Un projet du Programme de Recherches La Bible en ses traditions AISBL
Dirigé par l’École Biblique et Archéologique Française de Jérusalem
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18 Or Byz S TR Nesde Jésus [comme] Christ la Byz S TR Nesgenèse se fit ainsi :
comme Marie, sa mère, avait été fiancée à Joseph
il se trouva, avant qu’ils eussent habité ensemble, qu’elle [l']avait dans ses entrailles de par l'Esprit Saint.
18 Or, la génération du Christ se fit ainsi :
comme Marie, sa mère, avait été fiancée à Joseph
il se trouva, avant qu’ils eussent habité ensemble, qu’elle [l']avait dans ses entrailles de par l'Esprit Saint.
19 Joseph, son époux, qui était juste et ne voulait pas la faire montrer du doigt
Vtraduire [en justice]
se proposa de
Vvoulut la renvoyer secrètement.
20 Comme il était dans cette pensée
Vméditait cela
voici, un ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit :
— Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi
Vd'accueillir Marie ton épouse
car certes ce qui est engendré
Vné en elle est de l'Esprit Saint.
21 Et elle enfantera un fils et tu l'appelleras du nom de « Jésus »
car lui-même sauvera son peuple de ses péchés.
22 Tout cela arriva
pour que s'accomplît la parole dite
V Sce qui a été dit par le Seigneur à travers le prophète qui disait :
18 Cum esset
Offertoire - Cum esset
Chœur des moines de l’abbaye Sainte-Madeleine du Barroux
1,18–2,19 Histoire de la Nativité Une intense poésie se dégage de ce film d'animation russe.
Mikhail , Noël (мультфильм Михаила Алдашина), (film d'animation, 1997)
musique : Johann Sebastian , Concerto en D minor pour clavecin, BWV 1052 (Clavecin: Jim Long) ; L. van , Symphonie No. 7 en A Major, Op. 92: II. Allegretto (Rafael Frühbeck de Burgos; Wyn Morris ; London Symphony Orchestra).
Prod. : Primoluz, Рождество © Licence YouTube standard, Mt 1,1-2,19 ; Lc 1,26-2,20
Le film Noël du réalisateur et artiste Mikhail Aldashin cherche à faire toucher au miracle de la naissance du Sauveur parmi les hommes. L'intrigue respecte le texte canonique, en y ajoutant bien des traits naïfs et émouvants tirés des récits apocryphes. Mikhail Aldashin est l'un des principaux réalisateurs du studio Pilot. Ses films ont remporté le succès dans de nombreux pays, dans divers festivals internationaux. Le film Noël, tourné en 1997 la même année, a reçu le prix de la meilleure réalisation et la première place dans une classification professionnelle au Festival panrusse d'animation de Tarus ; au Golden Fish International Film Festival à Moscou et de nombreuses autres récompenses.
La scène de l’appel des trois mages endormis dans le même lit et tirés de leur sommeil par un petit ange qui les touche du doigt vient directement d’un chapiteau du 12e s. de la cathédrale Saint-Lazare d’Autun, sculpté par maître Gislebertus : Arts visuels Mt 2,1s
18 Or, la génération du Christ se fit ainsi Iconographie contemporaine
Éric (1964 -), Incarnation. Page Chi-Rhô., (enluminure sur vélin : pigments à l'orpiment, minium, garance, ocre doré, lapis-lazuli, vert de gris, cochenille, indigo, 2020), 33 x 25,5 cm
Coll. part., France
D.R. É. Mortreuil→© BEST aisbl
Enlumineur depuis 2016, É. M. s’inspire de textes bibliques et chrétiens et de la spiritualité scoute pour élaborer des compositions dans la tradition de l’enluminure occidentale, avec une préférence pour le style irlandais « insulaire » (Livre de Kells, Evangiles de Lindisfarne, etc.) et pour le gothique du 13e s.
La page Chi-Rhô (folio 34r du Livre de Kells) est emblématique des manuscrits insulaires. Elle désigne le chrisme, composé des lettres grecques X (khi) et P (rhô), initiales de Jésus-Christ en grec.
