La Bible en ses Traditions

Philippiens 3,1–21

Byz V TR Nes
S

1  Pour le reste, mes frères, réjouissez-vous dans le Seigneur.

Vous écrire les mêmes choses

pour moi n’est pas un motif d'hésitation  

Byz TR Neset c'est pour vous un motif de sécurité  Vmais pour vous c'est nécessaire :

1 Désormais mes frères, réjouissez-vous dans notre Seigneur.

Vous écrire ces choses

pour moi n’est pas un motif de fatigue parce qu'elles vous mettent en garde

1a réjouissez-vous Références en marge Ph 1,4c 1c sécurité 1Th 5,3 1bc Nécessité d’écrire 2Co 9,1 ; 1Th 4,9 ; 5,1
Byz V S TR Nes

2 gardez-vous des chiens

gardez-vous des mauvais ouvriers

gardez-vous de la mutilation.

2b mauvais ouvriers Ph 1,15-17.28 ; 1M 3,6 ; Lc 13,27 ; 2Co 11,13 2a chiens Ps 22,17.21 ; 59,7.15 ; Mt 15,26-27 ; Mc 7,27-28 ; 2P 2,22 ; Ap 22,15 ; →Chien

3 Car nous sommes, nous, la circoncision, nous qui rendons un culte par l’Esprit de Dieu

V S TRà Dieu par l’Esprit

qui avons notre fierté dans le Christ Jésus

qui ne nous confions pas dans la chair,

3 Se vanter Jr 9,23; 1Co 1,31; Ga 6,13s 3a Culte spirituel Rm 1,9 Circoncision du cœur Dt 10,16 ; 30,6 ; Jr 4,4 ; Rm 2,25-29 ; Col 2,11

4 quoique je puisse Vmoi aussi avoir confiance dans la chair ; 

si quelqu’un d’autre

Sen effet pense se confier dans la chair

je le puis d'avantage, moi :

Vmoi, davantage : 

4a confiance dans la chair 2Co 11,18

5 circoncision le huitième jour

Vcirconcis le huitième jour

Scirconcis à huit jours

de la race d’Israël

de la tribu de Benjamin

Hébreu d’Hébreux

quant à la Loi : pharisien

VPharisien,

5a circoncision le huitième jour Gn 17,12 ; Lv 12,3 ; Lc 1,59 ; 2,21 5bcd Israël + Benjamin + Hébreu Rm 11,1 ; 2Co 11,22 5e pharisien Ac 23,6 ; 26,5

6 quant au zèle : persécuteur de

Vpersécutant l’Église Vde Dieu,

quant à la justice qui est dans la Loi :

Vavant mené un vie sans reproche...

6a persécuteur Ac 8,1.3 ; 9,1-2 ; 26,10-11 ; 1Co 15,9 ; Ga 1,13 ; 1Tm 1,13 6b justice qui est dans la Loi Rm 2,13 ; 10,5

7 Mais ces choses qui étaient pour moi des gains

Sun gain

je les ai considérées, à cause du Christ, comme une perte.

7a gains Mt 13,44.46 ; 16,26

8 Mais, bien plus, je considère que tout Scela est perte

auprès de l’éminente connaissance

Sla grandeur de la connaissance de Jésus Christ

VJésus-Christ, mon Seigneur,

pour qui je me suis dépouillé de toutes choses

et les considère comme des ordures

Vdu fumier, afin de gagner le Christ

8 excellence Sg 7,8-11

9 et d'être trouvé en lui n'ayant pas ma justice, celle de la Loi,

mais celle de la foi en Christ,

qui est Dieu, Byz V TR Nesla justice dans la foi,

9 Justice par la foi Rm 1,17 ; 3,21-22 ; 9,30 ; Ga 2,16
Byz V TR Nes
S

10 de manière à le connaître lui

et la puissance de sa résurrection

et la communion à ses souffrances

étant conformé à sa mort,

10 de manière à ce que je connaisse Jésus 

et la puissance de sa résurrection

et que je communie à ses souffrances

et sois conformé à sa mort,

10 Communion à la vie du Christ Rm 6,5 ; 8,17 ; 2Co 4,10-11 ; Ga 2,20

11 si par un quelconque moyen je peux parvenir à la résurrection des morts.

V Nesd'entre les morts.

11 ...

11 parvenir à résurrection Lc 20,35 ; Rm 8,11 ; 1Co 6,14 ; 1Th 4,16
Byz V S TR Nes

12 Non que je l’aie déjà obtenu ou que je sois devenu parfait.

Mais, je poursuis, si je peux par quelque moyen comprendre, ce que j'ai compris par le Christ Jésus.

Scours afin de saisir ce pour quoi Jésus le Christ m'a saisi.

12a parfait Col 1,28
Byz S TR Nes
V

13 Mes frères

Byz TR NesFrères, moi, je ne considère pas l’avoir déjà atteint

mais, Sje sais une seule chose :

oubliant ce qui [est] derrière

et tendu vers ce qui [est] devant,

13 Frères, moi, je ne considère pas l’avoir déjà atteint

mais seulement,

oubliant ce qui est derrière

et m'avançant vers ce qui est devant,

13c derrière Lc 9,62
Byz V S TR Nes

14 je tends vers

Set je cours vers le but en vue du prix de la vocation

Spour obtenir la victoire de l’appel d’en haut, de Dieu dans le Christ Jésus

Sen Jésus le Christ.

14 d’en haut Col 3,2

15 Nous tous, donc, les parfaits, c’est ce que nous estimons !

SDonc, ceux qui sont parfaits, qu'ils pensent à ces choses !

Et si sur quelque point vous pensiez diversement,

cela aussi Dieu vous le révèlera.

16 En tout cas, au point atteint,

 conduisons-nous selon la même règle et pensons [la] même [chose]

Nesconduisons-nous de [la] même [manière]

Vayons le même avis et demeurons dans la même règle :

Spoursuivons en un [seul] sentier et en un [même] accord.

16b règle Ga 6,16 Unité d’esprit Références en marge Ph 1,27d

17 Devenez ensemble

Vsoyez

SSoyez mes imitateurs, Smes frères

et observez ceux qui marchent selon le modèle que vous avezS vu : nous.

17a Imitation de l’Apôtre Ph 1,30 ; 4,9 ; 1Co 4,16 ; 11,1 ; Ga 4,12 ; 1Th 1,6 ; 2Th 3,9

18 Beaucoup de fait marchent Sautrement

(je vous en parlais souvent

et j’en parle maintenant encore en pleurant)

en ennemis de la croix du Christ,

18d ennemis de la croix 1Co 1,17-18 ; Ga 5,11 18a beaucoup Ps 3,2-3 ; 22,13.17

19 eux dont la fin est la destruction

dont le dieu est le ventre

et dont la gloire réside dans leur honte

Sdéshonneur

Vpropre confusion,

eux qui considèrent les choses de

Vqui pensent aux choses de

Sdont la pensée est pour la terre !

19c gloire + honte Os 4,7 ; Rm 6,21 19b le dieu est le ventre Rm 16,18

20 Notre gouvernement

Vcommunauté

Souvrage à nous est dans les cieux,

d’où aussi nous attendons comme sauveur

Vun sauveur,  le

Snotre Seigneur Jésus-Christ

20b Attente du salut Rm 8,19 ; 1Co 1,7 ; Ga 5,5 ; Tt 2,13 ; He 9,28

21 qui transformera le corps de notre humiliation

pour qu'il devienne conforme au

Nes[en le rendant] conforme au

Vl'ayant modelé sur le corps de sa gloire

selon l'opération du pouvoir qu'il a aussi de s'assujettir à lui-même toutes choses

Nesl'opération du pouvoir qu'il a aussi de s'assujettir toutes choses

Vl'opération par laquelle il peut aussi s'assujettir toutes choses

Sla grande force par laquelle tout lui est soumis .

21c s'assujettir Ps 8,7 ; 1Co 15,25-28 ; Ep 1,22 ; He 2,8 21a Transformation du corps Rm 8,23 ; 1Co 15,47-49

Propositions de lecture

3,1–4,1 Structure

  • transition épistolaire (v.1)
  • exhortation négative à se garder des adversaires et sa justification (v.2-4a)
  • éloge de Paul par lui-même (v.4b-14)
  • conclusion exhortative pour une juste attitude de →Communion (v.15-16)
  • exhortation positive à imiter Paul et ses deux justifications (v.17-21)
  • conclusion (4,1)

3,1–4,1 Thèmes

3a la circoncision non charnelle, est constituée par l’offrande spirituelle de son existence à Dieu, confiant dans le Christ et non dans les valeurs du monde.

4a dans la chair signifie, dans le contexte (v.4b-6), les privilèges reçus et les mérites acquis (liés à l’identité ethnique), attitude opposée à la fierté mise dans le Christ. Tradition chrétienne Ph 3,4a

6b la justice qui est dans la Loi renvoie au concept juif de justice, liée au bien qui doit être fait par l’observance de la Loi mosaïque (Littérature péritestamentaire Ph 3,6b).

8b la connaissance de Jésus Christ (Vocabulaire Ph 3,10a) indique un rapport de communion et d’appartenance au Christ (cf. v.10). Il repose sur toute la tradition biblique et judaïque. Il a une fonction centrale en v.7-11 et 3,1–4,1.

21b conforme au corps de sa gloire indique que l’itinéraire du croyant, décrit à partir du v.7, s’accomplie dans l’être rendu semblable au Seigneur, aussi dans le corps (cf. v.10).

Texte

Critique textuelle

3a Dieu Omission dans P46.

6a Église Addition V F G : de Dieu.

