La Bible en ses Traditions

Psaumes 22,1–19

M G S
V

Au maître de chant. Sur la biche de l’aurore.

GPour la fin. Pour le réconfort matinal. Psaume de David.

VERS LA FIN POUR L'ASSOMPTION MATUTINALE PSAUME DE DAVID

M
G S
V

MMon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?

MJe gémis et le salut reste loin de moi  

 ... 

Dieu, mon Dieu, ÷ regarde-moi : pourquoi m'as-tu abandonné ?

Les paroles de mes fautes sont loin de mon salut.

Mon Dieu, jeM crie pendant le jour

et tuM ne réponds pas 

Mla nuit, et Mje n’ai point de repos.

... 

Mon Dieu je crierai pendant le jour et tu ne m'exauceras pas ;

pendant la nuit et tu ne le prendras pas pour de la folie.

Et toi, Mle saint

Mtu habites les louanges d’Israël.

...

Toi pourtant, tu habites dans le lieu saint, toi la Louange d'Israël !

En toi ont eu confiance nos pères

ils ont eu confiance

et tu les as sauvés.

... 

En toi nos pères mirent leur espérance,

ils espérèrent et tu les libéras.

Ils crièrent vers toi

et ils furent sauvés 

ils eurent confiance en toi

et ils ne furent pas confondus. 

... 

Vers toi ils crièrent et ils furent sauvés,

ils mirent en toi leur espérance et ne furent pas confondus.

MEt moi, je suis un ver, et non un homme,

l’opprobre des hommes et le Mrebut du peuple.

 ...

Mais moi je suis un ver et non un homme,

l'opprobre des hommes et l'abjection de la plèbe.

M S
G
V

Tous ceux qui me voient se moquent

Sceux qui m'ont vu se sont moqués de moi

ils écartent la lèvre ils secouent la tête

Sils ont écarté leurs lèvres et ils ont secoué leurs têtes

Tous Gceux qui me regardent m'ont raillé 

ils ont parlé avec les lèvres ils ont remué la tête

Tous en me voyant m'ont raillé

ils ont parlé du bout des lèvres, ils ont tourné la tête.

M
G S
V

Roule-toi vers YHWH !

Il le délivrera car il s'est plu en lui ! 

...

Il a espéré dans le Seigneur : qu’il le délivre,

qu'il le sauve puisqu’il le veut ! 

10 c’est toi pourtant qui m’as tiré du ventre

qui m’as mis en sûreté sur les seins de ma mère.

10 ...

10 car c'est toi qui m'as extrait du ventre

mon espérance depuis les entrailles de ma mère

11 sur toi je fus jeté au sortir des entrailles

dès le sein de ma mère, c’est toi qui es mon Dieu.

11 ...

11 sur toi j'ai été jeté hors du sein,

du ventre de ma mère

mon Dieu c'est toi.

12 Ne t’éloigne pas de moi car l’angoisse est proche

car personne ne vient à mon secours.

12 ...

12 Ne me quitte pas

car la tribulation est proche

car il n'y a personne qui aide.

13 de Mnombreux taureaux m'Mentourent

Mles forts de Basan m’Menvironnent.

13 ... 

13 Des veaux nombreux m'ont encerclé

de gras taureaux m'ont assailli

14 Ils Mouvrent contre moi leur gueule

comme un lion Mqui déchire et rugit.

14  ... 

14 ils ont ouvert sur moi leur gueule

comme un lion ravissant et rugissant.

15 comme l’eau je Msuis répandu

et tous mes os Msont disjoints

mon cœur Mest comme la cire

Mil fond au milieu de mes entrailles.

15   ...

15 Comme l'eau j'ai été répandu

et tous mes os ont été dispersés

mon cœur est devenu comme de la cire se liquéfiant au milieu de mon ventre

16 Ma force s’est desséchée comme un tesson d’argile

et ma langue Ms’attache à mon palais 

et tu Mme couches dans la poussière de la mort.

16   ... 

16 ma puissance s'est desséchée comme un têt

ma langue a adhéré à ma gorge

et dans le limon de la mort tu m'as fait descendre

17 Car des chiens nombreux m’entourent

une bande de malfaisants me cerne

ils ont percé mes mains et mes pieds

17 ...

17 car des chiens nombreux m'ont encerclé

le conseil des méchants m'a assiégé

ils ont percé mes mains et mes pieds

18 Mje peux compter  tous mes os

MEux me regardent, ils Mm'observent 

18 ... 

