La Bible en ses Traditions

Genèse 1,1–20

M S Sam
G V

Au commencement Dieu créa et les cieux et la terre.

VICI COMMENCE LE LIVRE « BRESHIT »

VC'EST-À-DIRE : GENÈSE

Au principe, Dieu créa le ciel et la terre.

1,1–2,3 Deux récits de la création 2,4-25
M S Sam
G
V

M SamEt la terre était informe et vide

Stuh vebuh,

et la ténèbre était sur les faces de l’abîme,

et l’esprit de Dieu se mouvait au-dessus des faces des eaux.

Or la terre était invisible et informe,

et la ténèbre était au-dessus de l'abîme

et l'esprit de Dieu se mouvait au-dessus de l'eau.

Or, la terre était informe et vide

et les ténèbres sur la face de l’abîme

et l’esprit de Dieu se mouvait au-dessus des eaux. 

M G V S Sam

Et Dieu dit : 

— Que la lumière soit et la lumière fut.

Et Dieu vit la lumière : qu'elle était bonne

Gbelle !

et Dieu

Vil sépara la lumière et la ténèbre.

Vles ténèbres. 

M G S Sam
V

Et Dieu appela la lumière « jour » et  il appela  la ténèbre « nuit ».

Et il y eut un soir, et il y eut un matin : jour un.

Et il nomma la lumière « jour » et  les ténèbres « nuit ».

Et il y eut un soir et un matin : jour un.

M S Sam
G
V

Et Dieu dit : 

— Qu’il y ait un firmament au milieu des eaux

et qu’il sépare les eaux d’avec les eaux.

Et Dieu dit : 

— Qu’il y ait un firmament au milieu de l'eau

et qu’il sépare l'eau d’avec l'eau.

Et il fut ainsi.

Dieu dit aussi : 

— Qu’il y ait un firmament au milieu des eaux

et qu’il sépare les eaux d’avec les eaux.

M V S Sam
G

Et Dieu fit le firmament

et il sépara les eaux qui sont

Vétaient au-dessous du firmament d’avec les eaux qui sont

Vétaient au-dessus du firmament

et il fut Vfait ainsi.

Et Dieu fit le firmament

et Dieu sépara l'eau qui est au-dessous du firmament d’avec l'eau qui est au-dessus du firmament. 

M S Sam
G
V

Et Dieu appela le firmament « cieux ».

Et il y eut un soir et il y eut un matin :

deuxième jour.

Et Dieu appela le firmament « ciel ».

Et Dieu vit que c'était bon.

Et il y eut un soir et il y eut un matin :

deuxième jour.

Et Dieu appela le firmament « ciel ».

Et il y eut un soir et un matin :

deuxième jour.

M V S Sam
G

Et

VEn vérité Dieu dit : 

 — Que les eaux [qui sont]

Vqui sont au-dessous des cieux

Vdu ciel se rassemblent en un seul lieu et que paraisse le sec.

 

Et il fut Vfait ainsi.

Et Dieu dit : 

— Que l'eau [qui est] au-dessous du ciel soit rassemblée en un seul rassemblement et que le sec soit vu.

Et il devint ainsi.

Et l'eau [qui est] au-dessous du ciel fut rassemblée en leurs rassemblements et le sec fut vu.

M G V S Sam

10 Et Dieu appela le sec « terre »

et  il nomma le rassemblement

Gsystème des eaux « mers ».

Et Dieu vit que c'était bon

Gbeau.

M V Sam
G
S

11 Et il MDieu  dit : 

— Que la terre fasse germer de la prairie, de l'herbe 

Vl'herbe verte portant semence

V Samet l'arbre à fruit portant du fruit selon son espèce

Vgenre  ayant en soi sa semence, sur la terre.

Et il fut Vfait ainsi.

11  Et Dieu dit :

— Que la terre fasse pousser de la prairie, de l'herbe portant semence selon l'espèce et selon la similitude

et l'arbre à fruit faisant du fruit ayant en soi sa semence selon l'espèce sur la terre.

Et il fut ainsi.

11 Et Dieu dit :

— Que la terre fasse sortir de la prairie, de l'herbe portant semence selon son espèce

et l'arbre à fruits faisant des fruits selon son espèce ayant en soi son germe, sur la terre.

Et il fut ainsi.

12 Et la terre fit sortir de la prairie, de l'herbe

V l'herbe verte portant semence selon son espèce

et des arbres

Vl'arbre portant du fruit

et chacun portant M Samsa semence selon son espèce.

Et Dieu vit que c'était bon.

12 Et la terre fit sortir de la prairie, de l'herbe portant semence selon l'espèce et selon la similitude,

et l'arbre à fruit faisant du fruit ayant en soi sa semence selon l'espèce sur la terre.

Et Dieu vit que c'était beau. 

12 Et la terre fit sortir de la prairie, de l'herbe portant semence selon son espèce

et l'arbre faisant des fruits ayant en soi son germe selon son espèce.

 Et Dieu vit que c'était bon.

M G S Sam
V

13 Et il y eut un soir et il y eut un matin :

troisième jour.