7a Mais Omission possible

Présent en 
  • P46.61vid א* A G 0282 33 81 1241s pc b d.
Omis par 
  • Lcf Ambrosiaster.

12a obtenu Addition Après D*.c P46 Ambrosiaster insèrent : ou déjà ai été justifié.

13a ne Addition א D* P Cl : pas encore.

16a selon la même règle et pensons [la] même [chose] Omission des deux expressions dans Nes : cf.  P16.46 א* A B Ivid manuscrits minuscules Hil Aug.

18d ennemis Addition P46 insère avant : gardez vous de.

21b pour qu’il devienne Omission du syntagme dans Nes V, de même que dans א A D* F G manuscrits minuscules latt co Irlat Tert.

Vocabulaire

1b les mêmes choses indique que la seconde partie de la lettre (ch.3-4) reprend plusieurs éléments de la première : dans le contenu, l’argumentation et la finalité exhortative.

5e pharisien Sens neutre ou positif Le mot n'a pas encore les connotations péjoratives et stéréotypées de légalisme exagéré ou d'hypocrisie qu'il aura dans les évangiles, rédigés à une période où les →pharisiens cherchèrent sans doute à prévaloir contre ce qui restait des autres "partis" du temps du Temple, et à exclure ceux qu'ils considéraient comme déviants, dont les Juifs disciples de Jésus (Jn 9,22 ; 12,42 ; 16,2).

10a le connaître Sens intensif Au v.8, il s’agissait du fait d’avoir connu le Christ. Ici nous est montrée la dynamique de la connaissance du Christ vécue quotidiennement par Paul qui reproduit, soutenu par l’action de Dieu, le même itinéraire de mort et de résurrection (Ph 2,6-11). Littérature péritestamentaire Ph 3,9s

15a parfaits signifie, dans le contexte et en considération des autres parallèles néotestamentaires, « matures dans la foi » (Procédés littéraires Ph 3,15a).

15ab.16a estimons + pensiez + pensons Vocabulaire Ph 1,7a

19d considèrent Vocabulaire Ph 1,7a

20a Notre gouvernement Ou « Ce qui nous gouverne » (langage politique) : Hapax NT politeuma (Vocabulaire Ph 1,27a), terme utilisé pour indiquer que ce qui guide la vie des chrétiens est dans les cieux et se trouve directement en relation avec le Christ, comme le laisse entrevoir la fin du v.

Grammaire

1a Pour le reste Connexion logique ambiguë L’expression adverbiale to loipon peut indiquer soit la conclusion, soit le début d’un texte. Il est uni ici à chairete en kuriôᵢ, exhortation à se réjouir dans le Seigneur et non salut final. C’est pourquoi cette expression n’est pas la conclusion d’une lettre, mais l’ouverture d’un nouveau développement épistolaire (Procédés littéraires Ph 3,1). Même fonction de loipon en 1Co 1,16 ; 4,2 ; 7,29 ; 1Th 4,1 ; 2Th 3,1.

1b écrire Aspect verbal L’inf. prés. indique souvent une action en cours : on peut donc traduire aussi « continuer à écrire ».

2 Gardez vous de Construction elliptique L’impératif plur. de blepein suivi par une particule signifie habituellement dans le NT « gardez vous de », employé sans particule il signifie « regarder ». Ici, même en l’absence de particule, la triple répétition du verbe, les trois épithètes injurieux et l’antithèse avec le v.3 font préférer « gardez vous de ».

9b en Christ = gén. objectif plutôt que « la foi du Christ » (gén. subjectif), étant donné qu’en v.7-11 le Christ n’est pas le sujet actif, mais l’objet de la connaissance de Paul.

10a de manière à le connaître La phrase a une valeur consécutive, n’exprimant pas une nouvelle finalité, mais un autre aspect de « gagner le Christ et être trouvé en lui », après celui de la justice.

12–13a Ellipse de l’objet Trois fois l’objet du verbe, nécessaire grammaticalement, est omis pour souligner le processus non conclu exprimé par les verbes. Si l’objet devait être explicité, ce serait, dans la logique des v.8-11, la pleine connaissance et communion avec le Christ.

12b si L’expression grecque (ei kai) introduit une autre phrase hypothétique.

16a conduisons-nous Infinitif à valeur d’impératif Dans ce contexte, stoichen introduit une exhortation. 

17b nous Antécédent ? renvoie à Paul et ses collaborateurs dans l’apostolat.

21ab le corps de notre humiliation + de sa gloire — Hébraïsmes

Procédés littéraires

1 Formule épistolaire d’hésitation Elle permet à l’expéditeur de s’excuser auprès de son destinataire pour une raison particulière, ici pour le fait de se répéter. Cette formule est habituellement employée avec le verbe écrire.

2.18s Invective C'est une attaque ad personam afin d’en détruire le crédit auprès des auditeurs. L’apostrophe directe de l’adversaire manque en Ph 3, mais on trouve le même but et certains artifices rhétoriques propres à l’invective.

3a nous Anastrophe (inversion de l’ordre normal de la phrase grecque) destinée à souligner l’identité des croyants, parmi lesquels Paul se place.

3b fierté Répétition Le terme kauchaomai / kauchêma rythme l'épître (avec Ph 1,26 ; 2,16). Cf. V : gloria / glorior ; S : šwbhr’.

4 Comparaison exploitée par Paul, initiée au v.3 à propos des fidèles opposés aux ennemis et repris aux v.20-21, dans sa confrontation avec un adversaire supposé.

4b–6 La concessio est un raisonnement où l’auteur commence par admettre le point de vue de l’interlocuteur pour en montrer ensuite les limites et le dépasser. Paul fait de même avec un représentant fictif du groupe des adversaires.

7–11 Amplification des termes et des images pour souligner la différence avec la situation présentée dans les v.4b-6 (Textes anciens Ph 3,4b–14).

10bc sa résurrection + ses souffrances — Hystérologie (hysteron proteron) Anticipation inhabituelle de la résurrection du Christ sur ses souffrances pour mettre en évidence que Paul, comme tout croyant, fait avant tout l’expérience du Seigneur, avec sa force de Ressuscité (v.8), pour pouvoir ensuite vivre aussi avec lui la tribulation (Théologie Ph 3,10d).

10d conformé Répétition de racine Le terme développe Ph 2,6-7.

12s Double correctio qui permet d’éviter que les auditeurs croient Paul arrivé au terme du cheminement chrétien.

15a parfaits Antanaclase Parfaits (teleioi) reprend la racine de sois devenu parfait (teteleiômai) du v.12, mais avec un sens différent, pour souligner que la vraie perfection et la maturité chrétienne se trouvent dans la reconnaissance de sa propre imperfection.

17a ensemble + imitateurs — Néologisme Paul utilise un néologisme (summimêtai) pour inviter les Philippiens à s’unir dans l’imitation de son itinéraire chrétien (Milieux de vie Ph 3,17).

18 Hyperbate séparant la phrase principale en deux par l’insertion d’une proposition mettant ainsi en relief l’expression les ennemis de la croix du Christ.

19b le dieu est le ventre Métaphore L'expression signifie qu'ils cèdent à des désirs alimentaires et sexuels immodérés.

20s Climax stylistique formé par l’accumulation des éléments concernant l’action du Christ qui indique la conclusion du passage.

20a Notre Anastrophe pour souligner l’identité des croyants, parmi lesquels Paul se compte.

Genres littéraires

3,1–4,1 Exemplum Tout ce passage oppose le mauvais exemple des adversaires au bon exemple de Paul et des croyants.

4b–14 Périautologie L'auteur fait son propre éloge. En Ph 3, il est composé de trois étapes :

  • son éloge dans la chair (identité ethnique et religieuse) (v.4b-6) ;
  • le même mais, inversé, dans le Christ (nouvelle identité dans le Christ) (v.7-11) ;
  • enfin celui chrétien, atténué (identité chrétienne en devenir) (v.12-14) (Textes anciens Ph 3,12ss).

Il a aussi une finalité exemplaire (v.17 : Textes anciens Ph 3,17a). Souvent la responsabilité en est imputée aux adversaires (v.2.18-19) et on mêle son propre éloge à celui des auditeurs (v.3.15.20 : Textes anciens Ph 3,3a.15a.20a).

Contexte

Repères historiques et géographiques

7 La vocation de Paul Paul fait sans doute allusion à sa vocation, advenue lors de sa rencontre avec le Christ sur la route de Damas (Ac 9,1-19).

Milieux de vie

1c sécurité Elle était un des plus importants biens assuré aux citoyens par la polis (p. ex. →Isocrate Pace 19-21 ; →Philon d’Alexandrie Cher. 126).

2 Les adversaires pourraient être des judéo-chrétiens, missionnaires itinérants, comme en 2Co 10-13. Ils invitent les chrétiens de Philippes issus du paganisme à se circoncire et à observer la Tora, comme le font les agitateurs de Ga 5,1-3 ; 6,12-13. Procédés littéraires Ph 3,2.18s ; Tradition juive Ph 3,2a ; Tradition chrétienne Ph 3,2

5a circoncision Importance ? La →circoncision est un élément constitutif de l’identité juive-judéenne pour beaucoup, diversement interprétée et mise en pratique par les Juifs du 1er s. Tradition chrétienne Ph 3,5a

5e pharisien Paul pharisien ?