, Livre de Kells, (vélin avec de l'encre noire, rouge, mauve ou jaune, ca. 800), Manuscrit illustré de motifs ornementaux, Folio 34r, 33 x 25
Irlande, Bibliothèque du Trinity College Dublin→© BEST aisbl
En s'inspirant de l'illustration Chi-Rhô, É. M. illustre les premiers mots de la péricope de Saint Matthieu : « XPI (Christi) autem generatio sic erat ».
L'enluminure de É. M. intègre aussi des éléments symétriques et circulaires, ainsi que des motifs celtiques médiévaux, comme ceux du Bouclier de Battersea.
, Le bouclier de Battersea, (bronze et verre, ca. 350 BC - 50 BC), 77,7 x 35,7 cm, N° d’inventaire : 1857,0715.1
British Museum→© BEST aisbl
La calligraphie quant à elle est empruntée aux lettres du folio 95r des Évangiles de Lindisfarne.
, Évangiles de Lindisfarne, (Enluminures sur parchemin, ca. 700-715), Manuscrit enluminé, 34 × 27 cm,
N° d’inventaire : Cotton Ms. Nero D.IV, Folio 95r,
Lindisfarne, British Library
L'enluminure Incarnation. Page Chi-Rhô d'É. M. peut évoquer :
21 Jésus Le nom de Jésus La sacralisation du nom de Jésus dans le christianisme primitif, devenu l’équivalent de celui de Dieu, suggère un culte précoce de Jésus. En effet, les scribes chrétiens, qui rédigent en grec, appliquent au nom de Jésus l’estime qu’avaient les scribes hébreux pour le →tétragramme. L’usage des →christogrammes, avant même la période constantinienne et la diffusion du graphisme chi-rhô à des fins d'unification politico-religieuse, reflète l'adoration rendue au Christ dès les époques les plus anciennes. Cet usage prolonge l’expérience juive du →nom, en particulier du →Nom divin.
, Trois graphies du nom « Josué/Jésus » en lettres hébraïques couronnées (image numérique, 2007)
Le nom hébreu « Yeshua » ישוע écrit avec les lettres yod - shin - waw - `ayin de l'alphabet hébreu se trouve dans l'hébreu de l'Ancien Testament en Esd 2,2.6.36.40 ; 3,2.8-10.18 ; 4,3 ; 8,33 ; Ne 3,19 ; 7,7.11.39.43 ; 8,7.17 ; 9,4-5 ; 11,26 ; 12,1.7-8.10.24.26 ; 1Ch 24,11 ; et 2Ch 31,15 (et aussi en araméen en Esd 5,2).
Le nom donné à Jésus (via une révélation angélique) par Joseph en Mt 1,21.25 et par Marie en Lc 1,31, Iêsous, est la version grecque de Josué. Mt 1,21 présente un jeu étymologique sur le nom même de Jésus, qui ne peut être compris qu'en hébreu : « Et elle enfantera un fils et tu l'appelleras du nom de "Jésus", car lui-même sauvera son peuple de ses péchés. »
Toutefois, cette nouvelle vocalisation ne correspond plus au hiphil et ressemble davantage à un substantif yᵉšû‘â « salut » (Jean-Marie , Le Nom de Josué-Jésus en hébreu et en arabe, Paris : Outre-part, 2002). Suivant cette interprétation, plusieurs idées de traduction du nom de Josué-Jésus ont été proposées :
On trouve diverses graphies et vocalisations du nom dans la tradition manuscrite :
C'est le nom hébreu théophore le plus ancien, il apparaît 218 fois dans la Bible hébraïque.
En hébreu plus tardif, l'élément théophore Yeho- fut contracté en Yo-; p. ex. יהוחנן, Yehokhanan devint יוחנן, Yokhanan. On ne trouve cependant guère de nom où le morphème Yeho- soit devenu Ye-.
Cette forme apparaît cependant dans les livres tardifs du Tanakh : 1 fois pour Josué, fils de Noun, et 28 fois pour Josué le grand prêtre et d'autres prêtres ainsi prénommés (également nommés Yoshua dans 11 autres passages des livre d'Aggée et de Zacharie).