13 Et il y eut un soir et un matin :

troisième jour.

M V S
G Sam

14 Et

VOr, Dieu dit :

— Qu’il y ait des luminaires dans le firmament des cieux

Vdu ciel pour séparer le jour et la nuit

et qu’ils soient des signes, [qu’ils marquent]

V [pour marquer] les époques, les jours et les années

14 Et Dieu dit :

— Qu’il y ait des luminaires dans le firmament du ciel

Samdes cieux

pour illuminer la terre,

pour séparer le jour et la nuit

et qu’ils soient des signes, et pour les temps, et pour les jours et pour les années 

M G V S Sam

15 M G S Samet qu’ils soient des luminaires

Vbrillent dans le firmament du ciel pour rayonner sur

Villuminer la terre.

Et il fut Vfait ainsi.

16 Et Dieu fit les deux grands luminaires

le plus grand luminaire pour présider au jour

le plus petit luminaire pour présider à la nuit, et les étoiles.

17 Et Dieu

Vil les plaça dans le firmament des cieux

G Vdu ciel

pour illuminer

Vqu'ils brillent sur la terre

18 et pour présider au jour et à la nuit

et pour séparer la lumière et la ténèbre.

Vles ténèbres. 

Et Dieu vit que c'était bon

Gbeau.

M G S Sam
V

19 Et il y eut un soir et il y eut un matin :

quatrième jour.

19 Et il y eut un soir et un matin :

quatrième jour.

M S Sam
G
V

20 Et Dieu dit : 

— Que les eaux frétillent de frétillement

Ss'agitent d'âme vivante

et que l'oiseau vole sur la terre, sur les faces du firmament des cieux.

20  Et Dieu dit : 

— Que les eaux fassent sortir les reptiles parmi les âmes vivantes

et les volatiles volant sur la terre, sous le firmament du ciel.

Et il fut ainsi.

20  Dieu dit encore : 

— Que les eaux produisent le reptile d'âme vivante

et le volatile sur la terre, sous le firmament du ciel.

Texte

Vocabulaire

2 informe et vide Expression devenue proverbiale : le tohu-bohu Dans le texte hébreu, tohû et bohû, “désert et vide”, expression qui signifie aujourd'hui tout manque d'ordre, surtout lorsqu'il est considérable. Procédés littéraires Théologie

Réception

Musique

1,1–2,7 La Création

20e s.

Aaron Copland,  In the Beginning (CD, 2015), 1947

 James Morrow (dir.), Susanne Mentzer (mezzo-soprano), University of Texas Chamber Singers

American Classics, Naxos, © License YouTube Standard→, © NaxosofAmerica

Composition

Cette œuvre représente l'histoire de la création, chantée a cappella, c'est-à-dire sans accompagnement instrumental. Aaron Copland la composa suite à une commande pour un Symposium sur la critique musicale à l'Université de Harvard. Chaque partie du texte est exprimée de manière appropriée au fur et à mesure que la musique se déroule avec une originalité sonore propre à Copland.

Liturgie

6ss Bienfaisant créateur des cieux - Hymne

« Conditor alme siderum »

Traditionnel, Hymne - Conditor alme siderum

Chœur des moines de l’abbaye Sainte-Madeleine du Barroux

© Abbaye du Barroux→, Gn 1,6-8

Hymne du 7e siècle chantée pendant les vêpres au temps de l'Avent.

Paroles

1. Conditor alme siderum aeterna lux credentium Christe redemptor omnium exaudi preces supplicum.

Bienfaisant créateur des cieux pour toujours soleil des croyants ô rédempteur du genre humain Christ, entend nos voix suppliantes.

2. Qui condolens intéritu mortis perire saeculum salvasti mundum languidum donans reis remedium.

Compatissant devant la mort dont notre siècle périssait tu sauvas le monde épuisé donnant aux pécheurs le remède.

3. Vergente mundi vespere, uti sponsus de thalamo, egressus honestissima Virginis matris clausula.

Comme un époux dans le soleil quand le monde allait vers sa nuit, tu sortis du jardin fermé d'une Vierge, mère et bénie.

4. Cuius forti potentiae genu curvantur omnia ; caelestia, terrestria nutu fatentur subdita.

Devant ta souveraineté tout être fléchit le genou ; tout dans le ciel et ici-bas s'avoue soumis à ta puissance.

5. Te, Sancte, fide quaesumus, venture iudex saeculi, conserva nos in tempore hostis a telo perfidi.

Notre foi t'implore, ô très saint toi qui viendras juger ce temps, de nous protéger aujourd'hui du trait de l'ennemi perfide.

6. Sit, Christe, rex piissime, tibi Patrique gloria cum Spiritu Paraclito in sempiterna saecula.

O Christ, ô Roi plein de bonté, gloire à ton Père et gloire à toi, avec l'Esprit Consolateur, à travers l'infini des siècles.