  • →Josèphe A.J. 17,41 « Il y avait une secte juive composée d’hommes qui se considéraient grands en raison de leur stricte observance de la loi de leurs pères. »

Aussi bien ici qu'en Ga 1,13 ou en Ac 23,6 (« pharisien fils de pharisiens ») Paul s'enorgueillit de sa formation de →pharisien (cf. Ac 22,3 ; 26,4-5). Ac en général donne une image plutôt positive des pharisiens : Ac 5,34-36 ; 15,5 ; 21,20-21). Ce que l’on parvient à soupçonner de ses positions avant sa rencontre avec le Christ s’accorde cependant mal avec la description du pharisien type que donne Flavius :

  • Selon Josèphe, les pharisiens croient en la résurrection ; ils suivent des coutumes ancestrales irréductibles à une simple jurisprudence issue de l’Écriture (→A.J. 13,297) ; ils sont attachés à la circoncision comme signe d’appartenance au peuple élu (→A.J. 1,192 ; cf. Ac 15,5).
  • Chez Paul, en revanche, l'argumentation est extrêmement scripturaire même pour rapporter le kérygme « selon les Écritures » (1Co 15,3). Alors que Gamaliel, son maître, défend les Apôtres contre les contempteurs de la foi en la résurrection (Ac 5,34-39), il se range parmi leurs persécuteurs (donc plutôt les sadducéens Ac 5,17 ; cf. →Josèphe A.J. 18,16). Enfin, il relativise la circoncision encore plus que d’autres Juifs de son temps.

Certains rapprochent l’activisme précoce de Paul, son insistance sur les thèmes de l’Alliance, sur les « Églises », son recours à des expressions comme « fils de la lumière / des ténèbres » (1Th 5,5) d’un tropisme essénien plus que pharisien. Sans aller aussi loin, on peut du moins penser que le terme pharisien (au départ non technique, signifiant « séparé ») recouvrait des réalités religieuses plus diverses que ne laisse supposer la division en trois « philosophies » proposée par Josèphe. 

17 L’imitation des modèles, au temps de Paul, était la charnière de l’éducation tant gréco-romaine que juive. Le maître était un exemple pour les disciples, appelés à s’approprier l’idéal qu’il exprimait et à le mettre en œuvre dans leur comportement (cf. →Isocrate Soph. 16-18 ; →Sénèque Ep. 84).

18d ennemis de la croix du Christ Qui sont ces opposants ? Ce sont tous ceux qui n’accueillent pas le discours paulinien de la croix et ont une mentalité mondaine. Leur profil est très vague, mais il ne s’agit pas d’un nouveau groupe d’adversaires. Paul élargit à tous les opposants possibles et énonce leur condamnation à la perdition.

19d considèrent les choses de la terre Dépasser la question des droits civiques ?  Les inscriptions attestent que la question des droits civiques comptait beaucoup pour les vétérans de Philippes (Milieux de vie Ph 3,20a). Ceux-ci se considéraient en situation de minorité, réduits à un statut inférieur (→Pilhofer 1995, 118-122 ; →Oakes 2001, 50-54). 

À l’échelle régionale sinon locale, un examen plus poussé des inscriptions de Macédoine confirme que dans d’autres communautés religieuses, juives et isiaques, on avait l’habitude de poser dans les mêmes termes que Paul les rapports du religieux au politique en utilisant le verbe politeuesthai (Ph 1,27) pour établir les normes de la vie publique que doit mener le croyant.

Même s'il est probable que Paul emprunte son langage politique à G (p. ex. Is 62,11 ; 2M 9,12), on ne peut vider la terminologie utilisée par Paul de sa substance politique dans le contexte local, attestée par les inscriptions. L’Apôtre confronterait ainsi implicitement plusieurs modèles de relation du religieux au politique. En demandant à ses auditeurs de dépasser la question des droits civiques pour penser au royaume de Dieu, Paul aurait ainsi cherché à parler leur langage, en se référant à leur centre d’intérêt.

20a Notre gouvernement Politique et religion En recourant à un lexique qui relevait normalement du champ politique pour ses contemporains (Procédés littéraires Ph 1,27a ; Milieux de vie Ph 1,27a), Paul pose la question du rapport au monde. 

Les droits civiques, une question brûlante à Philippes ?

Politeuma (plus litt. « communauté civique » : Vocabulaire Ph 3,20a) désigne des communautés représentatives organisées suivant le modèle civique, le plus souvent des communautés de soldats, quelquefois des communautés juives issues sans doute d’une colonisation militaire.

Les communautés juives d’Asie Mineure sont issues d’une colonisation militaire séleucide. Dans la colonie de Philippes, le noyau dirigeant était constitué par une population de vétérans, de soldats-cultivateurs, qui bénéficiaient certes de la citoyenneté romaine, mais selon un système de droits civiques limités, le statut de droit latin – ce qui suscitait frustrations et revendications (Milieux de vie Ph 3,19d).

Structure associative des communautés juives d’Asie Mineure au 1er s.

  • →Josèphe A.J. 14,259-261 : Le terme de politai (« citoyens ») est employé par les pouvoirs publics pour les Juifs de Smyrne qui ont une forte organisation associative et doit renvoyer à un politeuma puisqu’ils sont aussi comptés parmi les étrangers domiciliés.
  • Le concept de politeuma servira longtemps à cette confrontation dans l’ecclésiologie des premiers siècles chrétiens, p. ex. dans →Eusèbe de Césarée Hist. eccl.

20b sauveur + Seigneur — Titres impériaux Ces termes étaient utilisés dans le culte de l’empereur romain (→IGR 4,584 ; →P. Oxyrh. 1,37).

Textes anciens

3a.15a.20a nous sommes + Nous tous + Notre — Éloge des auditeurs

  • →Plutarque Laude 9 (542b) « l’auditeur, à son insu, accepte volontiers l’éloge de l’orateur, qui s’insinue en lui avec le sien propre » (trad. Klaerr et Vernière 1974, 71).

3a.18d nous + ennemis — Nous vs. nos adversaires

  • →Plutarque Laude 8 (542a) « insérer l’éloge de soi dans la réfutation des accusations » (trad. Klaerr et Vernière 1974, 71).

4b–14 Nouvelle compréhension de soi selon le stoïcisme Lorsque, grâce à la connaissance de la Raison inhérente à toute la réalité, le sage fait l’expérience du Bien, il accède à une conscience plus haute :

  • →Cicéron Fin. 3,21 « Il a observé, dans ce que doit réaliser sa conduite, l’existence d’un ordre et, pour ainsi dire, d’une harmonie, cette harmonie lui paraît avoir beaucoup plus de prix que les objets premiers de sa dilection : et de tout ce que la connaissance réfléchie et la raison lui ont permis de recueillir, il conclut que c’est là que réside le souverain bien de l’homme, ce bien qu’il faut estimer et rechercher pour lui-même. »

12ss Imperfections

  • →Plutarque Laude 13 (543f) « certaines gens ne présentent pas leur propre éloge dans tout son éclat, ni à l’état pur, mais y introduisent quelques imperfections, erreurs et fautes légères » (trad. Klaerr et Vernière 1974, 75).

13s Métaphore sportive fréquente, à travers l’image athlétique, dans la philosophie populaire pour illustrer l’engagement dans la conquête de la vertu :

  • →Philon d’Alexandrie Leg. 2,108 « Mène cette lutte comme une très belle bataille ; efforce-toi d’être couronnée, contre le plaisir qui a sur tous la victoire, d’une belle et glorieuse couronne, que ne propose aucune fête solennelle, par les hommes. »

17a ensemble + imitateurs — De l’éloge de soi à l’imitation

  • →Plutarque Laude 14 (544d) « Vois d’abord si un homme ne pourrait pas faire son éloge pour exhorter ses auditeurs, leur inspirer un sentiment d’émulation ou d’ambition » (trad. Klaerr et Vernière 1974, 77).

Littérature péritestamentaire

6b la justice qui est dans la Loi

  • 4Q398 14-17 « Et ce te sera compté comme justice, quand tu feras ce qui est juste et bon devant Lui. »

9s Justice et connaissance de Dieu

  • →1QS 10,11-12 « Et à Dieu je dirai : 'ma justice' et au Très-Haut : 'fondation de mon bonheur, source de connaissance'. »

15a les parfaits Cette terminologie est amplement attestée dans les écrits de Qumrân. Les membres de la communauté se définissaient eux-mêmes comme intègres face à Dieu, en raison de leur observance de la Loi :

  • →1QS 1,7-9 « de faire entrer tous ceux qui désirent accomplir les prescriptions de Dieu, [...] de se comporter devant sa face [dans] la perfection [= tammîm] de toutes les [vérités] dévoilées. »

17a ensemble + imitateurs

  • →4 Macc. 9,23 « Imitez-moi mes frères, disait-il ; ne désertez pas ma lutte, n'abjurez point la fraternité qui unit nos courages, combattez le saint et noble combat de la piété ! »

Réception

Liturgie

20s Horizon de toute liturgie Paul rappelle ici la perspective ultime de la vie chrétienne : le plein accomplissement du salut reçu et vécu.

Texte

Ce texte est prié durant l'→Avent, temps de l’attente par excellence.

  • 1er dimanche,  vigiles, 2e nocturne, 1er répons (→LM 1,41) « Nous attendons comme Sauveur le Seigneur Jésus-Christ, lui qui transformera nos pauvres corps à l'image de son corps glorieux, avec la puissance qui le rend capable aussi de tout dominer » (ce répons revient régulièrement durant les vigiles de la première semaine de l'Avent).
  • Lecture brève ou capitule des vêpres du lundi en Avent jusqu'au 16 décembre (→LM 1,15) et aux vêpres du 19 décembre (→LM 1,419).