18 ils ont dénombré tous mes os

ils m'ont vraiment considéré et examiné

19 ils se Mpartagent mes vêtements

et ils Mtirent au sort ma tunique.

19  ... 

19 ils se sont divisé mes vêtements

et pour mon habit ils ont tiré au sort

Réception

Liturgie

1–32 Ils se partagent mes vêtements Antienne

«Diviserunt»

Traditionnel, Vendredi Saint — 1° Nocturne: Antienne " Diviserunt" et Psaume 21

(CD, 2005) Dom Jean Claire, chœur des moines de l'abbaye de Solesmes

© Abbaye de Solesmes→, Ps 22

Diviserunt sibi est le deuxième psaume chanté lors de la cérémonie du vendredi saint. Il est basé sur le Psaume 21. Le premier verset s'ouvre sur les paroles de Notre Seigneur alors qu'il déplore son abandon aux mains des hommes cruels. Élevé dans l'agonie sur la Croix, il semble que Dieu le Père lui-même a abandonné son Fils. Les soldats tirent au sort sur ses vêtements, mais à partir de cette désolation, notre Seigneur s'approche du moment où son sacrifice atteindra la rédemption de toute l'humanité.

20.22.2 Seigneur, loin de mon salut Introït

«Dominus ne longe»

Traditionnel, Introït — Domine ne longe

Chœur des moines de l’abbaye Sainte-Madeleine du Barroux

© Abbaye du Barroux→, Ps 22,20.22.2

7ss tous ceux qui me voient se moquent de moi PARALITURGIE Adaptation au chemin de croix Dans la volonté contemporaine de refonder les dévotions populaires dans leurs substrats bibliques, ces v. sont parfois proposés durant le chemin de croix, comme pour revivre l'expérience des narrateurs de la passion de Jésus qui la mirent très vite en lien avec le Ps 22. →Le Ps 22(21) dans le récit de la passion. En voici un exemple spectaculaire tiré du →chemin de croix du peintre Jerzy Duda-Gracz (1941–2004) à Jasna Gora.

CONTEMPLATION Septième station

Jerzy Duda-Gracz (1941-2004), Septième station : Jésus tombe pour la deuxième fois, (huile sur toile, 2000-2001), 185 x 117 cm

Chemin de croix ex voto de l'artiste, narthex, galerie haute du sanctuaire de l'icône miraculeuse, Sanctuaire de Czestochowa, Jasna Gora (Pologne)

© D.R. Jerzy Duda-Gracz Estate→ ; photo : J.-M. N., Ps 22,7-9 ; 2Co 5,21

Jésus tombe pour la deuxième fois : là il traverse un pèlerinage, il traverse la fête des Rameaux, la fête des palmes, avec ces grandes perches et ces fleurs. Et dans cette fête des Rameaux, le Christ est voilé de noir. Cette fête qui rappelle la joie et l’entrée triomphale du Christ à Jérusalem, est la préfiguration de la Passion. Mais lorsque le Christ passe dans la réalité de nos vies, on peut s’en détourner. Ce n’est pas forcément être dans le mal ou dans le bien ; mais c’est une réalité, on peut s’en détourner. Regardez ce couple : ils n’en peuvent plus de regarder, et c’est compréhensible. Et cet enfant qui prie et qui ferme les yeux, cette femme à la croisée des branches de la croix, qui ferme les yeux aussi. Cette vieille femme qui porte un linge et une sorte de cruche ; une autre femme qui porte un sac avec des branches qui bourgeonnent ; et ceux qui regardent, qui évitent de voir et qui recherchent un passage… Mais il y a quelqu’un qui a peut-être compris ce qui se passe : entre les vieilles femmes, la femme avec son cabas, la jeune fille, il y a le chien. Le chien est bien sûr le signe de la fidélité, il est de ce dialogue miséricordieux, avec son seul regard. Le Christ est tombé mais il combat encore, il est encore en vie, alors que nous, nous l’avons déjà enterré et couvert de violettes. Seul le chien regarde vraiment, seul il semble comprendre que Dieu est vivant ! (J.-M. N.)

15s PARALITURGIE Adaptation au chemin de croix Dans la volonté contemporaine de refonder les dévotions populaires dans leurs substrats bibliques, ces v. sont parfois proposés durant le chemin de croix, comme pour revivre l'expérience des narrateurs de la passion de Jésus qui la mirent très vite en lien avec le Ps 22. →Le Ps 22(21) dans le récit de la passion. En voici un exemple spectaculaire tiré du →chemin de croix du peintre Jerzy Duda-Gracz (1941–2004) à Jasna Gora.