Littérature

2 informe et vide ou : « tohu-bohu » FRANÇAIS BIBLIQUE L'expression translittérée de l'hébreu, tohû wa bohû, est devenue proverbiale dans le langage courant

FRANÇAIS BIBLIQUE

Drapeau de la francophonie→ © Domaine public 

Arts visuels

3 Que la lumière lumière soit Création des anges ?

Hortus Deliciarum

Dans le manuscrit alsacien du Hortus Deliciarum, de Herrade de Landsberg au folio 3, la moitié supérieure montre Dieu en trône entouré de la cour céleste. À droite et à gauche du Créateur, la création de la lumière (Gn 1,3) est interprétée comme création des anges : 

Anonyme illustrateur de Herrade de Landsberg (1125-1195), Hortus deliciarum (Le Jardin des délices), enluminure sur parchemin, entre 1167 et 1185, copie partielle par Auguste de Bastard d'Estang (1832-1869), fol. 3r

Abbaye de Hohenburg (Mont Saint-Odile, Alsace, France)

Domaine public © photo : D.R. R. Green→.

Les inscriptions originelles sont connues par les relevés publiés par A. Straub et G. Keller (1879-1899).

Anonyme, La hiérarchie céleste autour du Verbe-Christ créateur, (enluminure sur parchemin, entre 1167 et 1185), illustration dans, Herrade de Landsberg (1125-1195), Hortus deliciarum (Le Jardin des délices), fol. 3r moitié supérieure, relevé par A. Straub et G. Keller (1879-1899)

Abbaye de Hohenburg (Mont Saint-Odile, Alsace, France, © Domaine public→   

Le registre supérieur présentait comme un titre le fragment d'une hymne à saint Michel énumérant les neuf ordres d'anges en l'honneur de l'archange Michel. Au-dessus de l'hymne, des précisions étaient notées pour rendre l'hymne cohérent avec l'organisation des anges représentée au folio 2v.

  • Armée angélique et Bataillon archangélique ;
  • Troupe souveraine ;
  • Vertu céleste et Pouvoir almiphona (?) ;
  • Domination numineuse et Trônes divins ;
  • Chérubins éthérés et Séraphins ardents.

(Dans la moitié inférieure, Lucifer encore dans toute sa gloire de plus beau des anges, se tient sur une petite éminence, avec les signes du pouvoir — sceptre, globe, vêtement somptueux —, servi par des anges. Les textes sur la page évoquent Ez 28, mais situent aussi l’épisode aux premiers temps de la Création).

Contexte

Milieux de vie

11ss Que la terre fasse germer RELIGION Dieu jardinier au Proche Orient ancien Très en amont des Écritures saintes, divers mythes cosmogoniques mésopotamiens mettaient en scène des dieux transformant les déserts en jardin en des jeux plus ou moins sexuels.

En témoigne, par exemple, le dieu Enki sur ce sceau-cylindre d’il y a 4300 ans, conservé au British Museum : 

Sceau Adda (détail), (gravure sur pierre verte, vers 2300 av. J.-C., Sippar ?), 3,9 (h) × 2,55 (p) cm, Sceau-cylindre

BM 89115, The British Museum © Avec l'autorisation du British Museum→. Trustees of the British Museum.

De gauche à droite : Dieu guerrier avec un lion ; déesse guerrière Ishtar avec des ailes et tenant des dattes ; dieu soleil tenant une scie et surgissant des montagnes ; dieu de l'eau Ea avec des ruisseaux et des poissons, avec un oiseau prédateur perché sur la main, un taureau sous le pied, et le vizir biface Usmu derrière lui. Les personnages sont identifiés comme des dieux par leurs chapeaux pointus à cornes multiples.

  • Le personnage avec des ruisseaux d'eau et des poissons s'écoulant de ses épaules est Ea (« Enki » en sumérien), dieu des eaux souterraines et de la sagesse.

Derrière lui se tient Usimu, son vizir (ministre principal) à deux visages.Au centre de la scène se trouve le dieu du soleil, Shamash (en sumérien Utu), dont les rayons sortent de ses épaules. Il se fraie un chemin à travers les montagnes pour se lever à l'aube. À sa gauche se trouve une déesse ailée, Ishtar (Inanna en sumérien). Les armes qui sortent de ses épaules symbolisent son caractère guerrier.

  • En 1945 parut la première édition scientifique du mythe sumérien titré : Enki et Ninḫursaĝa (S.N. Kramer, Enki and Ninhursag. A Sumerian "Paradise" Myth,  Basor ss 1, New Haven : Asor, 1945). Il met en scène deux grandes divinités, Enki maître de la sagesse, le porteur d’eau, et sa parèdre Ninhursag appelée aussi « Ninmah ». L’histoire se déroule sur l’île de Dilmun (actuel Bahreïn ?), en relation intense avec la Mésopotamie pendant la haute Antiquité. Ce mythe raconte comment, de son membre puissant, Enki creuse un puits,puis féconde sa parèdre et fait de cette contrée, au départ désertique, un vrai pays de cocagne, pour le bonheur de Sumer… 

La tradition biblique démythologise tout cela. Loin d’être emberlificoté dans les puissances génésiques, le Créateur domine le monde comme un jardinier la nature, l'opposition cosmos/chaos étant miniaturisée dans l'opposition jardin/nature : Arts visuels Gn 1,11ss