La Bible en ses Traditions

Apocalypse 14,11–13

Byz TR Nes
V
S

11 Et la fumée de leur tourment monte pour les siècles des siècles

et ceux qui adorent la bête et son image n’ont de repos jour et nuit

et aussi si quelqu’un reçoit la marque de son nom.

11 Et la fumée de leurs tourments monte pour les siècles des siècles :

et ils n'ont de repos ni le jour ni la nuit ceux qui adorèrent la bête et son image 

et si quelqu'un a reçu la marque de son nom ...

11 Et la fumée de leur tourment montera pour les siècles des siècles

et pas de repos jour et nuit, pour ceux qui adorent la bête et son image

et celui qui reçoit la marque de son nom.

Byz V S Nes
TR

12  Là est la constance des saints, ceux qui gardent les commandements de Dieu et la foi en Jésus.

12 Là est la constance des saints ; là sont ceux qui gardent les commandements de Dieu et la foi en Jésus.

Byz TR
V Nes
S

13 Et j’entendis une voix du ciel, TRme disant :

— Écris : Heureux les morts qui meurent dans le Seigneur dès maintenant.

 ByzIl dit : — Oui , TRdit l’Esprit,

afin qu’ils se reposent de leurs peines

et leurs œuvres les suivent.

13 Et j’entendis une voix du ciel, disant :

— Écris : Heureux les morts qui meurent dans le Seigneur

dès à présent ; désormais, dit l’Esprit, 

qu’ils se reposent de leurs labeurs

car leurs œuvres les suivent !

13 Et j’entendis une voix du ciel disant :

— Écris : Heureux les morts qui meurent dans le Seigneur dès maintenant.

— Oui, dit l’Esprit,

car ils se reposeront de leurs peines.

Texte

Procédés littéraires

1,1–22,21 NARRATION Construction d'un espace qui transcende l'espace

De la terre au ciel et retour ?

Psyberartist, Patmos, (photographie numérique, 2013)

© CC BY 2.0→ Ap 6,14 ; 20,12-15

Quand l’île a un relief aussi torturé que Patmos, elle s’avère à la fois solide et fragile: trouée vers le ciel par le vent et par l’eau et en constant contact avec les enfers à travers les séismes. À Patmos, le haut et le bas, l’ici et le là-bas se mêlent; on est assez suspendu entre ciel et terre. Et de fait, il est difficile de suivre les mouvements du Voyant de l’Apocalypse et de le situer précisément au fil du récit, entre rivage et mer, montagne et désert, ciel et terre :

  • D’abord, en Ap 1,9 il est dans l’île de Patmos.

Il monte ensuite deux étapes : 

  • Ap 1,10, saisi par l’Esprit, il se retourne (transe ?) ; 
  • Ap 4,1 : il monte vers le ciel dont une porte s’est ouverte ; il y observe une liturgie grandiose avec des échanges entre ciel et terre (les sceaux ouverts Ap 6, les humains marqués Ap 7), toutes sortes de catasrophes cosmiques aux sept coups de trompette (Ap 8-11) des anges debout ou s’activant entre ciel et terre (Ap 10,6) finalement dans le ciel le signe de la femme accouchant sur la terre, son enfant menacé par le dragon mais enlevé au ciel, le dragon restant aux aguets sur le sable de la mer (Ap 12,18) d’où émerge une terrifiante bête, bientôt rejointe par une autre montée, elle, de la terre (Ap 13).

Le voyant semble alors entre ciel et terre, entendant des voix venant du ciel (Ap 14,2.13).

  • puis il se concentre à nouveau sur le sanctuaire céleste d’où sont envoyés les septs anges porteurs de coupes (Ap 16) 
  • Il est rejoint par un ange qui le transporte dans un désert pour lui montrer la prostituée Babylone (Ap 17,1), dont il déchiffre la vision, puis il voit descendre du ciel (Jn 18,1) l’ange qui annonce sa chute ; entend dans le ciel l’alleluia de la foule des élus (Ap 19,1), voit au ciel le Verbe sur son cheval blanc et ses armées (Jn 19,11) ; un ange descend du ciel avec chaîne et clef pour enfermer le dragon (Ap 20,1), puis en présence de celui qui siège sur le trône blanc (au ciel ?)

Du cosmos au Logos et retour

Il est donc bien difficile de situer le Voyant. Finalement, le lieu où l'on est toujours le plus certain de se trouver, c’est encore la page du livre. Et justement, l'apocalypticien ne cesse de comparer le monde à un livre Procédés littéraires Ap 6,12–16 ; 20,12–15 ; 22,7–10.18s

Réception

Arts visuels

1–20 sur la nuée quelqu'un Entre vendanges et moissons

Enluminure du 15e s. 

Anonyme, Apocalipsis in dietsche, (enluminure sur parchemin, 1401-1500), 84 x 24 cm, manuscrit, folio 15r, département des Manuscrits. Néerlandais 3 

Bibliothèque Nationale de France, Paris (France) © Domaine Public→

Vertige trinitaire ? Entre l'Agneau, l' « Esprit » qui parle (Ap 14,13), la « voix du ciel » et « Celui qui était assis sur la nuée » (Ap 14,14.16), on peut admettre une certaine fébrilité, dans le dessin comme dans la prise de notes frénétique de Jean, en bas à gauche, les yeux écarquillés.

13 Heureux les morts qui meurent dans le Seigneur + afin qu'ils se reposent Requiescant in pace

Peinture française du 20e s.

George Desvallières (1861-1950), Monument aux morts de l’église Notre-Dame-Sous-Terre (tondo, huile sur toile, 1619), 50 x 72 cm

église Notre-Dame-Sous-Terre, Pélussin (France) © Succession Desvallières→

Cette œuvre, redécouverte récemment, est le monument aux morts de Desvallières pour la petite église de Pélussin, dans la Loire, village situé à 40 kilomètres de Saint-Étienne où l’on vénère Notre-Dame-Sous-Terre. Le contraste avec le tragique exprimé dans Le Drapeau du Sacré-Cœur est saisissant. La paix règne ici, alors qu’un grand ange entraîne le poilu sur son cœur, entre ses deux ailes dorées, pour l’emmener, ensommeillé, sur un nuage orangé, vers un ciel étoilé. Dans ce large ovale, douceur et harmonie peuvent consoler ceux qui ont perdu un être cher.

Cinéma

1,1–22,21 Allusions à l'Apocalypse

  • Ingmar Bergman, Det sjunde inseglet [« le septième sceau »] (1957).
  • Vincente Minnelli, The Four Horsemen of the Apocalypse (1961).
  • Andrei Tarkovski, Offret [« le sacrifice »] (1985).
  • Peter Jackson, The Lord of the Rings (en particulier le 3e film, 2003).