Dans les derniers livres de la Bible hébraïque, la graphie est abrégée en Yšw‘ et vocalisée Yēšûa‘, notamment pour plusieurs homonymes de Josué-Jésus : le chef de la neuvième classe de prêtres (1Ch 24,11), l'un des six lévites sous les ordres de Qoré (2Ch 31,15), le grand prêtre (Esd 2,2) et le chef de famille apparenté à Pahat-Moab (Esd 2,6).
Les résonnances étymologiques et poétiques du noms sont si fortes que les Juifs qui ne reconnaissent pas Jésus pour messie semblent avoir altéré ou du moins adopté une graphie altérée de son nom (cf. Jr 11,19) :
Ce serait un acronyme signifiant : yimach shemo ve-zichrono : que son nom et sa mémoire soient effacés. Mais Thierry , « Yeshu : un acronyme insultant ? », Judaïsme ancien / Ancient Judaism 2, (2014), 196-201 conclut son analyse en proposant que si la polémique antichrétienne juive a tiré avantage de cette élision de la consonne finale, elle n'en est cependant pas l'origine. De fait la formule d'exécration ou de damnatio memoriæ héritée de la mélédiction contre Amaleq (Dt 25,19 ; Ex 17,14), rarement ajoutée au nom de Jésus (p. ex. Genizah MS, British Museum, Or. 91842) dans la tradition écrite, est en usage dans certains milieux populaires juifs.
Les philologues chrétiens ne manquèrent donc cependant pas d'y répondre :
En résumé, la graphie du nom « Jésus-Josué » a connu des évolutions successives, de cinq (Yhwš‘) à six (Yhwšw‘) lettres en hébreu, à cinq (Yhšw‘) à Qumrân, à quatre (Yšw‘), à trois (Yš‘) sous la plume de Bar Kochba ou par mutilation (Yšw) dans les écrits rabbiniques.
Le nom de Jésus, qui est également l'Emmanuel « Dieu avec nous » (Mt 1,23), est gros de toute sa mission rédemptrice (→Autorité de Jésus durant son ministère).
Le nom de Jésus est inséparable de sa personne : →Nom (onoma, šēm). Le nom de « Jésus » se substitue au nom de Dieu « YHWH », et synthétise toute la foi chrétienne : Ac 5,41 ; 3Jn 7 emploient le mot « nom » seul pour désigner le Christ. Le nom de Jésus est le fondement et l’objet de la prédication chrétienne (Lc 24,47 ; Ac 8,12 ; 3Jn 7). Professer la foi revient à tenir ferme le nom de Jésus (Ap 2,13 ; 3,8). Les chrétiens sont identifiés comme ceux qui invoquent le nom (Ac 9,14.21 ; 22,16 ; 1Co 1,2 ; 2Tm 2,22) et sont appelés à souffrir pour son nom (Mt 10,22 ; 24,9 ; Ac 5,41 ; 21,13 ; 1P 4,14). Celui qui invoque ce nom, c'est-à-dire qui reconnaît Jésus comme Seigneur, sera sauvé (Jn 20,31 ; Ac 2,21 ; 4,12 ; Rm 10,9). À la résurrection (Intertextualité biblique Ac 2,36b), Jésus a reçu « le Nom au-dessus de tout nom » : le nom de « Seigneur » jusqu'alors réservé à Dieu (Ph 2,9-11).
La formule « dans le/au/par/pour le nom [de Jésus] » traduit la nouvelle économie du salut. Le baptême est réalisé « sur le nom de Jésus Christ » (Ac 2,38 epi tôᵢ onomati), ou « dans le/au nom de Jésus » (Ac 10,48 en tôᵢ onomati), ou encore « pour le nom de Jésus » (Ac 8,16 eis to onoma ; →Baptême). Chacune de ces expressions désigne un aspect particulier du rapport au nom, et donc au Christ.
Bref, c’est le résumé de la prédication du salut : « car il n'y a pas sous le ciel d'autre nom donné parmi les hommes, par lequel (en hôᵢ) il nous faut être sauvés » (Ac 4,12 ; cf. Ac 2,21). Le pardon des péchés se réalise au nom de Jésus (Ac 10,43 ; 1Jn 2,12).
