La Bible en ses Traditions

Jean 12,0 ; 20,1–36,25

Byz V S TR Nes

Le premier jour de la semaine, Marie la Magdaléenne

VMarie-Madeleine vient au sépulcre le matin, alors qu'il y avait encore des ténèbres 

et elle voit la pierre enlevée du sépulcre.

Elle court

Vcourut donc et vient

Vvint vers Simon Pierre et vers l’autre disciple, celui

Sle disciple que Jésus aimait

et elle leur dit :

— Ils ont enlevé le Seigneur du sépulcre, et nous ne savons

Sje ne sais pas où ils l’ont mis.

Pierre

SSimon sortit donc ainsi que l’

Vcet autre disciple et ils venaient

Vvinrent au sépulcre.

Ils couraient tous deux ensemble

mais l’autre

Vcet autre

Sle disciple courait

Vcourut en avant plus vite que Pierre

Sde Simon

et arriva le premier au sépulcre.

Et s’étant penché,

Vcomme il s'était penché,

Sen observant il voit posées les bandelettes

pourtant il n’entra pas.

Vient donc Byz TR Nesaussi Simon Pierre

V-Pierre qui le suivait

et il entra dans le sépulcre

et il voit les bandelettes posées

et le suaire qui avait été sur

Savait enserré sa tête

non pas Byz V TR Nesposé avec les bandelettes

mais enroulé Set posé dans un endroit à part.

Alors donc entra aussi l'autre   

V Sce  disciple qui était arrivé le premier au sépulcre

et il vit et il crut.

Car ils ne savaient pas encore l’Écriture : qu'il fallait qu'il ressuscitât d'entre les morts.

10 Les disciples s’en retournèrent donc de nouveau chez eux.

11 Or Marie se tenait près du sépulcre, Byz V TR Nesen-dehors, pleurant.

Donc comme elle pleurait, elle se pencha

Vse pencha et regarda

Sregarda vers le sépulcre.

12 Et elle voit

V Svit deux anges en blanc, assis

l’un à la tête et l’autre aux pieds, là où avait été mis le corps de Jésus.

13 Ceux-ci lui disent :

— Femme, pourquoi pleures-tu ?

Elle leur dit :

— Ils ont enlevé mon Seigneur et je ne sais pas où ils l’ont mis.

14 Ayant

VÀ peine avait-elle dit cela, elle se retourna en arrière

et elle voit Jésus se tenant debout

et elle ne savait pas que c’était Jésus.

15 Jésus lui dit :

— Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ?

Elle, pensant que c’était le jardinier, lui dit :

— Seigneur, si c’est toi qui l’as emporté dis-moi où tu l’as mis, et moi je l'enlèverai.

16 Jésus lui dit : — Marie !

S'étant retournée, elle lui dit Byz S Nesen hébreu :

Rabbouni

SRabbouli ! C’est-à-dire : « Smon maître » !

17 Jésus lui dit :

— Cesse de me toucher

VNe me touche pas

SN'approche pas

car je ne suis pas encore monté vers le

Byz V S TRmon Père.

Mais va vers mes frères et dis-leur :

— Je monte vers mon Père et votre Père

vers mon Dieu et votre Dieu.

18 Vient Marie la Magdaléenne

VMarie-Madeleine annonçant aux disciples : — J’ai

Byz S TRqu'elle a vu le Seigneur et voilà ce qu'il m’a

Byz S TR Neslui a dit ...

19 Donc le soir de ce même jour qui était le premier de la semaine

alors que les portes [là] où se trouvaient les disciples étaient fermées par peur des Juifs

Jésus vint et se tint au milieu et il leur dit :

— Paix à vous !

20 Et ayant dit cela, il leur montra ses mains et son côté.

Les disciples furent alors remplis de joie à la vue du Seigneur.

21 Jésus leur dit de nouveau :

— Paix à vous.

Comme le

Smon Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie.

22 Ayant dit cela, il souffla sur eux et leur dit :

— Recevez l’Esprit-Saint !