Mystagogie

L’attente de la parousie restera toujours à l’horizon de la pensée de l’Église, qui se réjouit de voir se rapprocher d’année en année, de jour en jour, l’heure où le Christ dans toute sa gloire reviendra sur la terre pour lui faire partager la plénitude de sa gloire. Elle est la cause principale, directe et profonde de la grande →joie qu’éprouve l’Église tout particulièrement au cours des semaines de l'→Avent, qui précèdent la fête de Noël.

Rites

L’attente ardente de l’avènement du Seigneur est admirablement exprimée dans la messe quotidienne :

  • Acclamation des fidèles après la consécration (→MR 576.91) : « Nous proclamons ta mort [...], nous attendons ta venue dans la gloire ». Le latin présente donec venias, « jusqu’à ce que tu viennes » avec une nuance de but « pour que tu viennes », s’inspirant de 1Co 11,26 et de 2P 3,12s.
  • Prière eucharistique 3 (→MR 585-587) : « alors que nous attendons son deuxième avènement [...] ».
  • Prière eucharistique 4 (→MR 591-593) : « en attendant aussi qu’il vienne dans la gloire ».
  • Prière après le Notre Père (→MR 598.125) : « dans l’attente de la bienheureuse espérance et de l’avènement de notre Sauveur Jésus Christ (exspectantes beatam spem et adventum Salvatoris nostri Iesu Christi) ». L’Avent est essentiellement cela : l’attente de la bienheureuse espérance et de l’avènement de la gloire de notre grand Dieu et Sauveur Jésus-Christ (Tt 2,13).

Tradition juive

2a chiens Insulte topique récurrente dans la polémique anti-païenne des Juifs (cf. Mt 15,26-27 ; Mc 7,27-28). P. ex. :

  • →Josèphe C. Ap. 2,85 « Voilà les témoignages qu’aurait dû considérer Apion s’il n’avait eu plutôt lui-même le cœur de l’âne et l’impudence du chien, qu’on a coutume d’adorer chez eux. »

Tradition chrétienne

1b écrire les mêmes choses Pourquoi ?

Patience du pédagogue

  • →Ambrosiaster Comm. Phil. 3,1 « Il montre l’intérêt qu’il a pour leur chemin de foi et il leur répète ce qui est nécessaire pour leur bénéfice. »

Verba volant... 

2 chiens mauvais ouvriers + mutilation — Adversaires visés

Par Paul

=  les chrétiens judaïsants
  • Jean Chrysostome Hom. Phil. 10,3,1-3.
= les Juifs
  • Marius Victorinus Ad Phil. 3,1-3.

Par les commentateurs de Paul

= les prédicateurs catholiques

Au Moyen Âge, les membres de l'Ordre des prêcheurs affectionnaient le jeu de mot sur leur surnom de « dominicains » : ils étaient les « chiens du Seigneur » (Domini-canes), rassemblant les brebis du bon pasteur, mettant en fuite les loups, soignant les plaies de leur langue (prédication). Certains réformés tournent le jeu de mots en dérision : 

  • →Brenz Expl. Phil. : Les chiens sont aujourd’hui les religieux qui se hâtent vers les cuisines des maisons, pour se remplir la panse. Du reste, leur prédication sonne comme l’aboiement du chien. Ils parlent trop des mérites humains ; ils offrent, par exemple, le pardon de péchés mortels pour sept ans de pénitence, et ils mesurent la quantité des aumônes nécessaire. Ces Mess-Prediger prétendent ainsi décider au nom de Dieu la mesure de la grâce.

2c mutilation Pourquoi ce mot ?

Pour éviter de provoquer ses adversaires ?

  • →Jean Chrysostome Hom. Phil. 10,3,1-3 « [Paul] ne dit pas : la circoncision est mauvaise, la circoncision est superflue, pour ne pas alarmer ces personnes, mais il procède plus sagement, s’écartant de l’affaire, la gratifiant d’un nom plus recherché. »

Pour désigner par métonymie la division, effet de la querelle

  • →Lapide Comm. ep. Pauli : En désignant la circoncision comme une coupure ou une mutilation, Paul veut peut-être signifier le schisme, voire la perdition éternelle (en tant que retranchement du nombre des sauvés).

3a nous sommes, nous, la circoncision

Circoncision charnelle et circoncision spirituelle

  • →Thomas d’Aquin Lect. Phil. « Il y a une double circoncision, la corporelle et la spirituelle, comme le dit Rm 2,28 'Car le vrai Juif n’est pas celui qui l’est au dehors ; et la véritable circoncision n’est pas celle qui se fait dans la chair, et qui n’est qu’extérieure. Mais le vrai Juif est celui qui l’est intérieurement ; et la circoncision véritable est celle du cœur, qui se fait par l’esprit et non selon la lettre, etc.' En effet, la circoncision de la chair est celle qui porte sur un surplus de chair, mais la circoncision de l’esprit est celle par laquelle l’Esprit Saint tranche les concupiscences intérieures superflues. Et c’est pourquoi il dit : Car c’est nous qui sommes les vrais circoncis, nous qui par l’esprit de Dieu lui rendons un culte, etc., c’est-à-dire lui qui nous élague de l’intérieur pour Dieu, selon Rm 1,9 'Car le Dieu que je sers par le culte intérieur de mon esprit dans l’Évangile de son Fils, m’est témoin, etc.' ; et 1Co 14,15 'Je prierai de cœur ; mais je prierai aussi avec intelligence. Je chanterai de cœur des cantiques ; mais je les chanterai aussi avec intelligence, etc.' »

La circoncision charnelle, sacrement de la foi en Christ ? 

  • →Thomas d’Aquin Lect. Phil. « La circoncision a été donnée, comme il est montré dans Rm 4,16 ['Ainsi c’est par la Loi que nous sommes héritiers, afin que nous le soyons par grâce, et que la promesse faite à Abraham demeure ferme pour tous les enfants d’Abraham, non seulement pour ceux qui ont reçu la Loi, mais encore pour ceux qui suivent la foi d’Abraham, qui est le père de nous tous'], pour que soit montré un signe de la foi d’Abraham, c’est-à-dire pour que sa foi soit manifestée comme vraie, elle qui fut une foi en la descendance future, ainsi qu’il est dit dans Ga 3,16 'Or les promesses de Dieu ont été faites à Abraham, etc.' La circoncision est donc le signe de la foi d’Abraham dans le Christ. »

La vraie circoncision est la rénovation dans l'Esprit

  • →Thomas d’Aquin Lect. Phil. « Par conséquent, celui-là est circoncis, qui est rénové intérieurement par l’Esprit Saint dans le Christ, lui qui est la vérité de la circoncision. Col 2,11 dit 'Comme c’est en lui que vous avez été circoncis d’une circoncision qui n’est pas faite de main d’homme, mais […] de la circoncision de Jésus-Christ, etc.' Sans nous flatter d’aucun avantage charnel, c’est-à-dire dans la circoncision charnelle, parce que, comme il est dit dans Jn 6,63 'C’est l’esprit qui vivifie ; la chair ne sert de rien.' Mais la chair désigne parfois la concupiscence charnelle qui est en nous, parfois le souci de la chair, et parfois l’observance charnelle. Et nous devons circoncire chacune d’elles, et ne pas nous glorifier en elles. »

3a un culte à Dieu par l’Esprit (V)

= un culte spirituel, mais non immatériel

  • →Calvin Comm. NT : Paul parle de culte spirituel. Mais cela n’implique pas que les sacraments extérieurs comme le baptême et la Cène dussent disparaître. Car la circoncision n’a pas été abolie simplement, mais remplacée par le baptême. Simplement, depuis la venue du Christ, le culte pur et vrai (Jn 4,24) est allégé des cérémonies légales, et les fidèles ont la vraie circoncision sans figure. 

= dans un certain esprit

  • →Lapide Comm. ep. Pauli : Le mot esprit désigne ici une manière de servir particulière, et non pas la personne divine de l’Esprit. 

4a quoique je puisse avoir confiance dans la chair L’argumentation de Paul ne vient pas d’une frustration

  • →Jean Chrysostome Hom. Phil. 10,3,4 « Qu'est-ce à dire prendre avantage et du côté de la chair ? Ce serait en tirer vanité, en parler avec sérieux et avec pleine confiance. Cette réflexion est belle et prudente. Car si Paul était né dans la gentilité, et qu'il accusât dès lors et la circoncision et ceux même qui la recevaient sans raison, il me paraîtrait si ardent à l'attaque que, pour des motifs personnels, il laisserait voir qu'il est privé de cette marque de noblesse qui caractérisait le judaïsme ; qu'il en ignore la grandeur et la majesté ; qu'il n'a pas la gloire d'y participer. Mais, maintenant circoncis et censeur toutefois de la circoncision, il ne l'attaque pas par le dépit d'en être exclus, mais par le devoir qu'il a de la condamner ; loin d’agir avec ignorance, c’est en toute connaissance de cause. »
  • →Cajétan Ep. Pauli al. apost. : Bien que Paul ait commis des péchés, il ne les a jamais commis de manière telle qu’on puisse l’accuser de contrevenir à la Loi. 