CONTEMPLATION Neuvième station

Jerzy Duda-Gracz (1941-2004), 9 — Jésus tombe pour la troisième fois, (huile sur toile, 2000-2001), 185 x 117 cm

Chemin de croix ex voto de l'artiste, narthex, galerie haute du sanctuaire de l'icône miraculeuse, Sanctuaire de Czestochowa, Jasna Gora (Pologne)

© D.R. Jerzy Duda-Gracz Estate→; photo : J.-M. N., Ps 22,15-16

Jésus tombe pour la troisième fois : c’est la plus douloureuse, je trouve. Car là, il tombe pour qui ? Il traverse quelle station de l’état de vie des êtres ? C’est la station où les femmes précédentes pleuraient sur leurs enfants. Mais voici cette fois que c’est le Christ qui pleure sur les enfants. Ces enfants massacrés, abandonnés, ces enfants tués lors de la guerre. Certains qui jouent innocemment sur une balançoire, la jeune fillette en haut à gauche, ceux qui jouent avec une autre balançoire constituée d’un simple pneu, ceux qui montent sur l’échelle, ces enfants qui jouent dans un parc, mais qui ont vécu la mort, ces enfants qui n’ont jamais grandi. La Passion du Christ passe aussi en eux, et le Christ passe en eux. Ici, c’est la mort des Innocents, car la Passion achève aussi cette dimension du Salut : Jésus va au cœur de l’enfer ; mais l’enfer n’est pas sous terre, l’enfer, ce sont les hommes qui le produisent. (J.-M. N.)

Comparaison des versions

1 V—IUXTA HEBR.

  • Au vainqueur. Pour le cerf du matin. Chant.

2 V—IUXTA HEBR.

  • Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? | loin de mon salut les paroles de mon rugissement

3 V—IUXTA HEBR.

  • Mon Dieu, je crierai pendant le jour | et tu n'exauceras pas | et la nuit, et il n'y a pas de silence pour moi.

4 V—IUXTA HEBR.

  • Et toi, saint habitant | Louange d'Israël.

5 V—IUXTA HEBR.

  • En toi ont eu confiance nos pères | ils ont eu confiance | et tu les as sauvés.

6 V—IUXTA HEBR.

  • Ils crièrent vers toi | et ils furent sauvés | ils eurent confiance en toi | et ils ne furent pas confondus.

7 V—IUXTA HEBR.

  • Or moi, je suis un ver, et non un homme, | l'opprobre des hommes et le mépris du peuple.

8 V—IUXTA HEBR.

  • Tous ceux qui me voient se moquent de moi | ils grimacent des lèvres, ils branlent la tête :

9 V—IUXTA HEBR.

  • Il s'est réfugié auprès du Seigneur, qu'il le sauve | qu'il le délivre puisqu'il le veut

10 V—IUXTA HEBR.

  • c'est toi pourtant mon défenseur depuis le sein [maternel] | ma confiance sur les mamelles de ma mère.

11 V—IUXTA HEBR.

  • sur toi je fus jeté au sortir des entrailles | dès le sein de ma mère, c'est toi qui es mon Dieu.

12 V—IUXTA HEBR.

  • Ne t'éloigne pas de moi car l'angoisse est proche | car personne ne vient à mon secours.

13 V—IUXTA HEBR.

  • de jeunes taureaux nombreux m'ont entouré | des taureaux gras m'ont environné.

14 V—IUXTA HEBR.

  • Ils ont ouvert contre moi leur gueule | comme un lion qui ravit et rugit.

15 V—IUXTA HEBR.

  • comme l'eau je fus répandu | et tous mes os furent disjoints | mon cœur est devenu comme la cire | fondue au milieu de mes entrailles.

16 V—IUXTA HEBR.

  • Ma force s'est desséchée comme un tesson d'argile | et ma langue a adhéré à mon palais | et tu m'as traîné dans la poussière de la mort.

17 V—IUXTA HEBR.

  • Car des chasseurs m'ont entouré | une bande de malfaisants m'a cerné | ils ont lié mes mains et mes pieds

18 V—IUXTA HEBR.

  • j'ai compté tous mes os | qu'en regardant, il m'ont observé

19 V—IUXTA HEBR.

  • il se sont partagé mes vêtements | et ils ont tiré au sort ma tunique.