23 Ceux

SCelui dont vous remettrez les péchés, ils leur sont

Byz V TRleur seront

Slui seront  remis

et ceux

Scelui dont vous les retiendrez, ils sont retenus.

24 Mais Thomas, l’un des douze, appelé « Jumeau »

V« Didyme »

S« le Jumeau »

n’était pas avec eux lorsque vint Jésus.

25 Les Byz V TR Nesautres disciples lui disaient donc :

— Nous avons vu le Seigneur !

Mais il leur dit :

— Si je ne vois pas dans ses mains la trace

Vla forme

Sles lieux des clous

ni ne mets mon doigt dans la trace de ces clous

Vdans l'endroit des clous

Sen eux,

ni ne mets

Sn'étends  ma main dans son côté, Byz TR Nesnon, je ne croirai pas !

26 Huit jours plus tard, les disciples étaient de nouveau à l’intérieur

et Thomas avec eux.

Vient Jésus, les portes fermées.

il se tint au milieu et il Sleur dit :

— Paix à vous !

27 Ensuite il dit à Thomas :

Approche

VIntroduis  ton doigt ici et vois mes mains

et approche ta main et mets

Sétends-la dans mon côté

et ne sois plus incrédule mais croyant.

28 Thomas répondit et lui dit :

— Mon Seigneur et mon Dieu !

29 Jésus lui dit :

Parce

SMaintenant que tu m'as vu, tu as cru.

Heureux ceux qui ne voient pas

Vn'ont pas vu

Sne m'ont pas vu  et qui croient

V Sont cru.

30 Jésus fit encore beaucoup d’autres signes en présence de ses disciples

qui ne sont pas écrits dans ce livre.

31 Mais ceux-ci ont été écrits afin que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu

et qu’en croyant vous ayez la vie Séternelle en son nom.

21,1 AprèsByz TR Nes cela, Jésus se montra de nouveau V Sà ses disciples sur les bords de la mer de Tibériade

et il se manifesta ainsi :

21,2 Il y avait ensemble Simon Pierre

VSimon-Pierre

Thomas appelé « Jumeau »

V« Didyme »

S« le Jumeau »

Nathanaël qui était de Cana

SQetna en Galilée

ceux

V Sles fils de Zébédée

et deux autres de ses disciples.

21,3 Simon-Pierre leur dit :

— Je vais pêcherS des poissons.

Ils lui dirent :

— Nous venons nous aussi avec toi.

Ils sortirent et montèrent dans le bateau

et cette nuit-là ils ne prirent rien.

21,4 Le matin déjà venu, Jésus se tint sur le rivage

cependant les disciples ne savaient pas que c’était Jésus.

21,5 Et Jésus leur dit donc :

—  Enfants, n’avez-vous pas

V Savez-vous  quelque chose à manger ?

Ils lui répondirent

Sdirent : — Non.

21,6 Il leur dit :

— Jetez le

Svotre filet à droite  du bateau

Vde la barque et vous trouverez.

Ils le jetèrent donc et ils ne pouvaient plus le tirer

Stirer le filet  à cause de la multitude de poissons.

21,7 Le disciple, celui que Jésus aimait, dit donc à Pierre :

— C’est le

Snotre Seigneur !

Simon Pierre

V-Pierre, entendant que

Vcomme il avait entendu « c’est le Seigneur »

se ceignit d'un vêtement

Vse ceignit d'une tunique

Sprit une tunique,

car il était nu,

et se jeta dans la merS pour aller à Jésus.

21,8 Les autres disciples vinrent dans la

Ven barque,

car ils n’étaient pas loin de la terre

mais à environ deux cents coudées, en tirant le filet de poissons.

21,9 Quand donc ils furent descendus à terre

ils voient

V Svirent un feu de braises posé

Vdes braises posées [là] et du Byz TR Nesmenu poisson placé dessus, et du pain.

21,10 Jésus leur dit :

— Apportez de ces menus

V des

S[quelques-uns] des  poissons que vous avez pris à l'instant.