5a circoncision le huitième jour Judaïsme authentique

  • →Jean Chrysostome Hom. Phil. 10,3,5 « [Paul] mentionne d’abord le point le plus important [pour les juifs] : la circoncision. »
  • →Thomas d’Aquin Lect. Phil. « Il dit Au huitième jour, parce qu’il y avait cette différence entre les prosélytes [= païens nouvellement convertis au judaïsme] et ceux qui étaient de la race d’Abraham, que ceux-là ne l’étaient pas le huitième jour, mais étaient circoncis déjà adultes quand ils se convertissaient, tandis que ceux-ci l’étaient au huitième jour selon la Loi, comme le dit Gn 17,12 'L’enfant de huit jours sera circoncis parmi vous.' Ainsi donc, il n’était pas comme un prosélyte, mais comme un vrai Israélite. »

5d Hébreu Origine du mot Thomas d'Aquin propose deux étymologies possibles, riches de sens :

  • →Thomas d’Aquin Lect. Phil. « D’aucuns disent que le mot Hébreu vient d’Abraham ; c’est ce que soutint Augustin [→Cons. 1,14,21 (1051)] avant de se rétracter [→Augustin d’Hippone Retract. 2,16 (478-479)]. Ce nom dérive plutôt d’Héber, dont il est question en Gn 11,14. Il est bien clair que l’appellation Hébreu ne peut pas venir d’Abraham, puisqu’Abraham lui-même est appelé de ce nom en Gn 14,13 : 'Un rescapé annonça cette nouvelle à Abraham l’Hébreu.' Au temps d’Héber la langue commune à toutes les nations fut divisée, et la langue première demeura dans la famille d’Héber, dans le culte au Dieu unique, et parmi tous les Hébreux. Quant à l’Apôtre, qui était né de parents hébreux, il constate : Hébreu né d’Hébreux. »

Cf. également Gn 10,21. 

5e pharisien Identification

  • →Thomas d’Aquin Lect. Phil. « Il y avait trois partis chez les juifs : ceux des pharisiens, des sadducéens et des esséniens. Les pharisiens étaient plus proches de la vérité, quand les sadducéens niaient la résurrection et ne croyaient pas aux anges ni aux esprits. Eux confessaient l’un et l’autre, comme le rapporte Ac 23,8, aussi leur parti est-il le plus louable. »
  • →Calvin Comm. NT montre sa connaissance de l’Antiquité et des interprètes juifs, en rappelant l’opinion populaire, selon laquelle les pharisiens tiraient leur nom de leur séparation du commun des gens, mais pense que le nom vient plutôt de leur préférence pour une interprétation non littérale des Écritures.
  • →Lapide Comm. ep. Pauli : Les pharisiens enseignaient l’immortalité de l’âme, mais avec des idées de métempsychose, comme Élie revenu en Jean-Baptiste, etc. Lapide adopte l’étymologie proposée par Épiphane : le mot viendrait de paraš, dénotant la séparation. 

7a des gains Concesso non dato

Supersessionisme chrétien ? 

  • →Hemmingsen Comm. Phil. : La justice est double : intérieure et extérieure. À la mesure de la justice légale de l’AT, Paul était irreprochable. Mais l’amour parfait n’a été achevé qu’une fois, dans la vie de Christ : lui seul eut un amour total, à la fois intérieur et extérieur. Chez tous les autres hommes qui semblent parfaits, il reste quelque chose de l'hypocrisie, au secret de chaque coeur, que Dieu peut voir. 
  • →Lapide Comm. ep. Pauli : Le rejet par Paul de sa vie dans le judaïsme pour embrasser le Christ n’est pas le rejet du mal pour le bien. C'est la mise à distance de toutes sortes de choses bonnes – mais humaines et transitoires – par rapport à l’Évangile qui est encore meilleur. 

Polémique anti-catholique 

  • →Calvin Comm. NT : Paul ne veut certainement pas dire qu’il aurait cessé d’être chaste pour devenir lascif, d’être abstinent pour devenir ivrogne, etc. Il veut combattre une fausse appréciation de sa propre justice, et la tenir pour peu de choses. Il ne nie pas la valeur du contenu des œuvres, mais la confiance erronée dans les œuvres. 
  • →Brenz Expl. Phil. s’efforce de montrer les resssemblances entre la piété juive et la religion catholique.  Il y a deux formes de justice. La première est extrinsèque : c’est la justice des œuvres. Elle est utile, mais elle ne sert de rien devant Dieu, parce qu’elle ne peut pas être parfaite absolument. La justice des dix commandements [pratiquée par les catholiques] est la même que celle des œuvres de la Loi.  Elle eut bien sa dignité, son utilité, et plut à Dieu. Cependant, la justice ultime, intérieure, vient seulement de Christ : Jésus-Christ est le seul juste devant Dieu. 

Belle métaphore : Paul le naufragé

  • →Hemmingsen Comm. Phil. : Paul insiste sur le fait qu’il lui a fallu rejeter toutes choses avant que, telle la victime d’un naufrage, il arrivât enfin à Christ. 

7b.8d une perte + ordures — Caducité de la Loi

  • →Thomas d’Aquin Lect. Phil. « Il dit donc : [...] ce que j’estimais être grand, à savoir être pharisien, etc. cela m’a paru depuis, en regardant Jésus-Christ, une perte, c’est-à-dire j’estime que cela a été pour moi un préjudice. En effet, les observances légales, qui étaient efficaces au temps de la Loi, sont devenues nocives par le Christ. Et c’est pourquoi il parle de perte. »
  • →Cajétan Ep. Pauli al. apost. : Paul déprécie complètement la Loi, devenue une entrave à la liberté évangélique. La Loi n’est pas seulement condamnée : elle est décrite comme répugnante. Plus que seulement perdue, la Loi est désormais tenue pour une perte. 

7b à cause du Christ Divisio textus : le Christ objet de connaissance et d’amour

  • →Thomas d’Aquin Lect. Phil. « Et sa fin, c’est le Christ. Voilà pourquoi il dit : À cause du Christ. […] Et il explique que c’est d’abord pour connaître le Christ, ensuite pour l’atteindre. [1] Quant au premier point, il dit : Tout me semble une perte [...] à cause du désir d’avoir une science juste du Christ mon Seigneur, comme il est dit dans 1Co 2,2 'Car je n’ai point fait profession de savoir autre chose parmi vous que Jésus-Christ, et Jésus-Christ crucifié.' [...] [2] Quant au second point, il dit : Pour l’amour duquel je me suis privé de toutes choses, […] regardant toutes choses comme des ordures, me comportant vis-à-vis d’elles comme vis-à-vis de choses désavantageuses et viles, et cela afin que je gagne Jésus-Christ, c’est-à-dire que je l’atteigne et que je lui sois uni par la charité. »

8b connaissance de Jésus Christ Le contenu de la « connaissance du Christ », sur la terre et au ciel

Sextuple connaissance

  •  →Thomas d’Aquin Lect. Phil. « On peut comprendre cela de deux manières, en fonction de la double connaissance. [1] D’une première manière, selon la connaissance du chemin [d’ici-bas], il faut connaître de lui trois choses. Premièrement sa personne, à savoir qu’il est vrai Dieu et vrai homme. Et c’est pourquoi il dit : Et que je le connaisse. Dans Jn 14,9, on trouve 'Il y a si longtemps que je suis avec vous, et vous ne me connaissez pas encore ?, etc.' Deuxièmement, la gloire de sa résurrection. Voilà pourquoi il dit : Avec la vertu de sa résurrection, c’est-à-dire sa résurrection puissante, faite par son propre pouvoir. Troisièmement, comment l'imiter de sorte que nous lui soyons associés dans sa Passion, comme il est dit dans 1P 2,21 'Jésus-Christ a souffert pour nous, vous laissant un exemple, afin que vous marchiez sur ses pas.' [2] D’une seconde manière, on l’entend de la connaissance expérimentale [au ciel]. Paul commence par la fin, parce que ce qui est ultime dans l’exécution, est premier dans l’intention. Premièrement il s'agit de la connaissance de Dieu par essence, à laquelle conduit la foi, comme le dit Jr 31,34 'Tous me connaîtront depuis le plus petit jusqu'au plus grand, dit le Seigneur, etc.' Et c’est pourquoi il dit : Et que je le connaisse. Deuxièmement, parce que non seulement l’âme est glorifiée, mais le corps aussi sera glorieux par lui. Voilà pourquoi il dit : Avec la vertu de sa résurrection, c’est-à-dire par laquelle nous ressusciterons, selon 1Co 15,14 : 'Et si Jésus-Christ n’est point ressuscité, [notre prédication est vaine,] et votre foi est vaine aussi.' Troisièmement, participation, parce que nous saurons par l’expérience combien vaut la participation de sa Passion, comme il est dit dans 1Co 1,9 'Dieu, par lequel vous avez été appelés à la société de son Fils Jésus-Christ notre Seigneur, est fidèle et véritable.' »

Triple connaissance

  • →Cajétan Ep. Pauli al. apost. : Il s’agit primo de connaître sa divinité et son humanité, ainsi que ce qui appartient à chacune ; secundo d’expérimenter la force de sa resurrection ; tertio de communier aux afflictions du Christ. 

La foi va au-delà

  • →Hemmingsen Comm. Phil. : La foi va plus loin que la connaissance de la personne et de l’œuvre du Christ, car elle comprend les bienfaits rendus et les reçoit avec la grâce du Christ. Bien que nous en soyons tous à diverses étapes de sanctification, nous devons être unis en ce qui concerne la doctrine. 