L’épistolaire paulinien reprend cet usage du nom. Paul agit et parle au nom du Christ (Rm 1,5 ; 1Co 1,2.10). Toute la vie chrétienne est appelée à se réaliser « dans/par le nom (en onomati) du Seigneur Jésus » (Col 3,17), en lequel nous rendons grâce au Père (Ep 5,20).
Le nom de Jésus est puissant et sa prononciation est efficiente. Apôtres et disciples l’emploient comme s’il s’agissait de celui de Dieu (cf. Jn 1,12) :
Une théologie du nom de Jésus se repère dans la littérature produite au sein des premières communautés.
Agissant comme une hypostase (proche de l'Esprit ou de la sagesse), le « nom » devient le support élémentaire pour concevoir l’incarnation de la transcendance divine (Mt 1,21 ; Lc 1,31 ; Jn 1,14). C’est ce phénomène que les christogrammes, et plus largement les nomina sacra, accompagnent en se faisant l’incarnation visuelle au sein de la Parole de questions christologiques.
Beaucoup de héros des Écritures, lorsqu'ils reçoivent leur vocation ou entrent dans une étape décisive de sa réalisation, reçoivent un nouveau nom. Il en va de même pour Jésus : entré dans la gloire par sa résurrection, il reçoit (en héritage) un Nom au-dessus de tout nom.
L'Écriture fait une équivalence entre nom, gloire et présence et, du coup, Dieu semble souvent réticent à le révéler (Gn 32,30 ; Jg 13,17-18).
Dans la continuité du littéralisme juif antique, la tradition chrétienne s'est efforcée de mettre à jour ce nouveau nom. La lignée origénienne semble avoir connu le tétragramme enrichi du shin : YHŠWH (YeHoŠWaH) (, In ΠΙΠΙ, dans , Graeca fragmenta libri nominum hebraicorum, PL 23,1275-1280→). Ce shin est parfois rapproché du double shin (l'un à trois branches, à droite ; l'autre à quatre branches, à gauche) sur les tefillin liés au front des Juifs priants. Attachée au siège corporel de la pensée même, la lettre pourrait ainsi désigner la nature humaine. Son insertion dans le tétragramme renverrait à la glorification de la nature humaine du Fils par le Père et dans l'Esprit (Jn 17,1-2).
À la Renaissance, le pentagramme apparaît dans diverses œuvres d'art. Il est théorisé par l'humaniste Jean Reuchlin, encouragé par le pape Léon X :
Par rapport au nom YHŠW‘ (cf. 4Q22), la forme YHŠWH a remplacé la lettre ‘ayin (signifiant « œil », dont il est originairement le signe pictographique) finale par la seconde lettre du tétragramme (hé), comme en écho de l'annonce de l'invisibilité du Christ glorifié (Jn 16,16).
Domenikos Theotokópoulos, dit : (1541-1614), Adoration du Saint Nom de Jésus, (huile sur toile, 1577-79), 140 × 110 cm
Monasterio de El Escorial, Madrid © Domaine public→
Également connue comme La Gloria , Le Rêve de Philippe II ou Allégorie de la Sainte Ligue, la composition représente, en écho terrestre aux anges et aux saints adorateurs du Nom au Ciel, sur la terre le roi Philippe II d'Espagne, probable commanditaire de la peinture, le pape saint Pie V et le doge Sebastiano Venier, tous trois fondateurs de la Sainte Ligue, ainsi que Don Jean d'Autriche, vainqueur de la bataille de Lépante. En bas à droite s'ouvre la bouche de l'enfer en forme de Léviathan, influencée par Jérôme Bosch. Le chromatisme reflète aussi une certaine influence de Michel-Ange sur le Gréco.
Le Catéchisme de l'Église Catholique voit dans le nom de Jésus la possibilité désormais de donner un nom à Dieu comme conséquence de l'Incarnation.
L'invocation du nom de Jésus appelle sur celui qui prie toute la puissance divine de salut :