Un projet du Programme de Recherches La Bible en ses traditions AISBL
Dirigé par l’École Biblique et Archéologique Française de Jérusalem
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8 Que les diacres, de même, soient irréprochables,
sans double langage,
sans consommer du vin à l’excès
sans être avides de lucre :
9 gardant le mystère de la foi dans une conscience pure.
9 ...
10 Et que ceux-ci soient d'abord éprouvés,
et qu'ils exercent ainsi leur ministère,
sans avoir commis de crime.
11 Pareillement, que les femmes soient irréprochables,
sans dénigrement,
sobres,
fidèles en tout.
12 Que les diacres soient maris d'une seule femme,
qu’ils gouvernent bien leurs enfants et leur propre maison.
12 ...
13 Car ceux qui auront bellement servi comme diacres
Vbien rempli leur ministère
acquerront un rang honorable
et beaucoup d’assurance dans la foi qui est dans le Christ Jésus.
1,1–6,21 Introduction →Timothée et Tite
1,1–6,21 Jésus-Christ notre espérance
Jan Pieterszoon (1562-1621), In te Domine speravi, 1619
Timothy Brown (dir.), The Choir of Clare College, Cambridge
Ce motet du compositeur hollandais Jan Pieterszoon reprend les paroles du Psaume 31. Il convient particulièrement à la permière lettre de Saint Paul à Timothée, car l'Apôtre place celle-ci dès son commencement sous l'adresse de « Jésus-Christ notre espérance ». Les cinq voix se répondent allègrement pour montrer la joie naissante de la parole pleine de foi du psalmiste: « En toi Seigneur j'ai mis mon espoir ».
9 le mystère de la foi Garder le mystère comme on garde une flamme Quand Paul confie aux diacres la garde du mystère de la foi (1Tm 3,9), il désigne ce qui se tient au seuil du dicible. Nul langage ne peut continuer son geste mieux que la musique.
Le Mysterium de Silvestrov, pour flûte alto et percussions, habite ce même seuil : quelques souffles, quelques frappes, et le silence qui les enveloppe disent ce que nulle parole ne peut circonscrire. Comme une flamme que le vent menace mais ne peut éteindre, la musique de Silvestrov a traversé les interdits soviétiques sans rien céder de son intériorité. La foi, ici, ne s'explique pas — elle se garde, comme on garde une flamme.
Valentin (1937-...), Mysterium―pour flûte alto & ensemble de percussion, 1964
Les Percussions des Strasbourg, Francois Hebral (flûte)
Valentin Silvestrov, né à Kiev en 1937, est le plus grand compositeur ukrainien vivant et l'une des figures majeures de la musique contemporaine mondiale. Son œuvre ne se cantonne pas à l'espace du concert : elle est profondément ancrée dans l'histoire et les convulsions de son temps.
Persécuté en URSS pour « formalisme », exclu de l'Union des compositeurs, il a traversé des décennies d'underground avant d'être reconnu sur les plus grandes scènes européennes. Lors de la révolution du Maïdan, en 2013-2014, il descend dans la rue et compose cinq versions successives de l'hymne ukrainien, épousant au plus près le rythme des événements — de la veille silencieuse à la colère, puis à la victoire.
Sa musique fonctionne, selon la formule qu'il reprend à la poétesse Olga Sedakova, comme un « cardiogramme de l'époque » : elle enregistre ce que la société ressent avant même de pouvoir le dire. En 2022, à 84 ans, il quitte l'Ukraine sous les bombes. Toute son existence illustre cette conviction que la beauté et la liberté sont indissociables.
Selon l'un des principaux intellectuels ukainiens, figure majeure de la résistance culturelle et intellectuelle à l'agression russe, sa musique est avant tout un acte de résistance spirituelle :