21,11 Simon Pierre

VSimon-Pierre monta

et tira à terre le filet plein de grands poissons : cent cinquante-trois 

et,  bien qu’il y en eût tant

Savec un tel poids, le filet ne se rompit pas.

21,12 Jésus leur dit :

— Venez, déjeunez !

Et aucun des disciples

Vde ceux qui étaient en train d'apprendre n’osait lui demander :

— Toi, qui es-tu ?

sachant que c'était le Seigneur.

21,13 Et vient Jésus et il prend le pain et [le] leur donne, et le menu poisson de même

V[le] leur donne, et le poisson de même

Set le poisson et le leur donne.

21,14 C’était Byz V TR Nesdéjà la troisième fois que Jésus se manifesta aux

Byz S TRà ses  disciples [après qu’il fut] ressuscité des morts.

21,15 Lorsqu’ils eurent

VComme donc ils avaient déjeuné, Jésus dit à Simon Pierre

VSimon-Pierre :

— Simon [fils] de Jean

S Cephas, Simon Baryona, m’aimes-tu plus que ceux-ci ?

Il lui dit :

— Oui Seigneur, tu sais, toi, que je t'aime.

Il  lui dit :

— Nourris

Byz V TR NesPais mes agneaux.

21,16 Il lui dit de nouveau Byz TR Nesune seconde fois :

— Simon [fils] de Jean

SBaryona, m’aimes-tu ?

Il lui dit :

— Oui Seigneur, tu sais que je t'aime.

Il

SJésus lui dit :

—  Sois le berger de

VPais mes brebis

Vagneaux

Smoutons.

21,17 Il lui dit une troisième fois :

— Simon [fils] de Jean

S[fils de] Jean, m’aimes-tu ?

Pierre fut peiné de ce qu'il lui Byz S TR Nesavait dit une troisième fois : « — M'aimes-tu ? »

et il lui dit :

— Seigneur, tu sais

Stoi tu comprends tout, tu connais

Vsais que je t'aime.

Jésus

VIl lui dit :

— Pais mes brebisS pour moi.

21,18 Amen, amen, je te dis :

— Quand tu étais plus jeune, tu te ceignais et tu marchais où tu voulais

mais quand tu seras vieux, tu étendras tes mains et un autre te ceindra et te conduira où tu ne veux pas.

21,19 Il dit cela pour signifier

Smontrer par quelle mort il glorifierait Dieu.

Et ayant dit cela, il lui dit :

— Suis-moi.

21,20 S’étant retourné, SSimon Pierre voit le disciple que Jésus aimait qui suivait

Ven train de suivre,

celui qui pendant le souper s’était renversé

Vse renversa sur sa poitrine

Sla poitrine de Jésus et Byz S TR Nesavait dit : « — Seigneur, qui est celui qui te livre ? »

21,21 Pierre V Nesdonc, l’ayant vu, dit à Jésus :

— Seigneur, et lui : quoi ?

Vquid de celui-ci ?  

21,22 Jésus lui dit :

— Si je voulais

Vveux qu’il demeure Vainsi jusqu’à ce que je vienne, que t’importe ?

Vquid pour toi ?

Toi, suis-moi !

21,23 Cette parole

Vrumeur sortit donc

Vest donc sortie parmi les frères que ce disciple ne mourrait

Vmeurt pas

et pourtant Jésus ne lui a pas dit qu'il ne mourrait pas

Vet pourtant Jésus ne lui a pas dit « il ne meurt pas »

mais : « — Si je veux qu’il

Sque celui-ci demeure jusqu’à ce que je vienne

Vainsi pendant que je viens, que t’importe

Vquid pour toi ? »

21,24 C’est ce disciple qui rend témoignage de ces choses

et qui les a écrites 

et nous savons qu'il est vrai, son témoignage.

21,25 Il y a encore beaucoup d'autres choses qu'a faites Jésus

et si on les écrivait une à une

Selles étaient écrites l'une après l'autre

pas même le monde, je pense, ne pourrait contenir les livres qu’il faudrait écrire.