9a justice + de la Loi — Justice légale, vertueuse ou non

  • →Thomas d’Aquin Lect. Phil. « La justice est parfois prise comme une vertu spéciale, par laquelle l’homme met de la rectitude dans les choses qui relèvent de la vie commune de la société, et selon quoi elle donne une direction dans ces domaines. [Ainsi...] est dite justice la vertu générale, selon laquelle l’homme observe la Loi à cause du bien commun, et elle est souvent utilisée en ce sens dans la sainte Écriture pour désigner l’observance de la loi divine, comme dans Ps 119,121 'J’ai été équitable dans mes jugements, et j’ai fait justice', c’est-à-dire la Loi, qu’il observait par amour, comme un mouvement venant de lui-même : et telle est la vertu. Mais ce n’est pas le cas si c’est fait d’une autre façon, c’est-à-dire par une cause extérieure, par exemple pour le gain ou à cause des châtiments, et si l’observance déplaît. »

10d conformé à sa mort

  • →Calvin Comm. NT insiste sur le fait que le thème de conformation au Christ à travers les souffrances et les épreuves vient après celui de la « puissance de la résurrection ». Il y a une double conformation à la mort du Christ. D’abord, une participation intérieure, que l’Écriture appelle la mortification de la chair. Ensuite une participation extérieure dans les épreuves. C’est à la fois la crucifixion de l’homme ancien et l’endurance de la croix. 

12a parfait Une petite quaestio sur la perfection : terrestre et céleste

  • →Thomas d’Aquin Lect. Phil. « Tendant vers un autre, il désire deux choses, à savoir atteindre celui qu’il cherche, et jouir de lui. En effet, il le chercherait en vain, s’il ne jouissait pas de lui, et n’adhérait pas à lui. Et c’est pourquoi il dit : Ce n’est pas que j’aie déjà saisi, à savoir, la gloire que je cherche. Selon Sg 5,17 'Ils recevront de la main du Seigneur un royaume admirable, et un diadème éclatant de gloire.' Ou que j’aie déjà atteint la perfection, comme il est dit dans 1Co 13,10 'Mais lorsque nous serons dans l’état parfait, tout ce qui est imparfait sera aboli.' En sens contraire, il y a Mt 5,48 'Soyez donc, vous autres, parfaits', et Gn 17,1 'Sois parfait'. Je réponds qu’il faut dire qu’il y a une double perfection, celle de la patrie, et celle du chemin. Car la perfection de l’homme consiste en cela qu’il adhère à Dieu par la charité, parce que chacun est parfait selon le mode par lequel il adhère à sa perfection. Or l’âme peut adhérer à Dieu parfaitement d’une double manière. [1] D'abord, de sorte qu’elle rapporte toute son action à Dieu de manière actuelle, et qu’elle le connaisse autant qu’il est connaissable : et c’est la perfection de la patrie. [2] Ensuite selon l’union du chemin, qui est double. L’une est de nécessité de salut, à laquelle tous sont tenus, et qui est telle que quelqu’un n’applique en rien son cœur à ce qui est contre Dieu, mais rapporte toute sa vie à lui de manière habituelle. Et c’est selon ce mode que le Seigneur dit dans Mt 22,37 'Vous aimerez le Seigneur votre Dieu, etc.' L’autre est de surrérogation, quand quelqu’un adhère à Dieu au-delà de l’état commun, ce qui se fait en écartant son cœur des biens temporels, et ainsi, il approche davantage de la patrie ; parce que plus la cupidité diminue, plus la charité croît. Ce qui est dit ici s’entend donc de la perfection de la patrie. »

15a Nous tous, donc, les parfaits Connaissance de soi : perfection relative et perfection absolue

  • →Thomas d’Aquin Lect. Phil. « Comment donc, si nous sommes parfaits, nous sentons-nous comme imparfaits ? Je réponds qu’il faut dire que nous sommes parfaits d’une perfection de chemin, mais non parfaits d’une perfection de compréhension, quand toute l’intention se porte en acte vers Dieu. Mais sur le chemin, elle s’y porte de façon habituelle, parce que nous ne faisons rien contre Dieu. Et il dit : Tout ce que nous sommes, parce que plus quelqu’un est parfait, plus il se connaît imparfait, comme on le voit dans Jb 42,5-6 'Mon oreille auparavant t'avait entendu, mais maintenant je te vois de mes propres yeux. C’est pourquoi je m’accuse moi-même, et je fais pénitence dans la poussière et dans la cendre, etc.' ; et dans He 5,4 'Mais la nourriture solide est pour les parfaits, c’est-à-dire pour ceux dont l’esprit par une habitude et un long exercice s’est accoutumé à discerner le bien et le mal.' »

19b le dieu est le ventre Les ennemis de la croix sont en fait des idolâtres

  • →Thomas d’Aquin Lect. Phil. « il manifeste en premier leur intention ; puis il montre le résultat de celle-ci [...]. Voilà pourquoi ils propagent cette idée que les observances légales doivent être respectées : c’est pour satisfaire leur ventre, selon la parole de Rm 16,18 'Car ces sortes de gens ne servent point Jésus-Christ notre Seigneur, mais sont esclaves de leur sensualité, et par des paroles douces et flatteuses, ils séduisent les âmes simples' et de Qo 6,7 'Tout travail de l’homme est pour sa bouche, mais son âme n’en sera pas remplie.' Et il parle de Dieu, parce que le propre de Dieu est qu’il soit principe premier et fin ultime. C’est pourquoi, celui qui a quelque chose pour fin, en fait son Dieu. De même, ils cherchent leur gloire, contre ce passage de Jn 8,50 'Pour moi, je ne cherche point ma propre gloire ; un autre la cherchera, et me fera justice, etc.' Mais le résultat pour ces gens sera leur propre honte, comme il est dit dans Os 4,7 'Je changerai leur gloire en ignominie.' Et ce sera le cas de ceux qui n’ont de goût que pour les choses de la terre, c’est-à-dire auxquels les réalités terrestres plaisent, et qu’ils cherchent. Et ils seront confondus, parce que leur état est provisoire, comme le dit Rm 8,13 'Que si vous vivez selon la chair, vous mourrez, etc.' »

19d les choses de la terre = les observances rituelles ?

  • →Mélanchthon Enarr. Phil. : Les questions concernant les dates et heures du culte ou bien l’usage du pain avec ou sans levain sont inutiles.

21ab le corps de notre humiliation + de sa gloire

Du corps de glèbe... 

  • →Tertullien Marc. 5,20,7 « c’est donc que ce corps-ci – le nôtre – ressuscitera, lui qui a été humilié dans les souffrances et, au titre de la loi même de la mort, jeté à l’abandon en terre. »

... au corps de gloire (les fruits de l’avènement du Christ)

  • →Thomas d’Aquin Lect. Phil. « Cet avènement réalise trois choses. [1] D’abord la résurrection commune. C’est pourquoi il dit : Il transformera notre corps, si misérable, corps d’abjection, parce qu’il est sujet à la mortalité, comme on le voit dans Jb 25,6 'L’homme qui n’est que pourriture, et le fils de l’homme qui n’est qu’un ver' ; et 1Co 15,43 'Il est mis en terre tout difforme, et il ressuscitera tout glorieux. Il est mis en terre privé de mouvement, et il ressuscitera plein de vigueur.' Ce corps ainsi abject, il le transformera, c’est-à-dire qu’il lui rendra sa forme propre, comme le dit Rm 8,11 'Celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts donnera aussi la vie à vos corps mortels, etc.' [2] Deuxièmement, il réalise l’imitation des saints. Voilà pourquoi il dit : Afin de le rendre conforme à son corps glorieux. En effet, si le corps du Christ est glorifié par la gloire de sa divinité, et s’il a mérité cela par sa Passion, il s’ensuit que toute personne qui participe à la vertu de sa divinité par la grâce et imite la Passion du Christ, sera glorifiée, selon Ap 3,21 'Quiconque sera victorieux, je le ferai asseoir avec moi sur mon trône ; comme, ayant été moi-même victorieux, je me suis assis avec mon Père sur son trône' ; 1Jn 3,2 'Nous serons semblables à lui' ; et Mt 13,43 'Alors les justes brilleront, comme le soleil, dans le royaume de mon Père.' [3] Et il fait cela, par l’opération de sa divinité, c’est-à-dire par la vertu qui est en lui, par laquelle il peut s’assujettir toutes choses. En effet, tous sont soumis au Christ, certains pour leur salut, certains pour leur châtiment : chez les premiers il exercera la miséricorde, chez les seconds la justice. Il est dit dans Ps 8,7 'Vous avez mis toutes choses sous ses pieds, etc.' ; 1Co 15,28 'Le Père a tout assujetti au Fils' ; et Jn 5,19 'Tout ce que le Père fait, le Fils aussi le fait comme lui.' »

Théologie

8 Connaissance du Christ

  • →Vatican II DV 25 : Le saint concile exhorte de façon insistante et spéciale tous les fidèles du Christ, et notamment les membres des ordres religieux, à acquérir, par la lecture fréquente des divines Écritures, « la science éminente de Jésus Christ ». « En effet, l’ignorance des Écritures, c’est l’ignorance du Christ [→Jérôme Comm. Isa. 17]. »

10d étant conformé Conformation au Christ

  • →Vatican II GS 22 « associé au mystère pascal, devenant conforme au Christ dans la mort, fortifié par l’espérance, [le chrétien] va au-devant de la résurrection. »

20b nous attendons comme sauveur ESCHATOLOGIE La foi comme constance dans l’attente du sauveur Paul se sert du vocable sôter, c’est-à-dire « sauveur », dans la perspective de la fin des temps. La fonction salvatrice du kurios, du Seigneur, est reliée au dernier jour, à l’action finale, qui doit parachever la rédemption. Ce n’est que lorsque le Seigneur Jésus Christ se manifestera à nouveau en venant du ciel que la perfection sera accomplie.

