique sur la vie de Jésus, ni dans celle des débuts de son mouvement si l’on songe à l’élection de Matthias en remplacement de Juda, en Ac 1. Elle manifeste l’accueil positif de l’autoproclamation de Paul comme « apôtre par vocation » (Rm 1,1), « apôtre de Jésus-Christ par volonté de Dieu » (1Co 1,1). Un intéressant répertoire iconographique de l’évolution du collège apostolique peut être repéré parmi les peintures du cimetière de Domitille (→, nos 33, 39, 47, 18, 74).
Ce schéma iconographique se développe en même temps que d’autres typologies dans lesquelles figurent soit Pierre soit Paul : il apparaît au 3e s., et évolue tout au long du 4e s., sur les peintures funéraires.
Au 3e s., il n’y pas de différences iconographiques entre les Apôtres, mais petit à petit Pierre et Paul apparaissent comme chefs de file des deux groupes de six qui normalement entourent le Christ avec des caractéristiques physionomiques qui peu à peu vont s’affirmer.
À la fin du 4e s., on retrouve les deux Apôtres sur les sarcophages « aux portes de la cité » : sarcophages de l’Anastasis ; sarcophages « à étoiles et couronnes » :
La composition ternaire du Christ en majesté enseignant entre les deux Apôtres à l'origine de l'Église de Rome, au plan iconographique, est à l’évidence une réduction du Collège apostolique :
Elle aboutit à l'invention de plusieurs attributs iconographiques de Paul.
On retrouve le trio dans certaines scènes apocalyptiques parmi lesquelles se distingue la scène de la traditio legis :
Il existe une intéressante variante avec la remise du rouleau de la Loi nouvelle à Paul (habituellement c’est Pierre qui le reçoit) dans quelques exemples d'un milieu d'influence orientale :
Au cimetière ad decimum près de Grottaferrata ( 2006), Paul tient pour la première fois l’épée, attribut de son martyre (et peut‐être aussi allusion à l’« épée de l’Esprit, c’est‐à-dire de la Parole de Dieu » [Ep 6,17], véritable arme du chrétien, selon l’Apôtre).
Elle est désormais consacrée comme attribut canonique de l’iconographie paulinienne. Le portrait de Paul est fixé et se transmettra sans changement jusqu’à nos jours.
10d étant conformé à sa mort
L’art chrétien antique eut en horreur, à peu d’exceptions près, les scènes de martyre : que l’on pense à celle du sacrifice de Pierre, habituellement représentée par la scène de son arrestation, ou tout au plus par sa marche vers le martyre, avec la croix sur les épaules. Ou que l’on pense encore à la crucifixion de Jésus que l’on ne représentera pas avant que s’entrouvrent les portes de bois de Sainte-Sabine, quatre cents ans après sa mort sur le Calvaire. La scène de la mort de Paul (par décollation) est donc une véritable rareté. La scène de la décollation de Paul a quelque chose d’audacieux ; elle ne pouvait naître qu’au lieu où, plus que n’importe où ailleurs, son sacrifice était vénéré : celui de sa sépulture.
Ce sarcophage apparaît comme un fruit de la communauté romaine qui l’a produit en méditant la réalité du martyre, le sens du « témoignage » du sang versé quelques décennies auparavant, sur la vénération due aux martyrs/témoins, lesquels relient ainsi indivisiblement l’Église à ses origines apostoliques et son origine ultime, le Christ :
Les Apôtres, martyrs du Christ, et tous les fidèles de la communauté romaine témoin, se reflètent alors dans le « martyre » de leur Rédempteur, contemplant la centralité de l’Anastasis, c’est‐à‐dire de la résurrection victorieuse.
17 Soyez mes imitateurset ceux du Seigneur
Carlotta (1975), Imitatio (Poème symphonique pour orgue inspiré de l'Imitation du Christ), 2016
Carson Cooman
© Licence YouTube Standard→, 1Co 11,1 ; Ph 3,17 ; Ph 4,9 ; 1Th 1,6 ; 2Th 3,7ss
«Imitatio» est un poème symphonique inspiré de «L'imitation du Christ», du théologien hollandais du Moyen Âge tardif Thomas à Kempis (vers 1380–1471). Chacun des quatre mouvements est inspiré d'un principe du livre.
1. Conscience de soi 2. Humble soumission 3. Gratitude 4. Consolation intérieure