Vpourrait contenir les livres qui doivent être écrits.

S suffirait pour les livres qui seraient écrits.

Byz V TRAmen.

VICI FINIT L'ÉVANGILE SELON JEAN

Réception

Liturgie

20,1.11–18 Représentations du Ressuscité

ICÔNE : Art byzantin

15e s.

Andreï Roublev, La descente aux Enfers ou Descente aux Limbes (tempera sur tilleul, 1408-1410)

Galerie Tretiakov, Moscou (Russie)

© Domaine public→

Une très vieille homélie anonyme de la vigile de Pâques (pseudo-Épiphane, Homélie pour le Samedi Saint, cité selon Hans Urs von Balthasar, Dieu et l’homme d’aujourd’hui, 1956) décrit cette descente du Christ aux enfers :

« Adam, en tant que premier père et premier créé de tous les hommes, et en tant que premier mortel, lui qui avait été tenu captif plus profondément que tous les autres, et avec le plus grand soin, il entendit le premier le bruit des pas du Seigneur, qui venait vers les prisonniers. Et il reconnut la voix de celui qui cheminait dans la prison, et, s’adressant à tous ceux qui étaient enchaînés avec lui depuis le commencement du monde, il parla : — J’entends les pas de quelqu’un qui vient vers nous ! Et pendant qu’il parlait, le Seigneur entra, tenant les armes victorieuses de la croix. […] Et lui ayant saisi la main, il lui dit : — Tiens-toi debout, toi qui dormais, lève-toi d’entre les morts, et le Christ t’illuminera. Je suis ton Dieu et, à cause de toi, je suis devenu ton Fils. Lèves-toi, toi qui dormais car je ne t’ai pas créé pour que tu séjournes ici enchaîné dans l’enfer. Surgis d’entre les morts, je suis la Vie des morts. Lève-toi, toi l’œuvre de mes mains, toi, mon effigie, qui a été faite à mon image […] Regarde sur mon visage les crachats que j’ai reçus pour toi, afin de te replacer dans l’antique paradis. Regarde sur mes joues la trace des soufflets que j’ai subis pour rétablir en mon image ta beauté détruite. Regarde mes mains qui ont été solidement clouées au bois, à cause de toi, qui autrefois a mal étendu tes mains vers le bois. […] Lève-toi et partons d’ici, de la mort à la vie, des ténèbres à la lumière éternelle. Levez-vous et partons d’ici et allons de la douleur à la joie, des chaînes à la liberté, de la captivité aux délices du paradis, de la terre au ciel. Mon Père céleste attend la brebis perdue, un trône de chérubin est prêt, les porteurs sont debout et attendent, la salle des noces est préparée. Les trésors de tout bien sont ouverts, le royaume des cieux qui existait avant tout les siècles vous attend. »

PARALITURGIE occidentale. Chemin de croix contemporain : une quinzième station !

Pour retrouver une spiritualité moins doloriste, plus authentiquement pascale, de nombreux artistes occidentaux ne s'arrêtent pas à la mise au tombeau de Jésus et ajoutent des stations à la dévotion si populaire du →chemin de croix.

Jerzy Duda-Gracz (1941-2004), 15 — Jésus ressuscité !, (huile sur toile, 2000-2001), 185 x 117 cm

Chemin de croix ex voto de l'artiste, narthex, galerie haute du sanctuaire de l'icône miraculeuse, Sanctuaire de Czestochowa, Jasna Gora (Pologne)

© D.R. Jerzy Duda-Gracz Estate→ ; photo : J.-M. N. , Mt 28,1-20 ; Mc 16,1-8 ; Lc 24,1-11 ; Jn 20,1.11-18

Et voici la station de la Résurrection : Jésus est vivant ! Il est vivant au milieu de cette constellation, de cet univers. De haut en bas, d’un vêtement blanc, de la gloire de cette blancheur ineffable, il bénit la Pologne, tout le peuple. Le Christ s’incorpore au corps de la nation ; de cette force et de ce regard, de cette intensité et de cette puissance. Mais l’artiste va encore poursuivre le commentaire. Et là, il va dépasser les stations traditionnelles d’un chemin de croix. (J.-M. N.)