La foi est orientée vers la puissance de salut, qui a été donnée au kurios. Elle n’a pas lieu de trembler dans la perspective de sa venue : la vie du chrétien est en tension continue entre le salut ,déjà donné dans le signe de la croix, et le salut à venir, qui doit constituer son accomplissement dans la perfection. Ces deux saluts sont intimement liés au nom du Christ, Jésus. Durant le temps qui s'écoule entre ces deux pôles du salut, en dépit des contradictions et des secousses de toute espèce, il faut demeurer fermes dans le Seigneur.

21a le corps de notre humiliation ANTHROPOLOGIE Du corps de chair au corps de gloire Paul ne pense pas dans les catégories de l’anthropologie hellénistique corps-âme. Dans la mesure où il en a eu connaissance, il a dû estimer qu’un autre point de vue était plus essentiel : la conformité au Christ garantie par la foi. En cette vie, « le corps de notre humiliation » rappelle à l’occasion – et peut-être même de façon continuelle – que le développement de nos possibilités de vie est limité, que le salut n’est ni réalisé ni réalisable pleinement encore. Mais lorsque la conformité au Christ sera parfaitement accomplie, même l’existence corporelle et totale sera recréée. Lorsque l’homme partagera la gloire de sa résurrection, l’humble corps sera transformé d’après le corps transfiguré du Christ.

21b conforme au corps de sa gloire

  • →Vatican II LG 7 « Nous sommes assumés dans les mystères de sa vie, configurés à lui, associés à sa mort et à sa résurrection, en attendant de l’être à son règne. »

Arts visuels

1–21 qui transfigurera le corps de notre humiliation Ce que Dieu peut

Ressusciter la chair

Dans une vallée aride et sombre se presse une humanité souffrante : hommes, femmes et enfants, jeunes et vieilards, pauvres, rois et clercs traînent péniblement un « corps de misère » abîmé par la douleur.   

Un chemin escarpé mène au Christ, source de lumière. Vêtu d'une tunique blanche resplendissante, portant sa croix d'une main et appelant à lui l'humanité de l'autre, il apparaît dans un « corps de gloire » vainqueur de la mort. Au-dessus de lui, une arche de lumière le désigne comme médiateur d'une nouvelle alliance entre Dieu et les hommes. 

Gustave Doré (1832-1883), La Vallée de larmes (huile sur toile, 1883), 413,5 x 627 cm

Petit Palais, Paris (France) © Domaine public→

4b–14 Autoportait de Paul L'allusion au « modèle » de Paul (Ph 3,17) peut fournir l’occasion de faire un bilan sur l’image de Paul dans l’art chrétien antique. 

Naissance du portrait de Paul dans l'art antique

Quand Paul, au retour de son troisième voyage, fait ses adieux aux Anciens d’Asie qu’il avait appelés auprès de lui, il leur dit ces paroles : « Et maintenant, voici que, je le sais, vous ne reverrez plus mon visage, vous tous au milieu de qui j’ai passé en proclamant le Royaume ». Tous alors éclatèrent en sanglots et se jetèrent à son cou « affligés surtout de la parole où il avait dit : qu’ils ne devaient plus revoir son visage » (Ac 20,25.38). Quel était ce visage qu’ont vu les Anciens d’Asie, quel était son aspect physique ?

Éléments bibliques : petite taille et calvitie ?

On ne peut tirer aucun élément de réponse des Actes des apôtres ou des lettres mêmes de l’Apôtre, sinon une indication brève mais décisive dans la seconde lettre aux Corinthiens, lorsque Paul rapporte une phrase qui circulait à Corinthe à son propos :

  • 2Co 10,10 « Les lettres, dit-on, sont énergiques et sévères ; mais, quand il est là, c’est un corps chétif, et sa parole est nulle. »

Ce contraste décisif entre la faiblesse de l’aspect physique de l’Apôtre et sa force spirituelle réapparaît dans le célèbre « portrait » tracé dans les Actes de Paul et Thècle, à la fin du 2e s. : Onésiphore, un fidèle d’Iconium, va à la rencontre de Paul sur la Via Augusta qui relie Éphèse à Lystres ; ne le connaissant pas « physiquement mais seulement spirituellement », il se fie à la description que lui en avait faite le disciple Tite, et finalement il le reconnaît :

  • Ac. Paul Thècle 2,3 (dans →Ac. Paul) « C’était un homme de petite taille, la tête chauve, les jambes arquées, le corps bien formé, les sourcils joints, le nez quelque peu saillant, mais [un homme] plein d’amabilité. Parfois, en fait, il avait la ressemblance d’un homme, d’autrefois son visage était celui d’un ange. »
  • Philopatris, un écrit transmis sous le nom de Lucien de Samosate (seconde moitié du 2e s.), confirme aussi l’image de la calvitie et du nez aquilin, mais l’ouvrage est dorénavant considéré comme apocryphe dans le catalogue de cet auteur et il est attribué à un anonyme constantinopolitain de l’époque d’Héraclée (610-641), voire de Nicéphore II Phocas (963-969).

La référence à la calvitie – un élément de base du « portrait » de Paul des apocryphes et de l’iconographie chrétienne – tire peut‐être son origine, même si c’est de manière contradictoire, de l’épisode raconté encore dans les Actes, où il est dit qu'« à Cenchrées [dans le Péloponnèse, durant le second voyage] il s’était fait couper les cheveux à cause d’un vœu qu’il avait fait » (Ac 18,18).

Éléments non bibliques

Les autres éléments du portrait semblent tirés du type iconographique gréco-romain du philosophe (→Marrou 1964 ; →Zanker 1997 ; →Giannitrapani 2000). Paul, le penseur chrétien par excellence, dont les lettres sont retenues dans le canon NT en même temps qu’étaient produits les apocryphes cités, jouissait d’une réputation immense même dans les milieux syncrétistes et nous savons que ses portraits étaient vénérés dans ces milieux parmi les effigies de Pythagore, Platon et Aristote.

  • Les « jambes arquées » et les « sourcils joints » sont attribués aussi à Socrate.
  • L’attribut le plus important, typiquement philosophique, avec la calvitie, est la barbe, jamais citée dans les sources anciennes ; elle rapproche son « visage » de celui des philosophes.
Le modèle de Plotin ?

Sans que l’on connaisse avec certitude aucun portrait de Plotin (→Fischer-Bossert 2001) on peut parler d’un « type Plotin » avec une sensibilité, un état d’âme, une tension bien particuliers, qui – au même titre que l’« orant » ou le « penseur » –  servira à « typifier » les portraits de gens ordinaires de l’époque où se fixe celui de Paul.

C’est ce type, sans doute plus qu’aucun souvenir de ressemblance exacte (→Bisconti 2009, 164), qui apparaît dans les premiers portraits de Paul. Ce rapprochement des visages avec le père du néoplatonisme, n’est peut-être pas le fait du hasard, cet homme de grande stature morale et spirituelle qui, dans ses Ennéades, prêche la doctrine de l’Un qui existe « avant tout ce qui existe » :

  • →Plotin Enn. 5,3 « l’Un ne peut être l’une des choses auxquelles il est antérieur : c’est pourquoi tu ne pourras le nommer Intelligence. Tu ne le nommeras pas non plus Bien, si Bien voulait désigner une chose parmi les autres. Mais si Bien indique Celui qui existe antérieurement à toutes les choses, alors qu'on l'appelle ainsi. »

À ces concepts, il lie des thèmes comme celui de la Providence, de l’ascèse mystique de l’âme dans son retour à l’Un, auxquels les Pères de l’Église puisèrent à plus d’une occasion, en particulier durant le 3e s., lorsque Plotin vit et prêche entre l’Orient et Rome, à l’époque où s’élabora le portrait de Paul (→Testini 1969a, 64-65). 

Premiers témoins de Paul seul

Ces traits iconographiques de Paul (comme par ailleurs ceux de Pierre) se sont affirmés graduellement. Pendant la première moitié du 4e s., ils se confondent et alternent :

  • médailles dévotionnelles, inscriptions figuratives (→Utro 2009, 195, 199 nos 66, 70).
  • sarcophage à colonnes avec la maiestas Domini du musée Pio Cristiano : apparence de l’Apôtre dans la scène de la decollatio (inv. 31429, →Deichmann 1967, 54s no 57 tab. 18 ; →Utro 2009, 189-190 no 62).

Dès la seconde moitié du 4e s., à l’époque de Damase, les traits sont fixés sur le visage « plotinien » :

Les peintures funéraires présentent quelques-uns des plus beaux exemples du visage de Paul dans l’Antiquité chrétienne (→Mazzei 2009, 181-185 nos 53-57) :

  • Cimetière de sainte Thècle, proche du sanctuaire paulinien de la Via Ostiense, « chambre des Apôtres » : portrait de Paul→, isolé sur un bouclier, avec celui de Pierre et de deux autres Apôtres, démontre la persistance d’une iconographie nettement « plotinienne » à la fin du 2e s. (→Mazzei 2010, tab. 42).
Paul comme pendant à Pierre dans le collège des Apôtres 

L’image de Paul se développe aussi à l’intérieur du Collège apostolique aux côtés du Christ et faisant pendant à Pierre. L’insertion de Paul dans le Collège apostolique est sans fondement dans la mémoire historique sur la vie de Jésus, ni dans celle des débuts de son mouvement si l’on songe à l’élection de Matthias en remplacement de Juda, en Ac 1. Elle manifeste l’accueil positif de  l’autoproclamation de Paul comme « apôtre par vocation » (Rm 1,1), « apôtre de Jésus-Christ par volonté de Dieu » (1Co 1,1). Un intéressant répertoire iconographique de l’évolution du collège apostolique peut être repéré parmi les peintures du cimetière de Domitille (→Nestori 1993, nos 33, 39, 47, 18, 74).

