La Bible en ses Traditions

1 Timothée 3,8–13

Byz V S TR Nes

Que les diacres, de même, soient irréprochables,

sans double langage,

sans consommer du vin à l’excès

sans être avides de lucre :                                           

8–13 Les diacres Ac 6,1-6
Byz V TR Nes
S

gardant le mystère de la foi dans une conscience pure.

...

Byz V S TR Nes

10 Et que ceux-ci soient d'abord éprouvés,

et qu'ils exercent ainsi leur ministère,

sans avoir commis de crime.

11 Pareillement, que les femmes soient irréprochables,

sans dénigrement,

sobres,

fidèles en tout.

Byz V TR Nes
S

12 Que les diacres soient maris d'une seule femme, 

qu’ils gouvernent bien leurs enfants et leur propre maison.

12 ...

12 Avoir fait ses preuves chez soi 3,2.4
Byz V S TR Nes

13 Car ceux qui auront bellement servi comme diacres

Vbien rempli leur ministère

acquerront un rang honorable

et beaucoup d’assurance dans la foi qui est dans le Christ Jésus. 

Propositions de lecture

1,1–6,21 Introduction →Timothée et Tite

Réception

Musique

1,1–6,21 Jésus-Christ notre espérance

17e s.

Jan Pieterszoon Sweelinck (1562-1621), In te Domine speravi, 1619

Timothy Brown (dir.), The Choir of Clare College, Cambridge

© License YouTube Standard→, 1Tm 1,1-6,21

Ce motet du compositeur hollandais Jan Pieterszoon Sweelinck reprend les paroles du Psaume 31. Il convient particulièrement à la permière lettre de Saint Paul à Timothée, car l'Apôtre place celle-ci dès son commencement sous l'adresse de « Jésus-Christ notre espérance ». Les cinq voix se répondent allègrement pour montrer la joie naissante de la parole pleine de foi du psalmiste: « En toi Seigneur j'ai mis mon espoir ».

9 le mystère de la foi Garder le mystère comme on garde une flamme Quand Paul confie aux diacres la garde du mystère de la foi (1Tm 3,9), il désigne ce qui se tient au seuil du dicible. Nul langage ne peut continuer son geste mieux que la musique.

20e s.

Au-delà des mots, quelques souffles

Le Mysterium de Silvestrov, pour flûte alto et percussions, habite ce même seuil : quelques souffles, quelques frappes, et le silence qui les enveloppe disent ce que nulle parole ne peut circonscrire. Comme une flamme que le vent menace mais ne peut éteindre, la musique de Silvestrov a traversé les interdits soviétiques sans rien céder de son intériorité. La foi, ici, ne s'explique pas — elle se garde, comme on garde une flamme.

Valentin Silvestrov (1937-...), Mysterium―pour flûte alto & ensemble de percussion, 1964

Les Percussions des Strasbourg, Francois Hebral (flûte)

© Licence YouTube Standard→, 1Tm 3,9

Compositeur

Valentin Silvestrov, né à Kiev en 1937, est le plus grand compositeur ukrainien vivant et l'une des figures majeures de la musique contemporaine mondiale. Son œuvre ne se cantonne pas à l'espace du concert : elle est profondément ancrée dans l'histoire et les convulsions de son temps.

Persécuté en URSS pour « formalisme », exclu de l'Union des compositeurs, il a traversé des décennies d'underground avant d'être reconnu sur les plus grandes scènes européennes. Lors de la révolution du Maïdan, en 2013-2014, il descend dans la rue et compose cinq versions successives de l'hymne ukrainien, épousant au plus près le rythme des événements — de la veille silencieuse à la colère, puis à la victoire.

Sa musique fonctionne, selon la formule qu'il reprend à la poétesse Olga Sedakova, comme un « cardiogramme de l'époque » : elle enregistre ce que la société ressent avant même de pouvoir le dire. En 2022, à 84 ans, il quitte l'Ukraine sous les bombes. Toute son existence illustre cette conviction que la beauté et la liberté sont indissociables.

Selon l'un des principaux intellectuels ukainiens, figure majeure de la résistance culturelle et intellectuelle à l'agression russe, sa musique est avant tout un acte de résistance spirituelle :

  • Constantin Sigov, « La liberté de l’Ukraine et la musique de Valentin Silvestrov » : « Les sons incomparablement libres des mélodies de Silvestrov nous entraînent au-delà de ces deux tendances [d'aliénation de la musique classique : l'ignorance en gros et dans le détail et l'adoration décorative de ses façades philarmoniques], présentant de manière inattendue de nouvellesformes de connexion entre la musique et les paroles, de la poésie contemporaine en passant par le classique et jusqu’aux stichères liturgiques et aux psaumes. La nouvelle musique "dégivre" les textes figés et gelés, connus mais oubliés justement en raison de leur familiarité » (Revue La Règle du Jeu n°57→, mai 2015).