20,25–29 PARALITURGIE occidentale. Chemin de croix contemporain : une seizième station ! Pour retrouver une spiritualité moins doloriste, plus authentiquement pascale, de nombreux artistes occidentaux ne s'arrêtent pas à la mise au tombeau de Jésus et ajoutent des stations à la dévotion si populaire du →chemin de croix.

CONTEMPLATION Un Thomas chirurgien

Jerzy Duda-Gracz (1941-2004), 16 - Rencontre avec Thomas, (huile sur toile, 2000-2001), 185 x 117 cm

Chemin de croix ex voto de l'artiste, narthex, galerie haute du sanctuaire de l'icône miraculeuse, Sanctuaire de Czestochowa, Jasna Gora (Pologne)

© D.R. Jerzy Duda-Gracz Estate→ ; photo : J.-M. N. , Jn 20,24-29

Cette station est absolument extraordinaire : Thomas ! Thomas est habillé avec les vêtements d’un chirurgien. Voyez l’intelligence par rapport au thème de la vérité ! « Je veux voir les plaies, je veux vérifier, je veux toucher ! » Vérifier : vérifier cette mort pour vérifier la vie. Il y a Thomas, il y a un homme qui fait une expertise médicale, qui observe – c’est aussi très beau que Thomas soit un chirurgien, parce que Thomas est aussi un croyant. Ce n’est pas parce qu’on veut toucher qu’on est incroyant. Ce qu’exprime Thomas, c’est que la foi se vit dans la réalité de notre existence ; à travers Thomas c’est la communauté de ceux qui n’ont pas connu Jésus qui ont besoin d’éprouver cette présence. « Heureux ceux qui croient sans avoir vu ! » Mais nous avons toujours besoin de toucher ou d’avoir des preuves. Comme si seule la science était capable de vérité ! Non, il y a d’autres manières d’être en quête de la vérité, qui n’est pas simplement de l’ordre de l’explication scientifique, et quelqu’un d’autre accompagne Thomas : cet enfant ! cet enfant qui a une attitude de tendresse éperdue : l’expression de la vie, la rencontre, la force de la réalité d’une présence dit aussi des vérités intérieures bien plus fortes. Et face à l’orgueil de nos vanités, de cette tour de Babel sortie tout droit d’un tableau de Bruegel, il y a ce monde où la confusion des langages va s’intensifier à travers l’unité de ceux et de celle qui le cherchent. Vous avez sur la droite un enfant sur un fauteuil roulant ; il y a aussi une femme âgée, un vieillard dans un lit, un homme aveugle, un prêtre qui prie, mais pour tous, Thomas est le passage obligé de notre foi. Ne mettons pas en-dehors Thomas : « Thomas, porte ton doigt ici. Voici mes mains, avance ta main et mets-la dans mon côté ». Cela veut dire que nous cherchons toujours des preuves, nous avons besoin de preuves ; mais la foi n’a pas besoin de preuves, elle s’éprouve dans l’expérience intérieure du mystère d’une rencontre. Reconnaissons le Christ sans toucher ses plaies, parce que le Christ nous reconnaît en touchant nos propres plaies. On se demande toujours comment reconnaître le Christ, mais je dis : posez-vous la question inverse, le Christ nous reconnaît au cœur de nos propres plaies. Ce qui change souvent notre regard. Admirable geste ! Admirable attention et délicatesse ! Admirable travail aussi des chirurgiens ! (J.-M. N.)

21,1–11 PARALITURGIE occidentale. Chemin de croix contemporain : une dix-septième station ! Pour retrouver une spiritualité moins doloriste, plus authentiquement pascale, de nombreux artistes occidentaux ne s'arrêtent pas à la mise au tombeau de Jésus et ajoutent des stations à la dévotion si populaire du →chemin de croix.