Ce schéma iconographique se développe en même temps que d’autres typologies dans lesquelles figurent soit Pierre soit Paul : il apparaît au 3e s., et évolue tout au long du 4e s., sur les peintures funéraires.

Au 3e s., il n’y pas de différences iconographiques entre les Apôtres, mais petit à petit Pierre et Paul apparaissent comme chefs de file des deux groupes de six qui normalement entourent le Christ avec des caractéristiques physionomiques qui peu à peu vont s’affirmer.

À la fin du 4e s., on retrouve les deux Apôtres sur les sarcophages « aux portes de la cité » : sarcophages de l’Anastasis ; sarcophages « à étoiles et couronnes » : 

  • sarcophage milanais de Stilicone à Saint-Ambroise (→Dresken-Weiland 1998, 56-58 no 150 tab. 59-61) ;
  • sarcophage du musée Pio Cristiano, représentant le Collège entourant le Bon Pasteur, ca. 375-400 (fig. 4 Invent. 31534, →Deichmann 1967, 27-28 no 30 tab. 10 ; →Utro 2009, 192-194 no 64) ;
  • mosaïques comme à Sainte-Pudentienne (→Andaloro 2006, 114, 124).

Le Christ entre Pierre et Paul : attributs de Paul

La composition ternaire du Christ en majesté enseignant entre les deux Apôtres à l'origine de l'Église de Rome, au plan iconographique, est à l’évidence une réduction du Collège apostolique :

  • fragment de couvercle d’un sarcophage du Musée Pio Cristiano (inv. 31456), d’époque théodosienne (→Dresken-Weiland 1998, 28 no 89 ; →Utro 2009, 186-187 no 59).

Elle aboutit à l'invention de plusieurs attributs iconographiques de Paul.

Traditio legis

On retrouve le trio dans certaines scènes apocalyptiques parmi lesquelles se distingue la scène de la traditio legis :

  • sarcophage avec la maiestas Domini du Musée Pio Cristiano (inv. 31429, →Deichmann 1967, 54-55 no 57 tab. 18 ; →Utro 2009, 189-190 no 62).

Il existe une intéressante variante avec la remise du rouleau de la Loi nouvelle à Paul (habituellement c’est Pierre qui le reçoit) dans quelques exemples d'un milieu d'influence orientale :

  • sarcophage des « douze Apôtres » de Ravenne (→Dresken-Weiland 1998, 119 no 381 tab. 110-111) ;
  • situla – seau d’usage liturgique – avec la traditio legis faite à Paul, fin du 4e-première moitié du 5e s.,  Musées du Vatican (Musée chrétien de Benoît XIV, inv. 60846, →Goffredo 2000, 218 no 75 ; dessin par →Garrucci 1880, tab. 426).
L'épée

Au cimetière ad decimum près de Grottaferrata (Pennesi 2006), Paul tient pour la première fois l’épée, attribut de son martyre (et peut‐être aussi allusion à l’« épée de l’Esprit, c’est‐à-dire de la Parole de Dieu » [Ep 6,17], véritable arme du chrétien, selon l’Apôtre).

  • Elle apparaît encore sur la mosaïque de l’arc triomphal de la basilique de la Via Ostiense du temps de Léon le Grand, malheureusement refaite au 19e s. (→Solimine et Bordi 2006) ;
  • sur une lampe à huile africaine de Akhmîn-Panopolis du 5e ou 6e s., aujourd’hui au Musée de Cologne (→Testini 1969b, 307 no 103).

Elle est désormais consacrée comme attribut canonique de l’iconographie paulinienne. Le portrait de Paul est fixé et se transmettra sans changement jusqu’à nos jours.

10d étant conformé à sa mort

La première représentation de la mort de Paul coïncide avec celle de la croix !

L’art chrétien antique eut en horreur, à peu d’exceptions près, les scènes de martyre : que l’on pense à celle du sacrifice de Pierre, habituellement représentée par la scène de son arrestation, ou tout au plus par sa marche vers le martyre, avec la croix sur les épaules. Ou que l’on pense encore à la crucifixion de Jésus que l’on ne représentera pas avant que s’entrouvrent les portes de bois de Sainte-Sabine, quatre cents ans après sa mort sur le Calvaire. La scène de la mort de Paul (par décollation) est donc une véritable rareté. La scène de la décollation de Paul a quelque chose d’audacieux ; elle ne pouvait naître qu’au lieu où, plus que n’importe où ailleurs, son sacrifice était vénéré : celui de sa sépulture.

La première représentation du martyre de Paul
  • Elle se trouve sur un spectaculaire sarcophage→ du type « ad alberi », du milieu du 4e s. provenant de la basilique de Saint-Paul-hors-les-Murs, conservé au Musée Pio Cristiano (inv. 28591, →Deichmann 1967, 57-58 no 61 tab. 19 ; →Utro 2009, 122-124 no 10). Il montre ensemble : une des plus anciennes représentations de la croix du Christ et la plus ancienne représentation connue du martyre de Paul.

Ce sarcophage apparaît comme un fruit de la communauté romaine qui l’a produit en méditant la réalité du martyre, le sens du « témoignage » du sang versé quelques décennies auparavant, sur la vénération due aux martyrs/témoins, lesquels relient ainsi indivisiblement l’Église à ses origines apostoliques et son origine ultime, le Christ :

  • La croix selon l’iconographie de l’Anastasis est transformée désormais d’instrument d’humiliation en enseigne glorieuse, sur laquelle se découpe le nom couronné du Seigneur.
  • Abel et Job, dans les deux scènes extrêmes (préfiguratrices du sacrifice du Christ), pour ainsi dire chronologiquement distantes du centre, se proposent comme un lointain « avant  », par rapport à la centralité historique de l’heure de l’événement du salut (le martyre et la glorification du Christ).
  • L’arrestation de Pierre et le martyre de Paul flanquent l’icône de l’Anastasis à gauche et à droite, avec le soldat qui tire l’épée du fourreau et les roseaux du Tibre ad Aquas Salvias, comme le racontent les sources apocryphes, ainsi qu’une poupe de navire faisant allusion à des structures portuaires.  Ces scènes représentent la propagation et l’émanation ex post de cet événement dans la vie de la communauté qui se fonde sur le témoignage rendu au Témoin. C’est aux Apôtres, in primis, qu’il revient de perpétuer dans l’histoire l’exemple du Maître, en annonçant l’Évangile du Sauveur pour toutes les créatures, et d’affronter pour cela « prisons et tribunaux », suivant son exemple sur le chemin de croix. Pierre et Paul, les deux Apôtres et martyrs sur lesquels se fonde l’Église entière (et plus précisément de la communauté romaine) rappellent au moment de l’épreuve l’exemple de leur Seigneur entouré lui aussi de ces soldats dont il s’est révélé « le plus fort », et donc confiants dans la puissance de leur « Vengeur » (Jb 19,25). 
  • Les deux colombes qui picorent les fruits font allusion directe aux deux Apôtres Pierre et Paul, que l’iconographie chrétienne place souvent aux côtés du Christ. Elles symbolisent également l’Église fondée sur leur témoignage : tous les fidèles qui se nourrissent des fruits de son salut, renés en lui à une vie nouvelle et espérant participer à sa Pâque (on considère toujours l’élément eschatologique, également personnel, quand on parle d’un sarcophage), comme le soulignent les frondaisons luxuriantes et débordantes de vie des arbres qui brodent le sarcophage.

Les Apôtres, martyrs du Christ, et tous les fidèles de la communauté romaine témoin, se reflètent alors dans le « martyre » de leur Rédempteur, contemplant la centralité de l’Anastasis, c’est‐à‐dire de la résurrection victorieuse.

Autres représentations primitives du martyre de Paul
  • Un fragment, pratiquement contemporain, du cimetière de Saint-Sébastien (→Deichmann 1967, 128-129 no 212 tab. 48 ; Mazzei in →Utro 2009, 188-189 no 61), est programmé autrement (signe que la scène a mis du temps à se fixer).
  • De l’an 359 date la représentation analogue sur le sarcophage de Giunio Basso découvert près de la Confession de l’autre prince des Apôtres, au Vatican (→Deichmann 1967, 279-283 no 680 tab. 104-105).
  • Plus vivante est la scène qui apparaît sur un sarcophage du Vatican de l’époque de Théodose : sarcophage à la maiestas Domini (musée Pio Cristiano, inv. 31429, →Deichmann 1967, 54-55 n° 57 tab. 18 ; →Utro 2009, 189-190 n° 62), qui semble avoir été flanqué de l’arrestation de Pierre.
  • Deux autres sarcophages théodosiens de production romaine sont conservés à Marseille. Sur l’un d’eux (→Christern-Briesenick 2003, 147-148 no 297 tab. 75), la scène du martyre de Paul fait face comme d’habitude à la scène de l’arrestation de Pierre. 

Musique

17 Soyez mes imitateurset ceux du Seigneur

21e s.

Carlotta Ferrari (1975), Imitatio (Poème symphonique pour orgue inspiré de l'Imitation du Christ), 2016

Carson Cooman

© Licence YouTube Standard→, 1Co 11,1 ; Ph 3,17 ; Ph 4,9 ; 1Th 1,6 ; 2Th 3,7ss

Composition

«Imitatio» est un poème symphonique inspiré de «L'imitation du Christ», du théologien hollandais du Moyen Âge tardif Thomas à Kempis (vers 1380–1471). Chacun des quatre mouvements est inspiré d'un principe du livre.

Livret

1. Conscience de soi 2. Humble soumission 3. Gratitude 4. Consolation intérieure