CONTEMPLATION Le Ressuscité et les siens en Galilée

Jerzy Duda-Gracz (1941-2004), 17 — En Galilée, (huile sur toile, 2000-2001), 185 x 117 cm

Chemin de croix ex voto de l'artiste, narthex, galerie haute du sanctuaire de l'icône miraculeuse, Sanctuaire de Czestochowa, Jasna Gora (Pologne)

© D.R. Jerzy Duda-Gracz Estate→ ; photo : J.-M. N., Jn 1,35-51 ; 21,1-11 ; Lc 5,1-11 ; Mt 4,18-22 ; Mc 1,16-20

Au chapitre 21 de l’évangile de St Jean, Jésus apparaît après sa mort : alors que Pierre et ses compagnons ont repris leur activité de pêcheurs, ils voient arriver le Christ ressuscité. Et là, il les invite à jeter les filets, à se mettre en chemin. Il va les nourrir, de ce pain de vie. Le pain de vie, c’est le Pain vivant, mais c’est aussi le Pain de Vie de l’humanité tout entière, le pain que nous avons vu sur le passage de la croix, du sac de farine, de ce pain brisé. Ici, le pain est unifié, le même pain. Pierre est à genoux, implorant toujours la miséricorde du Christ. Cette barque est une barque vide, où vont s’embarquer tous les prêtres qui sont représentés ici, sous ce filet. Ce filet est la tente de l’Église, qu’il faut jeter au cœur de la nuit : il faut jeter sans savoir ce qu’il y aura dans le filet ; mais en sachant qu’au fond du filet il y a le pain du partage. Il y a véritablement le pain de la communion, il y a le pain de la Vie. Ce pain où le Christ consacre tous ses prêtres, tous ses fidèles, tous ceux qui fractionnent, pour le peuple et avec le peuple, un Pain de Vie, le Pain pour les nations, une « messe sur le monde ». (J.-M. N.)

Texte

Critique textuelle

21,25 (Gr) Omission dans un témoin majeur : a Après Tischendorff, on a pensé que le verset 25 n'était pas original et devait être ignoré. En effet,

  •  le scribe du Codex Sinaiticus ( א*) omet le verset 25, et l'ajoute par la suite ; 
  • l'opinion d'un (unique) auteur ancien (Theodore de Mospsueste) pourrait étayer cette théorie.

Pourtant, dès 1938, Bell et Skeat ont démontré que la correction et l'ajout du verset 25 ont été effectués par le même scribe que celui qui a écrit le verset 24. Ajouté par la première main elle-même, elle s'interprète donc mieux comme la correction d'une erreur par le scribe même qui l'avait commise, que comme le témoin d'une autre tradition textuelle (Voir Neville Birdsall J., « The Source of Catena Comments on John 21:25, NT 36/3 (1994), 271-279).

3 ou 4 scribes anonymesCodex Sinaiticus : l'autocorrection du scribe en finale de Jean, (encre sur parchemin, mi. 4e s.), folio 260 (Capture d'écran de la version numérisée)

British Library (347 f.) - Bibliothèque de l'université de Leipzig (43 f.) - Librairie Nationale de Russie (6 f. fragm.) Monastère Sainte Catherine du Sinaï (fragm.), cette page : British Library  © Educational Use→ D.R. British Library, Bibliothèque de l'université de Leipzig, Monastère Sainte Catherine, Librairie Nationale de Russie

À partir de la huitième ligne avant l'excipit, on voit assez clairement comment le dernier verset fut oublié, puis ajouté : sa première ligne est en caractères un peu plus fins, pour que l'ensemble du verset puisse être copié, avec de difficiles découpages de mots, mais sans nuire trop à l'équilibre de la page :

εϲτιν δε και αλλα |

πολλα · ἁ εποιηϲεν |

ο ιϲ ατινα εαν γρα |

φηται καθ εν · ου |

δʼ αυτον οιμαι τον|

κοϲμον χωρηϲει |

τα γραφομενα βι |

βλια :